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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 23:32

"Il n’y a pas de plus bel amour que donner la vie à ceux qu’on aime". Rompre le silence de l'avortement.

 

Lundi 20 janvier 2014, Anne-Hélène Frustié était invité par Louis Daufresne, sur Radio-Notre-Dame, dans son excellente émission, "Le Grand Témoin" (de 7 heures 35 à environ 8 heures 25). A partir de son témoignage personnel, cette dame a expliqué quel pouvait être le traumatisme généré chez une femme par un avortement. Je vous propose d'écouter cette émission.

Vous pouvez également visiter le site IVG-Rompre le Silence, qu'elle mentionne au cours de l'émission et où figurent différents autres témoignages.

 

Voici la présentation d'Anne-Hélène Frustié, par Marion Duchène, de Radio-Notre-Dame :

C’est à Rennes qu'Anne-Hélène Frutié voit le jour en 1961 dans une famille modeste de 3 enfants: un père artisan-peintre, une mère secrétaire, très vite, elle décide de réaliser et de réussir les études que sa mère n’a pas pu faire. Un an après la loi Veil, en 1979, alors qu'elle est êtes étudiante en khâgne, suite à une relation avec un homme plus âgé, elle tombe enceinte et décide d’avorter. Elle a 18 ans. 

"Pour moi, la loi Veil était une grande victoire pour les femmes, je ne considérais pas l’embryon comme un enfant", raconte Anne-Hélène Frustié. Elle est alors loin d’imaginer l’impact que cet acte va avoir sur sa vie. Agrégée en sciences sociales, alors qu’elle est décidée à suivre sa propre voie et entre dans le monde du travail, à 29 ans, elle vit, sans le savoir, les premiers symptômes post traumatiques. "J’avais des troubles du sommeil, des épisodes de rêves éveillés et des angoisses de mort imminente, ce fut comme un coup de tonnerre", explique Anne-Hélène Frustié.

L'avortement: un traumatisme

Alors qu’elle commence une psychothérapie, le milieu médical diagnostique une maladie génétique incurable, elle est sous médicaments à vie. "J’étais désespérée". 4 ans plus tard, en 1994, Anne-Hélène Frustié se marie. C’est la naissance de son fils qui va servir de déclic. "Les cauchemars se sont faits plus précis, je me voyais enterrer un bébé vivant dans le sable, je ne réalisais pas que c’était le retour du traumatisme de l’avortement". Une phrase va alors bouleverser Anne-Hélène Frustié : "Il n’y a pas de plus bel amour que donner la vie à ceux qu’on aime". "Je me suis dit, tu as fait le contraire, tu as détruit la vie de ton enfant pour garder la tienne". Sentiment de culpabilité intense, c’est auprès de Mère Miséricorde qu’Anne-Hélène Frustié trouve de l’aide. Elle réalise qu’elle n’a jamais fait le deuil de cet enfant.

La voie de la guérison

"Tout s’est écroulé et il a fallu se reconstruire. Me pardonner, pardonner à la société, cela m’a pris beaucoup de temps", explique-t-elle, "mais à partir du moment où le déni est tombé, que j’ai compris que je ne pouvais pas changer ce que j’avais fait, j’ai décidé d’aider les autres sur cette question de l’avortement". C’est aux Etats-Unis, où elle a suivi son mari, qu’Anne-Hélène Frustié découvre les sessions de guérison post IVG de la Vigne de Rachel, "pour faire sortir la douleur". La Vigne de Rachel dont elle est devenue la coordinatrice en France. Et Anne-Hélène Frustié, aujourd’hui maman de 4 enfants, de conclure : "Rompre le silence est pour moi la dernière étape".

Enfin, voici une vidéo d'Anne-Hélène Frustié :

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