Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
10 mai 2007 4 10 /05 /mai /2007 20:08

Ce n'est pas pour me vanter, mais j'avais prédit le résultat de cette élection dès le 2 avril 2007 ! Je reconnais que je n'avais pas pris de risque énorme et que j'avais un peu surestimé le score de Sarkozy au second tour.

C'est la première fois, à ma connaissance, qu'on constate ce phénomène étrange qu'un candidat (Bayrou), éliminé au premier tour, était le mieux placé, d'après les sondeurs, pour l'emporter au second, dans tous les cas de figure. Le mode de scrutin a son importance, ainsi que l'accord tacite entre l'UMP et le PS pour constituer un duopole absolu.

J'ai trouvé que Sarkozy avait fait une campagne remarquable, ne tombant dans aucun des pièges qui lui étaient tendus par ses adversaires de tous bords, y compris de son propre camp. Il a su également, me semble-t-il, ne se montrer méprisant avec personne, ce que les électeurs apprécient.

J'ai été surpris par l'adhésion qu'il suscitait, alors qu'au cours des dernières années, le rejet de la classe politique allait croissant. A tel point qu'il se trouve quelques libéraux notoires qui manifestent de l'enthousiasme pour Sarkozy ! Rien, ou presque, ne me semble justifier cet enthousiasme. Je n'ai pratiquement pas suivi la campagne, mais il m'a semblé percevoir (ex : Fillon le soir du second tour) que, lorsqu'ils étaient accusés d'être ultra-libéraux, les représentants de l'UMP ne répondaient pas, entretenant à dessein une confusion, dans l'opinion publique, sur le contenu de la philosophie libérale et le degré de libéralisme de Sarkozy.

En ce qui me concerne, je n'ai participé au vote à aucun des deux tours. Voter est pourtant considéré comme un devoir, mais je n'ai pu m'y résoudre. Aucun des candidats sollicitant mon suffrage n'avait de programme et d'idées susceptibles de me séduire, voire même de me convenir. Prenant de l'âge, je me refuse maintenant à voter pour un candidat aux idées duquel je n'adhère pas (ou peu). Je ne me sentirais pas "unifié" (c'est à dire mettant en cohérence mes pensées, mes paroles et mes actes) si je le faisais. Et voter blanc ne me convenait pas non plus. En partie, peut-être, parce que cette élection a été une nouvelle défaite  de la démocratie, dans la mesure où certains courants de pensée n'y ont pas été représentés. Je pense, en particulier, au courant libéral. La Constitution prévoit, à ma connaissance, que le Président de la République est élu au suffrage universel à deux tours et à bulletin secret. En réalité, il y eu 3 tours, dont un premier pas du tout universel, puisque limité à 40 000 élus (élus il y a ...5 ans !) et à bulletin pas du tout secret, puisque faisant l'objet d'une publication tout-à-fait obligatoire.
Dernière remarque à ce sujet : il est piquant d'entendre les hommes politiques stigmatiser l'abstention : combien se sont abstenus lors du premier tour, ouvert à 40 000 d'entre eux seulement ?

Et maintenant ? Je crains que ce ne soit la razzia de l'UMPS sur les postes de député. "A nous la bonne soupe !", doivent se dire les candidats de ce parti, rejoints à grandes enjambées par 22 députés de feu l'UDF. Je crains que les électeurs oublient rapidement que ces mêmes candidats, déjà députés pour beaucoup d'entre eux, ont fait tapisserie à l'Assemblée pendant les 5 dernières années, aux ordres d'un parti qui ne tolère guère la résistance.
Je trouve stupéfiantes les déclarations de l'état-major de l'UMP, selon lequel le gouvernement sera constitué de façon très large, "en prenant les meilleurs, dans chaque camp". Comme si la solution aux problèmes français consistait à sélectionner les meilleurs hommes politiques ! Mais la seule solution viable, c'est justement d'écarter les hommes politiques du pouvoir et de rendre celui-ci à chacun des citoyens, de respecter sa liberté, sa propriété, sa responsabilité, ainsi que le principe de subsidiarité. Je pense notamment à la liberté des consommateurs de choisir leurs founisseurs (cela s'appelle le libre marché), à la liberté des salariés, des entreprises, de proposer des services de plus en plus satisfaisants pour des prix de moins en moins élevés (on appelle ça la libre concurrence). Je pense aussi à la propriété des contribuables, soumise à un injuste racket, les prélèvements obligatoires (proches de 50% de la richesse produite par les Français).

Alors seulement seront résolus les problèmes qui préoccupent le plus nos concitoyens : le chômage, la stagnation du pouvoir d'achat, l'insécurité, la piètre qualité de l'enseignement, la dégradation de la protection sociale, l'environnement, le logement, etc...

Partager cet article

Repost0

commentaires

A
"Excellente analyse", "très bon commentaire"... Je n'irai certes pas jusque là !Passé la première partie distribuant quelques fleurs de saison, y compris à l'auteur (on n'est jamais si bien servi...), on nage en plein populisme là... C'est assez triste d'ailleurs !Enfin, pas tout à fait : s'il faut éliminer les politiques pour "rendre le pouvoir à chacun des citoyens", cela ne vaut pas pour un éventuel candidat qui aurait les faveurs des excellent libéraux que vous êtes !L'exercice de la démocratie consiste justement Monsieur Jallas, grand donneur de leçons, à voter, y compris (et peut-être surtout) lorsqu'aucun candidat ne correspond exactement à ses aspirations.Déclarer froidement n'avoir pas voté, y compris au premier tour, pour une personne se présentant désormais aux suffrages me semble ... assez surréaliste, pour rester aimable, ce à quoi je tiens...
Répondre
T
Merci, Alexandre, pour ce commentaire, même si j'en prends pour mon grade ! Merci d'être resté aimable.Je vous reconnais bien sûr la liberté de voir du populisme dans mes propos et de trouver ça triste et surréaliste, de me considérer comme un grand donneur de leçons, d'être choqué par ma double abstention.Il n'est pas question pour moi d'éliminer les politiques, mais de réduire très fortement leur rôle et leur pouvoir. Une des principales difficultés éprouvées par les libéraux dans leur conquête du pouvoir politique, c'est que ce pouvoir ne les motive pas ! Le seul rôle qu'ils reconnaissent à l'Etat est de garantir le respect des libertés individuelles. Le pouvoir politique n'est donc pas pour eux un moyen d'obtenir gloire, richesse, postes importants pour la famille et les amis, etc...
E
bravo ! excellente analyse. merci thierry.
Répondre
J
Très bon commentaire ! Dommage que vous n'ayez pas pensé à cette idée des 3 tours pour dénoncer l'éviction de votre candidat en mars, ça aurait bien marqué les esprits.
Bonne analyse de la vision de l'UMPS également. Rendons le pouvoir aux citoyens !
Répondre