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19 mars 2010 5 19 /03 /mars /2010 08:25
Je reproduis ici in extenso un excellent article trouvé sur le non moins excellent blog de Francis Richard.

Revenir-au-capitalisme.jpg Le titre de ce livre, publié aux Editions Odile Jacob ici , paraît provocateur . En fait il ne l'est pas. 

Son auteur, Pascal Salin, professeur émérite de l'Université Paris-Dauphine, économiste qui ne cache pas ce qu'il doit à l'école autrichienne de Ludwig von Mises et de Friedrich Hayek, a l'immense avantage de ne pas être conformiste et surtout de raisonner, au lieu d'affirmer péremptoirement. 

Il ne répète pas ce que la plupart des soi-disant experts économiques disent aux politiciens. Lesquels reçoivent les paroles de ces experts comme pain bénit - ils ont accueilli aussi bêtement les paroles des experts du GIEC en matière de climat. Ils sont boursouflés d''importance parce qu'il leur est demandé d'intervenir en matière d'économie... Ce qu'ils font à tort et à travers.

Ce qui n'est pas banal de nos jours, Pascal Salin s'intéresse aux causes de la crise économique et financière actuelle. La première de ces causes est :

"L'extraordinaire instabilité de la politique monétaire menée aux Etats-Unis, mais aussi dans d'autres régions du monde"

Comme le souligne Pascal Salin :

"Il faut bien être conscient du fait que passer ainsi en quelques années de 8 à 3 % [entre juillet 1991 et septembre 1992], puis de 3 à 6% [en 2000], de 6 à 1% [en juin 2003], de 1 à 5,25% [en juin 2006], avant de tomber finalement à 0% [en décembre 2008] constitue la plus extraordinaire et irresponsable variabilité de taux d'intérêt que l'on puisse imaginer. Jamais une telle variabilité n'aurait pu se produire si les taux d'intérêt avaient été librement fixés sur les marchés financiers sans intervention arbitraire des autorités monétaires".

Pourquoi la Fed s'est-elle livrée à de telles variations ? Parce que la loi américaine assigne pour buts à la Fed "de veiller non seulement à la stabilité des prix, mais aussi à l'emploi et à l'activité économique".

La Fed croit donc bien faire en baissant ses taux pour relancer l'activité économique quand elle est au plus bas. Seulement "la croissance excessive des crédits d'origine monétaire qui ne correspondent pas à une épargne effective, mais à une création de crédits à partir de rien, conduit à l'apparition de "bulles financières"". La Fed croit alors bien faire en augmentant ses taux quand elle s'aperçoit que trop de liquidités ont été créées...

Plus loin Pascal Salin fait un parallèle entre la crise de 1929 et la crise actuelle, les mêmes causes produisant les mêmes effets. Il note :

"Comme dans les années 2000, la création monétaire des années 1920 s'était portée surtout sur les actifs financiers et n'avait pas provoqué une inflation importante des prix des biens et services, de telle sorte qu'elle n'avait pas attiré l'attention".  

En fait les prix auraient dû baisser en raison des gains de productivité... s'il n'y avait pas eu les interventions étatiques du président Hoover. De même la crise aurait été plus courte qu'elle ne l'a été si le président Roosevelt n'était pas non plus intervenu massivement avec son New Deal :

"La véritable guerre que Roosevelt a menée contre les entrepreneurs sur le plan fiscal comme sur le plan réglementaire, a certainement contribué en grande partie à la dureté de la Grande Crise. On ne peut pas espérer que des emplois se créent lorsqu'on spolie les créateurs d'emplois et qu'on les paralyse dans des contraintes excessives !"

Pascal Salin rappelle qu'il ne peut y avoir de croissance économique sans épargne, autrement dit sans capital et sans épargnants, ceux qui investissent eux-mêmes leur épargne et deviennent des capitalistes au vrai sens du terme, ou ceux qui prêtent. C'est tout un passage du livre qu'il faut citer pour le bien comprendre :

"Il n'y a aucun moyen d'augmenter la demande si les revenus n'augmentent pas et les revenus n'augmentent pas si la production n'augmente pas ( la valeur des revenus distribués est égale à la somme des valeurs  ajoutées créées par les entreprises). La croissance ne peut résulter que des décisions des producteurs de produire plus, soit en utilisant des facteurs de production supplémentaires, soit en utilisant mieux les facteurs de production existants, soit en proposant des produits et services nouveaux correspondant mieux aux besoins des consommateurs. Mais les processus de production se déroulent dans le temps, ce qui signifie que les producteurs anticipent les besoins futurs qui s'exprimeront sur les marchés une fois que les productions nouvelles se seront traduites par des distributions de revenus. Mais précisément parce qu'il existe de tels décalages dans le temps, les producteurs ne peuvent anticiper les besoins futurs qu'à condition d'en avoir les moyens, c'est-à-dire de disposer des ressources nécessaires pour mettre en oeuvre ces processus de production. Ces ressources sont obtenues par l'épargne, placée en fonds propres ou en fonds prêtables."  

Or les Etats s'ingénient justement à confisquer l'épargne par l'impôt ou l'emprunt, qui est un impôt différé. Ce faisant ils empêchent la croissance économique qui se produirait si des productions pouvaient être financées grâce à l'épargne. Ils ne laissent d'autre perspective que de consommer les ressources et ne se privent d'ailleurs pas, quand ils y parviennent, de taxer au passage. Contrairement aux idées reçues :

"Un acte de consommation est un acte de destruction de ressources, alors qu'un acte d'épargne est un acte de conservation de ressources."

C'est pourquoi Keynes a tort :

"La demande globale augmente du fait du déficit public et diminue du fait de la baisse de la consommation et de l'investissement dans la même proportion." 

Les politiques de relance ne servent donc à rien...

Les autres causes de la crise actuelle, que Pascal Salin développe dans son livre, sont un peu mieux connues : la politique de logement pratiquée aux Etats-Unis et les réglementations nocives. C'est pourquoi je laisse le soin à l'internaute de les approfondir lui-même en lisant ce livre indispensable à la compréhension de ce que nous vivons.

Toujours est-il que les causes de la crise actuelle peuvent se résumer en une seule, l'interventionnisme étatique, qui empêche les marchés de jouer leur rôle. Le capitalisme n'est donc pour rien dans cette crise, au contraire :

"La réglementation empêche la régulation, la déréglementation est le meilleur moyen de rendre possible l'autorégulation."

Pascal Salin montre que les faillites jouent le rôle d'assainissement des marchés et que là encore l'interventionnisme étatique est déplorable, qui plus est, immoral :

"En sauvant les établissements les plus mal gérés de la faillite, on enracine l'idée que l'irresponsabilité n'est pas grave, puisque l'Etat - c'est-à-dire en fait les contribuables - sera là pour éviter la sanction de la faillite."

Le sauvetage des établissements mal gérés se fait également au détriment de ceux qui le sont bien... 

Pascal Salin emploie cette image qui illustre bien le processus absurde de l'interventionnisme étatique :

"Dans le monde où nous vivons, l'Etat prétend pouvoir créer ex nihilo des ressources à dépenser et des crédits à distribuer, comme un alchimiste qui créerait de l'or à partir de rien !"

Il y a évidemment bien d'autres choses à apprendre dans ce livre, au style agréable, et d'une grande clarté:

"Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement
Et les choses pour le dire viennent aisément
"

disait Boileau...

Je terminerai par une dernière citation, qui se trouve d'ailleurs à la dernière page :

"A partir du moment où l'Etat intervient, on est dans le domaine de l'immoralité, parce qu'on est dans le domaine de la contrainte qui permet de porter atteinte aux droits légitimes d'autrui."

Francis Richard

Dans cette vidéo Pascal Salin explique de manière limpide l'objet de son livre :
 

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commentaires

D

En résumé, trois causes majeurs sont à l'origine de la crise. Les taux d'intérêts restés trop longtemps bas, qui est source de spéculation ( excès de monnaie ), les lois anti-discrimination de
l'administration Clinton à l'octrois aux crédits immobiliers et la non obligation de banquiers de mentionner sur les  contrats de prêts les risques graves qu'encours l'emprunteur.
Comme on le fait sur la notice pour un médicament anti-cancer ou les effets indésirables grave sont mentionnés. 

D.J

http://leblogdjetliberte.blog.tdg.ch/   Le blog d'un ouvrier libéral


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