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Doctrine sociale de l'Eglise c

Samedi 4 février 2012 6 04 /02 /Fév /2012 22:23

Deux manifestations, en lien avec la Doctrine Sociale de l'Eglise, vont avoir lieu en fin de semaine prochaine en Île-de-France : une conférence, le vendredi 10 février, et un colloque, le lendemain.

 

  1. Conférence du Pr Jean-Yves Naudet
     

     Une éthique économique pour temps de crise :
    Caritas in Veritate, de Benoît XVI 

     

    Vendredi 10 février 2012 à 20h30

    Salle paroissiale d’Ozoir-la-Ferrière (derrière l’église)

     

    Jean-Yves Naudet est économiste, Professeur à la Faculté de droit de l’Université d’Aix-Marseille, Président de l’Association des Économistes Catholiques, Membre de l’Académie Catholique de France. Il est aussi Directeur du Centre de Recherches en Éthique Économique, Vice-président de l’Association Internationale pour l’Enseignement Social Chrétien et il enseigne l’Éthique économique et la Doctrine sociale de l’Église dans de nombreux établissements.

    Après la conférence, Jean-Yves Naudet échangera avec l’auditoire, puis dédicacera son dernier livre :

    La doctrine sociale de l'Église, une éthique pour notre temps aux Presses Universitaires de l'Aix-Marseille.

                                       

    La-doctrine-sociale-de-l-Eglise--une-ethique-economique-.jpg   Caritas in Veritate couverture             



    Inscription préalable préférable (pour être prévenu en cas d’éventuel changement de dernière minute), par courriel adressé à eap.ozoir@gmail.com et/ou thierry.jallas@free.fr

  2. Colloque AEC / FSP : crise politique, crise économique, crise morale.

    Introduction-au-colloque-du-11-fevrier-2012_visuel.jpg

    Programme

     

    9h30             Accueil

    10h15            Allocution d’ouverture, par Francis Jubert, président de l’AFSP

    10h30            La dimension morale de la crise selon Benoît XVI par Mgr Éric de Moulins-Beaufort, évêque auxiliaire de Paris

    11h00            Une dette publique immorale ? par Jean-Yves Naudet, professeur des universités, président de l’AEC

    11h20            Une irresponsabilité monétaire et financière ? par Pierre de Lauzun, directeur général délégué de la Fédération bancaire française

    11h40            Rembourser ou remettre les dettes ? par Gérard Thoris, professeur à Sciences Po

    12h00            Discussion

    12h30            Pause déjeuner

    14h30            Une économie déboussolée ? par Jacques Bichot, professeur des universités

    15h00            Don et gratuité peuvent-ils contribuer à régler la crise ? par Pierre Deschamps, ancien dirigeant d’Unilog, président du fonds de dotation CapitalDon, président des Entrepreneurs et Dirigeants chrétiens (2006-2010)

    15h30              Discussion

    16h00                  Pause

    16h30            Sauver la gouvernance mondiale ? par François Martin, consultant international, auteur de la Mondialisation sans peur (Muller, 2010)

    17h00             Les valeurs morale de la démocratie ou le risque d'une démocratie amorale, par Damien Le Guay, philosophe, maître de conférences à HEC

    17h30             Discussion

    18h00            Comment s’en sortir ?

                par François de Lacoste Lareymondie, vice-président de l’AFSP 

    18h30            Fin des travaux

     

    Contact :

    Astrid Coeurderoy
    astrid@libertepolitique.com
    01 47 53 05 50

    Lieu : Paroisse catholique St-Pierre du Gros-Caillou (VIIe)
    Date : 11/02/2012
    Adresse :
    92, rue Saint-Dominique
    75007 Paris
    Horaires : De 09:30 h à 18:30 h
    Type d'entrée :Entrée gratuite sous réservation

    Informations : astrid@libertepolitique.com

    Buffet-déjeuner : 13 euros 

    Inscriptions 

    2 modes d'inscriptions :

  3.  Participation libre avec préinscription (sans déjeuner) : inscriptions ci-dessus
  4. Participation avec déjeuner : 13 eurosCLIQUEZ ICI
         Préinscriptions et règlements en ligne obligatoire.

 

  • Colloque AEC / FSP du 30 avril 2011 : "La logique du don et de la gratuité dans l'économie selon Caritas in Veritate".

    Programme 

    14h30 :     Introduction par Francis Jubert, président de l’Association pour la Fondation de Service politique :


     

    14h40 :     Mgr Alain Castet, évêque de Luçon, chancelier de l'Institut catholique d'études supérieures (ICES, La Roche-sur-Yon) : « La relation entre Dieu et les hommes : échange et/ou gratuité ? »

     

    15h00 :     Jean-Yves Naudet, président de l’Association des Economistes catholiques, professeur à l’université Paul-Cézanne d’Aix-Marseille : « Vol, échange ou don : comment se procurer des ressources rares ? – Les pistes ouvertes par Benoît XVI »

     

    15h20 :     Gérard Thoris, professeur à Sciences Po, Paris, AEC : « La place du don dans l’économie marchande »

     

    15h40 :     Discussion

    16h00 :     Pause

    16h20 :     Jean-Didier Lecaillon, professeur à l'Université Panthéon-Assas, AEC : « Le marché du don »

     

    16h40 :     Jacques Bichot, économiste, professeur honoraire à l’Université de Lyon III, AEC : « La charité légale de l’Etat-providence »


     

    17h00 :     Nicolas Masson, consultant en ressources humaines : « La présence du don dans la vie des entreprises et sa nécessité pour leur performance »


     

    17h20 :     Thierry Boutet, Association pour la Fondation de Service politique : « Comment la politique peut-elle ordonner l’économie au bien commun ? »


     

    17h40 :     Discussion

    18h00 :     Conclusion par Jean-Yves Naudet

Par Thierry Jallas - Publié dans : Doctrine sociale de l'Eglise c
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Mercredi 3 février 2010 3 03 /02 /Fév /2010 11:42
C'est avec grand plaisir que j'ai appris, hier, la tenue d'un colloque susceptible d'intéresser, non seulement tous les catholiques, mais également tous les hommes de bonne volonté prêts à découvrir ou approfondir ce que dit Benoît XVI dans son encyclique "Caritas in veritate", en particulier à propos de la liberté et des relations Etat / Société civile.

Ce colloque est le 4e organisé par l'AEC (Association des Economistes Catholiques) et la l'Association pour la Fondation de Service Politique sur le théme "Actualité de la Doctrine Sociale de l'Eglise".

En voici le programme.


ACTUALITÉ de

LA DOCTRINE SOCIALE

de l’EGLISE

 

Quatrième colloque organisé par

 

l’Association des Economistes Catholiques

 et

l’Association pour la Fondation de Service Politique

 

 

CARITAS IN VERITATE :
Un appel à libérer
la société civile


 

 

 

 

 

Paris,

Samedi 20 mars 2010

 

 



PROGRAMME

Modérateur du colloque : François de LACOSTE-LAREYMONDIE

Fondation de Service Politique

 

MATINÉE

 

 9 h 30     Introduction, par François de LACOSTE-LAREYMONDIE (vice-président de la Fondation de Service Politique).

 

 9 h 40     La place du don et de la gratuité, par Mgr Nicolas BROUWET, Evêque auxiliaire de Nanterre.

 

10 h 10     La société civile selon Benoît XVI, par Jean-Yves NAUDET (Professeur de Sciences économiques de l’Université Paul Cézanne (Aix-Marseille III), Président de l’AEC).

 

10 h 40                     La naissance de la société civile, par Jean-François MATTEI (Professeur émérite de philosophie à l’Université de Nice-Sophia-Antipolis, Membre de l’Institut Universitaire de France).

 

11 h 10                     Pause

 

11 h 30                     Table-ronde 1 (suivie d’une discussion) : Le contexte : la domination du binôme Etat/marché avec le Père Pierre COULANGE (Professeur de théologie au Studium Notre Dame de Vie), Pierre GARELLO (Professeur de Sciences économiques à l’Université Paul Cézanne (Aix-Marseille III)), Jean-Pierre AUDOYER (Doyen de la FACO – Faculté Libre de Droit, d’Economie et de Gestion).

12 h 45    Pause déjeuner (Déjeuner libre : les participants sont invités à aller déjeuner dans le quartier).

 

 

APRES-MIDI

 

Comment rendre son vrai rôle à la société civile ?

 

14 h 45  Table-ronde 2  (suivie d’une discussion) : A qui appartiennent la famille, l’éducation, la culture ? avec Jean-Didier LECAILLON (Professeur de Sciences économiques à l’Université Panthéon-Assas (Paris II), vice-président de l’AEC), Recteur Armel PECHEUL (Professeur de Droit public à l’Université d’Angers, Président du Conseil Scientifique de l’ICES), Aude de KERROS (peintre, graveur, essayiste).

 

15 h 45  Table-ronde 3 (suivie d’une discussion) : A qui appartient la solidarité ? avec Jacques BICHOT (Professeur émérite de l’Université Jean Moulin (Lyon III), vice-président de l’AEC), Hugues RENAUDIN (Président du Comité Français de Secours aux Enfants)

 

Séance de conclusion : la place du don et de la gratuité dans la société, la vie politique et l’économie

 

16 h 45    La charité dans l’ordre politique et économique, par Philippe BENETON (Professeur de Science Politique à l’Université de Rennes I).

 

17 h 15    Conclusion, par François de LACOSTE-LAREYMONDIE (vice-président de la Fondation de Service Politique).



Le colloque se déroulera

le samedi 20 mars  2010

 à partir de 9 h 30 (accueil dès 9 h 00)

Paroisse Saint-Pierre du Gros Caillou,

92, rue Saint Dominique – 75007 Paris

 

 

Entrée libre, participation aux frais souhaitée

 

Renseignements

 

ASSOCIATION DES ECONOMISTES CATHOLIQUES

Jean-Yves NAUDET

22, avenue des Floralies

13770 VENELLES

tél : 04 42 17 28 73

fax : 04 42 17 28 59

Contact : jeanyvesnaudetu3@yahoo.fr

http://aecfrance.new.fr

AEC

 

 

Fondation de Service Politique

Philippe de SAINT-GERMAIN

83, rue St Dominique

75007 PARIS

Contact : colloque@libertepolitique.com

www.libertepolitique.com

 

 

Par Thierry Jallas - Publié dans : Doctrine sociale de l'Eglise c - Communauté : Benoit XVI
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Mardi 12 février 2008 2 12 /02 /Fév /2008 17:24
Le présent article fait partie d'une série exposant les grandes lignes de la doctrine sociale de l'Eglise catholique et montrant, notamment, la promotion que fait celle-ci de la liberté de chaque personne humaine. Cette série s'appuie sur le compendium  de la doctrine sociale de l'Eglise, dont il reprend différents passages (en rouge, ceux qui parlent plus particulièrement de liberté). Le thème "Sauvegarder l'environnement" fait l'objet du chapitre X du compendium (articles 451 à 487). En mauve, figurent des passages qui, de mon point de vue et pour des raisons que j'expliquerai, prêtent à contestation.

451 L'expérience vive de la présence divine dans l'histoire est le fondement de la foi du peuple de Dieu (...)
La foi d'Israël vit dans le temps et dans l'espace de ce monde, perçu non pas comme un milieu hostile ou comme un mal dont il faut se libérer, mais plutôt comme le don même de Dieu, le lieu et le projet qu'il confie à la conduite responsable et au travail de l'homme. La nature, œuvre de l'action créatrice divine, n'est pas une concurrente dangereuse. Dieu, qui a fait toutes choses, pour chacune d'elle « vit que cela était bon » (Gn 1, 4.10.12.18. 21.25). Au sommet de sa création, comme quelque chose de « très bon » (Gn 1, 31), le Créateur place l'homme. Seuls l'homme et la femme, parmi toutes les créatures, ont été voulus par Dieu « à son image » (Gn 1, 27): c'est à eux que le Seigneur confie la responsabilité de toute la création, la tâche de prendre soin de son harmonie et de son développement (cf. Gn 1, 26-30). Le lien spécial du couple humain avec Dieu explique sa position privilégiée dans l'ordre de la création.

453 Le salut définitif, que Dieu offre à toute l'humanité par son propre Fils, ne s'accomplit pas en dehors de ce monde. Bien que blessé par le péché, il est destiné à connaître une purification radicale (cf. 2 P 3, 10) dont il sortira renouvelé (cf. Is 65, 17; 66, 22; Ap 21, 1), en devenant finalement le lieu où « la justice habitera » (cf. 2 P 3, 13).
Dans son ministère public, Jésus met en valeur les éléments naturels. Il est non seulement un savant interprète de la nature à travers les images qu'il aime en offrir et les paraboles, mais il est aussi celui qui la domine (cf. l'épisode de la tempête apaisée en Mt 14, 22-33; Mc 6, 45-52; Lc 8, 22- 25; Jn 6, 16-21): le Seigneur la met au service de son dessein rédempteur. Il demande à ses disciples de considérer les choses, les saisons et les hommes avec la confiance des fils qui savent ne pas pouvoir être abandonnés par un Père prévoyant (cf. Lc 11, 11-13). Loin de se faire esclave des choses, le disciple du Christ doit savoir s'en servir pour créer le partage et la fraternité (cf. Lc 16, 9-13).

456 La vision biblique inspire les comportements des chrétiens en ce qui concerne l'utilisation de la terre, ainsi que le développement de la science et de la technique.

463
Une conception correcte de l'environnement ne peut pas, d'une part, réduire de manière utilitariste la nature à un simple objet de manipulation et d'exploitation, et elle ne doit pas, d'autre part, l'absolutiser et la faire prévaloir sur la personne humaine au plan de la dignité.

465
Le Magistère souligne la responsabilité qui incombe à l'homme de préserver un environnement intègre et sain pour tous..

466
La protection de l'environnement constitue un défi pour l'humanité tout entière: il s'agit du devoir, commun et universel, de respecter un bien collectif..

467 La responsabilité à l'égard de l'environnement, patrimoine commun du genre humain, s'étend non seulement aux exigences du présent, mais aussi à celles du futur: (...)
Il s'agit d'une responsabilité que les générations présentes ont envers les générations à venir.

474 Les biotechnologies modernes ont un fort impact social, économique et politique, au plan local, national et international. Elles doivent être évaluées selon les critères éthiques qui doivent toujours orienter les activités et les rapports humains dans le domaine socio-économique et politique. Il faut avoir présent à l'esprit surtout les critères de justice et de solidarité, ..

475 Dans un esprit de solidarité internationale, différentes mesures peuvent être mises en œuvre quant à l'usage des nouvelles biotechnologies. Il faut faciliter, en premier lieu, des échanges commerciaux équitables, libres de contraintes injustes.

470 La programmation du développement économique doit considérer attentivement « la nécessité de respecter l'intégrité et les rythmes de la nature », car les ressources naturelles sont limitées et certaines ne sont pas renouvelables. (...) Toute activité économique qui se prévaut des ressources naturelles doit aussi se soucier de la sauvegarde de l'environnement et en prévoir les coûts, (...)
Une économie respectueuse de l'environnement ne poursuivra pas seulement l'objectif de la maximalisation du profit, car la protection de l'environnement ne peut pas être assurée uniquement en fonction du calcul financier des coûts et des bénéfices.
L'environnement fait partie de ces biens que les mécanismes du marché ne sont pas en mesure de défendre ou de promouvoir de façon adéquate.

473 La vision chrétienne de la création comporte un jugement positif sur la licéité des interventions de l'homme sur la nature, y compris aussi sur les autres êtres vivants, et, en même temps, un fort rappel au sens des responsabilités.

476 La solidarité comporte aussi un rappel à la responsabilité qu'ont les pays en voie de développement et, en particulier, leurs responsables politiques, de promouvoir une politique commerciale favorable à leurs peuples et les échanges de technologies capables d'améliorer leurs conditions alimentaires et sanitaires.

485
L'eau, de par sa nature même, ne peut pas être traitée comme une simple marchandise parmi tant d'autres et son usage doit être rationnel et solidaire.

487 L'attitude qui doit caractériser l'homme face à la création est essentiellement celle de la gratitude et de la reconnaissance: le monde, en effet, renvoie au mystère de Dieu qui l'a créé et le soutient. (...). Le monde s'offre au regard de l'homme comme trace de Dieu,
lieu où se révèle sa puissance créatrice, providentielle et rédemptrice. 

On trouve dans le remarquable livre du Professeur Pascal Salin, "Libéralisme", notamment au chapitre 16 ("La défense de l'environnement : bien public ou bien privé ?", une argumentation qui va à l'encontre des passages en mauve (articles 470 et 485, entre autres). J'invite mes lecteurs à lire ce livre, très clair, d'une logique irréfutable. Pascal Salin y développe l'idée que ce qui est "propriété collective" (dans le sens "propriété publique" est considéré par les individus comme n'appartenant à personne et personne ne voit donc son intérêt personnel à en prendre soin, au contraire de ce qui est propriété privée. Il explique pourquoi la protection des éléphants d'Afrique, des tortues de mer, des rhinocéros, de la forêt amazonienne, par exemple, passent par leur privatisation. Voici trois extraits du chapitre précité.

"Les tortues marines n'ont pas eu la même chance que les éléphants. En effet, il existait, il y a quelques années, deux fermes à tortues, l'une aux îles Caïmans, l'autre à Tahiti. L'intérêt de leurs propriétaires était évidemment de tout faire pour perpétuer l'espèce, en particulier en protégeant les oeufs contre les rapaces - qui suppriment environ 90% de la ponte - ou contre les humains, et en assurant le développement régulier et le renouvellement des tortues. Mais, hélas, les écologistes sont passés par là et ils ont fait interdire le commerce de l'écaille de tortue. Les fermes à tortues ont donc dû fermer, faute de débouchés. Mais cela n'empêche évidemment pas la capture illégale des rares spécimens qui subsistent. Il est maintenant presque certain, grâce à la réglementation internationale sur la protection des tortues, que celles-ci vont disparaître.
On peut multiplier les exemples, ils aboutissent tous à la même conclusion : seules l'instauration du capitalisme, c'est à dire d'un régime de droits de propriété privés, et la suppression du collectivisme permettent de défendre les espèces animales menacées et l'environnement. Et ce que l'on constate pour les espèces animales est également vrai, bien évidemment, pour les espèces végétales."

"Ainsi, il est constant de dénoncer la destruction des forêts tropicales par les grandes sociétés multinationales, symboles d'un capitalisme apatride et destructeur. Uniquement mues par le souci de maximiser leurs propres profits, elles coupent des arbres centenaires, pratiquent de larges saignées dans les forêts et, ce faisant, portent atteinte à ce "poumon de l'humanité" que seraient les forêts tropicales, en particulier la forêt amazonienne. Dans la description de ce carnage, on oublie cependant de préciser une chose, à savoir que ces grandes sociétés ne sont pas propriétaires de la forêt, mais qu'elles bénéficient seulement d'une concession accordée par le véritable propriétaire, l'Etat. De là vient tout le mal. En effet, un régime de concession n'accorde au bénéficiaire que deux attributs du droit de propriété, l'usus et le fructus, mais pas l'élément essentiel, l'abusus, qui reste aux mains de l'Etat.
Si des entreprises privées, véritablement capitalistes, pouvaient se porter acquéreurs de droits de propriété intégraux sur les forêts tropicales, les conséquences en seraient considérables. Elles seraient incitées à reconstituer et même à développer les plantations car la valeur de leurs terrains dépendrait évidemment de la valeur des arbres susceptibles d'y être coupés dans le futur."

"Quand on regarde une carte de l'évolution des forêts au cours des décennies récentes, il est frappant de constater que leur superficie a augmenté de manière significative dans certaines zones du monde et diminué fortement dans d'autres. Or cette évolution est fortement corrélée au régime juridique : la forêt a progressé là où elle est majoritairement privée, par exemple en Europe ; elle a diminué là où elle fait l'objet d'une propriété étatique, par exemple en Afrique ou en Asie"

Par Thierry Jallas - Publié dans : Doctrine sociale de l'Eglise c
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Dimanche 13 janvier 2008 7 13 /01 /Jan /2008 00:09
Le présent article fait partie d'une série exposant les grandes lignes de la doctrine sociale de l'Eglise catholique et montrant, notamment, la promotion que fait celle-ci de la liberté de chaque personne humaine. Cette série s'appuie sur le compendium  de la doctrine sociale de l'Eglise, dont il reprend différents passages (en rouge, ceux qui parlent plus particulièrement de liberté). Le thème de la communauté internationale fait l'objet du chapitre 9 du compendium (articles 428 à 450).

428 Les récits bibliques sur les origines montrent l'unité du genre humain et enseignent que le Dieu d'Israël est le Seigneur de l'histoire et du cosmos: son action englobe le monde entier et toute la famille humaine, à laquelle est destinée l'œuvre de la création. La décision de Dieu de faire l'homme à son image et à sa ressemblance (cf. Gn 1, 26-27) confère à la créature humaine une dignité unique, qui s'étend à toutes les générations (cf. Gn 5) et sur toute la terre (cf. Gn 10). Le Livre de la Genèse montre en outre que l'être humain n'a pas été créé isolé, mais dans un contexte dont font partie intégrante l'espace vital qui lui assure la liberté (le jardin), la disponibilité des aliments (les arbres du jardin), le travail (le commandement de cultiver) et surtout la communauté (le don de l'aide semblable à lui) (cf. Gn 2, 8-24). Dans tout l'Ancien Testament, les conditions qui assurent la plénitude à la vie humaine font l'objet de la bénédiction divine. Dieu veut garantir à l'homme les biens nécessaires à sa croissance, la possibilité de s'exprimer librement, le résultat positif du travail et la richesse de relations entre des êtres semblables.

431 Le Seigneur Jésus est le prototype et le fondement de la nouvelle humanité. En lui, véritable « image de Dieu » (2 Co 4, 4) l'homme créé par Dieu à son image trouve son achèvement. (...) Grâce à l'Esprit, l'Église connaît le dessein divin qui embrasse le genre humain tout entier (cf. Ac 17, 26) et qui vise à réunir, dans le mystère d'un salut réalisé sous la seigneurie du Christ (cf. Ep 1, 8-10), toute la réalité de la création fragmentée et dispersée. (...) la famille humaine est appelée à redécouvrir son unité et à reconnaître la richesse de ses différences, pour parvenir à la « pleine unité dans le Christ ».

432 Le message chrétien offre une vision universelle de la vie des hommes et des peuples sur la terre, qui fait comprendre l'unité de la famille humaine. Cette unité ne doit pas être construite par la force des armes, de la terreur ou des abus de pouvoir, mais elle est plutôt le résultat de ce « modèle d'unité suprême, reflet de la vie intime de Dieu un en trois personnes, (...) que nous chrétiens désignons par le mot “communion” », et une conquête de la force morale et culturelle de la liberté.

433 Le caractère central de la personne humaine et la disposition naturelle des personnes et des peuples à nouer des relations entre eux sont les éléments fondamentaux pour construire une vraie Communauté internationale dont l'organisation doit tendre au véritable bien commun universel. (...) La coexistence entre les nations est fondée sur les mêmes valeurs qui doivent orienter celle entre les êtres humains: la vérité, la justice, la solidarité et la liberté.

434 Le droit se présente comme un instrument de garantie de l'ordre international,
c'est-à-dire de la coexistence entre communautés politiques qui, individuellement, poursuivent le bien commun de leurs citoyens et qui, collectivement, doivent tendre à celui de tous les peuples, dans la conviction que le bien commun d'une nation est inséparable du bien de la famille humaine tout entière. (...) La communauté internationale est une communauté juridique fondée sur la souveraineté de chaque État membre, sans liens de subordination qui nient ou limitent son indépendance.

435 Le Magistère reconnaît l'importance de la souveraineté nationale, conçue avant tout comme expression de la liberté qui doit régler les rapports entre les États. La souveraineté représente la subjectivité d'une nation sous l'angle politique, économique, social et aussi culturel. La dimension culturelle acquiert une consistance particulière en tant que force de résistance aux actes d'agression ou aux formes de domination qui conditionnent la liberté d'un pays: la culture constitue la garantie de conservation de l'identité d'un peuple; elle exprime et favorise sa souveraineté spirituelle. (...) il convient de prendre attentivement en considération l'absence d'un accord international qui affronte de façon appropriée « les droits des nations »; son élaboration pourrait opportunément examiner les questions relatives à la justice et à la liberté dans le monde contemporain.

436 Pour réaliser et consolider un ordre international qui garantisse efficacement la coexistence pacifique entre les peuples, la même loi morale qui régit la vie des hommes doit également régler les rapports entre les États, « loi morale dont l'observance doit être inculquée et favorisée par l'opinion publique de toutes les nations et de tous les États, avec une telle unanimité de voix et de force que personne ne puisse oser la mettre en doute ou en atténuer l'obligation ». Il est nécessaire que la loi morale universelle, inscrite dans le cœur de l'homme, soit considérée comme effective et incontournable en tant qu'expression vive de la conscience commune de l'humanité, une « grammaire » capable d'orienter le dialogue sur l'avenir du monde.

437 Le respect universel des principes qui inspirent un « ordre juridique en harmonie avec l'ordre moral » est une condition nécessaire pour la stabilité de la vie internationale. La recherche d'une telle stabilité a favorisé l'élaboration progressive d'un droit des peuples (“jus gentium”), qui peut être considéré comme l' « ancêtre du droit international ». La réflexion juridique et théologique, ancrée dans le droit naturel, a formulé « des principes universels, qui sont antérieurs et supérieurs au droit interne des États », comme l'unité du genre humain, l'égale dignité de chaque peuple, le refus de la guerre pour régler les différends, l'obligation de coopérer en vue du bien commun, l'exigence de respecter les engagements souscrits (“pacta sunt servanda”). Il faut particulièrement souligner ce dernier principe pour éviter « la tentation de recourir au droit de la force plutôt qu'à la force du droit ».

438 Pour résoudre les conflits qui surgissent entre les diverses communautés politiques et qui compromettent la stabilité des nations et la sécurité internationale, il est indispensable de se référer à des règles communes issues de la négociation, en renonçant définitivement à l'idée de rechercher la justice par le recours à la guerre (...) La Charte des Nations Unies interdit non seulement le recours à la force, mais aussi la menace même de l'utiliser: cette disposition est née de la tragique expérience de la deuxième guerre mondiale. Le Magistère n'avait pas manqué, durant ce conflit, d'identifier certains facteurs indispensables pour édifier un nouvel ordre international: la liberté et l'intégrité territoriale de chaque nation, la protection des droits des minorités, une juste répartition des ressources de la terre, le refus de la guerre et la mise en œuvre du désarmement, le respect des pactes conclus et la cessation de la persécution religieuse.

439 Pour consolider la primauté du droit, c'est le principe de la confiance réciproque qui vaut avant tout.(...)Des progrès (...) permettront à la Communauté internationale de se présenter, non plus comme un simple moment d'agrégation de la vie des États, mais comme une structure où les conflits peuvent être résolus de manière pacifique: « De même qu'à l'intérieur des États (...) le système de la vengeance privée et des représailles a été remplacé par l'autorité de la loi, de même il est maintenant urgent qu'un semblable progrès soit réalisé dans la communauté internationale ». En définitive, le droit international « doit éviter que prévale la loi du plus fort ».

440 L'Église a accompagné le cheminement vers une « communauté » internationale authentique, qui a pris une direction précise avec l'institution, en 1945, de l'Organisation des Nations Unies, laquelle « a contribué notablement à promouvoir le respect de la dignité humaine, la liberté des peuples et l'exigence du développement, préparant ainsi le terrain culturel et institutionnel sur lequel peut être édifiée la paix ». La doctrine sociale, en général, considère positivement le rôle des Organisations inter-gouvernementales, en particulier de celles qui œuvrent dans des secteurs spécifiques, tout en exprimant des réserves quand elles affrontent les problèmes de façon incorrecte.

441 La sollicitude pour une coexistence ordonnée et pacifique de la famille humaine pousse le Magistère à mettre en relief la nécessité d'instituer « une autorité publique universelle, reconnue par tous, qui jouisse d'une puissance efficace, susceptible d'assurer à tous la sécurité, le respect de la justice et la garantie des droits ». (...) Il est essentiel que cette autorité soit le fruit d'un accord et non d'une imposition, et qu'elle ne soit pas comprise comme « un super-État mondial ».
Une autorité politique exercée dans le cadre de la Communauté internationale doit être réglementée par le droit, ordonnée au bien commun et respectueuse du principe de subsidiarité: « Il n'appartient pas à l'autorité de la communauté mondiale de limiter l'action que les États exercent dans leur sphère propre, ni de se substituer à eux. Elle doit au contraire tâcher de susciter dans tous les pays du monde des conditions qui facilitent non seulement aux gouvernements mais aussi aux individus et aux corps intermédiaires l'accomplissement de leurs fonctions, l'observation de leurs devoirs et l'usage de leurs droits dans des conditions de plus grande sécurité ».

442 Une politique internationale tournée vers l'objectif de la paix et du développement grâce à l'adoption de mesures coordonnées  est rendue plus que jamais nécessaire par la mondialisation des problèmes.

443 Le Magistère évalue de manière positive le rôle des regroupements qui se sont formés dans la société civile pour accomplir une importante fonction de sensibilisation de l'opinion publique aux différents aspects de la vie inter- nationale, avec une attention particulière au respect des droits de l'homme ...

444 Le Saint-Siège — ou Siège Apostolique — est un sujet international à plein titre en tant qu'autorité souveraine qui réalise des actes qui lui sont juridiquement propres. Il exerce une souveraineté externe, reconnue dans le cadre de la Communauté internationale, qui reflète la souveraineté exercée à l'intérieur de l'Église et qui est caractérisée par son unité d'organisation et par son indépendance. (...) L'activité internationale du Saint-Siège se manifeste objectivement sous différents aspects, notamment: le droit de légation actif et passif; l'exercice du “ius contrahendi”, avec la stipulation de traités; la participation à des organisations inter-gouvernementales, par exemple celles qui appartiennent au système des Nations Unies; les initiatives de médiation en cas de conflits. Cette activité entend offrir un service désintéressé à la Communauté internationale, car elle ne cherche pas d'avantages partisans, mais se fixe pour but le bien commun de la famille humaine tout entière. Dans ce contexte, le Saint-Siège se prévaut en particulier de son propre personnel diplomatique.

445 Le service diplomatique du Saint-Siège, fruit d'une pratique ancienne et consolidée, est un instrument qui œuvre non seulement pour lalibertas ecclesiae, mais aussi pour la défense et la promotion de la dignité humaine, ainsi que pour un ordre social basé sur les valeurs de la justice, de la vérité, de la liberté et de l'amour.

446 La solution du problème du développement requiert la coopération entre les différentes communautés politiques. Celles-ci « se conditionnent réciproquement, et on peut affirmer que chacune se développe en contribuant au développement des autres (...) Dans la vision du Magistère, le droit au développement se fonde sur les principes suivants: unité d'origine et communauté de destin de la famille humaine; égalité entre toutes les personnes et entre toutes les communautés basée sur la dignité humaine; destination universelle des biens de la terre; intégralité de la notion de développement, caractère central de la personne humaine; et solidarité.

447 La doctrine sociale encourage des formes de coopération capables de favoriser l'accès au marché international de la part des pays marqués par la pauvreté et le sous-développement: « Il n'y a pas très longtemps, on soutenait que le développement supposait, pour les pays les plus pauvres, qu'ils restent isolés du marché mondial et ne comptent que sur leurs propres forces. L'expérience de ces dernières années a montré que les pays qui se sont exclus des échanges généraux de l'activité économique sur le plan international ont connu la stagnation et la régression, et que le développement a bénéficié aux pays qui ont réussi à y entrer. Il semble donc que le problème essentiel soit d'obtenir un accès équitable au marché international, fondé non sur le principe unilatéral de l'exploitation des ressources naturelles, mais sur la valorisation des ressources humaines ». Parmi les causes qui concourent le plus à déterminer le sous-développement et la pauvreté, en plus de l'impossibilité d'accéder au marché international, il faut mentionner l'analphabétisme, l'insécurité alimentaire, l'absence de structures et de services, le manque de mesures pour garantir l'assistance sanitaire de base, le manque d'eau potable, la corruption, la précarité des institutions et de la vie politique elle-même. Il existe un lien, dans de nombreux pays, entre la pauvreté et le manque de liberté, de possibilités d'initiative économique, d'administration de l'État capable de mettre en place un système approprié d'éducation et d'information.

448 L'esprit de la coopération internationale requiert qu'au-dessus de la logique étroite du marché, il y ait la conscience d'un devoir de solidarité, de justice sociale et de charité universelle.

449 Au début du nouveau millénaire, la pauvreté de milliards d'hommes et de femmes est la « question qui, plus que toute autre, interpelle notre conscience humaine et chrétienne ». La pauvreté pose un dramatique problème de justice: la pauvreté, sous ses différentes formes et conséquences, se caractérise par une croissance inégale et ne reconnaît pas à chaque peuple « le même droit à “s'asseoir à la table du festin” ». Cette pauvreté rend impossible la réalisation de l'humanisme plénier que l'Église souhaite et poursuit, afin que les personnes et les peuples puissent « être plus » et vivre dans « des conditions plus humaines ».

La lutte contre la pauvreté trouve une forte motivation dans l'option — ou amour préférentiel — de l'Église pour les pauvres. Dans tout son enseignement social, l'Église ne se lasse pas de rappeler aussi certains autres de ses principes fondamentaux: le premier d'entre eux est la destination universelle des biens. En réaffirmant constamment le principe de la solidarité, la doctrine sociale incite à passer à l'action pour promouvoir « le bien de tous et de chacun parce que tous nous sommes vraiment responsables de tous ». Le principe de la solidarité, notamment dans la lutte contre la pauvreté, doit toujours être opportunément associé à celui de la subsidiarité, grâce auquel il est possible de stimuler l'esprit d'initiative, base fondamentale de tout développement socio-économique, dans les pays pauvres eux-mêmes:  il faut porter attention aux pauvres « non comme à un problème, mais comme à des personnes qui peuvent devenir sujets et protagonistes d'un avenir nouveau et plus humain pour tous ».

450 Dans les questions liées à la crise de l'endettement de nombreux pays pauvres, il faut avoir présent à l'esprit le droit au développement. À l'origine de cette crise se trouvent des causes complexes et de différentes sortes, tant au niveau international — fluctuation des changes, spéculations financières, néocolonialisme économique — qu'à l'intérieur des différents pays endettés — corruption, mauvaise gestion de l'argent public, utilisation non conforme des prêts reçus. Les plus grandes souffrances, qui se rattachent à des questions structurelles mais aussi à des comportements personnels, frappent les populations des pays endettés et pauvres, qui n'ont aucune responsabilité. La communauté internationale ne peut pas négliger une telle situation: tout en réaffirmant le principe que la dette contractée doit être remboursée, il faut trouver des voies pour ne pas compromettre le « droit fondamental des peuples à leur subsistance et à leur progrès ».

Par Thierry Jallas - Publié dans : Doctrine sociale de l'Eglise c
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Samedi 15 décembre 2007 6 15 /12 /Déc /2007 22:34
Le texte qui suit est de Stanislas de Sainte Agathe, sur son blog consacré à la doctrine sociale de l'Eglise catholique. Je reprends la plume dans le dernier paragraphe, consacré à un mémoire de mastère.

 La doctrine sociale de l’Eglise est plutôt méconnue. Denis Matschek, qui a enseigné la doctrine sociale et animé des groupes d’études, s’est construit un outil personnel, avec cette remarquable synthèse, pour aider ceux qui débutent en la matière. Aussi, souhaite-t-il faire partager au plus grand nombre ce document et les diaporamas associés. Merci à lui de tout coeur !

Pas aisé de "réduire" la doctrine sociale et de la rendre accessible, tant elle renvoie à de nombreux textes, dont "le degré d’autorité" magistériel est différent.
Cette entreprise, ce défi a été relevé et l’Eglise a offert le compendium.
Pour des besoins didactiques réels, une synthèse du compendium a été entreprise.
Le résultat : un document d’à peine plus de cent pages et quelques 14 diaporamas (500 diapos !).
Pari gagné, ces documents peuvent s’avérer extrêmement précieux pour se remettre les idées en place et garder une vue "globale" et sûre de la question et ainsi servir de base à des formations sur le sujet ou animer des conférences débats.
Aussi pour construire une civilisation de l’Amour voici de quoi faire un premier pas, début d’un long voyage ou plutôt pèlerinage ?

Ordre selon lequel il est souhaitable de présenter le diaporama de la DSE :

1. DSE INTRODUCTION

2. LE DESSEIN D’AMOUR DE DIEU POUR L’HUMANITE

3. MISSION DE L’EGLISE ET DSE

4. LA PERSONNE HUMAINE ET SES DROITS

5. LES PRINCIPES ET VALEURS DE LA DSE

6. LA FAMILLE CELLULE VITALE DE LA SOCIETE

7. DSE ET LE TRAVAIL

8. DSE ET VIE ECONOMIQUE

9. DSE ET COMMUNAUTE POLITIQUE

10. LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE

11. SAUVEGARDER L’ENVIRONNEMENT

12. LA PROMOTION DE LA PAIX

13. DSE ET ACTION ECCLESIALE

14. POUR UNE CIVILISATION DE L’AMOUR


En outre, je signale un mémoire de mastère écrit sur le sujet suivant : "L'influence des principes de la doctrine sociale de l'Eglise sur les politiques de ressources humaines des entreprises". Je n'ai eu le temps que de le survoler. Mon impression, après ce survol, est qu'il contient beaucoup de choses intéressantes et quelques passages très contestables.

Par Thierry Jallas - Publié dans : Doctrine sociale de l'Eglise c
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Samedi 24 novembre 2007 6 24 /11 /Nov /2007 00:46
La prochaine réunion du groupe de travail du secteur paroissial Pontault-Combault/ Roissy-en-Brie/Ozoir-la-Ferrière/Pontcarré (PROP) sur la Doctrine Sociale de l'Eglise catholique aura lieu le

mardi 15 janvier 2008, à 20:30

Salle paroissiale d'Ozoir-la-Ferrière.


au dos de l'église d'Ozoir
avenue du Général de Gaulle
77330 OZOIR-LA-FERRIERE

Ce soir-là, étude du chapitre 9 du
compendium de la DSE, consacré à "la communauté internationale".
Au cours de la réunion, projection de l'enregistrement vidéo (45') de l'intervention de Jacques Garello (Professeur Emérite de l'Université Paul Cézanne-Aix-Marseille III, Association des Economistes Catholiques) sur "Le développement et le commerce international", lors du colloque du 4 février 2006 ("Actualité de la Doctrine sociale de l'Eglise", organisé par la Fondation de Service Politique et l'AEC).


La réunion suivante, qui se tiendra environ un mois plus tard, portera sur le chapitre 10 du compendium : "Sauvegarder l'environnement". Pour nourir la réflexion sur ce sujet, j'invite à visionner deux vidéos intéressantes :
- "The great global warming",
- interview, par Claude Reichman, de Christian Gérondeau, auteur de "Ecologie, la grande arnaque", chez Albin Michel (attention, cette interview ne sera probablement plus en ligne, sur ReichmanTV, au-delà de la première semaine de décembre 2007).
Par Thierry Jallas - Publié dans : Doctrine sociale de l'Eglise c
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Samedi 13 octobre 2007 6 13 /10 /Oct /2007 15:57

La prochaine réunion du groupe de travail du secteur paroissial Pontault-Combault/ Roissy-en-Brie/Ozoir-la-Ferrière/Pontcarré (PROP) sur la doctrine sociale de l'Eglise catholique aura lieu le vendredi 19 octobre 2007 à 20:30, à la sallle paroissiale d'Ozoir-la-Ferrière.
Elle portera sur le chapitre 7 du compendium, "La vie économique". Elle sera illustrée par la vidéo de l'intervention de Jean-Yves Naudet "L'économie de marché" (Colloque du 4 février 2006 organisé par la Fondation de Service Politique et l'Association des Economistes Catholiques) et, si nous avons le temps, par l'enregistrement vidéo du témoignage de François Michelin (Colloque du 10 mars 2007 organisé par les 2 associations précitées).

La mise en place de ce groupe de travail répond aux consignes de Benoît XVI dans l’exhortation apostolique Sacramentum Caritatis : « 
Il est nécessaire que, dans les diocèses et dans les communautés chrétiennes, on fasse connaître et on promeuve la Doctrine Sociale de l’Église.
Dans ce patrimoine précieux, provenant de la plus antique tradition ecclésiale, nous trouvons les éléments qui orientent, de manière très sage, le comportement des chrétiens face aux questions sociales brûlantes. Cette doctrine, mûrie tout au long de l’histoire bimillénaire de l’Église, se caractérise par son réalisme et son équilibre, aidant ainsi à éviter les compromis erronés ou les vagues utopies. »

Par ailleurs, j'ai été informé de la sortie récente du livre "Comprendre la doctrine sociale de l'Eglise", de Anne Despaigne, aux éditions Traditions Monastiques.

Enfin, je signale un nouveau portail web consacré à la doctrine sociale de l'Eglise.

Par Thierry Jallas - Publié dans : Doctrine sociale de l'Eglise c
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Mardi 12 juin 2007 2 12 /06 /Juin /2007 08:22
La prochaine réunion du groupe de travail sur la doctrine sociale de l'Eglise catholique, qui aura lieu :
 
mercredi 13 juin 2007, à 20h30, à Ozoir-la-Ferrière,
 
dans la salle paroissiale (au dos de l'église).
 
Nous étudierons le chapitre 6 sur "La famille, cellule vitale de la société" (article 209 à 254 du compendium de la doctrine sociale).
 
Une synthèse du compendium, réalisée par Denis Matschek, est disponible sur Internet, sous forme de fichier pdf. Elle peut faciliter la préparation de réunion pour ceux qui n'auront pas eu le temps de lire le chapitre 6 dans le compendium.
 
Au cours de la séance, nous entendrons un exposé de Jean-Didier Lecaillon, Professeur à l'Université Panthéon Assas, Paris II, Vice-Président de l'Association des Economistes Catholiques (enregistrement vidéo de 36') sur "La famille"
Par Thierry Jallas - Publié dans : Doctrine sociale de l'Eglise c
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Mardi 22 mai 2007 2 22 /05 /Mai /2007 01:14
Le présent article fait partie d'une série exposant les grandes lignes de la doctrine sociale de l'Eglise catholique et montrant, notamment, la promotion que fait celle-ci de la liberté de chaque personne humaine. Cette série s'appuie sur le compendium  de la doctrine sociale de l'Eglise, dont il reprend différents passages (en rouge, ceux qui parlent plus particulièrement de liberté). Le thème de la communauté politique fait l'objet du chapitre 8 du compendium (articles 377 à 426).
 
 379 Jésus refuse le pouvoir oppresseur et despotique des chefs sur les Nations (cf. Mc 10, 42) et leur prétention de se faire appeler bienfaiteurs (cf. Lc 22, 25), mais il ne conteste jamais directement les autorités de son temps.


381 La prière pour les gouvernants, recommandée par saint Paul durant les persécutions, indique explicitement ce que l'autorité politique doit garantir: une vie calme et tranquille, à passer en toute piété et dignité (cf. 1 Tm 2, 1-2).

383 Le comportement de Dieu dans le gouvernement du monde, qui témoigne de si grands égards pour la liberté humaine, devrait inspirer la sagesse de ceux qui gouvernent les communautés humaines. Ils ont à se comporter en ministres de la providence divine ».
Le message biblique inspire sans cesse la pensée chrétienne sur le pouvoir politique, en rappelant qu'il jaillit de Dieu et qu'il fait partie intégrante de l'ordre qu'il a créé. Cet ordre est perçu par les consciences et se réalise, dans la vie sociale, à travers la vérité, la justice, la liberté et la solidarité qui procurent la paix.

384
La personne humaine est le fondement et la fin de la communauté politique. Dotée de rationalité, elle est responsable de ses choix et capable de poursuivre des projets qui donnent un sens à sa vie, au niveau individuel et social. L'ouverture à la Transcendance et aux autres est le trait qui la caractérise et la distingue: ce n'est qu'en rapport à la Transcendance et aux autres que la personne humaine atteint sa réalisation pleine et intégrale. Pour l'homme, créature naturellement sociale et politique, « la vie sociale n'est donc pas (...) quelque chose de surajouté », mais plutôt une dimension essentielle qui ne peut être éliminée.

La communauté politique découle de la nature des personnes, dont la conscience « leur révèle et leur enjoint de respecter » l'ordre inscrit par Dieu dans toutes ses créatures, « un ordre moral et religieux qui, plus que toute valeur matérielle, influe sur les orientations et les solutions à donner aux problèmes de la vie individuelle et sociale, à l'intérieur des communautés nationales et dans leurs rapports mutuels ». Cet ordre doit être progressivement découvert et développé par l'humanité. La communauté politique, réalité connaturelle aux hommes, existe pour obtenir une fin impossible à atteindre autrement: la pleine croissance de chacun de ses membres, appelés à collaborer de façon stable pour réaliser le bien commun, poussés par leur tension naturelle vers le vrai et vers le bien.

388 Considérer la personne humaine comme le fondement et la fin de la communauté politique signifie se prodiguer avant tout pour la reconnaissance et le respect de sa dignité en protégeant et en promouvant les droits fondamentaux et inaliénables de l'homme: « Pour la pensée contemporaine, le bien commun réside surtout dans la sauvegarde des droits et des devoirs de la personne humaine ». Dans les droits de l'homme sont condensées les principales exigences morales et juridiques qui doivent présider à la construction de la communauté politique. Ils constituent une norme objective qui fonde le droit positif et qui ne peut être ignorée par la communauté politique, car la personne lui est antérieure sur le plan de l'être et des finalités: le droit positif doit garantir la satisfaction des exigences humaines fondamentales.

397 L'autorité doit reconnaître, respecter et promouvoir les valeurs humaines et morales essentielles. Elles sont innées, « découlent de la vérité même de l'être humain et (...) expriment et protègent la dignité de la personne: ce sont donc des valeurs qu'aucune personne, aucune majorité ni aucun État ne pourront jamais créer, modifier ou abolir ». Elles ne sont pas basées sur des « majorités » d'opinion provisoires ou changeantes, mais elles doivent être simplement reconnues, respectées et promues comme éléments d'une loi morale objective, loi naturelle inscrite dans le cœur de l'homme (cf. Rm 2, 15), et comme point de référence normatif de la loi civile elle-même. Si, à cause d'un obscurcissement tragique de la conscience collective, le scepticisme venait à mettre en doute jusqu'aux principes fondamentaux de la loi morale, l'ordonnancement étatique lui- même serait bouleversé dans ses fondements, se réduisant à un pur mécanisme de régulation pragmatique d'intérêts différents et opposés.

398 L'autorité doit promulguer des lois justes, c'est-à-dire conformes à la dignité de la personne humaine et aux impératifs de la raison droite

400 Reconnaître que le droit naturel fonde et limite le droit positif signifie admettre qu'il est légitime de résister à l'autorité dans le cas où celle-ci viole gravement et de façon répétée les principes du droit naturel. Saint Thomas d'Aquin écrit qu' « on n'est tenu d'obéir... que dans la mesure requise par un ordre fondé en justice ». Le fondement du droit de résistance est donc le droit de nature.

405 L'Église voit comme un signe d'espérance « l'aversion toujours plus répandue de l'opinion publique envers la peine de mort

406 L'encyclique « Centesimus annus » renferme un jugement explicite et structuré sur la démocratie: « L'Église apprécie le système démocratique, comme système qui assure la participation des citoyens aux choix politiques et garantit aux gouvernés la possibilité de choisir et de contrôler leurs gouvernants, ou de les remplacer de manière pacifique lorsque cela s'avère opportun. Cependant, l'Église ne peut approuver la constitution de groupes dirigeants restreints qui usurpent le pouvoir de l'État au profit de leurs intérêts particuliers ou à des fins idéologiques. Une démocratie authentique n'est possible que dans un État de droit et sur la base d'une conception correcte de la personne humaine. Elle requiert la réalisation des conditions nécessaires pour la promotion des personnes, par l'éducation et la formation à un vrai idéal, et aussi l'épanouissement de la “personnalité” de la société, par la création de structures de participation et de coresponsabilité ».

408 Le Magistère reconnaît la valeur du principe relatif à la division des pouvoirs au sein d'un État: « Il est préférable que tout pouvoir soit équilibré par d'autres pouvoirs et par d'autres compétences qui le maintiennent dans de justes limites. C'est là le principe de l'“État de droit”, dans lequel la souveraineté appartient à la loi et non pas aux volontés arbitraires des hommes ».
 
411 Parmi les déformations du système démocratique, la corruption politique est une des plus graves, car elle trahit à la fois les principes de la morale et les normes de la justice sociale; elle compromet le fonctionnement correct de l'État, en influant négativement sur le rapport entre les gouvernants et les gouvernés; elle introduit une méfiance croissante à l'égard des institutions publiques en causant une désaffection progressive des citoyens vis-à-vis de la politique et de ses représentants, ce qui entraîne l'affaiblissement des institutions. La corruption déforme à la racine le rôle des institutions représentatives, car elle les utilise comme un terrain d'échange politique entre requêtes clientélistes et prestations des gouvernants. De la sorte, les choix politiques favorisent les objectifs restreints de ceux qui possèdent les moyens de les influencer et empêchent la réalisation du bien commun de tous les citoyens.

418 La communauté politique et la société civile, bien que réciproquement reliées et interdépendantes, ne sont pas égales dans la hiérarchie des fins. La communauté politique est essentiellement au service de la société civile et, en dernière analyse, des personnes et des groupes qui la composent. La société civile ne peut donc pas être considérée comme un appendice ou une variable de la communauté politique: au contraire, elle a la prééminence, car c'est dans la société civile même que l'existence de la communauté politique trouve sa justification.
L'État doit fournir un cadre juridique adapté au libre exercice des activités des sujets sociaux et être prêt à intervenir, lorsque c'est nécessaire et en respectant le principe de subsidiarité, pour orienter vers le bien commun la dialectique entre les libres associations actives dans la vie démocratique.

419 La communauté politique est tenue de régler ses rapports vis-à-vis de la société civile selon le principe de subsidiarité

421 Le Concile Vatican II a engagé l'Église catholique dans la promotion de la liberté religieuse(...) Afin que cette liberté (...) puisse s'exercer, elle ne doit pas être entravée, étant donné que « la vérité ne s'impose que par la force de la vérité elle-même ». La dignité de la personne et la nature même de la recherche de Dieu exigent pour tous les hommes l'immunité de toute coercition dans le domaine religieux. La société et l'État ne doivent pas contraindre une personne à agir contre sa conscience, ni l'empêcher d'agir en conformité à celle-ci.

425 L'autonomie réciproque de l'Église et de la communauté politique ne comporte pas de séparation excluant leur collaboration

Par Thierry Jallas - Publié dans : Doctrine sociale de l'Eglise c
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Samedi 19 mai 2007 6 19 /05 /Mai /2007 00:29
Le présent article fait partie d'une série exposant les grandes lignes de la doctrine sociale de l'Eglise catholique et montrant, notamment, la promotion que fait celle-ci de la liberté de chaque personne humaine. Cette série s'appuie sur le compendium  de la doctrine sociale de l'Eglise, dont il reprend différents passages.
Avant de citer ces passages qui ont le plus retenu mon attention (en particulier, parce qu’ils parlent de liberté), je souhaite renvoyer le lecteur au texte de l’excellente intervention de Jean-Yves Naudet, de l’A.E.C. (Association des Economistes Catholiques), prononcée à l’occasion d’un colloque « Actualité de la doctrine sociale de l’Eglise : une éthique économique et politique pour notre temps », le 4 février 2006, et intitulé « L’économie de marché ».
 
325 (…) tout homme peut poursuivre l'œuvre de Jésus, avec l'aide de son Esprit: rendre justice aux pauvres, affranchir les opprimés, consoler les affligés, rechercher activement un nouvel ordre social qui offre des solutions appropriées à la pauvreté matérielle et qui puisse endiguer plus efficacement les forces qui entravent les tentatives des plus faibles à sortir d'une condition de misère et d'esclavage.
 
328 (…) De fait, le salut chrétien est une libération intégrale de l'homme, libération par rapport au besoin, mais aussi par rapport à la possession en soi: « Car la racine de tous les maux, c'est l'amour de l'argent. ».
 
330 La doctrine sociale de l'Église insiste sur la connotation morale de l'économie. Dans une page de l'encyclique « Quadragesimo anno », Pie XI affronte le rapport entre l'économie et la morale…
 
332 La dimension morale de l'économie permet de saisir comme des finalités inséparables, et non pas séparées ou alternatives, l'efficacité économique et la promotion d'un développement solidaire de l'humanité.
 
333 Pour assumer une orientation morale, l'activité économique doit avoir pour sujets tous les hommes et tous les peuples. Tous ont le droit de participer à la vie économique et le devoir de contribuer, selon leurs capacités, au progrès de leur pays et de la famille humaine tout entière. Si, dans une certaine mesure, tous sont responsables de tous, chacun a le devoir de s'engager pour le développement économique de tous: c'est un devoir de solidarité et de justice, mais c'est aussi la meilleure voie pour faire progresser l'humanité tout entière. Si elle est vécue moralement, l'économie est donc la prestation d'un service réciproque, à travers la production de biens et de services utiles à la croissance de chacun, et devient une opportunité pour tout homme de vivre la solidarité et la vocation à la « communion avec les autres hommes pour lesquelles Dieu l'a créé ». L'effort pour concevoir et réaliser des projets économiques et sociaux capables de favoriser une société plus juste et un monde plus humain représente un âpre défi, mais aussi un devoir stimulant, pour tous les agents économiques et pour les spécialistes en sciences économiques.
 
336 La doctrine sociale de l'Église considère la liberté de la personne dans le domaine économique comme une valeur fondamentale et comme un droit inaliénable à promouvoir et à protéger: « Chacun a le droit d'initiative économique, chacun usera légitimement de ses talents pour contribuer à une abondance profitable à tous, et pour recueillir les justes fruits de ses efforts ». Cet enseignement met en garde contre les conséquences négatives qui dériveraient de la mortification ou négation du droit d'initiative économique : « L'expérience nous montre que la négation de ce droit ou sa limitation au nom d'une prétendue “égalité” de tous dans la société réduit, quand elle ne le détruit pas en fait, l'esprit d'initiative, c'est-à-dire la personnalité créative du citoyen ». Dans cette perspective, l'initiative libre et responsable dans le domaine économique peut aussi être qualifiée d'acte qui révèle l'humanité de l'homme en tant que sujet créatif et relationnel. Cette initiative doit donc jouir d'un vaste espace. L'État a l'obligation morale de n'établir de restrictions qu'en fonction des incompatibilités entre la poursuite du bien commun et le type d'activité économique mise en œuvre ou ses modalités de déroulement.
 
340 La doctrine sociale reconnaît la juste fonction du profit, comme premier indicateur du bon fonctionnement de l'entreprise : « Quand une entreprise génère du profit, cela signifie que les facteurs productifs ont été dûment utilisés ».
 
347 Le marché libre est une institution socialement importante en raison de sa capacité de garantir des résultats suffisants dans la production de biens et de services. Historiquement, le marché a prouvé qu'il pouvait lancer et soutenir à long terme le développement économique. Il existe de bonnes raisons d'estimer qu'en de nombreuses circonstances « le marché libre soit l'instrument le plus approprié pour répartir les ressources et répondre efficacement aux besoins ». La doctrine sociale de l'Église considère positivement les avantages sûrs qu'offrent les mécanismes du marché libre, aussi bien pour une meilleure utilisation des ressources que pour la facilitation de l'échange des produits; « surtout, ils [les mécanismes] placent au centre la volonté et les préférences de la personne, qui, dans un contrat, rencontrent celles d'une autre personne ».
Un vrai marché concurrentiel est un instrument efficace pour atteindre d'importants objectifs de justice: modérer les excès de profit des entreprises; répondre aux exigences des consommateurs; réaliser une meilleure utilisation et une économie des ressources; récompenser les efforts des entreprises et l'habileté d'innovation et faire circuler l'information de façon qu'il soit vraiment possible de confronter et d'acquérir les produits dans un contexte de saine concurrence
.
 
351 L'action de l'État et des autres pouvoirs publics doit se conformer au principe de subsidiarité et créer des situations favorables au libre exercice de l'activité économique; elle doit aussi s'inspirer du principe de solidarité et établir des limites à l'autonomie des parties pour défendre les plus faibles. La solidarité sans subsidiarité peut en effet facilement dégénérer en assistantialisme, tandis que la subsidiarité sans la solidarité risque d'alimenter des formes de régionalisme égoïste.
 
352 Le devoir fondamental de l'État en matière économique est de définir un cadre juridique capable de régler les rapports économiques, afin de « sauvegarder (...) les conditions premières d'une économie libre, qui présuppose une certaine égalité entre les parties, d'une manière telle que l'une d'elles ne soit pas par rapport à l'autre puissante au point de la réduire pratiquement en esclavage ». L'activité économique, surtout dans un contexte de marché libre, ne peut pas se dérouler dans un vide institutionnel, juridique et politique: « Elle suppose, au contraire, que soient assurées les garanties des libertés individuelles et de la propriété, sans compter une monnaie stable et des services publics efficaces ».
 
354 L'État peut inciter les citoyens et les entreprises à promouvoir le bien commun en mettant en œuvre une politique économique qui favorise la participation de tous ses citoyens aux activités de production. Le respect du principe de subsidiarité doit pousser les autorités publiques à rechercher des conditions favorables au développement des capacités individuelles d'initiative, de l'autonomie et de la responsabilité personnelles des citoyens, en s'abstenant de toute intervention qui puisse constituer un conditionnement indu des forces des entreprises.
 
364 Le commerce représente un élément fondamental des relations économiques internationales, en contribuant de manière déterminante à la spécialisation dans la production et à la croissance économique des différents pays. Plus que jamais aujourd'hui, le commerce international, s'il est orienté de façon opportune, favorise le développement et est capable de créer de nouveaux emplois et de fournir des ressources utiles. La doctrine sociale a plusieurs fois mis en lumière les distorsions du système commercial international qui, souvent, à cause des politiques protectionnistes, discrimine les produits provenant des pays pauvres et y entrave la croissance d'activités industrielles et le transfert de technologies.
 
367 À l'époque de la mondialisation, il faut souligner avec force la solidarité entre les générations: « Auparavant, la solidarité entre les générations était dans de nombreux pays une attitude naturelle de la part de la famille; elle est aussi devenue un devoir de la communauté ». Il est bon que cette solidarité continue d'être poursuivie dans les communautés politiques nationales, mais aujourd'hui le problème se pose aussi pour la communauté politique globale, afin que la mondialisation ne se réalise pas au détriment des plus nécessiteux et des plus faibles. La solidarité entre les générations exige que, dans la planification globale, on agisse selon le principe de la destination universelle des biens, qui rend moralement illicite et économiquement contre-productif de décharger les coûts actuels sur les générations futures: moralement illicite signifie ne pas assumer les responsabilités nécessaires, et économiquement contreproductif parce que la réparation des dommages coûte davantage que la prévention.
 
368 Les marchés financiers ne sont certes pas une nouveauté de notre époque: depuis longtemps déjà, sous diverses formes, ils se sont chargés de répondre à l'exigence de financer des activités productives. L'expérience historique atteste qu'en l'absence de systèmes financiers adéquats, aucune croissance économique n'aurait eu lieu. Les investissements à large échelle, typiques des économies modernes de marché, n'auraient pas été possibles sans le rôle fondamental d'intermédiaire joué par les marchés financiers, qui a permis notamment d'apprécier les fonctions positives de l'épargne pour le développement complexe du système économique et social.
Par Thierry Jallas - Publié dans : Doctrine sociale de l'Eglise c
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