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Voici un certain nombre de passages de l'Evangile qui, de mon point de vue, nous parlent de la liberté (ici, essentiellement la liberté qui est menacée par autrui, et non pas par nous-même). La présente page présente des passages des Evangiles selon saint Matthieu et selon saint Marc. Une autre page présente des passages des Evangiles selon saint Marc et selon saint Luc.
 

Mt 1, 18-21
18 Voici quelle fut l'origine de Jésus Christ.
Marie, la mère de Jésus, avait été accordée en mariage à Joseph ;
or, avant qu'ils aient habité ensemble,
elle fut enceinte
par l'action de l'Esprit Saint.
19 Joseph, son époux,
qui était un homme juste,
ne voulait pas la dénoncer publiquement ;
il décida de la répudier en secret.
20 Il avait formé ce projet,
lorsque l'Ange du Seigneur
lui apparut en songe et lui dit :
« Joseph, fils de David,
ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse :
l'enfant qui est engendré en elle
vient de l'Esprit Saint ;
21 elle mettra au monde un fils,
auquel tu donneras le nom de Jésus (c'est-à-dire : « le Seigneur sauve »),
car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »

Marie-Noëlle Thabut : "A propos de ce nom de Jésus, Matthieu en donne le sens, « Jésus veut dire le Seigneur sauve » et il explique « Car c'est lui qui sauvera le peuple de ses péchés ». Précision intéressante : le peuple juif attendait impatiemment le Messie et pas seulement un Messie politique qui le libérerait de l'occupation romaine. Nous avons déjà eu l'occasion de parler de cette attente messianique : on attendait un roi, un leader politique, c'est vrai, de la descendance de David, et c'est lui qui devait restaurer la royauté en Israël, mais on attendait aussi et surtout l'avènement du monde nouveau, de la création nouvelle, dans la justice et la paix pour tous. Il y a tout cela dans le nom de Jésus tel que Matthieu le comprend « c'est lui qui sauvera le peuple de ses péchés »."
J'ajoute ceci aux commentaires de Marie-Noëlle Thabut. Le péché, c'est ce qui ne correspond pas au projet de Dieu pour nous, à ses "commandements". Non seulement notre péché ne nous rend pas heureux, mais en plus, il fait souffrir (parfois, nous-même, le plus souvent, autrui : c'est, par exemple, le Christ qui a souffert, physiquement et moralement, du péché commis par ceux qui l'ont mis à mort). Tout péché est non-respect d'une liberté (le vol ne respecte pas la liberté d'autrui d'user comme bon lui semble de sa propriété, le meurtre est non respect de la liberté de vivre, le mensonge vise à empêcher autrui de prendre une décision libre, etc.. L'idolâtrie est également un non-respect de liberté : notre propre liberté et, parfois, celle d'autrui. lorsque j'idolâtre, par exemple, les hommes de l'Etat, ou ceux de la Sécurité Sociale, je prive moi-même et autrui de la liberté d'agir en mon (son) âme et conscience dans le champ qu'e lesdits hommes se sont approprié.
Dire que Jésus nous sauve (ou nous libère) de nos péchés, c'est reconnaître qu'il nous aide, par la grâce de son Esprit, à prendre conscience de ce phénomène (non-respect d'une liberté -> souffrance) et à nous débarasser, progressivement, de notre propension à attenter à la liberté d'autrui et de nous-même.

Mt 4, 18-19
18 Comme il marchait au bord du lac de Galilée,
il vit deux frères,
Simon appelé Pierre,
et son frère André,
qui jetaient leurs filets dans le lac :
c'étaient des pêcheurs.
19 Jésus leur dit :
« Venez derrière moi,
et je vous ferai pêcheurs d'hommes. »

Jésus choisit ses disciples parmi des hommes dont le métier est la pêche, il les nomme pêcheurs d'hommes : tirer des hommes de la mer, c'est les empêcher de se noyer ; c'est les sauver.  Jésus nous invite tous à être ses disciples, à sauver nos frères, c'est à dire à les libérer, dans tous les sens du terme.
 

 

Mt 5, 1-12a

1 Quand Jésus vit la foule qui le suivait, il gravit la montagne. il s'assit, et ses disciples s'approchèrent.
2 Alors, ouvrant la bouche, il se mit à les instruire, il disait :
3 « Heureux les pauvres de coeur : le Royaume des cieux est à eux !
4 Heureux les doux : ils obtiendront la terre promise !
5 Heureux ceux qui pleurent : ils seront consolés !
6 Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice : ils seront rassasiés !
7 Heureux les miséricordieux : ils obtiendront miséricorde !
8 Heureux les coeurs purs : ils verront Dieu !
9 Heureux les artisans de paix : ils seront appelés fils de Dieu !
10 Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice : le Royaume des cieux est à eux !
11 Heureux serez-vous si l'on vous insulte, si l'on vous persécute et si l'on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.
12 Réjouissez-vous, soyez dans l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux !" »

 

Marie-Noëlle Thabut : "Si Jésus a consacré du temps à guérir ses contemporains, cela veut dire que toute souffrance et en particulier la maladie et l'infirmité sont à combattre. Il ne faut donc certainement pas lire « Heureux ceux qui pleurent, ils seront consolés » comme si c'était une chance de pleurer ! Ceux qui, aujourd'hui pleurent de douleur ou de chagrin ne peuvent pas considérer cela comme un bonheur ! Les larmes dont il s'agit, ce sont celles du repentir. Notre Pape Benoît XVI donne en exemple celles de saint Pierre, après son reniement. Chaque phrase commence par le mot « Heureux » : ce mot, très fréquent dans l'Ancien Testament, sonne toujours comme un compliment, le plus beau compliment dont nous puissions rêver, en fin de compte. André Chouraqui le traduit « En marche » : sous-entendu, « tu es bien parti. Le royaume peut s'approcher de toi. »"
Il me semble que ce texte nous invite à ne pas nous joindre aux prétentieux (qui sont persuadés de mieux savoir et imposent leur point de vue à autrui par la coercition, au besoin par la violence), qui ne sont pas ajustés au dessein de Dieu et ne respectent donc pas les "dix paroles" (qui sont des paroles de libération), semant autour d'eux les pleurs, la guerre, les persécutions, le mensonge et l'insulte. Bien sûr, il n'y a pas d'un côté les "bons"  et de l'autre les "méchants" : nous sommes tous partagés, tantôt du côté des "bons", tantôt du côté des "mauvais". nous devons être conscients de tout ceci, y compris lorsque nous sommes du côté des victimes : ce n'est pas en rendant coup pour coup ("oeil pour oeil, dent pour dent") que nous ferons changer d'attitude ceux qui nous asservissent, qui nous volent, qui nous mentent ou nous persécutent, mais en continuant à appliquer les principes contenus dans les béatitudes. Le Christ nous en donne l'exemple toute sa vie durant, lors de sa passion plus particulièrement.

 

Mt 6,25-34
25 Voilà pourquoi je vous dis: Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous le vêtirez. La vie n'est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ? 26 Regardez les oiseaux du ciel: ils ne sèment ni ne moissonnent, ils n'amassent point dans des greniers; et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu'eux ? 27 Et qui d'entre vous peut, par son inquiétude, prolonger tant soit peu son existence ? 28 Et du vêtement, pourquoi vous inquiéter ? Observez les lis des champs, comme ils croissent: ils ne peinent ni ne filent, 29 et, je vous le dis, Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n'a jamais été vêtu comme l'un d'eux. 30 Si Dieu habille ainsi l'herbe des champs, qui est là aujourd'hui et qui demain sera jetée au feu, ne fera-t-il pas bien plus pour vous, gens de peu de foi ! 31 Ne vous inquiétez donc pas, en disant: "Qu'allons-nous manger ? qu'allons-nous boire ? de quoi allons-nous nous vêtir ?" 32 -Tout cela, les païens le recherchent sans répit-, il sait bien, votre Père céleste, que vous avez besoin de toutes ces choses. 33 Cherchez d'abord le royaume et la justice de Dieu, et tout cela vous sera donné par surcroît. 34 Ne vous inquiétez donc pas pour le lendemain: le lendemain s'inquiétera de lui-même. A chaque jour suffit sa peine.


La pointe de ce texte, c'est "Cherchez d'abord le Royaume et la justice de Dieu, et tout cela vous sera donné par surcroit".

En matière économique, cela veut dire qu'il faut se contenter de respecter la Loi divine (adorer Dieu et lui seul, aimer son prochain comme soi-même, ne pas tuer, ne pas voler ...) et de faire confiance à la divine providence. Autrement dit, il est non seulement inutile, mais même nuisible, de prétendre construire, par un ensemble de règles, d'obligations ou d'interdictions (autres que celles qui protègent la liberté de chacun), une société plus harmonieuse, plus efficace, plus paradisiaque. Lorsque les hommes de l'Etat prétendent, par exemple, protéger la sécurité de l'emploi des salariés, ou un certain niveau de revenu, ils obtiennent exactement le contraire : le chômage.

Mt 7, 1-5
1 Ne vous posez pas en juge, afin de n'être pas jugé; 2 car c'est de la façon dont vous jugez qu'on vous jugera, et c'est la mesure dont vous vous servez qui servira de mesure pour vous. 3 Qu'as-tu à regarder la paille qui est dans l'oeil de ton frère ? Et la poutre qui est dans ton oeil, tu ne la remarques pas ? 4 Ou bien, comment vas-tu dire à ton frère: "Attends ! que j'ôte la paille de ton oeil" ? 5 Homme au jugement perverti, ôte d'abord la poutre de ton oeil, et alors tu verras clair pour ôter la paille de l'oeil de ton frère.

Il est ici recommandé de ne pas juger autrui, ni les actions d'autrui. Pourquoi ? Parce que notre jugement sur le bien et le mal est perverti. Dans ces conditions, de quel droit quiconque pourrait-il contraindre la liberté d'autrui, lui imposer ceci ou lui interdire cela ?

 

 Mt 7, 12
« Donc, tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux, vous aussi, voilà ce que dit toute l'Écriture : la Loi et les Prophètes. »

Personne d'entre nous ne croit bon et ne veut être obligé d'obéir à d'autres hommes (sauf cas particuliers, comme le contrat de travail, accepté librement). Par contre, nous avons tous une certaine propension à commander aux autres ou à accepter, voire souhaiter, que le pouvoir politique impose aux autres des mesures qui nous paraissent bonnes !

 

Mt 9, 9-13

Jésus, sortant de Capharnaüm, vit un homme, du nom de Matthieu, assis à son bureau de publicain (collecteur d'impôts). Il lui dit : « Suis-moi. » L'homme se leva et le suivit. Comme Jésus était à table à la maison, voici que beaucoup de publicains et de pécheurs vinrent prendre place avec lui et ses disciples. Voyant cela, les pharisiens disaient aux disciples : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? » Jésus, qui avait entendu, déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Allez apprendre ce que veut dire cette parole : C'est la miséricorde que je désire, et non les sacrifices. Car je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs. »
L'apôtre dont cet épisode raconte la vocation, Matthieu, est le sympbôle de la servitude, à 3 titres :

1) c'est un représentant du pouvoir politique,

2) celui-ci étant en outre l'occupant romain,

3) c'est un publicain, un collecteur d'impôt.
Après avoir accepté l'appel de Jésus (dont le nom signifie "Dieu sauve", "Dieu affranchit", "Dieu libère"), Matthieu devient le symbole de la liberation.

On remarque, une nouvelle fois, les critiques des pharisiens à l'égard de l'attitude du Christ.

Le princiopal moyen pour priver autrui de sa liberté, c'est la force brutale, comme celle employée par les armées romaines. Mais il existe d'autres moyens. Notamment :

- la menace,

- la manipulation, par le mensonge,

- la culpabilisation (Ex : "Tu n'as pas honte de ?" ou "me faire ça, à moi, après tout ce que j'ai fait pour toi !".

 

Ici, c'est clairement la cupabilisation à laquelle ont recours les Pharisiens.

 

 

Mt 11, 16-19 :
"Jésus déclarait aux foules : « A qui vais-je comparer cette génération ? Elle ressemble à des gamins assis sur les places, qui en interpellent d'autres : "Nous vous avons joué de la flûte, et vous n'avez pas dansé. Nous avons entonné des chants de deuil, et vous ne vous êtes pas frappé la poitrine." Jean-Baptiste est venu, en effet ; il ne mange pas, il ne boit pas, et l'on dit : "C'est un possédé !"
Le Fils de l'homme est venu ; il mange et il boit, et l'on dit : c'est un gloûton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs."
Mais la sagesse de Dieu se révèle juste, à travers ce qu'elle fait. »
Il me semble que, dans ce passage, Jésus nous invite à ne pas chercher à régenter la vie des autres adultes, à ne pas décider à leur place ce qui est bon et ce qui est mauvais pour eux, ce qu'ils doivent faire et ne pas faire. Bref, à ne rien imposer à autrui, à ne pas faire comme si nous avions mangé du fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, à ne pas prétendre séparer le bon grain de l'ivraie dans le champ qui ne nous appartient pas.

 

Mt 11, 25-26 :
En ce temps-là, Jésus prit la parole : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l'as révélé aux tout-petits.
Oui, Père, tu l'as voulu ainsi dans ta bonté. »

J'ai longtemps été intrigué par ce passage : pourquoi Jésus loue-t-il son Père d'avoir caché aux sages et aux savants des choses essentielles ? Pourquoi Jésus y voit-il un effet de la "bonté" de son père ?

Voici ce qui m'a permis de donner un sens à cette position du Christ. Je suis frappé, depuis que j'exprime mes positions libérales, de constater que la très grande majorité - y compris des gens très intelligents, cultivés, bref, des "sages et des savants" - y reste hermétique, alors que je trouve ces idées claires comme de l'eau de roche et surtout, évidentes, aussi indiscutables que "2 et 2 font 4".

Mon interprétation est donc la suivante : je ne peux comprendre et adhérer à la doctrine libérale qu'à partir du moment où j'ai assez d'humilité pour reconnaître que ni moi, ni personne (hormis Dieu), n'est assez sage ni savant pour distinguer le bien du mal, et donc pour imposer à autrui une pratique prétendument conforme au bien. De même, je ne peux comprendre le message évangélique qu'à partir du moment où je me reconnais "tout-petit", "humble de coeur", "pauvre", "pécheur".

Pour en revenir au libéralisme, il me semble qu'être "sage et savant" (je crois qu'il y a un poil d'ironie dans les propos du Christ : autrement dit, quand il parle des "sage et savants", il désigne en réalité ceux qui pensent l'être, qui s'attribuent eux-mêmes ces qualités), cela consiste

- soit à vouloir décider à la place des autres, à vouloir faire sentir son pouvoir aux autres (comme le font les hommes politiques au pouvoir, les hauts fonctionnaires, les leaders syndicalistes),

- soit à soutenir, à justifier l'action des personnes précitées (on est alors suffisamment sage et savant pour savoir qui sont les plus grands sages et les plus grands savants, dont le pouvoir et la science doivent s'imposer à autrui, au détriment de la liberté de cet autrui).

 

 

Mt 12, 1-8 :
En ce temps-là, Jésus passait, un jour de sabbat, à travers les champs de blé, et ses disciples eurent faim ; ils se mirent à arracher des épis et à les manger.
En voyant cela, les pharisiens lui dirent : « Voilà que tes disciples font ce qu'il n'est pas permis de faire le jour du sabbat ! »
Mais il leur répondit : « N'avez-vous pas lu ce que fit David, quand il eut faim, ainsi que ses compagnons ?
Il entra dans la maison de Dieu, et ils mangèrent les pains de l'offrande ; or, cela n'était permis ni à lui, ni à ses compagnons, mais aux prêtres seulement.
Ou bien encore, n'avez-vous pas lu dans la Loi que le jour du sabbat, les prêtres, dans le Temple, manquent au repos du sabbat sans commettre aucune faute ?
Or, je vous le dis : il y a ici plus grand que le Temple.
Si vous aviez compris ce que veut dire cette parole : C'est la miséricorde que je désire, et non les sacrifices,
vous n'auriez pas condamné ceux qui n'ont commis aucune faute. Car le Fils de l'homme est maître du sabbat. »

Ne nous y trompons pas : ce qui est reproché aux disciples de Jésus, ce n'est pas d'arracher des épis de blé dans un champs qui ne leur appartient pas, mais c'est de faire ceci le jour du sabbat, qui doit être consacré au repos, selon la Loi.

Voici un nouvel exemple de la position du Christ : respectons la liberté de chacun, ne prétendons pas savoir à la place de l'autre ce qui est bien et ce qui est mal, ne tentons pas d'imposer à l'autre notre point de vue. A quel titre, par exemple, sommes-nous juges du droit de nos concitoyens à travailler ou non le dimanche ?

 

Mt 13, 24-30 :

Jésus proposa cette parabole à la foule : « Le Royaume des cieux est comparable à un homme qui a semé du bon grain dans son champ.
Or, pendant que les gens dormaient, son ennemi survint ; il sema de l'ivraie au milieu du blé et s'en alla.
Quand la tige poussa et produisit l'épi, alors l'ivraie apparut aussi.
Les serviteurs du maître vinrent lui dire : 'Seigneur, n'est-ce pas du bon grain que tu as semé dans ton champ ? D'où vient donc qu'il y a de l'ivraie ?'
Il leur dit : 'C'est un ennemi qui a fait cela.' Les serviteurs lui disent :'Alors, veux-tu que nous allions l'enlever ?'
Il répond : 'Non, de peur qu'en enlevant l'ivraie, vous n'arrachiez le blé en même temps.
Laissez-les pousser ensemble jusqu'à la moisson ; et, au temps de la moisson, je dirai aux moissonneurs : Enlevez d'abord l'ivraie, liez-la en bottes pour la brûler ; quant au blé, rentrez-le dans mon grenier.' »

Ce qui mérite surtout notre attention, c'est la leçon donnée par Jésus (représenté par le maître) aux disciples que nous sommes (représentés par les serviteurs) : alors que nous avons tendance à vouloir séparer au plus vite le bon grain de l'ivraie (i.e. le bien du mal), Jésus nous invite à ête patients, à attendre que le temps de la moisson soit venu. C'est à la qualité de ses fruits qu'on reconnaît si un arbre est bon ou mauvais, pas à l'aspect de l'arbre. Il en va de même pour nos actions. Ne prétendons pas savoir à l'avance si les actions des autres sont bonnes ou mauvaises : respectons leur liberté, veillons à ce qu'elle soit respectée par tous, Etat en tête ! Voici quelques extraits de commentaires trouvés sur "Prions en Eglise de juillet 2010 :

- "La patience, respect de la liberté. Le bien et le mal existent dans le monde et en nous. Vouloir trop vite les distinguer entrave la liberté du discernement. Dieu, lui, est patient ; acceptons de vivre à son rythme"

- "(...) L'attention du maître ne s'arrête donc ni sur l'ennemi, ni sur l'ivraie. L'important est que le bon grain pousse ; pour le reste, on verra bien au temps de la moisson ! Il faut accepter que le Royaume soit une communauté où se mêlent le bien et le mal. Il n'appartient pas à l'homme de juger, d'ailleurs ; cela appartient à Dieu et se fera au jour du jugement dernier." (Soeur Sophie Raymond)

 

Mt 14, 1-12

En ce temps-là, Hérode, prince de Galilée, apprit la renommée de Jésus
et dit à ses serviteurs : « Cet homme, c'est Jean le Baptiste, il est ressuscité d'entre les morts, et voilà pourquoi il a le pouvoir de faire des miracles. »
Car Hérode avait fait arrêter Jean, l'avait fait enchaîner et mettre en prison, à cause d'Hérodiade, la femme de son frère Philippe.
En effet, Jean lui avait dit : « Tu n'as pas le droit de vivre avec elle. »
Hérode cherchait à le mettre à mort, mais il eut peur de la foule qui le tenait pour un prophète.
Lorsque arriva l'anniversaire d'Hérode, la fille d'Hérodiade dansa devant tout le monde, et elle plut à Hérode.
Aussi s'engagea-t-il par serment à lui donner tout ce qu'elle demanderait.
Poussée par sa mère, elle dit : « Donne-moi ici, sur un plat, la tête de Jean le Baptiste. »
Le roi fut contrarié, mais à cause de son serment et des convives, il commanda de la lui donner.
Il envoya décapiter Jean dans la prison.
La tête de celui-ci fut apportée sur un plat et donnée à la jeune fille, qui l'apporta à sa mère.
Les disciples de Jean arrivèrent pour prendre son corps, l'ensevelirent et allèrent en informer Jésus.
Il n'est pas besoin de commentaire pour comprendre que le comportement d'Hérode, d'Hérodiade et de sa fille n'est pas conforme au message évangélique.

Le puissant qu'est Hérode fait sentir son pouvoir. Il refuse à Jean-Baptiste la liberté de s'exprimer en lui supprimant celle d'aller et venir (enchaînement et prison), puis celle de vivre (en le décapitant). Jésus nous dit, en parlant des puissants : ne faites pas comme eux.

 

Mt 14, 13-21

Quand il apprit la mort de Jean Baptiste, Jésus partit en barque pour un endroit désert, à l'écart. Les foules l'apprirent et, quittant leurs villes, elles suivirent à pied.
En débarquant, il vit une grande foule de gens ; il fut saisi de pitié envers eux et guérit les infirmes.
Le soir venu, les disciples s'approchèrent et lui dirent : « L'endroit est désert et il se fait tard. Renvoie donc la foule : qu'ils aillent dans les villages s'acheter à manger ! »
Mais Jésus leur dit : « Ils n'ont pas besoin de s'en aller. Donnez-leur vous-mêmes à manger. »
Alors ils lui disent : « Nous n'avons là que cinq pains et deux poissons. »
Jésus dit : « Apportez-les moi ici. »
Puis, ordonnant à la foule de s'asseoir sur l'herbe, il prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction ; il rompit les pains, il les donna aux disciples, et les disciples les donnèrent à la foule.
Tous mangèrent à leur faim et, des morceaux qui restaient, on ramassa douze paniers pleins.
Ceux qui avaient mangé étaient environ cinq mille, sans compter les femmes et les enfants.
J'ai hésité à mettre ce passage parmi ceux dont je pense qu'ils nous parlent de liberté. J'avoue que, si c'est le cas, c'est de façon très indirecte.

Je ne pense pas qu'il faille comprendre que Jésus nous invite à donner à manger aux autres de façon magique, miraculeuse. Je pense qu'une leçon, pour aujourd'hui, est que rien ne justifie qu'un seul être humain (et encore moins une multitude) soit mis dans l'impossibilité de gagner sa croûte, de gagner son pain, autrement dit, d'avoir un emploi rémunéré correctement. Contrairement aux disciples, les hommes politiques contemporains ont du mal à avoir l'humilité de reconnaître qu'ils sont bien incapables  de nourir la foule, autrement dit, de procurer un emploi à chacun. Il est vrai que François Mitterrand, un certain 14 juillet, répondit, désabusé, au journaliste qui l'interrogeait : "Contre le chômage, on a tout essayé". Mais les hommes politiques continuent, malgré l'échec évident de leurs interventions, à plastronner, à vous exposer avec assurance "ce qui marche en matière d'emploi (des seniors, par exemple)", à vous expliquer que si le chômage est au plus haut, c'est "à cause de la crise" avant de se gargariser dès que le chiffre officiel du chômage baisse de 0,1%, à se vanter (de moins en moins souvent, il est vrai) des résultats que leur politique brillante va permettre d'obtenir, etc....

C'est dans d'autres passages de l'Evangile (Mt 6, 25-34 : Mt 7,1-5 ; Lc 12, 22-31) que nous comprenons le lien avec la liberté.

 


Mt 20, 1-15
 
Voici, en effet, à quoi ressemble le Royaume des cieux : un propriétaire sortit tôt le matin afin d'engager des ouvriers pour sa vigne. Il convint avec eux de leur payer le salaire habituel, une pièce d'argent par jour, et les envoya travailler dans sa vigne. Il sortit de nouveau à neuf heures du matin et en vit d'autres qui se tenaient sur la place sans rien faire. Il leur dit : «Allez, vous aussi, travailler dans ma vigne et je vous donnerai un juste salaire.» Et ils y allèrent. Le propriétaire sortit encore à midi, puis à trois heures de l'après-midi et fit de même. Enfin, vers cinq heures du soir, il sortit et trouva d'autres hommes qui se tenaient encore sur la place. Il leur demanda : «Pourquoi restez-vous ici tout le jour sans rien faire ?» — «Parce que personne ne nous a engagés», répondirent-ils. Il leur dit : «Eh bien, allez, vous aussi, travailler dans ma vigne.»
Quand vint le soir, le propriétaire de la vigne dit à son contremaître : «Appelle les ouvriers et paie à chacun son salaire. Tu commenceras par les derniers engagés et tu termineras par les premiers engagés.» Ceux qui s'étaient mis au travail à cinq heures du soir vinrent alors et reçurent chacun une pièce d'argent. Quand ce fut le tour des premiers engagés, ils pensèrent qu'ils recevraient plus ; mais on leur remit aussi à chacun une pièce d'argent. En la recevant, ils critiquaient le propriétaire et disaient : «Ces ouvriers engagés en dernier n'ont travaillé qu'une heure et tu les as payés comme nous qui avons supporté la fatigue d'une journée entière de travail sous un soleil brûlant !» Mais le propriétaire répondit à l'un d'eux : «Mon ami, je ne te cause aucun tort. Tu as convenu avec moi de travailler pour une pièce d'argent par jour, n'est-ce pas ? Prends donc ton salaire et va-t'en. Je veux donner à ce dernier engagé autant qu'à toi. N'ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mon argent ? Ou bien es-tu jaloux parce que je suis bon ?

Je vois dans ce passage, entre autres, la justification du libre marché, du respect des engagements librement consentis et la condamnation de toute forme d'atteinte au droit de propriété. J'y vois aussi la contestation de certains dogmes actuels (ex : "A travail égal, salaire égal"). Décidément, ce propriétaire employeur aurrait beaucoup de difficultés avec la réglementation sociale actuelle !

 

Mt 20, 25-26

Vous le savez, disait Jésus à ses apôtres, les chefs des nations les tiennent sous leur pouvoir et les grands sous leur domination. Il ne doit pas en être ainsi parmi vous.

Voir Mc 10,42


Mc 2, 23-28 :
" Un jour de sabbat,
Jésus marchait à travers les champs de blé ;
et ses disciples, chemin faisant,
se mirent à arracher des épis.
Les pharisiens lui disaient :
« Regarde ce qu'ils font le jour du sabbat !
Cela n'est pas permis. »
Jésus leur répond :
« N'avez-vous jamais lu ce que fit David,
lorsqu'il fut dans le besoin et qu'il eut faim,
lui et ses compagnons ?
Au temps du grand prêtre Abiathar,
il entra dans la maison de Dieu
et mangea les pains de l'offrande
que seuls les prêtres peuvent manger,
et il en donna aussi à ses compagnons. »
Il leur disait encore :
« Le sabbat a été fait pour l'homme,
et non pas l'homme pour le sabbat.
Voilà pourquoi le Fils de l'homme
est maître, même du sabbat. »".
Ce passage est similaire à Mt 12, 1-8. C'est un des nombreux exemples où Jésus s'oppose aux donneurs de leçon de tout poil, qui veulent imposer des règles de conduite aux autres, dont ils nient ainsi la liberté. Ce passage éclaire le débat sur la législation relative au travail du dimanche. Contrairement à la plupart des chrétiens qui s'expriment sur le sujet, je crois que rien ne justifie qu'on interdise à quiconque de travailler le dimanche, quel que soit son métier.
Il faut noter que la lecture de cet Evangile est précédée par l'acclamation suivante :

Acclamation : Alléluia. Alléluia.
L'Esprit du Dieu vivant donne la vie :
là où est l'Esprit du Seigneur, là est la liberté.
Alléluia. (2 Co 3, 6.17)

Mc 3, 1-6 :
" Un jour, Jésus entra dans une synagogue ;
il y avait là un homme dont la main était paralysée.
On observait Jésus
pour voir s'il le guérirait le jour du sabbat ;
on pourrait ainsi l'accuser.
Il dit à l'homme qui avait la main paralysée :
« Viens te mettre là devant tout le monde. »
Et s'adressant aux autres :
« Est-il permis, le jour du sabbat,
de faire le bien, ou de faire le mal ?
de sauver une vie, ou de tuer ? »
Mais ils se taisaient.
Alors, promenant sur eux un regard de colère,
navré de l'endurcissement de leurs coeurs,
il dit à l'homme :
« Étends la main. »
Il l'étendit, et sa main redevint normale.

Une fois sortis,
les pharisiens se réunirent avec les partisans d'Hérode
contre Jésus,
pour voir comment le faire périr. »"

Voici encore un exemple de situation où Jésus s'oppose à ceux qui veulent imposer des règles de conduite aux autres, dont ils nient ainsi la liberté. Ce passage éclaire, lui aussi, le débat sur la législation relative au travail du dimanche. Il faut noter que Jésus semble "faire de la provocation", dans la mesure où il aurait très bien pu guérir discrètement ce malade, un autre jour que le sabat. Il n'était quand même pas à un jour près !
Je suis très frappé par l'expression "Alors, promenant sur un eux un regard de colère, navré de l'endurcissement de leur coeur..." Elle me renvoie en effet aux sentiments que j'éprouve en constatant mon incapacité à faire admettre, partager, par autrui, y compris des gens beaucoup plus intelligents que moi, ces convictions relatives à la liberté humaine, alors qu'elles me semblent relever de l'évidence la plus élémentaire. Colère, non pas contre autrui (du moins, je l'espère !), mais contre mon impuissance à faire évoluer les consciences, les esprits (c'est, me semble-t-il, le sens du mot "coeur" dans ce passage), alors que je vois des millions de personnes souffrir des dommages causés par la privation de liberté (chômage, misère, mort, ...). Cette impuissance a un aspect très positif : elle est preuve  et effet de la liberté d'autrui.

 

Mc 3, 23-27
 Les appelant près de lui, Jésus disait en parabole : « Comment Satan peut-il expulser Satan ?
Si un royaume se divise, ce royaume ne peut pas tenir.
Si une famille se divise, cette famille ne pourra pas tenir.
Si Satan s'est dressé contre lui-même, s'il s'est divisé, il ne peut pas tenir ; c'en est fini de lui.
Mais personne ne peut entrer dans la maison d'un homme fort et piller ses biens, s'il ne l'a d'abord ligoté. Alors seulement il pillera sa maison.


Ligoter quelqu'un, c'est le priver de liberté.  Si nous sommes privés de nos richesses, empêchés d'exprimer nos talents, c'est parce que nous sommes ligotés, privés de liberté, par nous-mêmes ou par d'autres. Si nous perdons notre emploi ou ne pouvons accéder à celui nous permettant d'exprimer nos talents, c'est parce que nous sommes privés de liberté, ligotés, le plus souvent par les hommes très forts (puisqu'ils disposent de la force publique) de l'Etat. Le mécanisme est le même lorsque nous sommes privés de logement, de nourriture, de formation, etc.. Cette privation de liberté, dont nous sommes victimes, soit disant pour "protéger" les uns, en réalité pour leur attribuer un privilège au détriment des autres, constitue une division entre les privilègiés et les exclus. La lutte des classe n'a pas de sens, elle est une forme de division. Les privilèges, que ce soit ceux de la noblesse et du clergé, sous l'Ancien Régime, ou ceux plus actuels des fonctionnaires, des syndicats, des politiques, constitue une division qui conduit à l'écroulement de la nation concernée.
 

Mc 6, 7-11

Jésus appelle les Douze, et pour la première fois il les envoie deux par deux. Il leur donnait pouvoir sur les esprits mauvais, et il leur prescrivit de ne rien emporter pour la route, si ce n'est un bâton ; de n'avoir ni pain, ni sac, ni pièces de monnaie dans leur ceinture.
« Mettez des sandales, ne prenez pas de tunique de rechange. »
Il leur disait encore : « Quand vous avez trouvé l'hospitalité dans une maison, restez-y jusqu'à votre départ. Si, dans une localité, on refuse de vous accueillir et de vous écouter, partez en secouant la poussière de vos pieds : ce sera pour eux un témoignage. »

Confiance et gratuité : deux maîtres mots pour les disciples qui s'en vont annoncer la Bonne Nouvelle ! Ils sont invités à s'arrêter quand ils sont accueillis et à repartir si ce n'est pas le cas. Il y a donc une double liberté dans la proposition du Royaume. Celle de celui qui l'annonce car il est pauvre, dépuoillé de biens et possède  toujours la capacité de se déplacer. Celle de celui qui accueille l'annonce, qui peut toujours dire "oui" ou "non". Cette liberté est le critère d'une évangélisation authentique : aucune adhésion au Christ n'est possible sans elle. (Soeur Véronique Thiébaut, "Prions en Église" février 2013).

 


Mc 6 14-29
31 Comme le nom de Jésus devenait célèbre, le roi Hérode en entendit parler. On disait : « C'est Jean le Baptiste qui est ressuscité d'entre les morts, et voilà pourquoi il a le pouvoir de faire des miracles. »

Certains disaient : « C'est le prophète Élie. » D'autres disaient encore : « C'est un prophète comme ceux de jadis. »

Hérode entendait ces propos et disait : « Celui que j'ai fait décapiter, Jean, le voilà ressuscité ! »

Car c'était lui, Hérode, qui avait fait arrêter Jean et l'avait mis en prison. En effet, il avait épousé Hérodiade, la femme de son frère Philippe, et Jean lui disait : « Tu n'as pas le droit de prendre la femme de ton frère. »

Hérodiade en voulait donc à Jean, et elle cherchait à le faire mettre à mort. Mais elle n'y arrivait pas   parce que Hérode avait peur de Jean : il savait que c'était un homme juste et saint, et il le protégeait ; quand il l'avait entendu, il était très embarrassé, et pourtant, il aimait l'entendre.

Cependant, une occasion favorable se présenta lorsque Hérode, pour son anniversaire, donna un banquet à ses dignitaires, aux chefs de l'armée et aux notables de la Galilée.   La fille d'Hérodiade fit son entrée et dansa. Elle plut à Hérode et à ses convives. Le roi dit à la jeune fille : « Demande-moi tout ce que tu veux, je te le donnerai. »   Et il lui fit ce serment : « Tout ce que tu me demanderas, je te le donnerai, même si c'est la moitié de mon royaume. »

Elle sortit alors pour dire à sa mère : « Qu'est-ce que je vais demander ? » Hérodiade répondit : « La tête de Jean le Baptiste. » Aussitôt la jeune fille s'empressa de retourner auprès du roi, et lui fit cette demande : « Je veux que tout de suite tu me donnes sur un plat la tête de Jean Baptiste. »   Le roi fut vivement contrarié ; mais à cause du serment fait devant les convives, il ne voulut pas lui opposer un refus.

Aussitôt il envoya un garde avec l'ordre d'apporter la tête de Jean. Le garde s'en alla, et le décapita dans la prison.   Il apporta 1a tête sur un plat, la donna à la jeune fille, et la jeune fille la donna à sa mère.

Lorsque les disciples de Jean apprirent cela, ils vinrent prendre son corps et le déposèrent dans un tombeau.

Hérode, celui qui a le pouvoir, est ici celui qui est le moins libre ! Regardons ses motivations. Il a peur de Jean et n'ose pas le faire mettre à mort. Sous le charme de la fille d'Hérodiade puis pris au piège du regard des convives, il ne peut se soustraire à la promesse inconsidérée qu'il a prononcée. il est déterminé par ceux qui l'entourent et ne retourne pas au sanctuaire intérieur dont parle saint Augustin : "Tu étais au-dedans de moi quand j'étais au-dehors." Cultivons la capacité de nous retirer au-dedans de nous-même, avec Dieu, quand une situation ou une relation pourrait nous enfermer. (Soeur Véronique Thiébaut, "Prions en Egise", février 2013).

 

Mc 8, 31-33
31 Et pour la première fois, il leur enseigna
qu'il fallait que le Fils de l'homme souffre beaucoup,
qu'il soit rejeté
par les anciens, les chefs des prêtres et les scribes,
qu'il soit tué,
et que, trois jours après, il ressuscite.
32 Jésus disait cela ouvertement.
Pierre, le prenant à part,
se mit à lui faire de vifs reproches.
33 Mais Jésus se retourna
et, voyant ses disciples, il interpella vivement Pierre :
« Passe derrière moi, Satan !
Tes pensées ne sont pas celles de Dieu,
mais celles des hommes. »

Juste après avoir reconnu Jésus comme Messie, Pierre se met à lui faire des reproches ! Il prétend restreindre la liberté de Jésus en lui faisant des reproches, en faisant pression sur lui pour qu'il change d'avis sur le comportement qu'il doit adopter, sur ce qu'il doit faire ou ne pas faire. C'est notre tentation à tous : prétendre en savoir plus que l'autre sur la manière dont celui-ci doit mener sa vie. Et on reconnaît ici la trace de péché originel, celui qui est à la racine de tous nos péchés : croire que nous pouvons nous passer de Dieu (ou de son envoyé, de son oint, de son Messie, de celui qui doit nous libérer), que nous en savons autant que lui, voire même avoir des soupçons à son égard.

 

Mc 9, 38-39

38 Jean, l’un des Douze, disait à Jésus :
« Maître, nous avons vu quelqu’un
chasser des esprits mauvais en ton nom ;
nous avons voulu l’en empêcher,
car il n’est pas de ceux qui nous suivent. »
39 Jésus répondit :
« Ne l’empêchez pas,..."

 

La tentation de Jean est celle de tout homme : vouloir brider la liberté d'autrui, prétendre savoir mieux que l'autre ce qu'il doit faire ou ne pas faire, comment il doit conduire sa vie. Suivons l'exemple de Jésus, qui nous montre le Père : participons à son projet de libération de l'humanité.

 

Mc 10, 42 :
42 Jésus les appelle et leur dit : « Vous le savez : ceux que l'on regarde comme chefs des nations païennes commandent en maîtres ; les grands font sentir leur pouvoir.
43 Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur.
44 Celui qui veut être le premier sera l'esclave de tous :
45 car le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. »
".

Comment peut-on tenir d'autres hommes sous son pouvoir ou sous sa domination, sinon en niant la liberté de ces hommes, en la piétinant, en ne la respectant pas ? Jésus, je crois, nous invite à respecter la liberté (dont le droit de propriété, qui est une des formes de la liberté) des autres hommes; il nous appelle à être l'esclave de tous, au contraire de ce que nous avons tendance, spontanément, à vouloir : faire de chacun notre esclave.

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