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Voici une liste de mots ou expressions de la Bible expliqués par Marie-Noëlle Thabut (ici, des initiales J à Z). Pour les initiales de A à I, voir cette autre page.
 

  • "La jalousie du Seigneur" : ici

Dans la lettre de Paul aux Corinthiens, le passage que nous venons de lire est encadré par une double recommandation dont il faut entendre toute la gravité ; cela commence par « Mes bien-aimés, fuyez l'idolâtrie » et la fin du passage, c'est « voulez-vous exciter la jalousie du Seigneur? », ce qui veut dire exactement la même chose ; quand la Bible parle de la jalousie du Seigneur, c'est toujours pour mettre en garde contre l'idolâtrie.
 

  • "La "joie" : ici

C'est cette révélation du mystère d'amour qui est en Dieu qui inspire les recommandations de Paul. Frères, soyez dans la joie... » : quand l'Ancien Testament parle de joie, il s'agit toujours du sentiment très fort que suscite toute expérience de libération ; on pourrait presque remplacer le mot « joie » par « exultation de la libération » ; Isaïe, par exemple, annonçant la fin d'une guerre, proclame « Ils se réjouissent devant toi, comme on se réjouit à la moisson... car le joug qui pesait sur lui (le peuple), le bâton sur son épaule, le fouet du chef de corvée, tu les as brisés ... » (Is 9, 2).
Plus tard, c'est le retour d'exil que le prophète annonce comme une grande joie : « Ils reviendront, ceux que le Seigneur a rachetés, ils arriveront à Sion avec des cris de joie. Sur leurs visages une joie sans limite ! Allégresse et joie viendront à leur rencontre, tristesse et plainte s'enfuiront » (Is 35, 10).

Et ces expériences de libération ne sont qu'une pâle image de la libération définitive promise à l'humanité. « Voici que je vais créer des cieux nouveaux et une terre nouvelle ; ainsi le passé ne sera plus rappelé, il ne remontera plus jusqu'au secret du cœur. Au contraire, c'est un enthousiasme et une exultation perpétuels que je vais créer. » (Is 65, 17 - 18).

Signe d'une vie qui s'épanouit, la joie était considérée dans l'Ancien Testament comme la caractéristique du temps du salut et de la paix eschatologique. Quand Jésus parle de joie à ses apôtres, c'est à ce niveau-là qu'il se place et il en donne la raison : « Prenez courage, j'ai vaincu le monde » (Jn 16, 33). C'est ce qui lui permet de dire : « Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite » (Jn 15, 11) et encore : « Vous êtes maintenant dans l'affliction, mais je vous verrai à nouveau, votre cœur alors se réjouira, et cette joie, nul ne vous la ravira » (Jn 16, 22).

 

  • "Le Jour du Seigneur" : ici

Le Jour du Christ, c'est-à-dire le Jour du triomphe de l'Amour.

  • "jugement" : ici

    (...) le mot « jugement » revient trois fois. « Mon serviteur fera paraître le jugement que j'ai prononcé... il fera paraître le jugement en toute fidélité... Il ne faiblira pas, il ne sera pas écrasé, jusqu'à ce qu'il impose mon jugement... » Or c'est peut-être là que nous allons avoir des surprises, car ce jugement, curieusement, ne ressemble pas à un verdict ; pourtant, spontanément, pour nous, le mot « jugement » est souvent évocateur de condamnation, surtout quand il s'agit du jugement de Dieu. Mais ici, il n'est pas question de condamnation, il n'est question que de douceur et de respect pour tout ce qui est fragile, « le roseau froissé », « la mèche qui faiblit » : « Il ne criera pas, il ne haussera pas le ton, on n'entendra pas sa voix sur la place publique. Il n'écrasera pas le roseau froissé ; il n'éteindra pas la mèche qui faiblit ».
    Autre caractéristique de ce jugement, il concerne toute l'humanité : tout le développement sur le jugement est encadré par deux affirmations concernant les nations, c'est-à-dire l'humanité tout entière ; voici la première : « Devant les nations, il fera paraître le jugement que j'ai prononcé » et la deuxième : « Lui ne faiblira pas, lui ne sera pas écrasé, jusqu'à ce que les îles lointaines aspirent à recevoir ses instructions. »
    - On ne peut pas mieux dire que la volonté de Dieu est une volonté de salut, de libération, et qu'elle concerne toute l'humanité. Il attend avec impatience « que les îles lointaines aspirent à recevoir ses instructions », c'est-à-dire son salut.
    Tout cela veut dire qu'à l'époque où ce texte a été écrit, on avait compris deux choses : premièrement, que le jugement de Dieu n'est pas un verdict de condamnation mais une parole de salut, de libération. (Dieu est ce « juge dont nous n'avons rien à craindre » comme le dit la liturgie des funérailles). Deuxièmement, que la volonté de salut de Dieu concerne toute l'humanité. Enfin, dernier point très important, dans le cadre de cette mission, le serviteur est assuré du soutien de Dieu : « Voici mon serviteur que je soutiens... J'ai fait reposer sur lui mon esprit ».

    La deuxième partie du texte reprend ces mêmes thèmes : c'est Dieu lui-même qui explique à son serviteur la mission qu'il lui confie : « Tu ouvriras les yeux des aveugles, tu feras sortir les captifs de leur prison, et de leur cachot, ceux qui habitent les ténèbres. » Ici, non seulement il n'est pas question de condamnation, mais le jugement est un véritable « non-lieu » ou même plus exactement une levée d'écrou ! L'image est forte : vous avez entendu le lien entre le mot « cachot » et le mot « ténèbres ». Je m'explique : les cellules des prisons de l'époque étaient dépourvues de fenêtres ; sortir de prison, c'était retrouver la lumière du jour, au point d'en être ébloui après un long temps passé dans l'obscurité.


    Et c'est cela le sens de l'expression « échapper au jugement », c'est-à-dire à la séparation : il nous suffit de croire à la miséricorde de Dieu pour y entrer. Je prends un exemple : si j'ai blessé quelqu'un, et que je crois qu'il peut me pardonner, je vais me précipiter dans ses bras et nous pourrons nous réconcilier ; mais si je ne crois pas qu'il puisse me pardonner, je vais rester avec le poids de mon remords ; comme dit le psaume 51/50 : « ma faute est devant moi sans relâche » ; c'est devant moi qu'elle est sans relâche ; mais il nous suffit de sortir de nous-mêmes et de croire au pardon de Dieu pour être pardonnés.
    Il nous suffit donc de croire pour être sauvés mais nous ne serons pas sauvés malgré nous ; nous restons libres de ne pas croire, mais alors nous nous condamnons nous-mêmes : « Celui qui ne veut pas croire est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. » Mais « Celui qui croit en lui échappe au jugement » ; c'est bien ce qu'a fait le bon larron : sa vie n'avait rien d'exemplaire mais il a levé les yeux sur celui que les hommes ont transpercé ; et en réponse, il a entendu la phrase que nous rêvons tous d'entendre « Aujourd'hui même tu seras avec moi dans le Paradis ». 

 

  • "Juste" ou "Justification" : ici ou


Tout d'abord, le mot juste ou justification ; on pourrait remplacer l'expression « devenir juste devant Dieu » par « être en règle avec Dieu ». La question, c'est : que faut-il faire pour être en règle avec Dieu ?
Car le mot « juste » ou « justification » se rapporte non à la justice sociale mais à la justesse d'un instrument : est juste l'homme qui correspond au projet de Dieu, comme un instrument sonne juste quand il est bien accordé ; dans le livre de la Genèse, par exemple, Abraham est dit « juste » simplement parce qu'il a fait confiance à Dieu qui lui proposait d'entrer dans son Alliance (« Abraham eut foi dans le Seigneur et cela lui fut compté comme justice. » Gn 15, 6). Puis Dieu avait renouvelé son Alliance au Sinaï en donnant à Moïse les tables de la Loi : désormais, concrètement, pour le peuple de l'Alliance, se conformer au projet de Dieu consistait à observer la Loi. Peu à peu elle modelait les hommes de l'Alliance en vue de les rendre « justes », bien « accordés ».

Aux yeux de Paul, avec la venue de Jésus-Christ, une étape est franchie ; être juste, accordé au projet de Dieu, désormais c'est tout simplement croire en Jésus-Christ puisqu'il est l'envoyé de Dieu. Évidemment, la question qu'on pouvait légitimement se poser était la suivante : fallait-il continuer quand même à pratiquer la Loi juive ? Concrètement, pour être en règle avec Dieu pour être en alliance avec lui, si vous préférez, fallait-il continuer à pratiquer la circoncision des petits garçons, fallait-il observer les nombreuses règles de pureté de la religion juive, y compris en ce qui concerne l'alimentation ; traduisez fallait-il continuer à manger « cacher »* ? Avec ce que cela comporte de complications quand il y a à la même table des gens qui veulent manger cacher et des non-juifs qui ne s'embarrassent pas de ces questions.

En ce qui concerne la circoncision, la question se régla assez vite et semble-t-il assez facilement : Paul raconte à ces mêmes Galates (au début de ce chapitre) qu'à l'occasion d'un voyage à Jérusalem, alors qu'il était accompagné d'un Grec chrétien issu du paganisme, donc non-circoncis, Tite, il eut la satisfaction de constater que les apôtres de Jérusalem n'exigèrent pas sa circoncision : « On ne contraignit même pas Tite, mon compagnon, un Grec, à la circoncision. » (Ga 2, 3). Au cours de ce même voyage, une décision dans ce sens avait été officiellement prise : les païens qui souhaitaient devenir chrétiens n'avaient pas à être circoncis.
Mais toutes les questions de cohabitation n'étaient pas réglées pour autant, à propos des pratiques alimentaires en particulier. (Et certains en venaient à manger à des tables séparées : chrétiens d'origine juive, d'un côté, chrétiens d'origine païenne de l'autre*).

Évidemment, un tel comportement ne pouvait que diviser la communauté.

Cela a donné à Paul l'occasion, et c'est notre lecture d'aujourd'hui, de développer sa pensée sur le fond : « ce n'est pas en observant la Loi que l'homme devient juste devant Dieu, mais seulement par la foi en Jésus Christ. » Car, au-delà des problèmes de cohabitation, Paul percevait un enjeu beaucoup plus grave : le Baptême suffit-il, oui ou non, pour faire le chrétien ? Si oui, la circoncision (et les autres pratiques) ne s'imposent plus ; si non, cela veut dire que tous les chrétiens non juifs d'origine à qui on n'a pas imposé la circoncision (conformément à la décision de Jérusalem, cf supra) doivent être considérés comme ne faisant pas partie de l'Église.

Mais cela veut dire aussi, et c'est encore plus grave, que le Christ ne sauve pas les hommes, puisque, pour être reconnu juste devant Dieu, il faut observer des quantités de pratiques en plus du baptême. Le Christ ne serait-il pas le Sauveur ? Évidemment, c'est tout l'édifice de Paul qui s'écroulerait : « Si c'était par la Loi qu'on devient juste, alors le Christ serait mort pour rien. » Bien sûr, il n'est pas mort pour rien, puisque son Père l'a ressuscité ; en ressuscitant Jésus, Dieu a en quelque sorte pris parti. La résurrection du Christ prouve que la Loi est désormais dépassée ; la Loi ou en tout cas l'usage que les hommes en ont fait.

Car on peut faire un mauvais usage de la Loi : c'est ce qui s'est passé dans la Passion du Christ ; puisque c'est au nom de cette Loi, pourtant donnée par Dieu, précisément, que les autorités religieuses ont agi, avec les meilleures intentions ; ils croyaient réellement débarrasser le peuple juif d'un imposteur et d'un blasphémateur ; c'est donc bien au nom de la Loi que le Christ a été condamné et exécuté. C'est le sens de la phrase à première vue difficile parce que très concise : « Grâce à la Loi (qui a fait mourir le Christ) j'ai cessé de vivre pour la loi afin de vivre pour Dieu. (v. 19). Traduisez : j'ai cessé de dépendre de la Loi, de me croire obligé de la pratiquer, puisqu'elle a fait la preuve de ses limites ; des pratiquants rigoureux de la Loi ont pu, en son nom, tuer le Fils de Dieu.

Le vrai « juste », accordé au projet de Dieu, c'est le Christ, obéissant, c'est-à-dire confiant en son Père même à travers la mort. Cette confiance que le Christ a montrée jusqu'au bout, nous pouvons la partager : « Ma vie aujourd'hui dans la condition humaine, je la vis dans la foi au fils de Dieu qui m'a aimé et qui s'est livré pour moi. »

 

  • Lever les yeux vers quelqu'un : ici

    D'ailleurs, si on y regarde de plus près, la traduction littérale serait : « l'homme qui n'a pas élevé son âme vers des dieux vides » : or l'expression « lever son âme » signifie « invoquer » ; nous retrouvons là une expression que nous connaissons bien : « Je lève les yeux vers toi, mon Seigneur » ; même chose dans la fameuse phrase du prophète Zacharie reprise par St Jean « Ils lèveront les yeux vers celui qu'ils ont transpercé » : « lever les yeux vers quelqu'un » en langage biblique, cela veut dire le prier, le supplier, le reconnaître comme Dieu. L'homme qui peut tenir devant le Dieu d'Israël, c'est celui qui ne lève pas les yeux vers les idoles, comme le font les autres peuples.
    - « L'homme au coeur pur » cela veut dire la même chose : le mot « pur » dans la Bible a le même sens qu'en chimie : on dit qu'un corps chimique est pur quand il est sans mélange ; le cœur pur, c'est celui qui se détourne résolument des idoles pour se tourner vers Dieu seul.
    - « L'homme aux mains innocentes », c'est encore dans le même sens ; les mains innocentes, ce sont celles qui n'ont pas offert de sacrifices aux idoles, ce sont celles aussi qui ne se sont pas levées pour la prière aux faux dieux.
    - Il faut entendre le parallélisme entre les deux lignes (on dit les deux « stiques ») de ce verset : « L'homme au cœur pur, aux mains innocentes... qui ne livre pas son âme aux idoles. » Le deuxième membre de phrase est synonyme du premier. « L'homme au cœur pur, aux mains innocentes, c'est celui qui ne livre pas son âme aux idoles. »
  • lévite : voir ici

    Parmi les douze tribus d'Israël, on avait choisi, mis à part une tribu particulière, celle de Lévi. Les descendants de Lévi (les lévites) ne possédaient pas un territoire particulier, ils étaient répartis sur l'ensemble du territoire, et ils étaient consacrés au service du Temple. Leurs revenus provenaient pour une part des offrandes faites au Temple.

Il ne fait de doute pour personne dans la Bible que la loi est un instrument de liberté. Nous, nous serions plutôt tentés de la voir comme un carcan ; l'image qui est donnée, c'est celle de l'aigle qui apprend à voler à ses petits.

 

Autre image de confiance, la référence à la main de Dieu : c'est elle qui a depuis toujours protégé, guidé, comblé Israël. C'est ainsi qu'on évoque le passage de la Mer : « Israël vit avec quelle main puissante le SEIGNEUR a agi contre l'Égypte » (Ex 14, 31). « Le SEIGNEUR votre Dieu a asséché devant vous les eaux du Jourdain jusqu'à ce que vous ayez passé, comme il l'avait fait pour la Mer des Joncs qu'il assécha devant nous jusqu'à ce que nous ayons passé, afin que tous les peuples de la terre sachent comme est forte la main du Seigneur. » (Jos 4, 23-24). Cette main du Seigneur tient toute la terre : « Dans la main du Seigneur est le gouvernement de la terre » (Si 10, 4), mais elle tient plus encore son peuple élu : « Car moi, le SEIGNEUR, je suis ton Dieu qui tient ta main droite, qui te dit : ne crains pas, c'est moi qui t'aide » (Is 41, 13) ; « C'est moi le SEIGNEUR, je t'ai appelé selon la justice, je t'ai tenu par la main, et je t'ai mis en réserve... » (Is 42, 6). « Vous êtes dans ma main, gens d'Israël, comme l'argile dans la main du potier. » (Jr 18, 6). En fait, en hébreu, on le voit bien ici, le mot main signifie également « pouvoir », « puissance ».

 

  • "mains innocentes" : voir "lever les yeux vers"

 

  • maison : ici
    Et la deuxième strophe détaille l'action de Dieu auprès des plus petits, des plus pauvres. « De la poussière il relève le faible, il retire le pauvre de la cendre ». En particulier, parmi les faibles et les pauvres, on comptait la femme stérile, qui vivait dans la crainte continuelle d'être répudiée : « Il installe en sa maison la femme stérile, heureuse mère au milieu de ses fils. » Et l'on sait qu'en hébreu, le mot « maison » veut aussi dire « descendance ». Sara, la femme d'Abraham, a connu ce miraculeux renversement de situation ; on imagine sans peine l'éblouissement de celle qui a cru être stérile à tout jamais, et qui se retrouve quelques années plus tard, avec sa maison remplie d'enfants !
  • "malheureux" : voir "heureux".
  • "maudit soit..." : voir "béni soit...".
     
  • "merveille" : ici

    Les mots « œuvre » ou « merveille » sont toujours dans la Bible une allusion à la libération d'Égypte. Et quand je dis « allusion », le mot est trop faible, c'est un « faire mémoire » au sens fort de ressourcement dans la mémoire commune du peuple.

    ou
    Jésus termine par une promesse solennelle : « Celui qui croit en moi accomplira les mêmes œuvres que moi » ; après tout ce qu'il vient de dire sur lui, le mot « œuvres » ne veut sûrement pas dire seulement miracles ; dans tout l'Ancien Testament, le mot « œuvre » en parlant de Dieu est toujours un rappel de la grande œuvre de Dieu pour libérer son peuple. Ce qui veut dire que désormais les disciples sont associés à l'œuvre entreprise par Dieu pour libérer l'humanité de tout esclavage physique ou moral. Cette promesse du Christ devrait nous convaincre tous les jours que cette libération est possible.
  • "Le Messie" : ici vidéo

    Il faut se rappeler comment l'attente du Messie a évolué en Israël : au début, le mot « Messie » (Mashiah en hébreu, ou Christ en grec, c'est la même chose) signifie le « frotté d'huile », celui qui, concrètement, a reçu l'onction d'huile ; et le mot « Messie » est alors synonyme de roi ; parce que le roi recevait une onction d'huile le jour de son sacre. Cette onction était le signe que Dieu lui-même inspirait le roi en permanence pour qu'il soit capable d'accomplir sa mission de sauver le peuple. Du coup, peu à peu, le sens du mot « Messie » va évoluer ; il prend deux sens : c'est celui qui a mission de guider, de sauver le peuple de Dieu, mais c'est aussi celui qui est inspiré par Dieu (on disait que l'Esprit reposait sur lui). Ces deux sens s'appliquent au roi d'abord, mais pas seulement au roi : car le roi n'est pas le seul à avoir cette mission, on va en prendre conscience ; les prêtres aussi ont mission de guider et sauver le peuple, les prophètes aussi.
  • "miséricorde" : ici

Étymologiquement, le mot « miséricorde » signifie des entrailles qui vibrent.

 

  • "monde" : ici

    Le mot « monde » n'est certainement pas péjoratif... Jésus n'est jamais péjoratif ; (être péjoratif ou défaitiste n'est pas chrétien) ; le salut du monde est le grand désir de Dieu : « Dieu n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui » (Jn 3, 17). En fait il faudrait remplacer le mot « monde » par « esprit du monde » opposé à « esprit d'amour ».
     
  • " nom " : voir ici

    « Bé­nis le SEI­GNEUR »... « Bé­nis son nom très saint » : la deuxiè­me fois, au lieu de di­re « le SEIGNEUR », on dit « le NOM » : u­ne fois de plus, nous voyons que le NOM, dans la Bi­ble, c’est la per­son­ne. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles les juifs ne s’au­to­ri­sent ja­mais à pro­non­cer le NOM de Dieu.

    Le NOM : les fa­meu­ses qua­tre let­tres, YHVH, (le « té­tra­gram­me »). Le pro­non­cer, ce se­rait pré­ten­dre connaî­tre Dieu. Seul, le grand-prê­tre, une fois par an, au jour du Kip­pour, pro­non­çait le NOM très saint, dans le Tem­ple de Jé­ru­sa­lem. En­co­re aujourd’hui, les Bi­bles écri­tes en hé­breu ne trans­cri­vent pas les voyel­les qui per­met­traient de pro­non­cer le NOM. Il est donc trans­crit uniquement avec les qua­tre conson­nes YHVH. Et quand le lec­teur voit ce mot, aus­si­tôt il le rem­pla­ce par un au­tre (Ado­naï) qui signi­fie « le Sei­gneur » mais qui ne pré­tend pas dé­fi­nir Dieu.

    Depuis le Synode des Évêques sur la Parole de Dieu, en octobre 2008, il est demandé à tous les catholiques de ne plus prononcer le NOM de Dieu (que nous disions Yahvé), et de le remplacer systématiquement par « SEIGNEUR » et ce pour plusieurs raisons :
              - Tout d’abord, personne ne sait dire quelles voyelles portaient les consonnes du NOM de Dieu, YHVH. La forme « Yahvé » est certainement erronée.
              - Ensuite, c’est une marque de respect pour nos frères juifs qui s’interdisent, eux, de prononcer le Nom divin.
             - Enfin, et surtout, il nous est bon d’apprendre à respecter la transcendance de Dieu         
           - Une quatrième raison nous vient de notre propre tradition chrétienne : les premiers traducteurs de l’Ancien Testament en latin, et, en particulier Saint Jérôme, ont traduit le Tétragramme par « Dominus », c’est-à-dire « SEIGNEUR »

  • "mettre le nom de Dieu sur" : voir "bénédiction"
     
  • nouveau : ici
    Je continue : « Chantez-lui le cantique nouveau ». Le mot « nouveau » dans la Bible ne veut pas dire du « jamais vu » ou « jamais entendu » ; le chant est « nouveau » au sens où les mots d'amour, même les plus habituels sont toujours nouveaux. Quand les amoureux disent « je t'aime », ils ne craignent pas de répéter les mêmes mots et pourtant, la merveille, c'est que ce chant -là est toujours nouveau.
     
  • "nuque raide" : ici
    Je reviens sur l'expression « tête dure » : je n'ai pas eu le temps de l'aborder dans les limites de l'émission ; nous la retrouverons pour la fête de la Trinité (année A). « Tête dure » ce sont les termes de notre traduction liturgique ; mais, en hébreu, l'expression originale est « peuple à la nuque raide » ; au passage d'une langue à l'autre, malheureusement, nous avons perdu la richesse de l'image sous-jacente.
    Dans une civilisation essentiellement agricole, ce qui était le cas en Israël au temps bibliques, le spectacle de deux animaux attelés par un joug était habituel : nous savons ce qu'est le joug : c'est une pièce de bois, très lourde, très solide, qui attache deux animaux pour labourer. Le joug pèse sur leurs nuques et les deux animaux en viennent inévitablement à marcher du même pas.
    Les auteurs bibliques ont le sens des images : ils ont appliqué cette image du joug à l'Alliance entre Dieu et Israël. Prendre le joug était donc synonyme de s'attacher à Dieu pour marcher à son pas. Mais voilà, le peuple d'Israël se raidit sans cesse sous ce joug de l'Alliance conclue avec Dieu au Sinaï. Au lieu de le considérer comme une faveur, il y voit un fardeau. Il se plaint des difficultés de la vie au désert, et finit même par trouver bien fade la manne quotidienne. Au point que Moïse a connu des jours de découragement. Au lieu de se laisser entraîner par la force de Dieu, l'attelage de l'Alliance, en effet, est perpétuellement freiné par les réticences de ce peuple à la nuque raide.
     
  • "obéir" : ici

    « Obéir», « ob-audire » en latin, c'est littéralement « mettre son oreille (audire) « devant » (ob) la parole : c'est l'attitude du dialogue parfait, sans ombre ; c'est faire totalement confiance ; si on met son oreille devant la parole c'est parce qu'on sait que cette parole n'est qu'amour, on peut l'écouter sans crainte.
  • Obéissance : ici

    Il s'agit « d'amener à l'obéissance de la foi toutes les nations païennes ». Curieuse formule, aujourd'hui, pour nos mentalités peu favorables à tout ce qui ressemble à de l'obéissance. Mais chez Paul, imprégné de l'Ancien Testament et des découvertes progressives qu'ont faites les hommes de la Bible, le mot « obéissance » n'est pas servilité, abaissement ; il signifie l'écoute confiante de celui qui se sait en sécurité et peut donc suivre les conseils qui lui sont donnés ; c'est l'attitude filiale par excellence. « Amener à l'obéissance de la foi toutes les nations païennes », c'est leur annoncer la Bonne Nouvelle : quand elles auront compris que la Nouvelle est Bonne, elles pourront en toute confiance mettre leur oreille sous cette parole d'amour du Père.
  • "œuvre" : voir "merveille".

Le mot « pauvres » dans l'Ancien Testament n'a aucun rapport avec le compte en banque : les « pauvres » au sens biblique (les « anawim ») ce sont ceux qui n'ont pas le cœur fier ou le regard hautain, comme dit le psaume ; on les appelle « les dos courbés » : ce sont les petits, les humbles du pays, dans le langage prophétique. Ils ne sont pas repus, satisfaits, contents d'eux, il leur manque quelque chose. Alors Dieu pourra les combler.

  • "il a mené pour toujours à leur perfection ceux qui" : ici

Dire que Jésus a enlevé le péché du monde, c'est dire que le péché n'est plus une fatalité parce que l'Esprit Saint nous a été donné. C'est le sens de la phrase : « il a mené pour toujours à leur perfection ceux qui reçoivent de lui la sainteté. » Entendons-nous bien : le mot « perfection », ici, n'a pas un sens moral ; il veut dire plutôt « accomplissement, achèvement ». Nous avons été menés par le Christ à notre accomplissement, cela veut dire que nous sommes redevenus grâce à lui des hommes et des femmes libres : libres de ne pas retomber dans la haine, la violence, la jalousie ; libres de vivre en fils et filles de Dieu et en frères et soeurs entre nous.

Paul a cette affirmation incroyablement audacieuse : « Dieu a enfermé tous les hommes dans la désobéissance pour faire miséricorde à tous les hommes. » Le mot « pour » ici, une fois de plus, ne veut pas dire un but, une finalité, mais une conséquence.
Ne nous trompons donc pas sur le sens de cet « enfermement » : nous pourrions y voir une sorte de calcul machiavélique de la part de Dieu : comme s'il avait voulu conduire tous les hommes au péché pour pouvoir leur pardonner à tous. Une telle interprétation serait en contradiction absolue avec l'enseignement de Paul, tout au long de cette lettre : de même que Dieu donne toute sa grâce par amour, de même, dans son amour, il respecte notre liberté ; et lorsque notre liberté va jusqu'à refuser la grâce, il n'insiste pas. Mais, comme toujours, de tout mal, si nous le laissons faire, Dieu fait surgir du bien. La préposition « pour » ne veut pas dire que Dieu a dirigé tous les événements dans un but bien précis ; mais de nos erreurs même, Dieu fait surgir des conséquences bénéfiques : en définitive, Dieu a laissé les hommes s'enfermer dans leur refus et il en a tiré le salut de tous.
Essayons de résumer le raisonnement de Paul : « Grâce au refus des Juifs, les païens ont été évangélisés ; cet accueil des païens a exaspéré les Juifs et donc ils se sont enfermés dans leur refus d'un Messie qui ouvrait les portes à n'importe qui. Mais Dieu n'oublie pas son Alliance : il leur suffira d'ouvrir leurs cœurs pour être eux aussi accueillis dans l'Église du Christ. »

  • "Pharisien" : ici
    Il ne faut pas nous étonner de ce que nous rapporte ainsi l'évangile (Lc 14, 1a.è-14), concernant les relations entre Jésus et les pharisiens, mélange de sympathie et de sévérité extrême de part et d'autre. Sympathie, car les pharisiens étaient des gens très bien. Rappelons-nous que le mouvement religieux « Pharisien » est né vers 135 av.J.C. d'un désir de conversion ; son nom qui signifie « séparé » traduit un choix : le refus de toute compromission politique, de tout laisser-aller dans la pratique religieuse ; deux problèmes à l'ordre du jour en 135. Au temps du Christ, leur ferveur n'est pas entamée, ni leur courage : sous Hérode le Grand (39-4 av J.-C.), six mille d'entre eux qui refusaient de prêter serment de fidélité à Rome et à Hérode ont été punis de fortes amendes. Le maintien de leur identité religieuse repose sur un très grand respect de la tradition : ce mot « tradition » ne doit pas être entendu de manière péjorative ; la tradition, c'est la richesse reçue des pères : tout le long labeur des anciens pour découvrir le comportement qui plaît à Dieu se transmet sous forme de préceptes qui régissent les plus petits détails de la vie quotidienne. Est-ce en soi critiquable ? Et les consignes des pharisiens, mises par écrit après 70 (ap. J.-C.) ressemblent fort, pour certaines, à celles de Jésus lui-même. (Or ils n'ont certainement pas copié ce qu'ils appelaient « l'hérésie chrétienne »).
    Le pharisianisme (en tant que mouvement) est donc tout à fait respectable. Et Jésus ne l'attaque jamais. Il ne refuse pas non plus de leur parler (à preuve, ces repas ; voir aussi Nicodème, Jn 3). Mais le plus bel idéal religieux peut avoir ses écueils : la rigueur d'observance peut engendrer une trop bonne conscience et rendre méprisant pour ceux qui n'en font pas autant. Plus profondément, vouloir être « séparé » n'est pas sans ambiguïté ; quand on sait que le dessein de Dieu est un projet de rassemblement dans l'amour. Ces déviances ont inspiré quelques paroles dures de Jésus : elles visent ce que l'on appelle le « Pharisaïsme » ; de cela tous les mouvements religieux de tous les temps sont capables : la parabole de la paille et de la poutre est là pour nous le rappeler.
     
  • "pouvoir des clés" : ici
    ... le gouverneur recevait une tunique et une écharpe qui étaient les insignes de sa fonction. Concrètement, parmi les attributions du gouverneur de Jérusalem, figurait le « pouvoir des clés ». Au moment de la remise solennelle des clés du palais royal, il recevait pleins pouvoirs sur les entrées au palais (et donc sur la possibilité d’être mis en présence du roi) et l’on disait sur lui la formule rituelle : « Je mets sur son épaule la clef de la maison de David : s’il ouvre, personne ne fermera, s’il ferme, personne n’ouvrira. » (Is 22, 22). C’était donc un symbole d’autorité sur le royaume et la marque d’une très grande confiance de la part du roi.
    « Ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux » : c’est ce que l’on appelle « le pouvoir des clés ». Cela ne veut pas dire que Pierre et ses successeurs sont désormais tout-puissants ! Cela veut dire que Dieu promet de s’engager auprès d’eux. Pour nous, il nous faut et il nous suffit d’être en communion avec notre Église pour être en communion avec Dieu.
     
  • "prononcer contre" : ici
    « Tu prononceras contre eux tout ce que je t'ordonnerai ». En français, l'expression « prononcer contre » est violente. L'original hébreu dit seulement : « tu leur diras ». De fait, on lit chez Jérémie des prédications sévères mais aussi combien de paroles douces et consolantes.
     
  • racheter : ici
    Une fois de plus, Dieu a délivré son peuple comme il l'avait libéré d'Egypte, « à main forte et à bras étendu », comme disait le livre de l'Exode (Ex 15). Et, juste derrière le messager, le guetteur voit déjà le cortège triomphal ; et du haut des remparts, que voit-il ? Qui est en tête du cortège triomphal du retour ? Le Seigneur lui-même ! Le Seigneur revient à Sion. Il marche au milieu de son peuple et désormais, il sera de nouveau là, à Jérusalem, au milieu de son peuple.
    Pour dire cette action de Dieu, Isaïe emploie un mot très fort, le mot « racheter ». Dans le langage biblique, ce mot « racheter » signifie « libérer » : vous connaissez l'institution du « Go'el » : lorsqu'un Israélite a été obligé de se vendre comme esclave ou de vendre sa maison à son créancier pour payer ses dettes, son plus proche parent se présentera au créancier pour libérer son parent débiteur. On dira qu'il « rachète » son parent, qu'il le « revendique »... Bien sûr le créancier ne laissera pas partir son débiteur s'il n'est pas remboursé, mais cet aspect financier n'est pas premier dans l'opération. Ce qui est premier, c'est la libération du débiteur. Isaïe a eu l'audace d'appliquer ce mot de « Go'el » à Dieu : manière de dire à la fois qu'il est le plus proche parent de son peuple et qu'Il le libère.
     
  • "rançon" : ici
    chaque fois que nous rencontrons ce mot « rançon », nous pouvons le remplacer par le mot « libération ».
     
  • "réalités d'en-haut / réalités terrestres" : voir ici

    Autre problème de vocabulaire : « Tendez vers les réalités d'en-haut, et non pas vers celles de la terre. » Il ne s'agit pas, en fait, de choses (qu'elles soient d'en-haut ou d'en-bas), il s'agit de conduites, de manières de vivre...Ce que Paul appelle les « réalités d'en-haut », il le dit dans les versets suivants, c'est la bienveillance, l'humilité, la douceur, la patience, le pardon mutuel... Ce qu'il appelle les réalités terrestres, c'est la débauche, l'impureté, la passion, la cupidité, la convoitise... Notre vie tout entière est dans cette tension : notre transformation, notre résurrection est déjà accomplie en Christ ET il nous reste à égrener cette réalité profonde, très concrètement au long des jours.
     
  • "redoutable" : ici
    Au passage, nous avons remarqué l'insistance sur le mot « redoutables » appliqué deux fois à Dieu dans ces quelques versets ! « Dites à Dieu : Que tes actions sont redoutables ! » Si on entend par là que nous devrions redouter Dieu, évidemment, c'est inacceptable et complètement incompatible avec la révélation biblique du « Dieu de tendresse et de fidélité » comme dit le livre de l'Exode.
    Notons d'abord qu'en français, il nous arrive d'employer ce mot avec une nuance d'admiration : quand nous disons d'un sportif, par exemple, qu'il est « redoutable » ou bien d'un politicien « il est un débatteur redoutable », ce n'est pas la crainte qui parle, c'est l'émerveillement devant des capacités hors du commun.
    En fait, dans le langage biblique, le mot « redoutable » faisait partie des compliments que l'on adressait au roi le jour de son sacre, pour lui promettre un règne glorieux, capable d'apporter la sécurité à ses sujets. Le roi n'est « redoutable » que pour ses ennemis. Appliquer ce mot à Dieu, c'est tout simplement une manière de lui dire « en définitive, notre seul roi, c'est toi ».
     
  • "regarder" : ici
    en langage biblique, « regarder » veut dire « adorer »
  • "sacrifice" : ici vidéo
    pourquoi parlons-nous du sacrifice de la Messe ? L'auteur de la Lettre aux Hébreux, lui-même, nous dit : « Quand le pardon est accordé, on n'offre plus de sacrifice pour le péché. » En fait, nous avons gardé le mot « sacrifice » mais, avec Jésus-Christ, son sens a complètement changé : pour lui, « sacrifier » (sacrum facere, accomplir un acte sacré) ne signifie pas tuer un ou mille animaux, mais vivre dans l'amour et faire vivre ses frères. Le prophète Osée le disait déjà (au 8e siècle av. J.-C.) de la part de Dieu : « C'est l'amour que je veux et non les sacrifices, la connaissance de Dieu et non les holocaustes. »
    ici

    Et ce qui nous fait vivre, c'est le don du Christ, ce que nous appelons son sacrifice ; mais il ne faut pas nous méprendre sur le sens du mot « sacrifice ». Tout au long de l'histoire biblique, on a assisté à une transformation, une véritable conversion de la notion de sacrifice ; on peut déceler plusieurs étapes dans cette pédagogie qui a pris des siècles.
    Au début de l'histoire biblique, le peuple hébreu pratiquait, comme beaucoup d'autres peuples, des sacrifices sanglants, d'humains et d'animaux. Spontanément, pour s'approcher de Dieu, pour entrer en communion avec Lui (c'est le sens du mot « sacrifier » - « sacrum facere »- faire du sacré), on croyait devoir tuer. Au fond pour entrer dans le monde du Dieu de la vie, on lui rendait ce qui lui appartient, la vie, donc on tuait.

    La première étape de la pédagogie biblique a été l'interdiction formelle des sacrifices humains ; et ce dès la première rencontre entre Dieu et le peuple qu'il s'est choisi ; puisque c'est à Abraham que cette interdiction a été faite « Ne lève pas la main sur l'enfant » (Gn 22). Et depuis Abraham, cette interdiction ne s'est jamais démentie ; chaque fois qu'il l'a fallu, les prophètes l'ont rappelée en disant que les sacrifices humains sont une abomination aux yeux de Dieu. Et déjà, dès le temps d'Abraham, la Bible ouvre des horizons nouveaux (avec le sacrifice de Melchisédek) en présentant comme un modèle de sacrifice au Dieu très-haut une simple offrande de pain et de vin (Gn 14).

    On a pourtant continué quand même à pratiquer des sacrifices sanglants pendant encore des siècles. Dieu use de patience envers nous ; comme dit Pierre, « Pour lui, mille ans sont comme un jour » ...
    La deuxième étape, c'est Moïse qui l'a fait franchir à son peuple : il a gardé les rites ancestraux, les sacrifices d'animaux, mais il leur a donné un sens nouveau. Désormais, ce qui comptait, c'était l'alliance avec le Dieu libérateur.

    Puis est venue toute la pédagogie des prophètes : pour eux, l'important, bien plus que l'offrande elle-même, c'est le cœur de celui qui offre, un cœur qui aime. Et ils n'ont pas de mots trop sévères pour ceux qui maltraitent leurs frères et se présentent devant Dieu, les mains chargées d'offrandes. « Vos mains sont pleines de sang » dit Isaïe (sous-entendu « le sang des animaux sacrifiés ne cache pas aux yeux de Dieu le sang de vos frères maltraités ») (Is 1, 15). Et Osée a cette phrase superbe que Jésus lui-même a rappelée « C'est la miséricorde que je veux et non les sacrifices » (Os 6, 6). Michée résume magnifiquement cette leçon : « On t'a fait savoir, ô homme, ce qui est bien, ce que ton Dieu réclame de toi. Rien d'autre que de respecter le droit et la justice et de marcher humblement avec ton Dieu » (Mi 6, 8).

    L'étape finale de cette pédagogie, ce sont les fameux chants du Serviteur du deuxième Isaïe : à travers ces quatre textes, on découvre ce qu'est le véritable sacrifice que Dieu attend de nous ; sacrifier, (faire du sacré) entrer en communion avec le Dieu de la vie, ce n'est pas tuer ; c'est vivre, et faire vivre nos frères en devenant leurs serviteurs.

    Le Nouveau Testament présente souvent Jésus comme ce Serviteur annoncé par Isaïe ; sa vie est tout entière donnée depuis son entrée dans le monde, comme dit la lettre aux Hébreux ; sa vie tout entière est le sacrifice parfait tel que la Bible a essayé de l'inculquer à l'humanité. « Le pain que je donnerai ; c'est ma chair donnée pour que le monde ait la vie ». Et désormais, dans la vie donnée du Christ, nous accueillons la vie même de Dieu : « De même que le Père qui est vivant m'a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même aussi celui qui me mangera vivra par moi ».

    La dernière conversion qui nous reste à faire, c'est de ne plus chercher à « faire » du sacré, mais à accueillir la Vie que Dieu nous donne.
  • sagesse : ici
    Ce psaume est donc une prière pour demander la conversion : « Apprends-nous la vraie mesure de nos jours, que nos cœurs pénètrent la sagesse »... La conversion, ce serait de vivre selon la sagesse de Dieu, de connaître enfin « la vraie mesure de nos jours » ; ce n'est pas un hasard si ce psaume nous est offert en écho à la première lecture de ce dimanche : elle est un passage du livre de Qohéleth (l'Ecclésiaste) qui est une méditation sur la véritable sagesse et voici que le psaume vient nous donner une définition superbe de la sagesse : la vraie mesure de nos jours ; c'est-à-dire une saine lucidité sur notre condition d'hommes éphémères. Nés sans savoir pourquoi, et destinés à mourir sans pouvoir même le prévoir ; c'est bien notre destin et c'est le sens des premiers versets que nous avons lus : « Tu fais retourner l'homme à la poussière ; tu as dit : retournez, fils d'Adam ! » (sous-entendu « retournez à la terre dont je vous ai tirés »).
    Mais cette lucidité n'a rien de triste, au contraire, elle est sereine, car notre petitesse s'appuie sur la grandeur, la stabilité de Dieu : « A tes yeux, mille ans sont comme hier, c'est un jour qui s'en va, une heure dans la nuit. » Sa grandeur est notre meilleure garantie, puisqu'il ne nous veut que du bien.
    C'est quand nous perdons cette lucidité sur « la vraie mesure de nos jours », c'est-à-dire sur notre petitesse que les malheurs commencent. C'est bien la leçon des chapitres 2 et 3 de la Genèse qui racontent l'erreur d'Adam. Précisons tout de suite que Adam n'est qu'un personnage fictif dont le comportement est considéré comme le modèle de ce qu'il ne faut pas faire. Quand on dit « Adam a fait ceci ou cela » il faut donc toujours avoir cela à l'esprit : il ne s'agit pas d'un premier homme hypothétique mais d'un type de comportement.
    Sagesse : ici
    Ce texte (Ben Sirac 3, 17-18.20.28-29) s'éclaire si on en commence la lecture par la fin : « L'homme sensé médite les maximes de la sagesse ; l'idéal du sage, c'est une oreille qui écoute. » Quand on dit « sagesse » dans la Bible, on veut dire l'art de vivre heureux. Être un « homme sensé, un homme sage », c'est l'idéal de tout homme en Israël et du peuple tout entier : ce peuple tout petit, né plus tard que beaucoup de ses illustres voisins (si l'on considère qu'il mérite véritablement le nom de peuple au moment de la sortie d'Égypte) a ce privilège (grâce à la Révélation dont il a bénéficié) de savoir que « Toute sagesse vient du Seigneur » (Si 1, 1) : dans le sens que Dieu seul connaît les mystères de la vie et le secret du bonheur. C'est donc au Seigneur qu'il faut demander la sagesse : dans sa souveraine liberté, il a choisi Israël pour être le dépositaire de ses secrets, de sa sagesse.* Pour dire cela de manière imagée , Ben Sirac, l'auteur de notre lecture de ce dimanche, fait parler la sagesse elle-même comme si elle était une personne : « Le Créateur de toutes choses m'a donné un ordre, Celui qui m'a créée a fixé ma demeure. Il m'a dit : En Jacob, établis ta demeure, en Israël reçois ton patrimoine. » (Si 24, 8). Israël est ce peuple qui recherche chaque jour la sagesse : « Devant le Temple, j'ai prié à son sujet et jusqu'au bout je la rechercherai. » (Si 51, 14). Si l'on en croit le psaume 1, il y trouve son bonheur : « Heureux l'homme qui récite la loi du Seigneur jour et nuit. » (Ps 1, 2).
    Il récite « jour et nuit », cela veut dire qu'il est tendu en permanence ; « Qui cherche trouve » dira plus tard un autre Jésus : encore faut-il chercher, c'est-à-dire reconnaître qu'on ne possède pas tout, qu'on est en manque de quelque chose. Ben Sirac le sait bien : il a ouvert à Jérusalem, vers 180 av.J.C., ce que nous appellerions aujourd'hui une école de théologie (une beth midrash). Pour faire sa publicité, il disait : « Venez à moi, gens sans instruction, installez-vous à mon école ». (Si 51, 23). Ne s'inscrivaient, bien sûr, que des gens qui étaient désireux de s'instruire. Si l'on croit tout savoir, on ne juge pas utile d'apprendre par des cours, des conférences, des livres. Au contraire, un véritable fils d'Israël ouvre toutes grandes ses oreilles ; sachant que toute sagesse vient de Dieu, il se laisse instruire par Dieu : « L'homme sensé médite les maximes de la sagesse ; l'idéal du sage, c'est une oreille qui écoute. » Le peuple d'Israël a si bien retenu la leçon qu'il récite plusieurs fois par jour « Shema Israël », Écoute Israël (Dt 6, 4).
    On voit bien ce qu'il y faut d'humilité ! Au sens d'avoir l'oreille ouverte pour écouter les conseils, les consignes, les commandements. A l'inverse, l'orgueilleux, qui croit tout comprendre par lui-même, ferme ses oreilles. Il a oublié que si la maison a les volets fermés, le soleil ne pourra pas y entrer ! C'est de simple bon sens. « La condition de l'orgueilleux est sans remède, car la racine du mal est en lui. » dit Ben Sirac (verset 28). En somme, l'orgueilleux est un malade incurable : parce qu'il est « plein de lui-même », comme on dit, il a le cœur fermé, comment Dieu pourrait-il y entrer ? La parabole du pharisien et du publicain (Lc 18) prend ici une résonance particulière. Était-ce donc si admirable, ce qu'a fait le publicain ? Il s'est contenté d'être vrai. Dans le mot « humilité », il y a « humus » : l'humble a les pieds sur terre ; il se reconnaît fondamentalement petit, pauvre par lui-même ; il sait que tout ce qu'il a, tout ce qu'il est vient de Dieu. Et donc il compte sur Dieu, et sur lui seul. Il est prêt à accueillir les dons et les pardons de Dieu... et il est comblé. Le pharisien qui n'avait besoin de rien, qui se suffisait à lui-même, est reparti comme il était venu ; le publicain, lui, est rentré chez lui, transformé. « Toute sagesse vient du Seigneur ; avec lui elle demeure à jamais », dit Ben Sirac, et il continue « Dieu l'accorde à ceux qui l'aiment, lui. » (Si 1, 10). Et plus loin, faisant parler Israël : « Pour peu que j'aie incliné l'oreille, je l'ai reçue, et j'ai trouvé pour moi une abondante instruction. » (Si 51, 16). Isaïe dit la joie de ces humbles que Dieu comble : « De plus en plus les humbles se réjouiront dans le Seigneur, et les pauvres gens exulteront à cause du Saint d'Israël. » (Is 29, 19). Ce qui nous vaut une lumineuse parole de Jésus, ce que l'on appelle sa « jubilation » : « Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre d'avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l'avoir révélé aux tout-petits. » (Mt 11, 25 // Lc 10, 21).
    Avec ceux-là, les humbles, Dieu peut faire de grandes choses : il en fait les serviteurs de son projet. C'est ainsi, par exemple, qu'Isaïe décrit l'expérience du Serviteur de Dieu : « Matin après matin, il (le Seigneur) me fait dresser l'oreille, pour que j'écoute comme les disciples ; le Seigneur Dieu m'a ouvert l'oreille. Et moi, je ne me suis pas cabré, je ne me suis pas rejeté en arrière ». Cette vocation est, bien sûr, une mission confiée au service des autres : « Le Seigneur m'a donné une langue de disciple : pour que je sache soulager l'affaibli, il a fait surgir une parole. » (Is 50, 4-5). On comprend alors où se ressourçait Moïse qui fut un si grand et infatigable serviteur du projet de Dieu ; le livre des Nombres nous dit son secret : « Moïse était un homme très humble, plus qu'aucun autre homme sur la terre... » (Nb 12, 3). Jésus, lui-même, le Serviteur de Dieu par excellence, confie : « je suis doux et humble de cœur » (Mt 11, 29). Et quand Saint Paul, à son tour, décrit son expérience spirituelle, il peut dire : « S'il faut s'enorgueillir, je mettrai mon orgueil dans ma faiblesse... Le Seigneur m'a déclaré : Ma grâce te suffit ; ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse. » (2 Co 11, 30 ; 12, 9).
    En définitive, l'humilité est plus encore qu'une vertu. C'est un minimum vital, une condition préalable !
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    * La sagesse est l'art de vivre, l'art et la manière d'être heureux ; et ce qui est valable pour les individus l'est tout autant pour le peuple dans son ensemble et pour l'humanité tout entière.
  • (ville ou terre) "sainte" : ici ou

    « Ville sainte », comme « terre sainte » ne veut pas dire « ville magique » ou « terre magique » ; elle est sainte parce qu'elle appartient à Dieu. Elle est, ou elle devrait être, elle sera la ville où l'on vit à la manière de Dieu, comme la « terre sainte » est la terre qui appartient à Dieu et où l'on doit vivre à la manière de Dieu.

    Le point commun de tous les chrétiens, c'est que Jésus-Christ est vraiment pour nous le Seigneur, c'est-à-dire le maître de nos vies, le centre du monde et de l'histoire. C'est pour cela, d'ailleurs, que Paul nous appelle « le peuple saint ». Saint ne veut pas dire « parfait », cela veut dire « qui appartient à Dieu » : nous appartenons à Dieu, par le baptême, nous avons été consacrés à Dieu : c'est pour cela que l'assemblée mérite elle aussi d'être encensée au cours de la messe.
  • "salut" : voir "sauver" et "vie éternelle"
     
  • "sang" : ici
    Les événements de la vie, la mort et la Résurrection du Christ accompliront donc encore mieux que Jean-Baptiste ne pouvait l'entrevoir ce mystère de l'agneau victime et pourtant triomphant ; saint Pierre justement dans sa première lettre, y reviendra : « Ce n'est point par des choses périssables, argent ou or, que vous avez été rachetés (c'est-à-dire libérés) de la vaine manière de vivre héritée de vos pères, mais par le sang précieux, comme d'un agneau sans défaut et sans tache, celui du Christ... » (1 P 1, 18 - 19). Et ici, comme on le sait, « sang » veut dire « vie offerte ».
     
  • "sauver" : ici ou vidéo ici
    Je reviens sur la phrase « Dieu nous a sauvés » : dans la Bible, le mot « sauver » veut toujours dire « libérer » ; il a fallu toute la découverte progressive de cette réalité par le peuple de l'Alliance : Dieu veut l'homme libre et il intervient sans cesse pour nous libérer de toute forme d'esclavage ; des esclavages, l'humanité en subit de toute sorte : esclavages politiques comme la servitude en Egypte, ou l'Exil à Babylone, par exemple, et chaque fois, Israël a reconnu dans sa libération l'œuvre de Dieu ; esclavages sociaux et la loi comme les prophètes appellent sans cesse à la conversion des cœurs pour que tout homme ait les moyens de subsister dignement et librement ; esclavages religieux, plus pernicieux encore ; la phrase célèbre « Liberté, combien de crimes a-t-on commis en ton nom ! « pourrait se dire encore plus scandaleusement « Religion, combien de crimes a-t-on commis en ton nom ! » ... Et les prophètes n'ont cessé de répercuter cette volonté de Dieu de voir l'humanité enfin libérée de toutes ses chaînes.
    Et Paul va jusqu'à dire que Jésus nous a libérés de la mort : « Notre Sauveur, le Christ Jésus, s'est manifesté en détruisant la mort, et en faisant resplendir la vie et l'immortalité par l'annonce de l'Evangile. »
    ou ici

    Pour commencer, il me semble que nous entendons ici une définition du salut : être sauvés, c'est devenir capables de vivre dans la justice. Nous sommes guéris de nos blessures, comme dit Pierre. Nos blessures à nous, ce sont nos incapacités d'aimer et de donner, de pardonner, de partager ; c'est une humanité déboussolée : au lieu d'être centrée sur Dieu, l'humanité a perdu sa boussole, elle est désorientée ; Pierre dit « Vous étiez errants comme des brebis ». « Mourir à nos péchés », pour reprendre l'expression de Pierre, c'est être capables de vivre autrement. C'est dans ce sens-là que Paul parlait d'homme nouveau quand il disait : « Vous vous êtes dépouillés du vieil homme avec ses pratiques et vous avez revêtu l'homme nouveau... qui ne cesse d'être renouvelé à l'image de son créateur. » (Col 3, 9).*
  • "La semence" : ici vidéo

Explications à venir
 

  • "Shabbat" : ici
    On sait l'importance du sabbat dans la vie du peuple d'Israël : de ce jour de repos (« shabbat » en hébreu signifie cesser toute activité), le peuple élu avait fait un jour de fête et de joie en l'honneur de son Dieu. Fête de la création du monde, fête de la libération du peuple tiré d'Égypte... en attendant la grande fête du Jour où Dieu renouvellera la Création tout entière. A l'époque de Jésus, la fête était toujours là, et un repas solennel marquait ce jour : repas qui était souvent l'occasion de recevoir des coreligionnaires ; mais les interdits rituels de la Loi s'étaient tellement multipliés que le respect des prescriptions avait occulté chez certains l'essentiel : la charité fraternelle.
  • shalom : ici
    Nous avons là la meilleure traduction possible du mot « Shalom» : « Paix à ceux qui t'aiment ! Que la paix règne dans tes murs, le bonheur dans tes palais... » Quand on salue quelqu'un par ce mot « Shalom », on lui souhaite tout cela!
     
  • signe : ici
    « Je mettrai un signe au milieu d'eux ! » Un signe, c'est l'une des façons de parler du Messie : il est intéressant de noter que saint Jean reprend à plusieurs reprises le mot de signe pour parler des œuvres de Jésus (et ainsi nous le faire découvrir comme Messie) ; à la fin du récit des noces de Cana par exemple, il écrit : « Tel fut, à Cana de Galilée, le commencement des signes de Jésus. Il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui. » (2, 11). Et le deuxième signe de Cana, la guérison du fils d’un officier royal, concerne un mercenaire, un païen. La gloire de Dieu vient d’atteindre les nations ! Et Jésus lui-même fait appel à la même symbolique quand il déclare : « Quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes. » (Jn 12, 32).
  • les "simples" : ici
    « La charte du SEIGNEUR est sûre, qui rend sages les simples ». Le mot « simples » ici, n'est pas péjoratif ; il ne veut pas dire « les simples d'esprit », on signifie plutôt « les humbles » ; ce sont ceux qui acceptent tout humblement de se laisser enseigner par Dieu, ceux qui cherchent de tout leur cœur à suivre la Loi de Dieu. Celui qui prie dans ce psaume est bien dans cet état d'esprit puisqu'un peu plus loin, il supplie Dieu de l'aider à persévérer dans l'humilité : « Préserve ton serviteur de l'orgueil : qu'il n'ait sur moi aucune emprise. Alors je serai sans reproche, pur d'un grand péché. »
     
  • "splendeur" de Dieu : ici
    La splendeur de Dieu (ou sa Gloire, si vous préférez), c'est son œuvre de salut ; très concrètement, ici, il s'agit du retour de l'Exil à Babylone
     
  • "tête dure" : voir "nuque raide"
     
  • "vie éternelle" : ici
    En cette heure décisive, Dieu va être glorifié, manifesté en son Fils, et les croyants vont « connaître » enfin le Père, entrer dans son intimité. Cette intimité qui unit le Fils au Père, le Fils la communique aux hommes ; désormais ceux qui accueilleront cette révélation, ceux qui croiront en Jésus, accèderont à cette connaissance, cette intimité du Père. Alors ils entreront dans la vraie vie : « la vie éternelle, c'est de te connaître, toi, le seul Dieu, le vrai Dieu, et de connaître celui que tu as envoyé, Jésus Christ. » Voilà, de la bouche de Jésus lui-même, une définition de la vie éternelle : Jésus parle au présent et il décrit la vie éternelle comme un état, l'état de ceux qui connaissent Dieu et le Christ. Nous vivons déjà de cette vie depuis notre Baptême.


    Là encore je retrouve Paul : le projet de Dieu c'est que l'humanité tout entière soit réunie en Jésus et vive de sa vie qui est l'entrée dans la communion d'amour de la Trinité. C'est cela qu'il appelle le salut, ou la vie éternelle ; c'est-à-dire la vraie vie ; non pas une vie après la vie, mais une autre dimension de la vie, dès ici-bas. Ailleurs Saint Jean le dit bien : « La vie éternelle, c'est connaître Dieu et son envoyé, Jésus-Christ » (Jn 17, 3) ; et connaître Dieu, c'est savoir qu'Il est miséricorde.
     
  • "volontés" : ici
    « Volontés », cela veut dire « Pardon » en langage de Dieu !
     
  • "YHVH" : ici
    ce fameux mot de quatre lettres YHVH que, par respect, les Juifs ne prononcent jamais, et qui signifie quelque chose comme « Je suis, je serai avec vous, depuis toujours et pour toujours, à chaque instant de votre histoire. » Ce simple nom rappelle toujours à Israël la sollicitude avec laquelle Dieu a entouré son peuple tout au long de l'Exode. La traduction « Dieu veille » dit bien cette vigilance.

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