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6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 19:45

 

Samedi 16 juin 2012, j'ai participé ,une nouvelle fois, à la course cyclotouriste et cyclosportive dénommée l'Ardéchoise, qui se déroule chaque année ... en Ardèche !

 

Si j'ai tardé à faire un reportage sur cette aventure, ce dont s'étonne mon ami Michel, c'est probablement que j'en suis encore épuisé ! J'ai mis près de 11 heures pour boucler le parcours des Boutières (125 km), alors qu'il m'avait fallu 3 heures 15' de moins, l'an passé, pour réaliser le même trajet. Bref, ce fut un enfer, avec des crampes, des km parcourus en poussant mon vélo, et même des pleurs !

 

Je vous raconterai ça dans un prochain épisode, dès que j'aurai pu faire le montage des images vidéo prises à cette occasion. En attendant, voici enfin le petit reportage vidéo réalisé l'an passé, incluant le repas pris par l'équipe (OEPDT) et ses supporters, lors de la veillée d'armes, ainsi que le repas du samedi soir, après la course.

 

 

 

Voici, ensuite, une reportage vidéo sur l'Ardéchoise 2012 (attention, il faut cliquer sur le lien sous le premier article, et non pas sur la vidéo qui se présente en haut de la page).

 

Les photos proposées par le site VéloVélo sont très sympas aussi, à mon goût. On y voit, notamment, la mascotte de la course, le centenaire Robert Marchand (détenteur du record du monde de l'heure pour les centenaires), qui a parcouru 85 km sans le moindre souci.

 

Enfin, sur le site de l'Ardéchoise, vous trouverez des tas d'informations diverses, comme les classements. Notre équipe, OEPDT, a d'alleurs terminé 24e (elle aurait même terminé 23e si le parcours de mon fils Clément - 85 km - avait été comptabilisé par l'organisation : mauvaise saisie lors de l'inscription ?) Je tiens à féliciter particulièrement Anne-Laure, première femme à jamais participer au sein de l'équipe OEPDT, et qui, malgré une préparation très très légère, a parcouru vaillament 85 km, à une vitesse moyenne bien supérieure à la mienne.

 

Rendez-vous l'an prochain. J'espère que mes amis (le Michel précité, Jean-Luc, Benoît, François, Christian, 2 ou 3 Philippe, Laurent, Pierre, etc.) auront pitié de moi et ne me laisseront pas seul cette fois-ci.

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2 juillet 2012 1 02 /07 /juillet /2012 12:59

marie-nolle-thabut.jpg

Je suis, chaque dimanche, impressionné par la qualité des commentaires de Marie-Noëlle Thabut sur les textes que nous propose la liturgie du jour.

 

Ces commentaires, trouvés sur le site "Eglise catholique en France", permettent à toute personne de bonne volonté, chrétienne ou non, de mieux comprendre la Bible, le livre le plus diffusé au monde. Notamment, en

  • donnant des explications historiques ;

  • décodant le langage imagé utilisé par l'auteur.

Je souhaite arriver à mettre ici, chaque dimanche, les commentaires de Marie-Noëlle Thabut. Ma seule contribution consiste à surligner les passages que je trouve les plus importants ou enrichissants et à écrire en rouge ceux qui parlent d'un thème qui m'est cher : la liberté (trois autres pages de mon blog sont consacrées à ces passages des Evangiles, du reste du Nouveau Testament ou de l'Ancien Testament qui parlent de la liberté, directement ou indirectement)

 

Version audio (le lien sera inopérant dans un premier temps), trouvée sur le site de Radio-Notre-Dame.

 

PREMIERE LECTURE - EZECHIEL 2, 2 - 5

2 L'Esprit vint en moi,
il me fit mettre debout,
et j'entendis le Seigneur qui me parlait ainsi :
3 « Fils d'homme je t'envoie vers les fils d'Israël,
vers ce peuple de rebelles qui s'est révolté contre moi.
Jusqu'à ce jour, eux et leurs pères
se sont soulevés contre moi,
4 et les fils ont le visage dur,
et le coeur obstiné.
C'est à eux que je t'envoie, et tu leur diras :
Ainsi parle le Seigneur Dieu...
5 Alors, qu'ils écoutent ou qu'ils refusent,
- car c'est une engeance de rebelles, -
ils sauront qu'il y a un prophète au milieu d'eux. »
 
Rassurez-vous, les paroles que Dieu a adressées à Ezéchiel ne se sont pas limitées à ce que nous venons d'entendre ! Ce texte n'est qu'une toute petite partie du long récit de la vocation d'Ezéchiel, dans les premiers chapitres de son livre. A ne s'en tenir qu'aux quelques versets proposés pour ce dimanche, l'appel de Dieu semblerait un peu court et sévère ; aurait-il suffi à galvaniser Ezéchiel pour des années ? Mais c'est oublier dans quel climat ont résonné ces paroles. Quand Dieu envoie en mission, il donne toujours la force nécessaire : pour Ezéchiel, ce fut une vision grandiose, inoubliable dont le souvenir désormais soutiendrait tous ses efforts.

Nous sommes à Babylone, au tout début de l'Exil, avec la première vague des déportés chassés de Jérusalem par Nabuchodonosor en 597. Très loin, là-bas, sur la colline de Sion, le Temple est encore debout et Dieu y réside toujours puisqu'il l'a promis. Mais alors que reste-t-il aux exilés ? Désormais loin de Dieu, il ne leur reste que leurs yeux pour pleurer apparemment, en attendant des jours meilleurs.

Mais voilà que Dieu s'adresse à Ezéchiel, ici, bien loin de la mère-patrie et du Temple. C'est la première très Bonne Nouvelle de ce livre : Dieu n'est pas assigné à résidence à Jérusalem, il est également présent à Babylone, au bord du fleuve Kebar, là où est déporté son peuple. Ezéchiel voit les cieux s'ouvrir et le voilà plongé dans un univers de beauté indicible : plus tard il tentera bien de raconter sa vision, mais pour tous ceux qui n'y ont pas assisté, c'est proprement inimaginable : dans un univers de flammes, de feu, de pierres précieuses, de torches vivantes à visages d'hommes, d'animaux ailés, se déplaçait en tournoyant le chariot qui portait le trône de Dieu. Indicible, inracontable, peut-être, mais le feu qui émane du trône de Dieu vient d'embraser l'âme d'Ezéchiel, il est armé pour sa mission.

Laquelle promet d'être difficile : « Fils d'homme, je t'envoie vers les fils d'Israël, vers ce peuple de rebelles qui s'est révolté contre moi. » On a peut-être un peu trop l'habitude de croire que le peuple en Exil à Babylone ne faisait qu'un autour de ses prêtres et de ses prophètes, dans la fidélité à la Loi et l'espérance du retour. En fait, si l'on en croit ce texte, les choses étaient moins simples. Il est probable que, là-bas, au contact de l'idolâtrie ambiante, les tentations d'abandonner la foi juive ont été très fortes. D'autant plus qu'en pareil cas, si l'on veut survivre loin du pays, il faut bien s'adapter. Certains pensent probablement que l'intransigeance n'est pas le bon plan.
Par ailleurs, à l'époque, une question se posait : si nous sommes le peuple vaincu, n'est-ce pas une preuve que notre Dieu est moins puissant que les autres ? Et, du coup, certains étaient tentés de changer de religion.

On devine à travers ces lignes que le prophète aura fort à faire, le mot « rebelles » revient plusieurs fois sous sa plume : « C'est une engeance de rebelles... Jusqu'à ce jour, eux et leurs pères se sont soulevés contre moi, et les fils ont le visage dur, et le coeur obstiné. » On pourrait diagnostiquer une « rébellion congénitale » en quelque sorte ! Thème connu bien avant Ezéchiel : déjà Moïse s'en plaignait : ce n'est pas un hasard s'il avait transformé le nom de l'étape de Rephidim dans le Sinaï en Massa et Meriba (épreuve et querelle) en souvenir des récriminations continuelles du peuple pendant l'Exode.

Des siècles plus tard, à l'orée de l'Exil, justement, méditant cette rude expérience de Moïse, le livre du Deutéronome lui faisait dire : « Souviens-toi, n'oublie pas que tu as irrité le SEIGNEUR ton Dieu dans le désert. Depuis le jour où tu es sorti d'Egypte, jusqu'à votre arrivée ici, vous avez été en révolte contre le SEIGNEUR... Et le SEIGNEUR m'a dit : Je vois ce peuple : eh bien ! C'est un peuple à la nuque raide ! » (Dt 9, 7. 13).

Dans le texte d'aujourd'hui, le reproche est particulièrement cinglant : car le peuple est comparé à Pharaon lui-même, le modèle de l'endurcissement du coeur ! (Au verset 4, quand le prophète dit : « les fils ont le coeur obstiné », il emploie exactement le même mot hébreu que celui qui avait caractérisé le roi d'Egypte dans le livre de l'Exode : « le coeur du Pharaon resta endurci » (Ex 7, 13). C'est donc la suprême injure. Voilà Ezéchiel bien prévenu ; et ce peuple est si rebelle que le prophète, à n'en pas douter, aura fort à faire pour se faire entendre et justifier son autorité ; c'est pourquoi il précise bien qu'il ne parle pas de lui-même : « L'Esprit vint en moi, il me fit mettre debout », et cette parole n'est pas la sienne ; il prend bien soin de préciser : Ainsi parle le SEIGNEUR Dieu... Au verset suivant, Dieu invitera son porte-parole à garder courage : « Ecoute, fils d'homme, n'aie pas peur d'eux et n'aie pas peur de leurs paroles, tu es au milieu de contradicteurs et d'épines, tu es assis sur des scorpions ; n'aie pas peur de leurs paroles et ne t'effraie pas de leurs visages, car c'est une engeance de rebelles. Tu leur diras mes paroles, qu'ils t'écoutent ou qu'ils ne t'écoutent pas : ce sont des rebelles. » (Ez 2, 6).

Mais, précisément, à travers la gravité même des reproches adressés par Dieu à son peuple, on peut lire la deuxième très Bonne Nouvelle du texte de ce dimanche : ce peuple est dur et indocile, soit ; eh bien, même cela n'arrête pas la fidélité de Dieu à son Alliance : quelle que soit leur attitude, d'écoute ou de refus « ils sauront qu'il y a un prophète au milieu d'eux. » Traduisez, ils sauront que Dieu continue de leur parler, de les appeler.

PSAUME 122 (123), 1-2. 3-4

1 Vers toi j'ai les yeux levés,
vers toi qui es au ciel.
2 Comme les yeux de l'esclave
vers la main de son maître.

Comme les yeux de la servante
vers la main de sa maîtresse,
nos yeux, levés vers le SEIGNEUR notre Dieu,
attendent sa pitié.

3 Pitié pour nous, SEIGNEUR, pitié pour nous :
notre âme est rassasiée de mépris.
4 C'en est trop, nous sommes rassasiés
du mépris des orgueilleux.
 
La première ligne de ce psaume dans la Bible précise qu'il s'agit d'un « cantique des montées » : c'est-à-dire l'un des quinze psaumes (de 119/120 à 133/134) composés tout exprès pour être chantés pendant la marche des trois pèlerinages annuels à Jérusalem. Mais parmi les quinze, celui-ci a une tonalité très particulière que seule l'histoire peut éclairer.

Si l'on en croit les livres d'Esdras et de Néhémie, après l'Exil à Babylone, les rescapés revenaient au pays pleins d'ardeur : à peine arrivés, avant même d'avoir pu reconstruire le Temple, ils rétablirent le culte dans des installations de fortune. Ils avaient pour eux la protection de Cyrus, le nouveau maître du monde, celui qui avait conquis Babylone et renvoyé les exilés chez eux, en 538, avec l'ordre de reconstruire leurs villes et leurs temples. Mais la peur les tenaillait quand même (Esd 3, 3), car en leur absence, d'autres s'étaient installés à Jérusalem ; d'autres qui ne voyaient pas d'un très bon oeil le retour des exilés. Ces derniers commencèrent quand même à poser les fondations du nouveau Temple ; Zorobabel avait pris la direction des opérations. Mais ils avaient à peine commencé que les oppositions s'affirmèrent : le conflit s'envenima tellement qu'il parvint aux oreilles de l'administration perse et les travaux furent arrêtés. On a plusieurs versions des faits, différentes évidemment, selon la source : pour les uns, Zorobabel, le meneur des nouveaux venus, les exilés de retour, fut trop exigeant sur les garanties de fidélité des gens du pays qui voulaient participer également aux travaux. Pour les autres, ce sont des gens du pays, qui dénoncèrent les travaux de Zorobabel à l'administration perse comme un acte d'insoumission et de révolte larvée. Les travaux ne reprirent qu'en 520 à l'appel des prophètes Aggée et Zacharie.

C'est dans ce climat de soupçon qu'est née la prière de notre psaume : ceux qui sont revenus avec Zorobabel, pleins d'espoir, n'en finissent pas de déchanter. On lit ici leur humiliation. Ceux que l'on trouve en place, font figure de gens installés, en regard de la pauvreté des rapatriés : qui d'autre que Dieu pourrait faire valoir leurs droits ? « Pitié pour nous, SEIGNEUR, pitié pour nous : notre âme est rassasiée de mépris. C'en est trop, nous sommes rassasiés du mépris des orgueilleux. » Une fois de plus, apparemment, ce n'est pas la foi qui paie !

Bien longtemps après, les pèlerins qui « montent » au Temple de Jérusalem en pèlerinage, pour les trois grandes fêtes annuelles, se remémorent cette période difficile ; et on évoque les souffrances de ceux à qui on doit sa reconstruction, envers et contre tout. On n'a pas de mal à épouser leurs sentiments, car l'humiliation n'est pas terminée et l'humilité reste de mise. Le Temple est reconstruit, certes, mais Israël n'a pas recouvré sa totale indépendance (sauf la courte période hasmonéenne, 142-63 av. JC., plus tardive) ; et jusqu'à la venue du Messie, on suppliera inlassablement « Pitié pour nous, SEIGNEUR, pitié pour nous. »

L'appel au secours « Vers toi j'ai les yeux levés, vers toi qui es au ciel » reprend la formule du premier psaume des montées, l'image des yeux levés « Je lève les yeux vers les montagnes, d'où le secours me viendra-t-il ? » (Ps 119/120, 1). C'est l'une des expressions habituelles de l'adoration et de la confiance ; elle revient quatre fois dans le psaume d'aujourd'hui ; en voici quelques autres toutes extraites d'autres psaumes : « J'ai toujours les yeux sur le SEIGNEUR, car il dégage mes pieds du filet. » (Ps 24/25, 15) ; « Ta fidélité est restée devant mes yeux. » (Ps 25/26, 3) ; « Mes yeux se sont usés à force d'attendre mon Dieu » (Ps 68/69, 4) ; « Mes yeux se sont usés à chercher tes ordres, et je dis : Quand me consoleras-tu ? » (Ps 118/119, 82) ; « Mes yeux se sont usés à attendre ton salut et à chercher les ordres de ta justice. » (Ps 118/119, 123) ; « Les yeux sur toi, Dieu SEIGNEUR, je me suis réfugié près de toi ; ne me laisse pas rendre l'âme ; garde-moi du filet qu'on m'a tendu et des prières des malfaisants. » (Ps 140/141, 8) ; « Les yeux sur toi, ils espèrent tous, et tu leur donnes la nourriture en temps voulu ; tu ouvres ta main et tu rassasies tous les vivants que tu aimes. » (Ps 144/145, 15-16). Tous ces versets nous montrent à quel point le thème du regard est présent dans la Bible.

Autre image de confiance, la référence à la main de Dieu : c'est elle qui a depuis toujours protégé, guidé, comblé Israël. C'est ainsi qu'on évoque le passage de la Mer : « Israël vit avec quelle main puissante le SEIGNEUR a agi contre l'Egypte » (Ex 14, 31). « Le SEIGNEUR votre Dieu a asséché devant vous les eaux du Jourdain jusqu'à ce que vous ayez passé, comme il l'avait fait pour la Mer des Joncs qu'il assécha devant nous jusqu'à ce que nous ayons passé, afin que tous les peuples de la terre sachent comme est forte la main du Seigneur. » (Jos 4, 23-24). Cette main du Seigneur tient toute la terre : « Dans la main du Seigneur est le gouvernement de la terre » (Si 10, 4), mais elle tient plus encore son peuple élu : « Car moi, le SEIGNEUR, je suis ton Dieu qui tient ta main droite, qui te dit : ne crains pas, c'est moi qui t'aide » (Is 41, 13) ; « C'est moi le SEIGNEUR, je t'ai appelé selon la justice, je t'ai tenu par la main, et je t'ai mis en réserve... » (Is 42, 6). « Vous êtes dans ma main, gens d'Israël, comme l'argile dans la main du potier. » (Jr 18, 6). En fait, en hébreu, on le voit bien ici, le mot main signifie également « pouvoir », « puissance ».

Pour terminer je laisse la parole encore une fois à Isaïe : « Non, la main du SEIGNEUR n'est pas trop courte pour sauver, son oreille n'est pas trop dure pour entendre. Mais ce sont vos perversités qui ont mis une séparation entre vous et votre Dieu ; ce sont vos fautes qui ont tenu son visage caché loin de vous, trop loin pour qu'il vous entende. Vos paumes, en effet, sont tachées par le sang et vos doigts par la perversité, vos lèvres profèrent la tromperie, votre langue roucoule la perfidie. » (Is 59, 1). On comprend bien ici pourquoi le psaume implore trois fois « Pitié », mais sans oublier que « la main du SEIGNEUR n'est pas trop courte pour sauver ».

DEUXIEME LECTURE - Deuxième Lettre de Paul aux Corinthiens 12, 7 - 10

Frères,
7 les révélations que j'ai reçues
sont tellement exceptionnelles
que, pour m'empêcher de me surestimer,
j'ai dans ma chair une écharde,
un envoyé de Satan qui est là pour me gifler,
pour m'empêcher de me surestimer.
8 Par trois fois,
j'ai prié le Seigneur de l'écarter de moi.
9 Mais il m'a déclaré :
"Ma grâce te suffit :
ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse."
Je n'hésiterai donc pas à mettre mon orgueil dans mes faiblesses,
afin que la puissance du Christ habite en moi.
10 C'est pourquoi j'accepte de grand coeur pour le Christ
les faiblesses, les insultes, les contraintes,
les persécutions et les situations angoissantes.
Car, lorsque je suis faible,
c'est alors que je suis fort.
 
Comme Ezéchiel (voir première lecture, Ez 2), Paul a bénéficié de visions et révélations exceptionnelles ; l'un comme l'autre y ont puisé la force de poursuivre leur mission. Pas question de devenir orgueilleux pour autant, leurs auditeurs se chargeant de les ramener sans cesse à l'humilité. « Nul n'est prophète en son pays » est un dicton connu et vécu en Israël bien avant la venue de Jésus-Christ. Mais Paul avait apparemment une autre raison, meilleure encore, de rester humble : si l'on en croit ce texte, il portait en lui-même un rappel permanent de sa petitesse : « Pour m'empêcher de me surestimer, j'ai dans ma chair une écharde, un envoyé de Satan qui est là pour me gifler, pour m'empêcher de me surestimer. »

Nous ne saurons jamais ce qu'était concrètement « l'écharde dans la chair » qui le faisait tant souffrir : toutes les hypothèses ont été proposées, mais lui ne le précise jamais. On peut néanmoins en énumérer quelques-unes : lui-même, pour commencer, reconnaît avoir été malade : « Vous le savez bien, ce fut à l'occasion d'une maladie que je vous ai, pour la première fois, annoncé la bonne nouvelle ; et, si éprouvant pour vous que fût mon corps, vous n'avez montré ni dédain, ni dégoût. Au contraire, vous m'avez accueilli comme un ange de Dieu, comme le Christ Jésus. » (Ga 4, 13-15).

Une autre source de souffrance fut incontestablement pour lui le rejet de la bonne nouvelle par ses frères de race ; il en parle longuement dans la lettre aux Romains (chapitres 9 à 11) : « En Christ je dis la vérité, je ne mens pas, par l'Esprit Saint ma conscience m'en rend témoignage : j'ai au coeur une grande tristesse et une douleur incessante. Oui, je souhaiterais être anathème, être moi-même séparé du Christ pour mes frères, ceux de ma race selon la chair... » (Rm 9, 1-3).

On peut aussi imaginer une autre source de souffrance secrète, intarissable : la culpabilité, le remords d'avoir été, dans un premier temps, le persécuteur des Chrétiens de la première heure. Impossible, peut-être pour lui, de faire table rase de ce passé honteux. Cette persécution qu'il a pratiquée (cf les Actes des Apôtres : Ac 7, 58 ; 9, 1 ; 22, 4), il l'endure lui-même à son tour et tout ce qu'il subit désormais, dans la fierté de souffrir pour le Christ, réveille en même temps sa honte. Une seule issue, reconnaître humblement sa faiblesse et se mettre tel quel à la disposition du Christ pour l'oeuvre d'évangélisation. A ce prix, il expérimente combien la force du Christ est puissante dans ceux qui s'y abandonnent : « J'accepte de grand coeur pour le Christ les faiblesses, les insultes, les contraintes, les persécutions et les situations angoissantes. Car, lorsque je suis faible, c'est alors que je suis fort. »

D'autre part, il est mieux placé que quiconque pour savoir que la persécution est à peu près inévitable pour les Apôtres ; là encore, il peut parler d'expérience : dès sa conversion et ses premières prédications à Damas, il a été attaqué physiquement et il a fallu pour le sauver lui faire quitter la ville en le descendant dans une corbeille le long de la muraille (Ac 9, 20-25). Un peu plus loin, dans cette même lettre aux Corinthiens que nous lisons aujourd'hui, il récapitule tout ce qu'il a dû subir à cause de sa prédication : « Des Juifs, j'ai reçu cinq fois les trente-neuf coups, trois fois j'ai été flagellé, une fois lapidé, trois fois j'ai fait naufrage, j'ai passé un jour et une nuit sur l'abîme. Voyages à pied, souvent, dangers des fleuves, dangers des brigands, dangers de mes frères de race, dangers des païens, dangers dans la ville, dangers dans le désert, dangers sur mer, dangers des faux frères ! Fatigues et peines, veilles souvent ; faim et soif, jeûne souvent ; froid et dénuement ; sans compter tout le reste, ma préoccupation quotidienne, le souci de toutes les Eglises. » (2 Co 11, 24-28). Vu le ton, on a l'impression qu'il s'en vanterait presque : et c'est vrai puisque les épreuves sont le lieu même où se manifeste aux yeux de tous la vraie source de sa force, non pas en lui-même, mais dans le soutien permanent de la présence du Christ en lui.

Ce contraste que l'on pourrait appeler « faiblesse et force » des Apôtres ne peut que tourner à la gloire de Dieu, puisque dans l'extrême faiblesse des apôtres et grâce à elle, la force de résurrection du Christ est manifestée. Ainsi, paradoxalement, Paul se glorifie de sa faiblesse : « S'il faut s'enorgueillir, je mettrai mon orgueil dans ma faiblesse. » (2 Co 11, 30). Il y revient souvent dans cette lettre (cf 2 Co 4, 8-11, lecture du 9ème dimanche), dès le début par exemple : « Le péril que nous avons couru en Asie (à Ephèse) nous a accablés à l'extrême, au-delà de nos forces, au point que nous désespérions même de la vie. Oui, nous avions reçu en nous-mêmes notre arrêt de mort, ainsi notre confiance ne pouvait plus se fonder sur nous-mêmes, mais sur Dieu qui ressuscite les morts. » (2 Co 1, 8 - 9). Puis au chapitre 6 : « Nous nous recommandons en tout comme ministres de Dieu par une grande persévérance dans les détresses, les contraintes, les angoisses, les coups, les prisons, les émeutes, les fatigues, les veilles, les jeûnes... Dans la gloire et le mépris, dans la mauvaise et la bonne réputation ; tenus pour imposteurs et pourtant véridiques, inconnus et pourtant bien connus, moribonds et pourtant nous vivons, châtiés sans être exécutés, attristés mais toujours joyeux, pauvres, et faisant bien des riches, n'ayant rien, nous qui pourtant possédons tout ! » (2 Co 6, 4... 10). Notre texte de ce dimanche est dans cette ligne : extraordinaire bonne nouvelle, une fois encore ! Notre faiblesse n'est pas une entrave à l'évangélisation ! C'est peut-être même le contraire.
...
Lorsque Paul a prié, par trois fois, comme son maître à Gethsémani, pour que cette souffrance s'éloigne de lui : « Par trois fois, j'ai prié le Seigneur de l'écarter de moi », le Seigneur lui a simplement répondu : « Ma grâce te suffit : ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse. »

 

EVANGILE - Marc 6, 1 - 6

Jésus est parti pour son pays,
et ses disciples le suivent.
2 Le jour du sabbat,
il se mit à enseigner dans la synagogue.
Les nombreux auditeurs, frappés d'étonnement, disaient :
« D'où cela lui vient-il ?
Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée,
et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ?
3 N'est-il pas le charpentier, le fils de Marie,
et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ?
Ses soeurs ne sont-elles pas ici chez nous ? »
Et ils étaient profondément choqués à cause de lui.
4 Jésus leur disait :
« Un prophète n'est méprisé que dans son pays,
sa famille et sa propre maison. »
5 Et là il ne pouvait accomplir aucun miracle ;
il guérit seulement quelques malades
en leur imposant les mains.
6 Il s'étonna de leur manque de foi.
Alors il parcourait les villages d'alentour en enseignant.
 
D'après l'évangile de Marc, Jésus a quitté son village de Nazareth au début de sa vie publique pour rejoindre Jean-Baptiste au bord du Jourdain et se faire baptiser (1, 9). Puis il a commencé sa prédication en parcourant une partie de la Galilée ; il est même allé de l'autre côté de la mer de Tibériade, dans les villes de la Décapole (chap. 5). Quand il s'installe quelque part, Capharnaüm semble être sa ville d'élection ; il n'est plus question de Nazareth pendant les cinq premiers chapitres de Marc ; quant à son entourage, il s'est choisi des amis, qu'il appelle ses disciples (3, 13). Comment réagit sa famille ? Marc note seulement au chapitre 3 l'opposition de quelques-uns qui le croyaient devenu fou.

Les autres sont visiblement partagés : nombreux sont ceux qui ont été séduits par Jésus, par son enseignement et ses miracles ; les Pharisiens et leurs scribes, quant à eux, ont déjà à plusieurs reprises manifesté leur hostilité ; certains ont même déjà décidé de se débarrasser de lui (3, 6) : son crime, guérir des malades, n'importe quand, et même le jour du sabbat !

Et voici, avec l'évangile de ce dimanche, que Jésus revient pour la première fois dans son village de Nazareth. Sa réputation l'a-t-elle précédé ? Probablement, puisqu'on s'inquiète déjà de lui à Jérusalem (3, 22), et que, dès le début du texte, Marc nous rapporte la question de ses auditeurs : « D'où cela lui vient-il ... ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ? » Voici donc l'enfant du pays de retour à la synagogue un matin de shabbat. Marc note seulement la présence de ses disciples : « Jésus est parti pour son pays, et ses disciples le suivent. » Puis il ne parle plus d'eux ; eux vont assister à la scène, sans intervenir, apparemment, mais cela leur servira de leçon pour l'avenir qui les attend eux-mêmes. Car si, jusqu'à présent, Jésus avait déjà rencontré des oppositions, ici, c'est bien pire, il essuie un véritable échec : au point de ne même plus pouvoir accomplir un seul miracle (v. 5) ; son propre village le refuse : toute l'attention du récit se concentre en effet sur la réaction des anciens voisins de Jésus ; dubitatifs au début, ils deviennent peu à peu franchement hostiles.

Tout commence par des questions bien humaines : « Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée ?... N'est-il pas le charpentier, le fils de Marie, et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? Ses soeurs ne sont-elles pas ici chez nous ? » Un mot, d'abord, sur ses frères : ce sont en réalité ses cousins : deux (Jacques le Petit et José) seront plus tard présentés par Marc comme fils d'une autre Marie, (cf 15, 40 - 47) [1]

Je reviens à la phrase : « Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée ?... N'est-il pas le charpentier, le fils de Marie... ? » Traduisez : son enseignement et ce qu'on sait de son action dans la région en font un personnage hors du commun ; or, nous savons bien, nous d'où il sort ; il est comme nous, rien de plus ; d'où lui viendraient ses pouvoirs ? Si c'était un prophète, on l'aurait su, déjà ; il y a incompatibilité entre la grandeur de Dieu et la modestie de ses origines humaines. C'est bien le drame d'une partie des contemporains du Christ, semble dire Marc : enfermés dans leurs idées sur Dieu, ils n'ont pu le reconnaître quand il est venu.

Marc revient très souvent sur cette question que pose la personnalité de Jésus : à Capharnaüm, déjà, les gens « se demandaient les uns aux autres : Qu'est-ce que cela ? Voilà un enseignement nouveau plein d'autorité ! Il commande même aux esprits impurs et ils lui obéissent. » (1, 27). Quelques jours plus tard, après la guérison du paralytique, les scribes s'interrogeaient : « Qui peut pardonner les péchés sinon Dieu seul ? » (2, 7) ; sur le lac, après qu'il eut apaisé la tempête, les apôtres se demandaient aussi : « Qui donc est-il, pour que même le vent et la mer lui obéissent ? » (4, 41).

A Nazareth (6, 2), comme à Capharnaüm (1, 22), les assistants ont d'abord été « frappés d'étonnement » ; mais à Nazareth, les choses ont mal tourné, l'étonnement a viré au scandale : ici, Marc a certainement choisi volontairement le mot grec (skandalon) qui évoquait la pierre d'achoppement dont parlait Isaïe ; imaginez un chef de chantier qui se trouve devant une pierre de forme imprévue : soit il l'intègre à sa construction dont elle devient une pierre maîtresse ; soit il la méprise, et la laisse traîner sur le chantier, au risque de buter dessus. Cette image illustrait pour Isaïe le contraste entre celui qui croit et celui qui refuse de croire. Pour celui qui croit, le Seigneur est son rocher, comme disent certains psaumes, sa sécurité ; mais ceux qui refusent de croire se privent eux-mêmes de cette sécurité et le choix des croyants devient pour eux incompréhensible et proprement scandaleux.

Saint Pierre reprend la même image en parlant du Christ : « On trouve dans l'Ecriture : Voici que je pose en Sion une pierre angulaire, choisie et précieuse, et celui qui met en elle sa confiance ne sera pas confondu... mais pour les incrédules, la pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre de l'angle et aussi une pierre d'achoppement, un roc qui fait tomber. Ils s'y heurtent parce qu'ils refusent de croire en la parole. » (1 P 2, 6-8).

Chez Matthieu et Luc, le même thème est repris sous une autre forme : « Heureux celui qui ne tombera pas à cause de moi, dit Jésus lui-même. » (Mt 11, 5 ; Lc 7, 23).

Pour le dire autrement, heureux sont ceux qui ont eu le bonheur de s'ouvrir au mystère de Jésus et de reconnaître en lui le Messie ; pour eux, le Christ est désormais le centre de leur vie ; au contraire, malheureux sont ceux qui, comme à Nazareth, se sont fermés à sa parole et à son action.

Curieusement, les plus proches ne sont pas les mieux préparés à faire le bon choix : Jésus, comme Ezéchiel (première lecture), comme Jérémie, comme tant d'autres avant lui, constate que nul n'est prophète en son pays : « Un prophète n'est méprisé que dans son pays, sa famille et sa propre maison. » On veut bien l'écouter mais on reste de marbre ;
Et cette indifférence des participants barre la route aux miracles : dans les chapitres précédents, Marc a noté à plusieurs reprises que miracle et foi vont de pair ; que ce soit lors de la tempête apaisée (4, 35 - 41), de la libération du démoniaque de Gérasa (5, 1 - 20), ou de la guérison de la fille de Jaïre et de l'hémorroïsse (5, 20 - 43). Ici, Marc retourne la proposition : là où il n'y a pas de foi, il ne peut pas y avoir de miracle.

Manifestement, Jésus ne s'attendait pas à cette réaction scandalisée, puisque Marc affirme : « Il s'étonna de leur manque de foi ». On peut déjà être surpris nous-mêmes que Jésus s'étonne : cela veut dire que, pour lui, tout n'était pas écrit d'avance ; d'autre part cet étonnement est mêlé de tristesse : un peu plus haut, devant une opposition semblable venant des Pharisiens, Marc a noté que Jésus était « navré de l'endurcissement de leurs coeurs » (Mc 3, 5). Au niveau de Jésus, cet épisode peu glorieux de Nazareth fait déjà pressentir la croix ; pour l'avenir, il préfigure le sort des prophètes de tous les temps, affrontés à une incroyance quasi structurelle.
Et pourtant, l'épisode se clôt néanmoins sur une petite lueur d'optimisme : même à Nazareth, dans ce climat d'hostilité, Jésus a pu quand même opérer quelques guérisons ; cela veut dire en clair que malgré toutes nos mauvaises volontés, tout espoir n'est jamais perdu !
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Note
[1] - Si Jésus avait eu des frères de sang, on ne voit pas bien pourquoi il aurait confié sa mère à Jean.

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Complément
Ezéchiel traduit cette expérience du prédicateur déçu dans une phrase magnifique : « Ils viendront à toi comme au rassemblement du peuple ; ils s'assiéront devant toi, eux, mon peuple ; ils écouteront tes paroles mais ne les mettront pas en pratique car leur bouche est pleine des passions qu'ils veulent assouvir : leur coeur suit leur profit. Au fond, tu es pour eux comme un chant passionné, d'une belle sonorité, avec un bon accompagnement. Ils écoutent tes paroles, mais personne ne les met en pratique. » (Ez 33, 31-32).
L'intelligence des écritures

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25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 16:47

marie-nolle-thabut.jpgJe suis, chaque dimanche, impressionné par la qualité des commentaires de Marie-Noëlle Thabut sur les textes que nous propose la liturgie du jour.

 

Ces commentaires, trouvés sur le site "Eglise catholique en France", permettent à toute personne de bonne volonté, chrétienne ou non, de mieux comprendre la Bible, le livre le plus diffusé au monde. Notamment, en

  • donnant des explications historiques ;

  • décodant le langage imagé utilisé par l'auteur.

Je souhaite arriver à mettre ici, chaque dimanche, les commentaires de Marie-Noëlle Thabut. Ma seule contribution consiste à surligner les passages que je trouve les plus importants ou enrichissants et à écrire en rouge ceux qui parlent d'un thème qui m'est cher : la liberté (trois autres pages de mon blog sont consacrées à ces passages des Evangiles, du reste du Nouveau Testament ou de l'Ancien Testament qui parlent de la liberté, directement ou indirectement)

 

Version audio (le lien sera inopérant dans un premier temps), trouvée sur le site de Radio-Notre-Dame.

 

PREMIERE LECTURE - Sagesse 1, 13 - 15 ; 2, 23 - 24

1, 13 Dieu n'a pas fait la mort,
il ne se réjouit pas de voir mourir les êtres vivants.
14 Il a créé toutes choses pour qu'elles subsistent ;
ce qui naît dans le monde est bienfaisant,
et l'on n'y trouve pas le poison qui fait mourir.
La puissance de la mort ne règne pas sur la terre,
15 car la justice est immortelle.
2, 23 Dieu a créé l'homme pour une existence impérissable,
il a fait de lui une image
de ce qu'il est en lui-même.
24 La mort est entrée dans le monde
par la jalousie du démon,
et ceux qui se rangent dans son parti
en font l'expérience.

Le début du Livre de la Sagesse fait penser au Livre de la Genèse ; l'un et l'autre commencent par une longue réflexion sur la destinée humaine : onze chapitres dans la Genèse, cinq dans la Sagesse ; écrits à des époques différentes, dans des styles également très différents, ils s'attaquent néanmoins tous les deux aux mêmes problèmes, ceux de la vie et de la mort, ceux de la relation des hommes avec Dieu. C'est exactement notre thème d'aujourd'hui.

D'un côté comme de l'autre, les auteurs sont des Juifs nourris de toute l'expérience religieuse et de la méditation du peuple de l'Alliance ; mais l'un comme l'autre sont au contact du monde païen, et soucieux de préserver l'intégrité de la foi juive. Une foi dont la première caractéristique est peut-être bien l'optimisme. L'affirmation du livre de la Sagesse « Ce qui naît dans le monde est bienfaisant » est une variante du constat de la Genèse « Dieu vit tout ce qu'il avait fait. Voilà, c'était très bon. » (Gn 1, 31). Et ce que nous avons entendu ici « Dieu a fait de l'homme une image de ce qu'il est en lui-même » est une copie de la phrase célèbre de la Genèse « Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu il le créa. »

Phrase célèbre ? Sûrement, mais en tirons-nous toutes les conséquences ? Si réellement, Dieu nous a faits à son image, alors nous sommes des vivants, faits pour vivre éternellement. D'ailleurs il suffisait de lire la phrase en entier : « Dieu a créé l'homme pour une existence impérissable, il a fait de lui une image de ce qu'il est en lui-même. »
Mais alors, Dieu aurait-il échoué ? Sûrement pas, seulement, il a pris le risque de nous créer libres. Libres de nous ranger dans le parti de la mort, comme dit le texte : pas la mort biologique, s'entend, simple transformation de la chrysalide en papillon ; mais la mort dont parle la Bible, la mort spirituelle, séparation d'avec Dieu. « Ceux qui se rangent dans son parti en font l'expérience. »

Les cinq premiers chapitres de la Sagesse opposent précisément les justes et les impies : les justes, ce sont ceux qui vivent dès ici-bas et pour toujours de la vie de Dieu ; et les impies, ceux qui se sont rangés du côté de la mort, c'est-à-dire ceux qui dès ici-bas, malgré les apparences, ne sont déjà plus des vrais vivants, car ils sont loin de Dieu. Pour prendre une autre image, les justes sont ceux qui vivent de l'Esprit de Dieu, les impies, ceux qui ne se laissent plus mener par lui.

L'auteur du livre de la Sagesse veut évidemment encourager ses lecteurs à se ranger dans le parti de Dieu, pour reprendre son expression.

Le psaume 1 met en musique cette opposition entre les justes et les impies : « Heureux l'homme qui ne prend pas le parti des méchants, ne s'arrête pas sur le chemin des pécheurs et ne s'assied pas au banc des moqueurs, mais qui se plaît à la loi du SEIGNEUR et récite sa loi jour et nuit.... Il est comme un arbre planté près des ruisseaux : il donne du fruit en sa saison et son feuillage ne se flétrit pas ; il réussit tout ce qu'il fait... Tel n'est pas le sort des méchants : ils sont comme la bale que disperse le vent. Lors du jugement, les méchants ne se lèveront pas, ni les pécheurs au rassemblement des justes. Car le SEIGNEUR connaît le chemin des justes, mais le chemin des méchants se perd. »

Notre auteur du Livre de la Sagesse connaissait bien ce psaume ; d'autre part, il tenait certainement beaucoup à rappeler ces vérités réconfortantes à ses contemporains. Car ils étaient en posture difficile et, pour l'heure, tout semblait profiter aux impies, traduisez les païens. Sans qu'on puisse préciser la date exacte, on sait au moins que le livre de la Sagesse a été écrit à Alexandrie, vers 50 ou même 30 av.J.C., pour des Juifs, bien sûr, affrontés à la culture grecque c'est-à-dire païenne. Si l'auteur intitule ses écrits « Livre de la Sagesse de Salomon », (alors que Salomon est mort depuis neuf cents ans), c'est qu'il s'inscrit bien dans la lignée du Judaïsme. Il s'agit pour lui de donner des arguments à ses frères dans la foi juive, face aux raisonnements des païens.

Le problème ici posé est celui de l'attitude à adopter devant la mort : les Juifs, depuis toujours, savent aussi bien que les Grecs que la mort est inéluctable ; mais dans la foi, ils en tirent de tout autres conséquences. Car il y a deux attitudes possibles : ou bien, et c'est l'attitude des païens, goûtons l'heure présente, faisons tout ce qui nous plaît, de toute manière, tout sera d'ici peu effacé ; notre auteur traduit ainsi leur pensée au début du chapitre 2 : « Ils se disent entre eux avec de faux raisonnements : Elle est courte et triste notre vie ; il n'y a pas de remède quand l'homme touche à sa fin et personne, à notre connaissance, n'est revenu de l'Hadès (la mort)... Eh bien, allons ! Jouissons des biens présents et profitons de la création comme du temps de la jeunesse, avec ardeur. » (Sg 2, 1... 6).

Les Juifs ont une autre foi, une autre attitude ; pour eux, notre vie présente est déjà semence d'éternité : « Dieu a créé l'homme pour une existence impérissable, il a fait de lui une image de ce qu'il est en lui-même. » Peut-être la vie sur terre ne récompense-t-elle pas toujours ceux qui ont bien agi, mais Dieu qui est l'infiniment juste finira bien par faire justice. Ce texte très tardif, le dernier de tout l'Ancien Testament, couronne la méditation juive de plusieurs siècles sur le problème de la rétribution : face à l'injustice apparente de l'existence où l'on voit des innocents mourir sans consolation, le croyant affirme que « la justice est immortelle ».

Oui, les païens se trompent : « Leur perversité les aveugle et ils ne connaissent pas les secrets desseins de Dieu, ils n'espèrent pas de récompense pour la piété, ils n'apprécient pas l'honneur réservé aux âmes pures. » (Sg 2, 21-22). Traduisez « Mes frères, tenez bon, Dieu saura vous récompenser. »

Reste la dernière phrase : « La mort est entrée dans le monde par la jalousie du démon, et ceux qui se rangent dans son parti en font l'expérience. » Il ne peut s'agir de la mort biologique, car tous, croyants ou païens, en feront l'expérience, un jour ou l'autre. Il s'agit de la mort spirituelle, la privation de Dieu : pour l'auteur du livre de la Sagesse, la résurrection n'était promise qu'aux justes ; il pensait encore que les païens, eux qui se sont rangés dans le parti de la mort, c'est-à-dire contre Dieu, ne connaîtront pas la résurrection.

Il faudra attendre la venue du Christ, offert « pour la multitude » pour que nous découvrions la foi en la résurrection promise à tous, car, comme le dit Saint Jean « Dieu est plus grand que notre coeur ».

PSAUME 29 (30), 3-4. 5-6. 12-13

3 Quand j'ai crié vers toi, SEIGNEUR,
mon Dieu, tu m'as guéri ;
4 SEIGNEUR, tu m'as fait remonter de l'abîme
et revivre quand je descendais à la fosse.

5 Fêtez le SEIGNEUR, vous, ses fidèles,
rendez grâce en rappelant son nom très saint.
6 Sa colère ne dure qu'un instant,
sa bonté, toute la vie.

Avec le soir viennent les larmes,
mais au matin les cris de joie !
12 Tu as changé mon deuil en une danse,
mes habits funèbres en parure de joie !

13 Que mon coeur ne se taise pas,
qu'il soit en fête pour toi ;
et que sans fin, SEIGNEUR, mon Dieu,
je te rende grâce !

Le psaume 29/30 est très court, il ne comporte que treize versets (dont six seulement sont retenus par la liturgie de ce dimanche) ; mais il faut connaître l'histoire sous-jacente dans son entier pour mieux le comprendre ; la voici :
Imaginez quelqu'un qui est tombé au fond d'un puits : il a crié, supplié, appelé au secours... il donnait même des arguments pour qu'on lui vienne en aide (du genre je vous serai plus utile, vivant que mort !) ; apparemment, il y avait des gens qui n'étaient pas mécontents de le voir dans le trou et qui ricanaient... mais il continuait à appeler au secours : quelqu'un finirait bien par avoir pitié... et quelqu'un a entendu ses appels, quelqu'un est venu le délivrer, l'a tiré de là comme on dit. Ce « quelqu'un », il faut l'écrire avec une majuscule, c'est Dieu lui-même. Une fois en haut, revenu à la lumière et en quelque sorte à la vie, notre homme explose de joie ! « Quand j'ai crié vers toi, SEIGNEUR, mon Dieu, tu m'as guéri ; SEIGNEUR, tu m'as fait remonter de l'abîme et revivre quand je descendais à la fosse. Fêtez le SEIGNEUR, vous, ses fidèles, rendez grâce en rappelant son nom très saint. »

En réalité, comme toujours dans les psaumes, il y a deux niveaux de lecture : l'histoire qu'on nous raconte est celle d'un individu tombé dans un puits ; mais ce n'est qu'une parabole ; plus profondément, c'est le peuple tout entier qui parle, ou plutôt qui chante, qui explose de joie au retour de l'Exil à Babylone... comme il avait chanté, dansé, explosé de joie après le passage de la Mer Rouge. L'Exil à Babylone, c'est comme une chute mortelle dans un puits sans fond, dans un gouffre... et nombreux sont ceux qui ont pensé qu'Israël ne s'en relèverait pas. Au sein même du peuple, on a pu être pris de désespoir... Et il y en a eu des ennemis, pas mécontents, qui riaient bien de cette déchéance...
Pendant toute cette période d'épreuve, le peuple soutenu par ses prêtres, ses prophètes, a gardé espoir malgré tout et force pour appeler au secours (malheureusement, nous n'entendons pas ces versets ce dimanche) : « J'ai crié vers toi, SEIGNEUR, j'ai supplié mon Dieu... Ecoute, SEIGNEUR, pitié pour moi ! SEIGNEUR, viens à mon aide !... » (versets 9 et 11). Dans sa prière, il n'hésitait pas à employer tous les arguments, par exemple du genre « tu seras bien avancé quand je serai mort »... parce que, quand ce psaume a été écrit, on ne croyait pas en la Résurrection : on imaginait que les morts étaient dans un séjour d'ombre, le « shéol » où il ne se passe rien. Alors on disait à Dieu : « A quoi te servirait mon sang (c'est-à-dire ma vie) si je descendais dans la tombe ? La poussière peut-elle te rendre grâce et proclamer ta fidélité ? » (verset 10).

Et le miracle s'est produit : Dieu a sauvé son peuple : « Quand j'ai crié vers toi, SEIGNEUR, mon Dieu, tu m'as guéri ; SEIGNEUR, tu m'as fait remonter de l'abîme et revivre quand je descendais à la fosse... » C'est la restauration du peuple exilé, son retour au pays qui est dit en termes très imagés : car le peuple était comme un condamné à mort, on le croyait bien rayé de la carte ; quand il rentre, on peut le prendre pour un revenant.

Quand nous lisons ces versets, aujourd'hui, après vingt siècles de foi chrétienne, nous sommes tentés d'y lire une allusion à la Résurrection. Mais ce serait un anachronisme. A l'époque du retour d'Exil, on ne pensait pas encore à la possibilité d'une résurrection individuelle. D'autres textes bibliques, la vision d'Ezéchiel des ossements desséchés, par exemple, sont écrits dans le même esprit : la restauration du peuple, le retour d'exil est décrit en termes de résurrection.

Plus tard, beaucoup plus tard, au deuxième siècle av.J.C. (vers 165) quand la foi biblique aura franchi le pas décisif et accueilli la révélation de la foi en la résurrection, ces textes seront relus et on leur découvrira une profondeur nouvelle. Aujourd'hui, quand nous lisons ce psaume ou bien la prophétie des ossements desséchés d'Ezéchiel, nous nous disons « quand ces auteurs employaient des images de résurrection, ils ne pensaient qu'au peuple, mais ils ne croyaient pas si bien dire : ces images sont vraies aussi au plan individuel. »

« Tu as changé mon deuil en une danse, mes habits funèbres en parure de joie »... Désormais, pour tous ceux qui croient à la résurrection, Juifs et Chrétiens, cette dernière phrase a pris un sens nouveau. On pourrait en dire autant de bien d'autres phrases de la Bible qui prennent un sens nouveau, au fur et à mesure de l'avancée de la foi juive au long des siècles.

On peut en dire autant également du mot « Alleluia »... A l'origine il traduisait seulement la joie et l'allégresse de la sortie d'Egypte, ce qui était déjà considérable. Voici le commentaire des rabbins sur « l'Alleluia » : « Dieu nous a amenés de la servitude à la liberté, de la tristesse à la joie, du deuil au jour de fête, des ténèbres à la brillante lumière, de la servitude à la Rédemption. C'est pourquoi chantons devant lui l'Alleluia ! » Evidemment, aujourd'hui, nous pouvons le chanter avec plus de conviction encore en pensant à la résurrection du Christ et à la nôtre.

Je reviens à notre psaume : il y a la joie, certes, et c'est celle du retour d'exil, on l'a vu. Mais il y a également beaucoup d'allusions à la période terrible et cette expression étonnante : « Sa colère ne dure qu'un instant ». De quelle colère s'agit-il ? Celle de Dieu, bien sûr. Pendant l'Exil à Babylone, on a eu tout loisir de méditer sur les diverses causes possibles de ce drame ; et on s'est demandé si le malheur du peuple n'avait pas été la conséquence de ses péchés. La seule solution pour ne pas retomber, on le sait bien, c'est de vivre désormais dans la fidélité à L'Alliance : « Que sans fin, SEIGNEUR, mon Dieu, je te rende grâce ! »


DEUXIEME LECTURE - Deuxième Lettre de Paul aux Corinthiens 8, 7. 9. 13-15

Frères,
7 puisque vous avez reçu largement tous les dons :
la foi, la Parole et la connaissance de Dieu,
cette ardeur et cet amour que vous tenez de nous,
que votre geste de générosité soit large, lui aussi.
9 Vous connaissez en effet la générosité
de notre Seigneur Jésus Christ :
lui qui est riche, il est devenu pauvre à cause de vous,
pour que vous deveniez riches par sa pauvreté.
13 Il ne s'agit pas de vous mettre dans la gêne,
en soulageant les autres,
il s'agit d'égalité.
14 En cette occasion,
ce que vous avez en trop compensera ce qu'ils ont en moins,
pour qu'un jour ce qu'ils auront en trop
compense ce que vous aurez en moins,
15 et cela fera l'égalité,
comme dit l'Ecriture à propos de la manne :
celui qui en avait ramassé beaucoup n'a rien eu de plus,
et celui qui en avait ramassé peu,
n'a manqué de rien.
Il est toujours difficile de demander de l'argent : Saint Paul fait appel, pour cela, à toutes les ressources de la diplomatie et de la fermeté ; les chapitres 8 et 9 de la deuxième lettre aux Corinthiens y sont consacrés. Et nous découvrons là un Paul inattendu, ironique sinon grinçant, encourageant et sévère à la fois. Au départ, il y a un fait historique, une famine qui a sévi en Judée, et particulièrement à Jérusalem, vers 46-48 ap.J.C. L'historien Flavius Josèphe s'en fait l'écho : il raconte que, à cette occasion, la reine Hélène d'Adiabène (un petit royaume au bord du Tigre) s'illustra par sa générosité, faisant venir du blé d'Alexandrie et des figues sèches de Chypre.

La communauté chrétienne de Jérusalem connut, elle aussi, la pauvreté pour plusieurs années ; il fallut organiser les secours. Dans l'immédiat, Antioche de Syrie donna l'exemple ; voici le récit des Actes des Apôtres : « En ces jours-là, des prophètes descendirent de Jérusalem à Antioche. L'un d'eux, appelé Agabus, fit alors savoir, éclairé par l'Esprit, qu'une grande famine allait régner dans le monde entier - elle eut lieu en effet sous (l'empereur) Claude. Les disciples décidèrent alors qu'ils enverraient, selon les ressources de chacun, une contribution au service des frères qui habitaient la Judée. Ce qui fut fait. L'envoi, adressé aux Anciens, fut confié aux mains de Barnabas et de Saül. » (Ac 11, 27-30).

La suite montre que Paul attacha dès le début beaucoup d'importance à cette collecte : lui qui s'était consacré à l'évangélisation des païens a toujours manifesté le souci de rester attaché à l'Eglise-mère de Jérusalem. A ses yeux, c'était simple justice, d'ailleurs, car c'est à elle d'abord que l'on devait la Bonne Nouvelle. Et l'on se souvient qu'au moment de ce que l'on peut appeler « L'Assemblée de Jérusalem » il s'engagea solennellement à rester solidaire des autres apôtres ; il racontera plus tard : « Jacques, Céphas et Jean, considérés comme des colonnes, nous donnèrent la main, à moi et à Barnabas, en signe de communion, afin que nous allions, nous vers les païens, eux vers les circoncis. Simplement, nous aurions à nous souvenir des pauvres, ce que j'ai eu bien soin de faire. » (Ga 2, 9-10).

Dans ces années difficiles, donc, Paul s'attacha à obtenir la contribution des communautés plus lointaines ; il suffit de lire la lettre aux Romains : « La Macédoine et l'Achaïe ont décidé de manifester leur solidarité à l'égard des saints de Jérusalem qui sont dans la pauvreté. Oui, elles l'ont décidé et elles le leur devaient. Car si les païens ont profité de leurs biens spirituels, ils doivent également subvenir à leurs besoins matériels. » (Rm 15, 26-27).

De prime abord, la communauté de Corinthe se montra particulièrement bien intentionnée et même enthousiaste ; Paul pourra leur dire plus tard : « Vous avez été les premiers, non seulement à réaliser, mais aussi à décider cette oeuvre dès l'an dernier. » (2 Co 8, 10). A cette occasion, on découvre les talents d'organisateur de Paul, témoin ces quelques lignes de la première lettre aux Corinthiens : « Pour la collecte en faveur des saints, vous suivrez, vous aussi, les règles que j'ai données aux Eglises de Galatie. Le premier jour de chaque semaine, chacun mettra de côté chez lui ce qu'il aura réussi à épargner, afin qu'on n'attende pas mon arrivée pour recueillir les dons. Quand je serai là, j'enverrai, munis de lettres, ceux que vous aurez choisis, porter vos dons à Jérusalem ; s'il convient que j'y aille moi-même, ils feront le voyage avec moi. » (1 Co 16, 1-4).

Mais les belles promesses ne suffisent pas toujours ; il semble que les Corinthiens aient eu quelque mal à passer à l'acte, ce qui nous vaut les fameux chapitres 8 et 9 et, en particulier, notre lecture de ce dimanche. Non sans humour, Paul commence par monter en épingle la générosité des autres communautés, qui ont bien de la chance, elles, de connaître la joie de donner : « Nous voulons vous faire connaître, frères, la grâce que Dieu a accordée aux Eglises de Macédoine. Au milieu des multiples détresses qui les ont éprouvées, leur joie surabondante et leur pauvreté extrême ont débordé en trésors de libéralité. Selon leurs moyens et, j'en suis témoin, au-delà de leurs moyens, en toute spontanéité, avec une vive insistance, ils nous ont réclamé la grâce de participer à ce service au profit des saints. » (2 Co 8, 1-4). Et Paul ajoute : « Je ne vous le dis pas comme un ordre ; mais, en vous citant le zèle des autres, je vous permets de prouver l'authenticité de votre charité... Maintenant donc, achevez de la réaliser (la collecte) ; ainsi à vos beaux projets correspondra aussi la réalisation selon vos moyens. » (2 Co 8, 11).

Certains s'abritaient probablement derrière la faiblesse de leurs moyens : Paul balaie l'argument : « Quand l'intention est vraiment bonne, on est bien reçu avec ce que l'on a, peu importe ce que l'on n'a pas. » (2 Co 8, 12). Et là nous retrouvons la lecture de ce dimanche : « Il ne s'agit pas de vous mettre dans la gêne, en soulageant les autres, il s'agit d'égalité. En cette occasion, ce que vous avez en trop compensera ce qu'ils ont en moins. » Ici, Paul illustre son homélie en citant l'exemple de la manne au désert (Ex 16). Chacun pouvait ramasser chaque jour la quantité juste nécessaire à sa subsistance, tout excédent pourrissait. Bel apprentissage de l'équilibre social dans l'usage des richesses.

Enfin, le meilleur atout de Paul est un argument théologique et nous retrouvons sous sa plume une de ces formules dont il a le génie : « Vous connaissez en effet la générosité de notre Seigneur Jésus Christ qui, pour vous, de riche qu'il était, s'est fait pauvre pour vous enrichir de sa pauvreté. »

EVANGILE - Marc 5, 21 - 43

Jésus regagna en barque l'autre rive,
et une grande foule s'assembla autour de lui.
Il était au bord du lac.
22 Arrive un chef de synagogue, nommé Jaïre.
Voyant Jésus, il tombe à ses pieds
et le supplie instamment :
23 « Ma petite fille est à toute extrémité.
Viens lui imposer les mains,
pour qu'elle soit sauvée et qu'elle vive. »
24 Jésus partit avec lui,
et la foule qui le suivait
était si nombreuse qu'elle l'écrasait.
25 Or, une femme, qui avait des pertes de sang depuis douze ans...
26 - elle avait beaucoup souffert du traitement de nombreux médecins,
et elle avait dépensé tous ses biens sans aucune amélioration ;
au contraire, son état avait plutôt empiré -
27 ... cette femme donc, ayant appris ce qu'on disait de Jésus,
vint par derrière dans la foule et toucha son vêtement.
28 Car elle se disait :
« Si je parviens à toucher seulement son vêtement,
je serai sauvée. »
29 A l'instant, l'hémorragie s'arrêta,
et elle ressentit dans son corps qu'elle était guérie de son mal.
30 Aussitôt Jésus se rendit compte qu'une force était sortie de lui.
Il se retourna dans la foule, et il demandait :
« Qui a touché mes vêtements ? »
31 Ses disciples lui répondaient :
« Tu vois bien la foule qui t'écrase,
et tu demandes : Qui m'a touché ? »
32 Mais lui regardait tout autour
pour voir celle qui avait fait ce geste.
33 Alors la femme, craintive et tremblante,
sachant ce qui lui était arrivé,
vint se jeter à ses pieds et lui dit toute la vérité.
34 Mais Jésus reprit :
« Ma fille, ta foi t'a sauvée.
Va en paix et sois guérie de ton mal. »
35 Comme il parlait encore,
des gens arrivent de la maison de Jaïre
pour annoncer à celui-ci :
« Ta fille vient de mourir.
A quoi bon déranger encore le maître ? »
36 Jésus, surprenant ces mots,
dit au chef de la synagogue :
« Ne crains pas, crois seulement. »
37 Il ne laissa personne l'accompagner,
sinon Pierre, Jacques, et Jean son frère.
38 Ils arrivent à la maison du chef de la synagogue.
Jésus voit l'agitation,
et des gens qui pleurent et poussent de grands cris.
39 Il entre et leur dit :
« Pourquoi cette agitation et ces pleurs ?
L'enfant n'est pas morte : elle dort. »
40 Mais on se moquait de lui.
Alors il met tout le monde dehors,
prend avec lui le père et la mère de l'enfant,
et ceux qui l'accompagnent.
Puis il pénètre là où reposait la jeune fille.
41 Il saisit la main de l'enfant, et lui dit :
« Talitha koum » ;
ce qui signifie :
« Jeune fille, je te le dis, lève-toi. »
42 Aussitôt la jeune fille se leva et se mit à marcher
- elle avait douze ans -.
Ils en furent complètement bouleversés.
43 Mais Jésus leur recommanda avec insistance
que personne ne le sache ;
puis il leur dit de la faire manger.

On peut penser que ceci se passe à Capharnaüm, quoique Marc ne juge pas utile de le préciser. Les deux récits de miracles sont imbriqués l'un dans l'autre ; les trois évangiles synoptiques racontent les mêmes événements dans le même ordre : la demande de guérison de Jaïre pour sa fille, puis la guérison de la femme et enfin la résurrection de la fillette. Il y a douze ans que la femme est malade, l'enfant a douze ans ; dans un cas comme dans l'autre, les ressources humaines de la médecine sont épuisées : Marc y insiste ; en ce qui concerne la femme, il précise qu'elle « avait des pertes de sang depuis douze ans... - elle avait beaucoup souffert du traitement de nombreux médecins, et elle avait dépensé tous ses biens sans aucune amélioration ; au contraire, son état avait plutôt empiré - » ; quant à la petite fille, il rapporte les propos désespérés des proches de Jaïre : « Ta fille vient de mourir. A quoi bon déranger encore le maître ? »

Si Marc tient ainsi à noter l'impuissance des hommes, c'est pour mieux faire ressortir le pouvoir de Jésus : un pouvoir tel qu'il émane de lui, qu'il lui échappe pour ainsi dire (la guérison de la femme), un pouvoir qui va jusqu'à ressusciter les morts (la fille de Jaïre). Un pouvoir qui lui appartient en propre ; Marc tient à faire sentir la différence entre Jésus et les prophètes de l'Ancien Testament : Elie ressuscitant le fils de la veuve de Sarepta (1 R 17, 17-24), Elisée rappelant à la vie le fils de la Shounamite (2 R 4, 18-37), commencent tous deux par invoquer le Seigneur. Marc connaît par coeur ces exemples très célèbres ; et justement, il manifeste la puissance directe de Jésus en personne sur la maladie et la mort : « Ne crains pas, crois seulement », dit-il à Jaïre, et aux autres : « Pourquoi cette agitation et ces pleurs ? L'enfant n'est pas morte : elle dort. » De cette manière Marc entend bien nous dire que Jésus lui-même est le Seigneur de la vie ; désormais nous savons que la mort est un sommeil dont Jésus peut nous réveiller.

La réanimation de la fille de Jaïre est une image et un avant-goût de notre résurrection : comme Jésus a pris la jeune fille par la main, ainsi nous prendra-t-il la main, chacun à notre tour : comme disait Isaïe : « Moi, le SEIGNEUR, je suis ton Dieu qui tiens ta main droite, qui te dis : Ne crains pas, c'est moi qui t'aide. » (Is 41, 13). C'est à toute l'humanité qu'un jour le Sauveur dira : « Talitha koum », ce qui signifie « Jeune fille, lève-toi ! » Nous en avons déjà un avant-goût dans le Baptême ; Marc connaissait-il déjà ce chant baptismal des premières communautés, rapporté par la lettre aux Ephésiens : « Eveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d'entre les morts, et le Christ t'illuminera. » (Ep 5, 14) ?

Pour participer à cette puissance de guérison, de résurrection de Jésus, il y a une seule condition, y croire : « Ma fille, ta foi t'a sauvée ». La foi, donnée librement, condition nécessaire et suffisante du salut, est certainement le deuxième thème de Marc ici ; une foi à laquelle n'importe qui peut accéder : Jaïre est un chef de synagogue, l'homme le plus recommandable qui soit ; mais à l'autre bout de l'échelle sociale, si on peut dire, il y a cette femme, interdite de séjour en quelque sorte ; sa maladie entraînant des pertes de sang continuelles la mettait en état d'impureté légale : or c'est à cette femme impure que Jésus parle de salut ; au vu et au su de tous, il la réintroduit dans la communauté. Nous retrouvons ici une insistance de Marc, déjà rencontrée au tout début de son évangile, dans l'épisode de la guérison du lépreux (Mc 1, 40-45), le combat de Jésus contre toute exclusion (cf sixième dimanche du Temps Ordinaire de l'Année B). Mais nous restons libres ; refuser de croire, prendre le parti des « moqueurs » (« Mais on se moquait de lui », verset 40), c'est « nous ranger dans le parti de la mort », comme dit le livre de la Sagesse (notre première lecture) : refuser d'entrer dans le chemin de la vie, c'est rester loin de Dieu et donc loin de la vie. Encore un thème très important pour Marc ; il faut croire que ses lecteurs avaient besoin de l'entendre : un peu plus loin, il sera le seul à rapporter la phrase de Jésus : « Tout est possible à celui qui croit. » (Mc 9, 23).

Pour l'instant, Jésus prend grand soin d'éduquer ses disciples à la foi : nous retrouvons les trois disciples les plus proches, toujours les mêmes : Pierre, Jacques et Jean, ceux de la première heure (1, 16-20), ceux qui seront témoins de la Transfiguration (9, 2) et de Gethsémani (14, 33) ; ceux également à qui il dispense parfois un enseignement particulier, à l'écart (chapitre 13) ; ce seront eux plus tard les grandes figures de la première Eglise : « Jacques, Céphas et Jean, considérés comme des colonnes » (Ga 2, 9) : quand Marc écrit son évangile, il n'est peut-être pas inutile de faire remarquer la prédilection que Jésus leur a toujours manifestée.

Enfin, dernière particularité de Marc, la force avec laquelle il rapporte les consignes de silence données par Jésus après chacune de ses manifestations de puissance : « Jésus leur recommanda avec insistance que personne ne le sache » ; peut-être faut-il voir là une fois de plus le « secret messianique » : le fait que Jésus ne puisse être reconnu comme Messie sans risque de malentendu qu'après la Passion ; mais il y a une autre explication : Jésus est en plein succès ; nous en avons la preuve dans deux phrases de Marc avant et après notre récit d'aujourd'hui : au chapitre 3 « Il en avait tant guéris que tous ceux qui étaient frappés de quelque mal se jetaient sur lui pour le toucher. » (Mc 3, 10)... et au chapitre 6 : « Partout où il entrait, villages, villes ou hameaux, on mettait les malades sur les places ; on le suppliait de les laisser toucher seulement la frange de son vêtement, et ceux qui le touchaient étaient tous sauvés. » (Mc 6, 56). Marc ne s'est pas étendu comme Matthieu (4) et Luc (4) sur le contenu des tentations que Jésus a dû affronter tout au long de sa vie ; nul doute qu'il ait connu celle de la gloire ; Matthieu le montre au sommet du Temple résistant à celui qui l'incitait à faire un coup d'éclat ; Marc ne nous fait pas un tel récit, mais il s'ingénie à montrer l'humilité de Jésus qui fuit toute mise en valeur personnelle. Bien au contraire, détournant l'attention de lui-même, il tourne les regards de tous vers la jeune fille qui se réveille et, tout simplement, « leur dit de la faire manger ».

 

L'intelligence des écritures

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19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 09:08

marie-nolle-thabut.jpgJe suis, chaque dimanche, impressionné par la qualité des commentaires de Marie-Noëlle Thabut sur les textes que nous propose la liturgie du jour.

 

Ces commentaires, trouvés sur le site "Eglise catholique en France", permettent à toute personne de bonne volonté, chrétienne ou non, de mieux comprendre la Bible, le livre le plus diffusé au monde. Notamment, en

  • donnant des explications historiques ;

  • décodant le langage imagé utilisé par l'auteur.

Je souhaite arriver à mettre ici, chaque dimanche, les commentaires de Marie-Noëlle Thabut. Ma seule contribution consiste à surligner les passages que je trouve les plus importants ou enrichissants et à écrire en rouge ceux qui parlent d'un thème qui m'est cher : la liberté (trois autres pages de mon blog sont consacrées à ces passages des Evangiles, du reste du Nouveau Testament ou de l'Ancien Testament qui parlent de la liberté, directement ou indirectement)

 

Version audio (le lien sera inopérant dans un premier temps), trouvée sur le site de Radio-Notre-Dame.

 

PREMIERE LECTURE - Isaïe 49, 1 - 6

1 Ecoutez-moi, îles lointaines !
Peuples éloignés, soyez attentifs !
J'étais encore dans le sein maternel
quand le Seigneur m'a appelé ;
j'étais encore dans les entrailles de ma mère
quand il a prononcé mon nom.
2
Il a fait de ma bouche une épée tranchante,
il m'a protégé par l'ombre de sa main ;
il a fait de moi sa flèche préférée,
il m'a serré dans son carquois.
3
Il m'a dit :
« Tu es mon serviteur, Israël,
en toi je me glorifierai. »
4
Et moi, je disais :
« Je me suis fatigué pour rien,
c'est pour le néant, c'est en pure perte que j'ai usé mes forces. »
Et pourtant, mon droit subsistait aux yeux du Seigneur,
ma récompense auprès de mon Dieu.
5
Maintenant, le Seigneur parle,
lui qui m'a formé dès le sein de ma mère
pour que je sois son serviteur,
que je lui ramène Jacob
et que je lui rassemble Israël.
Oui, j'ai du prix aux yeux du Seigneur,
c'est mon Dieu qui est ma force.
6
Il parle ainsi :
« C'est trop peu que tu sois mon serviteur
pour relever les tribus de Jacob
et ramener les rescapés d'Israël :
je vais faire de toi la lumière des nations,
pour que mon salut
parvienne jusqu'aux extrémités de la terre. » 

Au sixième siècle av. J.C., le peuple d'Israël a connu la terrible épreuve de la déportation : les armées de Nabuchodonosor ont tout détruit sur leur passage et la majorité des survivants a pris le chemin d'un exil qui devait durer cinquante ans.
Pendant toute cette période de souffrance et d'angoisse, les prêtres et les prophètes d'Israël ont uni leurs forces pour soutenir la foi et l'espérance de leurs compagnons d'infortune. Une bonne manière de le faire consistait à convaincre ce peuple qu'il avait encore un rôle à tenir ; ce rôle est exprimé ici par le titre de « serviteur de Dieu ». Il faut savoir que ce titre de serviteur est le plus beau que l'on puisse décerner à quelqu'un dans l'Ancien Testament. Dans un autre passage, le même Isaïe, celui qui prêchait pendant l'Exil dit cette très belle phrase : « Toi, Israël, mon serviteur, toi que j'ai choisi, descendance d'Abraham, mon ami... je t'ai choisi et non pas rejeté, ne crains pas car je suis avec toi, n'aie pas ce regard anxieux, car je suis ton Dieu. » (Is 41, 8... 10).

Dans notre texte d'aujourd'hui, Dieu parle à son serviteur comme il avait parlé à Jérémie le jour où il l'avait appelé. Voici comment Jérémie raconte sa vocation : « La parole du SEIGNEUR s'adressa à moi : Avant de te façonner dans le sein de ta mère, je te connaissais ; avant que tu ne sortes de son ventre, je t'ai consacré. » (Jr 1, 4-5). Ici, Isaïe dit au nom du groupe des déportés d'Israël : « J'étais encore dans le sein maternel quand le SEIGNEUR m'a appelé ; j'étais encore dans les entrailles de ma mère quand il a prononcé mon nom. » Cela revient à dire que la mission du peuple en exil est une mission de prophète, de porte-parole de Dieu. Et cette parole que le serviteur doit annoncer ne sera peut-être pas toujours facile à dire puisqu'elle ressemble à une épée ou à une flèche : « Il a fait de ma bouche une épée tranchante, il m'a protégé par l'ombre de sa main ; il a fait de moi sa flèche préférée, il m'a serré dans son carquois. » On sait bien que les prophètes ont parfois dû faire preuve de courage pour remplir leur rôle de témoins de la volonté de Dieu ! Après de nombreux prophètes de l'Ancien Testament, Saint Jean-Baptiste en est à son tour un bon exemple !

Et comment le peuple en exil aura-t-il l'occasion d'être prophète ? De deux manières peut-être. Tout simplement d'abord en résistant à la tentation d'idolâtrie : à Babylone, on était plongé dans une société polythéiste ; or ce peuple était le grand vainqueur ! On était tenté de se demander si ses divinités n'étaient pas plus puissantes que le Dieu d'Israël ? Certains s'éloignaient donc peut-être de la religion d'Israël. Le petit noyau fidèle, ce qu'on appelait le Reste est donc appelé à ramener spirituellement ses frères vers le Seigneur : « Maintenant, le SEIGNEUR parle, lui qui m'a formé dès le sein de ma mère pour que je sois son serviteur, que je lui ramène Jacob et que je lui rassemble Israël. »

On voit donc que dans ce texte, le mot Israël peut être employé dans deux sens un peu différents : au sens large c'est l'ensemble des déportés qui porte le titre de serviteur de Dieu ; dans un sens plus restreint, c'est le noyau fidèle, le Reste, dont la foi n'a pas chancelé, malgré les années d'exil et de captivité, qui est chargé de ramener les autres dans la communauté des croyants.

Il y aura ensuite une deuxième manière d'être prophètes, une manière passive, si j'ose dire. Car, et c'est la deuxième annonce d'Isaïe dans ce texte, le retour des déportés au pays ne fait aucun doute. Parce que le Dieu fidèle ne peut pas abandonner son peuple, donc il le sauvera inévitablement tôt ou tard. Et, à ce moment-là, les autres nations seront témoins de cette œuvre de salut de Dieu et donc elles sauront que Dieu est sauveur, elles mettront leur confiance en lui. Elles seront donc sauvées à leur tour.

C'est le sens de la phrase « Tu es mon serviteur, Israël, en toi je me glorifierai » : on pourrait traduire : « En toi, mon serviteur, je serai manifesté, reconnu, révélé ». C'est-à-dire ma présence sera manifestée à travers toi. C'est en ce sens-là qu'Israël aura été prophète du salut de Dieu.
Ce souci du salut de toutes les nations est dit très fortement dans ce texte, comme une sorte de parallèle (on dit une inclusion) au début et à la fin. Pour commencer, le prophète s'adresse à elles dès les premiers mots : « Ecoutez-moi, îles lointaines ! Peuples éloignés, soyez attentifs ! » Et, à la fin de ce passage, il insiste en précisant au peuple sa vocation : « C'est trop peu que tu sois mon serviteur pour relever les tribus de Jacob et ramener les rescapés d'Israël : je vais faire de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu'aux extrémités de la terre. »
Car, on le sait, le projet de Dieu est un projet de salut, de bonheur, et il concerne l'humanité tout entière « jusqu'aux extrémités de la terre ».
Dernière remarque : être lumière pour les nations, être l'instrument de Dieu « pour que son salut parvienne jusqu'aux extrémités de la terre », c'était exactement la vocation du Messie, telle qu'on l'entrevoyait depuis toujours ; seulement ici, le Messie n'est pas présenté comme un roi ; il est présenté comme un serviteur, ce qui n'est pas la même chose ! Cela veut dire qu'avec Isaïe au temps de l'Exil à Babylone, au moment où justement, on n'a plus de roi, l'attente du Messie prend désormais un autre visage.


Compléments

- Voir Ga 1, 15 : « celui qui m'a mis à part depuis le sein de ma mère et m'a appelé par sa grâce... »
- C'est la première fois que la parole de Dieu (ou de son prophète) est comparée à une épée tranchante, mais, par la suite, cette image a été reprise plusieurs fois : dans le livre de la Sagesse (Sg 18, 15), dans la lettre aux Hébreux (He 4, 12) et deux fois dans l'Apocalypse (Ap 1, 16 ; 19, 15).
He 4,12 : « Vivante, en effet, est la parole de Dieu, énergique et plus tranchante qu'aucun glaive à double tranchant. Elle pénètre jusqu'à diviser âme et esprit, articulations et moelles. Elle passe au crible les mouvements et les pensées du coeur. »

- « Tu es mon serviteur, Israël, en toi je me glorifierai » : C'est une nouvelle théologie qui est dite là par Isaïe, dans cette phrase. Cette théologie qui apparaît ici sera reprise à l'avenir par d'autres prophètes.
He 4,12 : « Vivante, en effet, est la parole de Dieu, énergique et plus tranchante qu'aucun glaive à double tranchant. Elle pénètre jusqu'à diviser âme et esprit, articulations et moelles. Elle passe au crible les mouvements et les pensées du coeur. »

PSAUME 138 ( 139 ), 1-3a, 13-14b, 14c-15

1 Tu me scrutes, SEIGNEUR, et tu sais :
2 tu sais quand je m'assois, quand je me lève ;
de très loin, tu pénètres mes pensées ;
3 tous mes chemins te sont familiers.

13 C'est toi qui as créé mes reins,
tu m'as tissé dans le sein de ma mère.
14 Je reconnais devant toi le prodige,
l'être étonnant que je suis.

Etonnantes sont tes oeuvres,
toute mon âme le sait.
15 Mes os n'étaient pas cachés pour toi
quand j'étais façonné dans le secret.
On peut, bien sûr, imaginer que Jean-Baptiste a fait cette expérience mystique décrite par ce psaume : celle de la présence permanente, douce et irrésistible de son Dieu ; mais, encore une fois, le psaume n'a pas été écrit pour un homme particulier, fût-il Jean-Baptiste. Nous commencerons donc par là. Il y a peut-être bien plusieurs manières de lire ce psaume 138/139 : le découpage liturgique en a privilégié une, évidente, qui est l'admiration du croyant pour la Création. « Etonnantes sont tes oeuvres, toute mon âme le sait. » On entend résonner ici le psaume 8, tout aussi émerveillé : « A voir ton ciel, ouvrage de tes doigts, la lune et les étoiles que tu fixas, qu'est-ce que l'homme pour que tu penses à lui, le fils d'un homme (pour) que tu en prennes souci ? Tu l'as voulu un peu moindre qu'un dieu, le couronnant de gloire et d'honneur ; tu l'établis sur les oeuvres de tes mains, tu mets toutes choses à ses pieds. » Nous sommes bien ici dans la même veine : « Je reconnais devant toi le prodige, l'être étonnant que je suis. » Oui, mais... Il y a plus grand encore que la création de l'homme ; il y a la création du peuple : car, ici, dans le psaume 138/139, une fois de plus, il s'agit du peuple d'Israël tout entier. Lui qui ne conçoit nul orgueil mais infinie reconnaissance de l'oeuvre de Dieu à son égard. Jérémie le dit très bien : « Vous êtes dans ma main, gens d'Israël, comme l'argile dans la main du potier » (Jr 18, 6) ; l'image du potier étant, pour Jérémie, comme on sait, l'image privilégiée du créateur.

A lire donc, ce psaume, de cette deuxième manière, c'est-à-dire comme l'histoire du peuple, alors tous les versets s'agencent de façon lumineuse. Mais il faut déborder le découpage liturgique ; c'est ce que nous allons faire ici ; à commencer par un verset que nous connaissons bien et qui est peut-être la clé de l'ensemble : « Ta main me conduit, ta droite me saisit, tu as posé sur moi ta main. » Le nom même de Dieu (YHVH) révélé à Moïse promettait cette vigilance ; depuis toujours Dieu a conduit ce petit peuple ; il a commencé par le faire naître, disions-nous : « C'est toi qui as créé mes reins, tu m'as tissé dans le sein de ma mère. » Plus tard, Osée commentait : « Quand Israël était jeune, je l'ai aimé et d'Egypte j'ai appelé mon fils... C'est moi qui avais appris à marcher à Ephraïm, les prenant par le bras... Je les menais avec des attaches humaines, avec des liens d'amour, j'étais pour eux comme ceux qui soulèvent un nourrisson contre leur joue et je lui tendais de quoi se nourrir. » (Os 11, 1... 4).

Cette présence de Dieu ne s'est jamais démentie : le verset 5 (« Tu me devances et me poursuis, tu m'enserres, tu as mis la main sur moi ») est la reconnaissance que, depuis toujours, Dieu connaît, Dieu accompagne l'histoire de son peuple ; l'opposition « tu me devances, tu me poursuis » figurant l'avenir et le passé. Autre manifestation de la présence de Dieu, la colonne de feu qui n'abandonna jamais le peuple dans sa marche difficile ; et cela nous vaut un autre verset merveilleux « la ténèbre n'est pas ténèbre devant toi, la nuit comme le jour est lumière » (v. 12). Dans tout ceci, Dieu poursuivait un projet, on le sait bien, un projet qui nous dépasse : « Que tes pensées sont pour moi difficiles, Dieu, que leur somme est imposante ! » (v. 17). Il faut citer ici le psaume 39/40 : « Qu'ils sont grands, Seigneur mon Dieu, les projets et les miracles que tu as faits pour nous ! Tu n'as pas d'égal. Je voudrais l'annoncer, le répéter, mais il y en a trop à dire. » (Ps 39/40, 6). Car si Dieu a fait des prodiges en faveur de son peuple (« Je reconnais devant toi le prodige, l'être étonnant que je suis. »), c'est pour que toute l'humanité en profite.

Et on se souvient que le geste de poser la main (v. 5) est un geste de consécration ; c'est dire la vocation d'Israël. Cette vocation qui consiste à témoigner du Dieu unique au milieu des nations. Comme le disait André Chouraqui : « Le peuple de l'Alliance est destiné à devenir le futur instrument de l'Alliance des peuples. »

Cette vocation est exigeante, on ne le sait que trop. On en devine le poids derrière des versets comme celui-ci : « Tu me scrutes, SEIGNEUR, et tu sais : tu sais quand je m'assois, quand je me lève ; de très loin, tu pénètres mes pensées. » Impossible d'échapper à l'exigence et au regard perspicace de Dieu. Affronté à l'idolâtrie, le peuple a continuellement dû choisir le rude chemin de la fidélité. C'est le sort de tout prophète, peut-être, et Israël a souvent médité l'expérience de Jérémie qui est un bon exemple sur ce point ; on trouve chez lui exactement les mêmes accents : il a connu cette présence de Dieu dès l'enfance : « Avant de te façonner dans le sein de ta mère, avant que tu ne sortes de son ventre, je te connaissais. » (Jr 1, 5). Mais il a aussi connu la solitude et l'incompréhension ; devant l'insuccès de sa prédication, il en appelle au jugement de Dieu : « Toi, SEIGNEUR, tu es juste ! Mais je veux quand même plaider contre toi... Toi, SEIGNEUR, tu me connais, tu me vois et tu examines mes pensées : elles sont avec toi. » (Jr 12, 3) : chez Jérémie, ce n'est plus seulement de l'émerveillement, c'est une plaidoirie, manière de dire à Dieu : « Reconnais que je te suis resté fidèle ».

Jean-Baptiste a certainement connu cette expérience forte et douce à la fois : de l'émerveillement d'être choisi pour être serviteur de Dieu mais aussi des exigences rudes parfois que cela comporte inévitablement. Il a certainement dit plus d'une fois les derniers versets de ce psaume qui sont une prière pour la persévérance, et que nous pouvons faire nôtre à notre tour : « Dieu ! scrute-moi et connais mon coeur ; éprouve-moi et connais mes soucis. Vois donc si je prends le chemin périlleux, et conduis-moi sur le chemin de toujours. »

 

DEUXIEME LECTURE - Actes des Apôtres 13, 22 - 26

Dans la synagogue d'Antioche de Pisidie,
Paul disait aux Juifs :
22 « Le Seigneur a suscité David pour le faire roi,
et il lui a rendu ce témoignage :
J'ai trouvé David, fils de Jessé,
c'est un homme selon mon coeur ;
il accomplira toutes mes volontés.
23 Et, comme il l'avait promis,
Dieu a fait sortir de sa descendance
un sauveur pour Israël :
c'est Jésus,
24 dont Jean-Baptiste a préparé la venue
en proclamant avant lui un baptême de conversion
pour tout le peuple d'Israël.
25 Au moment d'achever sa route,
Jean disait :
Celui auquel vous pensez,
ce n'est pas moi.
Mais le voici qui vient après moi,
et je ne suis pas digne de lui défaire ses sandales.
26 Fils de la race d'Abraham,
et vous qui adorez notre Dieu,
frères, c'est à nous tous que ce message de salut a été envoyé. »
Ceci se passe au cours du premier voyage missionnaire de Paul en Anatolie, plus précisément à Antioche de Pisidie, c'est-à-dire à peu près exactement au centre de ce que nous appelons aujourd'hui la Turquie.

Paul et Barnabé se rendent à la synagogue le samedi matin pour la célébration du shabbat ; la célébration se déroule comme d'habitude : il y a des prières, des psaumes, et des lectures. Et, comme d'habitude, également, lorsqu'il y a des hôtes de passage, les responsables de la synagogue leur proposent de prendre la parole.1

Alors, Paul prend la parole, effectivement, car il a vraiment quelque chose à dire, on s'en doute, mais ce n'est peut-être pas ce qu'attendaient les chefs de la synagogue ! Car Paul entreprend aussitôt un grand discours pour expliquer que Jésus de Nazareth est le Messie qu'on attendait.

Malheureusement, aujourd'hui, nous n'avons entendu qu'une partie de sa démonstration : je vous résume l'ensemble. Il brosse une grande fresque du projet de Dieu, depuis Abraham jusqu'à Jésus. Il raconte le séjour de son peuple en Egypte, et le miracle de la sortie d'Egypte ; puis le séjour au désert pendant quarante ans et l'entrée en terre promise ; il rappelle la période des Juges puis la naissance de la monarchie. C'est ici que commence notre lecture d'aujourd'hui : « Le Seigneur a suscité David pour le faire roi ».

J'ai dit : « Paul raconte » ; mais en fait, il fait beaucoup plus que raconter comme s'il s'agissait tout simplement de rappeler une histoire passée. En réalité, Paul choisit ses mots très soigneusement pour évoquer ce qui fait la mémoire de ce peuple, la foi de ce peuple. Car la foi d'Israël est d'abord et avant tout la mémoire de l'œuvre de Dieu depuis les origines, la mémoire de la sollicitude de Dieu pour son peuple. Chacune des phrases de Paul fait partie des professions de foi habituelles qu'on se répète en famille et dans les célébrations. Par exemple, pour dire la sortie miraculeuse d'Egypte, le fameux soir du passage de la mer, Paul emploie l'expression « A la force de son bras, Dieu les a fait sortir d'Egypte. » Pour nous, cela ne signifie peut-être rien d'extraordinaire, mais pour tout Juif, cela évoque aussitôt les récits épiques de cette sortie et le fameux cantique de Moïse et de Myriam. Et, à ce moment-là, chacun dans l'assistance, est plein d'émotion et de reconnaissance pour la sollicitude extraordinaire que Dieu a déployée pour son peuple à chacune des étapes de cette longue histoire.

Arrivé à David, Paul emploie également une expression très particulière : j'ai cité déjà : « Le Seigneur a suscité David pour le faire roi, et il lui a rendu ce témoignage : J'ai trouvé David, fils de Jessé, c'est un homme selon mon coeur ; il accomplira toutes mes volontés. » Pour tous les assistants, cela rappelle d'abord le choix de David, huitième fils de Jessé, par le prophète Samuel, au grand étonnement de tout le monde. Mais c'était le choix de Dieu car David n'était pas comme ses sept frères, il était, lui, un homme « selon le cœur de Dieu ». Et la phrase suivante : « Il accomplira toutes mes volontés » est le rappel de la fameuse promesse faite à David ; lorsque le jeune roi avait pensé à construire à Jérusalem un temple pour l'arche d'Alliance, Dieu lui avait fait savoir par le prophète Natan que ce n'était pas son affaire ; Dieu ne lui avait rien demandé. En revanche, dans le même temps, le prophète avait annoncé à David : « C'est moi, Dieu, qui te construirai une maison » au sens de dynastie. Et, peu à peu, au long des siècles, on avait compris que la fidélité de Dieu à cette dynastie se réaliserait un jour pleinement par la venue au monde d'un roi qui apporterait enfin à tous et à chacun la paix, la justice, le bonheur. Ce roi idéal, on l'appelait le Messie. « Il accomplira toutes mes volontés », cela veut dire : par lui, par sa dynastie, s'accomplira ma volonté de salut.

Voilà où Paul veut en venir ; il continue : « Comme il l'avait promis, Dieu a fait sortir de la descendance de David un sauveur pour Israël : c'est Jésus. » Le but de ce long discours de Paul, de cette grande rétrospective, c'est de replacer la venue du Messie-Jésus dans l'ensemble du grand projet de Dieu ; car c'est le meilleur argument pour convaincre ses contemporains. Ils ne pourront croire en Jésus de Nazareth et devenir Chrétiens que s'ils sont convaincus que Jésus accomplit vraiment ce qu'on appelle les Ecritures, c'est-à-dire le projet de Dieu, les promesses de Dieu.

Paul sait bien que c'est une réelle difficulté pour ses contemporains, comme cela a été pendant tout un temps une difficulté pour lui-même ; c'est pour cela qu'il prend grand soin d'évoquer à chaque instant le long déroulement du projet de Dieu dans l'histoire de son peuple. Dans ce long cheminement de l'histoire du salut, Jean-Baptiste a sa place : Paul dit : « Le sauveur pour Israël, c'est Jésus dont Jean-Baptiste a préparé la venue en proclamant avant lui un Baptême de conversion pour tout le peuple d'Israël. »

La vocation de Jean-Baptiste est donc claire : il a été le « Précurseur », l'annonciateur ; et Paul rappelle une phrase de Jean-Baptiste que nous connaissons bien : « Celui auquel vous pensez (c'est-à-dire le Messie), ce n'est pas moi. Mais le voici qui vient après moi, et je ne suis pas digne de lui défaire ses sandales. »

Pour finir, rendons à Jean-Baptiste l'hommage que Jésus lui-même lui a rendu en public : « Qu'êtes-vous allés regarder au désert ? Un roseau agité par le vent ? Alors, qu'êtes-vous allés voir ? Un homme vêtu d'habits élégants ? Mais ceux qui sont vêtus d'habits somptueux et qui vivent dans le luxe se trouvent dans les palais des rois. Alors, qu'êtes-vous allés voir ? Un prophète ? Oui, je vous le déclare, et plus qu'un prophète. Il est celui dont il est écrit : Voici, j'envoie mon messager en avant de toi ; il préparera ton chemin devant toi. Je vous le déclare, parmi ceux qui sont nés d'une femme, aucun n'est plus grand que Jean. » (Lc 7, 24-28).
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Note

1 - C'est ce qui s'est passé pour Jésus, on s'en souvient, à la synagogue de Nazareth, quelques années plus tôt ; Luc 4. Luc raconte : « Après la lecture de la Loi et des prophètes, les chefs de la synagogue envoyèrent quelqu'un pour leur dire : Frères, si vous avez un mot d'exhortation pour le peuple, prenez la parole. »

Complément

- Nous sommes ici à Antioche de Pisidie ; un peu plus tard, à Ephèse, Paul fera cette même mise au point : « Jean donnait un baptême de conversion et il demandait au peuple de croire en celui qui viendrait après lui, c'est-à-dire en Jésus. » (Ac 19, 4).

 

EVANGILE - Luc 1, 57 - 66. 80

57 Quand arriva le moment où Elisabeth devait enfanter,
elle mit au monde un fils.
58 Ses voisins et sa famille
apprirent que le Seigneur lui avait prodigué sa miséricorde,
et ils se réjouissaient avec elle.
59 Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l'enfant.
Ils voulaient le nommer Zacharie comme son père.
60 Mais sa mère déclara :
« Non, il s'appellera Jean. »
61 On lui répondit :
« Personne dans ta famille ne porte ce nom-là ! »
62 On demandait par signes au père comment il voulait l'appeler.
63 Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit :
« Son nom est Jean. »
Et tout le monde en fut étonné.
64 A l'instant même sa bouche s'ouvrit, sa langue se délia :
il parlait et il bénissait Dieu.
65 La crainte saisit alors les gens du voisinage,
et dans toute la montagne de Judée
on racontait tous ces événements.
66 Tous ceux qui les apprenaient
en étaient frappés et disaient :
« Que sera donc cet enfant ? »
En effet, la main du Seigneur était avec lui.
80 L'enfant grandit
et son esprit se fortifiait.
Il alla vivre au désert
jusqu'au jour où il devait être manifesté à Israël.

 

Dès les premières lignes de son évangile, Luc prévient son lecteur supposé, Théophile, qu'il entreprend un récit ordonné des événements ; effectivement, les deux premiers chapitres, dont nous lisons un extrait ce dimanche, sont particulièrement structurés : deux annonciations (l'ange Gabriel chez Zacharie, puis chez Marie), deux naissances (celle de Jean-Baptiste, celle de Jésus), deux circoncisions. Le tout émaillé de trois discours, ou plutôt trois cantiques d'action de grâces, le Magnificat (chant de Marie), le Bénédictus (celui de Zacharie), et le « Nunc dimittis » (celui de Syméon : « Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s'en aller en paix »). Clairement, Luc nous propose de faire un parallèle entre Jean-Baptiste et Jésus.

Ces deux naissances qui pourraient bien n'avoir d'autre portée que familiale sont en réalité l'accomplissement des grandes promesses de Dieu pour l'humanité : avant même que les trois cantiques ne le proclament, tous les détails du texte et le vocabulaire choisi par Luc nous mènent à cette découverte.

Tout avait commencé par l'annonce à Zacharie, dont le nom, ne l'oublions pas, signifie « Dieu se souvient ». Alors qu'il officiait à l'intérieur du temple de Jérusalem, l'ange Gabriel lui annonce la naissance prochaine d'un fils : « Sois sans crainte, Zacharie, car ta prière a été exaucée. Ta femme Elisabeth t'enfantera un fils et tu lui donneras le nom de Jean. » Cette annonce avait de quoi surprendre Zacharie, car non seulement, lui et sa femme, Elisabeth, avaient largement passé l'âge d'avoir des enfants, mais, de surcroît, l'ange précisait que le garçon serait porteur d'une vocation exceptionnelle : « Il sera grand devant le Seigneur... Il sera rempli de l'Esprit Saint dès le sein de sa mère. Il ramènera beaucoup de fils d'Israël au Seigneur leur Dieu ; et il marchera par-devant sous le regard de Dieu, avec l'esprit et la puissance d'Elie, pour ramener le coeur des pères vers leurs enfants. » Zacharie qui était prêtre reconnaissait probablement là les expressions mêmes du prophète Malachie : « Voici que je vais vous envoyer Elie, le prophète, avant que ne vienne le jour du SEIGNEUR, jour grand et redoutable. Il ramènera le coeur des pères vers leurs fils, celui des fils vers leurs pères... » (Ml 3, 23-24).

Mais l'homme est libre ; tout ceci était très cohérent, mais encore fallait-il faire confiance à l'ange et à travers lui, à la parole de Dieu ; moins bien inspiré que ne le sera Marie, quelque temps plus tard, Zacharie demande une preuve : « A quoi le saurai-je ? Car je suis un vieillard et ma femme est avancée en âge. » L'ange lui répond : « Je suis Gabriel qui me tiens devant Dieu. J'ai été envoyé pour te parler et t'annoncer cette bonne nouvelle. » Et vous savez que, de ce jour, Zacharie s'est retrouvé muet, incapable d'annoncer la bonne nouvelle en laquelle il n'avait pas su croire.

Tout ceci explique le texte d'aujourd'hui : « Quand arriva le moment où Elisabeth devait enfanter, elle mit au monde un fils. Ses voisins et sa famille apprirent que le Seigneur lui avait prodigué sa miséricorde, et ils se réjouissaient avec elle. » La miséricorde dont parlent les voisins, c'est une naissance accordée à une femme stérile. Mais Luc nous invite à replacer cet événement dans la longue miséricorde de Dieu pour son peuple : le même mot (« eleos » qui veut dire miséricorde, bonté, amour, tendresse) revient quatre fois dans les cantiques de Zacharie et de Marie : « Son amour s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent » (1, 50) ; « il se souvient de son amour » (1, 54) ; « Il a montré sa miséricorde envers nos pères » (1, 72) ; « Telle est la tendresse du coeur de notre Dieu » (1, 78).

Arriva le jour où l'enfant devait être circoncis et où il devait recevoir son nom : deux coutumes qui inscrivent le nouveau-né dans la longue suite des fidèles de l'Alliance conclue par Dieu avec Abraham. Voici ce que Dieu avait dit au patriarche : « Toi, tu garderas mon alliance, et après toi, les générations qui descendront de toi. Voici mon alliance que vous garderez entre moi et vous, c'est-à-dire ta descendance après toi : tous vos mâles seront circoncis... ce qui deviendra le signe de l'alliance entre moi et vous. Seront circoncis à l'âge de huit jours tous vos mâles de chaque génération. (Gn 17, 9-12). Et on sait l'importance que revêt pour l'homme biblique l'imposition du nom ; quand Dieu donne lui-même un nom, c'est pour une révélation et une mission : le nom de Jean (« Yo-hanan ») avait été précisé par l'ange et signifiait « Dieu a fait grâce ». Zacharie, toujours privé de la parole, en est réduit à communiquer par écrit ; mais à peine a-t-il accompli cet acte de foi, il retrouve la parole et se met à chanter ce que nous appelons le « Benedictus ». Notre lecture de ce dimanche l'annonce seulement : « Zacharie se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit : Son nom est Jean. Et tout le monde en fut étonné. A l'instant même sa bouche s'ouvrit, sa langue se délia : il parlait et il bénissait Dieu. »

« Et tout le monde en fut étonné », dit Luc : il emploie ici un mot (« Thaumazô ») qui traduit plutôt l'émerveillement ; on le retrouve à plusieurs reprises dans ce même évangile pour exprimer le sentiment de spectateurs mis en présence de quelque chose qui dépasse leur entendement, particulièrement devant les événements qui paraissent avoir une dimension divine ; ce mot apparaît plusieurs fois accompagné du mot « crainte ». Par exemple, lors de la tempête apaisée « Saisis de crainte, ils s'émerveillèrent et ils se disaient entre eux : Qui donc est-il pour qu'il commande même aux flots et qu'il lui obéissent ? » (Lc 8, 25) ; ici, on trouve également, un peu plus bas, le mot « crainte » : « La crainte saisit alors les gens du voisinage, et dans toute la montagne de Judée on racontait tous ces événements. Tous ceux qui les apprenaient en étaient frappés. » En réalité, il faudrait traduire « Tous ceux (les gens du voisinage) qui les apprenaient les écoutaient dans leur coeur ». Cette insistance sur l'écoute du coeur est intéressante, en regard du manque de foi de Zacharie : manière de nous dire que les petits sont ceux qui accueillent le plus facilement l'évangile.

 

L'intelligence des écritures

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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 21:35

marie-nolle-thabut.jpgJe suis, chaque dimanche, impressionné par la qualité des commentaires de Marie-Noëlle Thabut sur les textes que nous propose la liturgie du jour.

 

Ces commentaires, trouvés sur le site "Eglise catholique en France", permettent à toute personne de bonne volonté, chrétienne ou non, de mieux comprendre la Bible, le livre le plus diffusé au monde. Notamment, en

  • donnant des explications historiques ;

  • décodant le langage imagé utilisé par l'auteur.

Je souhaite arriver à mettre ici, chaque dimanche, les commentaires de Marie-Noëlle Thabut. Ma seule contribution consiste à surligner les passages que je trouve les plus importants ou enrichissants et à écrire en rouge ceux qui parlent d'un thème qui m'est cher : la liberté (trois autres pages de mon blog sont consacrées à ces passages des Evangiles, du reste du Nouveau Testament ou de l'Ancien Testament qui parlent de la liberté, directement ou indirectement)

 

Version audio (le lien sera inopérant dans un premier temps), trouvée sur le site de Radio-Notre-Dame.

 

PREMIERE LECTURE - Ezéchiel 17, 22 - 24

22 Ainsi parle le SEIGNEUR Dieu :
A la cime du grand cèdre, à son sommet,
je cueillerai un jeune rameau,
et je le planterai moi-même sur une montagne très élevée.
23 Sur la haute montagne d'Israël je le planterai.
Il produira des branches, il portera du fruit,
il deviendra un cèdre magnifique.
Tous les passereaux y feront leur nid,
toutes sortes d'oiseaux habiteront à l'ombre de ses branches.
24 Et tous les arbres des champs sauront que c'est moi, le SEIGNEUR :
je renverse l'arbre élevé
et relève l'arbre renversé,
je fais sécher l'arbre vert
et reverdir l'arbre sec.
Moi, le SEIGNEUR,
je l'ai dit,
et je le ferai.
Pour comprendre la parabole d'Ezéchiel, il faut se rappeler le contexte historique dans lequel parle le prophète : en 597, Nabuchodonosor, roi de Babylone, s'est emparé de Jérusalem ; il a déporté le roi et une partie des habitants (parmi eux, Ezéchiel). Dix ans plus tard, en 587, nouvelle vague, cette fois, Jérusalem est complètement détruite et pillée, une nouvelle partie de ses habitants déportés à leur tour à Babylone.

Le peuple juif semble avoir tout perdu : sa terre, signe concret de la bénédiction de Dieu, son roi, médiateur entre Dieu et le peuple, son Temple, lieu de la Présence divine. D'où la question qui, désormais, taraude tous les coeurs : Dieu aurait-il abandonné son peuple ? C'est, au sens propre du terme, la « question de confiance ».
Le miracle de la foi, justement, c'est qu'au sein même de l'épreuve, elle se purifie et s'approfondit : c'est exactement ce qui s'est passé pour Israël. L'exil a Babylone a été l'occasion d'un sursaut extraordinaire de la foi juive ; Ezéchiel est l'un des artisans de ce sursaut : avant la catastrophe, il avait alerté le peuple sur les conséquences désastreuses et inévitables de sa conduite. Il avait multiplié les menaces, dans l'espoir d'obtenir une conversion. Désormais, la catastrophe étant survenue, il se consacre à relever l'espoir défaillant. A ce peuple humilié, en exil, il apporte une parole d'espérance. Cette parabole du cèdre que nous lisons aujourd'hui en est une.
Pourquoi un cèdre, d'abord ? Parce que le cèdre était le symbole de la dynastie royale. Ezéchiel prend l'image du cèdre pour parler du roi, comme La Fontaine prenait celle du lion. Le roi en exil est comme un cèdre renversé (on emploie bien en français l'expression « renverser un roi »), il est comme un arbre desséché... Mais Dieu va prélever un rameau tendre du vieil arbre et le replanter lui-même.

« Sur la haute montagne d'Israël, je le planterai » : la « haute montagne d'Israël », c'est évidemment Jérusalem ; topographiquement, ce n'est pas la plus haute montagne du pays, mais c'est d'une autre élévation qu'il est question ! Cette phrase annonce donc deux choses : le retour au pays et la restauration du royaume de Jérusalem.
Et la petite bouture deviendra un cèdre magnifique. Tellement vaste que tous les passereaux du monde viendront y faire leur nid, toutes sortes d'oiseaux habiteront à l'ombre de ses branches. « Tous les arbres des champs sauront que c'est moi, le SEIGNEUR ». « Tous les arbres des champs », c'est-à-dire le monde entier, même les païens, ceux qui n'ont rien à voir avec le cèdre de la royauté. Quant à l'expression « ils sauront que c'est moi, le SEIGNEUR », nous l'avons déjà rencontrée ; elle signifie « Je suis le SEIGNEUR, il n'y en a pas d'autre ». Thème très fréquent chez les prophètes, dans le cadre de leur lutte contre l'idolâtrie. La suite du texte va dans le même sens : quand un prophète insiste sur la puissance de Dieu, c'est toujours pour marquer le contraste avec les idoles qui, elles, sont incapables du moindre geste, de la moindre action.

« C'est moi, le SEIGNEUR, je renverse l'arbre élevé, je relève l'arbre renversé, je fais sécher l'arbre vert, et reverdir l'arbre sec. » Il ne s'agit pas du tout de présenter Dieu comme jouant pour son plaisir avec la création, au gré de quelque caprice... ce qui serait, tout compte fait, très inquiétant ; au contraire, c'est une manière de nous rassurer, du style « rien n'est impossible à Dieu ». Vous, les croyants, ne vous laissez pas impressionner par qui que ce soit, ou quoi que ce soit, faites confiance, tout est dans la main de Dieu.

« Moi, le SEIGNEUR, je l'ai dit et je le ferai » : cela veut dire au moins deux choses : d'abord, bien sûr, dans le même sens que tout ce que je viens de dire, la puissance de Dieu, l'efficacité de sa Parole. Le poème de la Création, au premier chapitre de la Genèse, qui a été écrit sensiblement à la même époque, ré-pète comme un refrain : « Dieu dit... et il en fut ainsi ». Ensuite, il y a certainement là, pour le peuple juif, un rappel de ce que l'on pourrait appeler la grande promesse, ou la grande espérance ; ce qu'Ezéchiel dit là, c'est quelque chose comme « c'est vrai, apparemment, tout est perdu ; mais n'oubliez jamais que Dieu est fidèle à ses promesses ; donc, quelles que soient les apparences, la promesse faite au roi David est tou-jours valable. » Je l'ai dit et je le ferai, cela revient à dire « J'ai promis, donc je tiendrai ».

Cette promesse faite à David, par le prophète Natan, quatre cents ans plus tôt, annonçait un roi idéal né de sa descendance. On la trouve au deuxième livre de Samuel : « Lorsque tes jours seront accomplis et que tu seras couché avec tes pères, j'élèverai ta descendance après toi, celui qui sera issu de toi-même, et j'établirai fermement sa royauté... Je serai pour lui un père et il sera pour moi un fils... Ta maison et ta royauté seront à jamais stables, ton trône à jamais affermi. » (2 S 7, 12... 17).

Cette promesse répercutée de siècle en siècle par les prophètes a nourri l'espérance d'Israël aux heures les plus sombres. La parabole du cèdre, chez Ezéchiel, en est la reprise imagée. Au moment où le peuple dépositaire de la promesse expérimente cruellement son impuissance, l'insistance du prophète sur l'oeuvre de Dieu et de Dieu seul, est la meilleure source de confiance.

PSAUME 91 (92), 2-3, 13-14, 15-16

2 Qu'il est bon de rendre grâce au SEIGNEUR,
de chanter pour ton nom, Dieu Très-Haut,
3 d'annoncer dès le matin ton amour,
ta fidélité, au long des nuits,

13 Le juste grandira comme un palmier,
il poussera comme un cèdre du Liban ;
14 planté dans les parvis du SEIGNEUR,
il grandira dans la maison de notre Dieu.

15 Vieillissant, il fructifie encore,
il garde sa sève et sa verdeur
16 pour annoncer : « Le SEIGNEUR est droit !
Pas de ruse en Dieu, mon rocher ! »
« Pas de ruse en Dieu, mon Rocher » : le peuple d'Israël sait bien qu'il lui est arrivé d'accuser Dieu de ruse ; dans le désert du Sinaï, par exemple, un jour de grande soif, quand la déshydratation menaçait bêtes et gens, on avait accusé Moïse et Dieu sur le thème : ils nous ont fait sortir d'Egypte, en nous faisant miroiter la liberté, mais en réalité, c'était pour nous perdre ici. C'est le fameux épisode de Massa et Meriba (Ex 17, 1-7) ; or, malgré ces murmures, ces bruits de révolte, Dieu avait été plus grand que son peuple en colère ; il avait fait couler l'eau d'un rocher. Désormais, on appelait Dieu « notre Rocher », manière de rappeler la fi-délité de Dieu plus forte que tous les soupçons de son peuple.

Dans ce rocher, Israël a puisé l'eau de sa survie... Mais surtout au long des siècles la source de sa foi, de sa confiance... C'est la même chose de dire à la fin du psaume « Dieu est mon Rocher » ou au début du psaume « J'annonce dès le matin, ton amour, ta fidélité, au long des nuits ». Le rappel du rocher, c'est le rappel de l'expérience du désert, et de la fidélité de Dieu plus forte que toutes les révoltes... Et l'expression « ton amour et ta fidélité », est également le rappel de l'expérience du désert : c'est l'expression employée par Dieu lui-même pour se faire connaître à son peuple : « Le SEIGNEUR, le SEIGNEUR, Dieu miséricordieux et bienveillant, lent à la colère, plein de fidélité et de loyauté. » (Ex 34, 6). Bien souvent, cette expression a été reprise dans la Bible, et en particulier dans les Psaumes, comme un rappel de l'Alliance entre Dieu et son peuple : « Dieu d'amour et de fidélité, lent à la colère et plein d'amour... ».

Cet épisode de Massa et Meriba (ou plutôt cette séquence), épreuve du désert, soupçon du peuple, intervention de Dieu, s'est répété bien des fois, quand on a eu soif, mais aussi quand l'eau n'était pas bonne, ou quand on a eu faim (rappelez-vous la manne et les cailles et les eaux amères de Mara). Cela s'est répété si souvent qu'on a fini par comprendre que c'était presque inévitable, si on n'y prenait pas garde... Parce que l'homme est tenté d'accuser Dieu de ruse chaque fois que quelque chose ne va pas selon ses désirs.

C'est alors que, pour bien retenir cette leçon capitale, on a écrit le récit du Jardin d'Eden : un serpent, particulièrement rusé, fait croire à l'homme et à la femme que c'est Dieu qui ruse avec eux ; il insinue : « Dieu vous interdit les meilleurs fruits sous prétexte de vous garder du danger, il prétend que ces fruits sont vénéneux, alors que c'est tout le contraire. » Et l'homme et la femme tombent dans le piège. Et c'est toujours la même histoire depuis que le monde est monde.

Comment se prémunir une fois pour toutes contre ce danger ? Ce psaume nous dit le moyen de nous protéger : il suffit de se planter dans le Temple comme un cèdre et de chanter pour Dieu. Vous avez en-tendu le premier verset : « Qu'il est bon de rendre grâce au SEIGNEUR, de chanter pour ton nom, Dieu Très-Haut » ; on devrait traduire : « Il est bon pour nous de rendre grâce au SEIGNEUR, il est bon pour nous de chanter pour ton nom, Dieu Très-Haut ». Car, en fait, le peuple d'Israël ne nous a pas attendus pour comprendre que notre chant POUR Dieu, c'est à nous qu'il fait du bien ! Saint Augustin dira : « Tout ce que l'homme fait pour Dieu profite à l'homme et non à Dieu ». Chanter pour Dieu, résolument, ouvrir les yeux sur son amour et sa fidélité, dès le matin et au long des nuits, c'est se protéger des ruses du serpent.
Pour le dire, le psalmiste emploie l'expression : « Qu'il est bon... » ; c'est le même mot « bon » (tôv en hébreu), qui est employé pour dire « bon à manger » ; encore faut-il y avoir goûté pour pouvoir en parler ! Le psaume dit un peu plus loin (dans un verset qui n'est pas lu ce dimanche) : « L'homme borné ne le sait pas... l'insensé ne peut pas le comprendre »... mais le croyant, lui le sait : oui il est bon pour nous de chanter l'amour de Dieu et sa fidélité. Parce que c'est la vérité et que seule cette confiance invincible dans l'amour de Dieu, dans son dessein bienveillant peut illuminer notre vie... en toutes circonstances... alors que la méfiance, le soupçon fausse complètement notre regard. Soupçonner Dieu de ruse, c'est le piège dans lequel il ne faut pas tomber, un piège mortel.
Celui qui se protège ainsi est, dit notre psaume, comme un arbre qui garde sa sève et sa verdeur : en Terre Sainte, c'est une image très suggestive ; si les cèdres du Liban, les palmiers des oasis font rêver, c'est parce que là-bas, le problème de l'eau est crucial ; l'eau est vitale et par endroits, tellement rare. On attend avec impatience la moindre pluie d'automne qui fait reverdir les paysages désertiques tout près de Jérusalem : pour le croyant, l'eau vivifiante, c'est la présence de son Dieu. Si bien que, quand Jésus, plus tard, parlera d'eau vive, il ne fera que reprendre une image déjà bien connue.
Il est bon pour nous de prendre conscience et de chanter que Dieu est Amour... mais il est bon aussi pour les autres que nous le leur disions... C'est le sens de la répétition du mot « annoncer » au dé-but et à la fin du psaume : on a ici une « inclusion » : au début « Qu'il est bon de rendre grâce au SEIGNEUR, de chanter pour ton nom, Dieu Très-Haut, d'annoncer dès le matin ton amour » et à la fin « Le juste est comme un cèdre du Liban... vieillissant, il fructifie encore pour annoncer « le SEIGNEUR est droit ! » Ici, le mot « annoncer » signifie « annoncer aux autres, aux non-croyants »... Au long des siècles, le peuple d'Israël a découvert sa mission d'être témoin de l'amour de Dieu pour tous les hommes.
Dernière remarque : ce psaume porte une suscription  [1] : on nous dit que c'est un psaume pour le jour du sabbat, le jour par excellence où on chante l'amour et la fidélité de Dieu. C'est le jour ou jamais de le faire, bien sûr. Nous, Chrétiens, pourrions bien en faire le psaume du dimanche ; car notre dimanche chré-tien ne fait pas autre chose : chanter l'amour et la fidélité de Dieu qui se sont manifestés de manière totale et définitive en Jésus-Christ.

******
Note
[1] : la suscription : dans certains psaumes, le premier verset ne fait pas partie de la prière ; il est une indication pour sa mise en œuvre ou bien une présentation du thème et de l'esprit dans lequel il doit être chanté. On rencontre souvent, par exemple, la formule « De David ». Cela ne signifie pas que David est l'auteur incontesté du psaume en question, mais qu'il aurait pu partager la prière ou les sentiments qui y sont exprimés.

DEUXIEME LECTURE - 2 Corinthiens 5, 6 - 10

Frères,
6 nous avons pleine confiance,
tout en sachant que nous sommes en exil loin du Seigneur
tant que nous habitons dans ce corps ;
7 en effet, nous cheminons dans la foi,
nous cheminons sans voir.
8 Oui, nous avons confiance,
et nous aimerions mieux être en exil loin de ce corps
pour habiter chez le Seigneur.
9 Que nous soyons chez nous ou en exil,
notre ambition, c'est de plaire au Seigneur.
10 Car il nous faudra tous apparaître à découvert
devant le tribunal du Christ,
pour que chacun reçoive ce qu'il a mérité,
soit en bien soit en mal,
pendant qu'il était dans son corps.

 

Qui sait ce que pense le bébé qui va naître ; est-il conscient, seulement ? Et s'il l'est, appréhendetil ce passage ? Il paraît qu'une fois né, la lumière du jour l'aveugle, lui qui était dans l'obscurité ; jusqu'ici, il entendait quelques voix, désormais, il verra face à face ceux qui l'ont aimé, ceux qui lui ont parlé, ceux qui lui ont donné son nom avant même qu'il le sache.
Eh bien, pour Paul, la mort est une naissance. Jusque-là, nous sommes comme l'enfant qui va naître ; nous aussi, nous sommes dans l'obscurité : « Nous cheminons sans voir », dit-il. Mais quand nous naîtrons à la vraie vie, nous serons en pleine lumière : « A présent, nous voyons dans un miroir et de façon confuse, mais alors ce sera face à face. » (1 Co 13,12). Tout comme le temps de la gestation n'a de sens qu'en fonction de la naissance qui se prépare, notre vie terrestre n'a de sens qu'en fonction de la vie définitive auprès du Seigneur.

En attendant, heureusement, dans cette obscurité, il y a un rayon de lumière, c'est la foi. C'est elle qui nous aide à cheminer, qui nous aide à préparer la naissance qui approche : « Nous cheminons dans la foi, nous cheminons sans voir ». C'est la foi qui nous révèle le sens de notre vie actuelle, le sens de notre mort. C'est dans la foi que nous savons que notre mort est une naissance : Paul la compare ici à un passage de frontière entre l'exil et la mère patrie. Pour l'instant, nous dit-il, nous sommes « en exil loin du Seigneur ». Car notre vraie patrie, c'est Lui.

C'est dans la foi, aussi, que nous savons que notre vie a un sens, c'est-à-dire à la fois une direction et une signification. La direction, on la connaît : pour le bébé, c'est le jour de l'accouchement, de la naissance... pour nous, le jour de notre mort biologique ; la signification, on risque peut-être plus de l'oublier ; alors Paul y insiste ; car sur ce point, notre situation est très différente de celle du bébé qui va naître : lui ne peut rien faire pour activer les choses ; tout se déroule en-dehors de lui ; tandis que nous, nous avons un rôle capital à jouer : notre vie terrestre est vraiment le temps d'une gestation ; tout ce que nous faisons aujourd'hui prépare demain.

Paul s'en explique dans la lettre aux Philippiens : « Pour moi, vivre, c'est Christ, et mourir m'est un gain. Mais si vivre ici-bas doit me permettre un travail fécond, je ne sais que choisir. Je suis pris dans ce dilemne : j'ai le désir de m'en aller et d'être avec Christ, et c'est de beaucoup préférable, mais demeurer ici-bas est plus nécessaire à cause de vous. » (Ph 1, 2123).
On voit bien ici que Paul a dépassé la crainte de la mort, au contraire il la désire. Pour autant, notre vie terrestre n'est pas ignorée, méprisée, elle est orientée ; elle n'est pas dépréciée, car c'est son but, au contraire, qui lui donne tout son prix. Un peu comme quand on est en voyage, il est essentiel de ne jamais perdre de vue le but du voyage ; et c'est le but qu'on s'est fixé qui justifie tout le reste, la route choisie, les étapes, et même les difficultés du chemin... Or, quel est le but du voyage du Chrétien ? Demeurer auprès du Seigneur, de façon totale et définitive et faire entrer dans cette demeure, dans cette mère-patrie tous les exilés que nous avons rencontrés sur notre route.

Or l'efficacité de nos efforts n'est pas toujours évidente ! Sur ce point aussi nous sommes dans l'obscurité... Peut-être ici, pour comprendre ce texte, faut-il essayer d'imaginer ce que peuvent être les sentiments d'un apôtre qui consacre toutes ses forces à sa mission et qui n'en voit guère les fruits. Combien ont eu l'impression de travailler en pure perte, de prêcher dans le désert, comme on dit ? C'est à eux que Paul s'adresse. Et c'est pour cela qu'il insiste tellement sur la confiance : « Nous avons pleine confiance... Oui, nous avons confiance... ». S'il doit le répéter, c'est que cela ne va peut-être pas de soi tous les jours pour tout le monde !

Nous ne verrons que plus tard la récolte, pour l'instant, il ne faut pas se lasser de semer. Quel genre de graines ? On s'en doute, évidemment. Paul emploie l'expression : « Mon ambition, c'est de plaire au Seigneur » ; il suffit d'avoir un peu lu l'Ancien Testament pour savoir ce qui plaît au Seigneur. A commencer par le prophète Michée : « On t'a fait savoir, ô homme, ce qui est bien, ce que le SEIGNEUR attend de toi : rien d'autre que de pratiquer le droit, d'aimer la justice et de marcher humblement avec ton Dieu ». (Mi 6, 8).

Jérémie dit exactement la même chose, il dit, ce qui plaît au Seigneur, c'est le droit, la solidarité, la justice ; « Ainsi parle le SEIGNEUR : que le sage ne se vante pas de sa sagesse ! Que l'homme fort ne se vante pas de sa force ! Que le riche ne se vante pas de sa richesse ! Si quelqu'un veut se vanter, qu'il se vante de ceci : d'être assez malin pour me connaître, moi, le SEIGNEUR, qui mets en oeuvre la solidarité, le droit et la justice sur la terre. Oui, c'est cela qui me plaît oracle du SEIGNEUR ». (Jr 9, 2223).

Isaïe a même poussé l'audace jusqu'à dire qu'un païen comme le roi Cyrus pouvait plaire au Seigneur parce qu'il travaillait dans le bon sens si j'ose dire, quand il avait contribué à la reconstruction de la ville de Jérusalem et du Temple après l'Exil à Babylone.

Peut-être aurons-nous des surprises en passant la frontière ? Comme les hommes de la parabole rapportée par Saint Matthieu ; à certains, le Seigneur dira : « Venez, les bénis de mon Père... Car j'ai eu faim et vous m'avez donné à manger ; j'ai eu soif et vous m'avez donné à boire... Alors ils demanderont : Seigneur, quand nous est-il arrivé de te voir affamé et de te nourrir, assoiffé et de te donner à boire ?... » Eux aussi, comme dirait Paul, cheminaient sans voir. Et dans la lettre aux Ephésiens, il nous le promet : « Vous le savez, ce qu'il aura fait de bien, chacun le retrouvera auprès du Seigneur. » (Ep 6, 8).

 

EVANGILE - Marc 4, 26 - 34

Parlant à la foule en paraboles,
26 Jésus disait :
« Il en est du règne de Dieu
comme d'un homme
qui jette le grain dans son champ :
27 nuit et jour,
qu'il dorme ou qu'il se lève,
la semence germe et grandit,
il ne sait comment.
28 D'elle-même, la terre produit d'abord l'herbe,
puis l'épi, enfin du blé plein l'épi.
29 Et dès que le grain le permet,
on y met la faucille,
car c'est le temps de la moisson. »
30 Jésus disait encore :
« A quoi pouvons-nous comparer le règne de Dieu ?
Par quelle parabole allons-nous le représenter ?
31 Il est comme une graine de moutarde :
quand on la sème en terre,
elle est la plus petite de toutes les semences du monde.
32 Mais quand on l'a semée,
elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères ;
et elle étend de longues branches,
si bien que les oiseaux du ciel
peuvent faire leur nid à son ombre. »
33 Par de nombreuses paraboles semblables,
Jésus leur annonçait la Parole,
dans la mesure où ils étaient capables de la comprendre.
34 Il ne leur disait rien sans employer de paraboles,
mais en particulier, il expliquait tout à ses disciples.
Jésus ne disait rien à la foule sans employer de paraboles, nous dit Marc ; c'était certainement la seule manière d'avoir un petit espoir d'être compris ! Car la leçon était quand même rude à faire passer ! Jésus lui-même annonce d'entrée de jeu qu'il va parler du Royaume de Dieu, mais tout le monde a déjà des idées là-dessus ; et les idées des hommes ne coïncident pas du tout avec les siennes, apparemment ! Alors il lui faut déployer toute une pédagogie dans la ligne de la conversion que l'Ancien Testament avait déjà entre-prise.
Au début, le peuple d'Israël, comme tous les peuples, ne pouvait envisager le Règne de Dieu qu'en termes de Souveraineté. Les psaumes, par exemple, chantent la souveraineté de Dieu sur le monde : « Le SEIGNEUR a établi son trône dans les cieux et sa royauté domine tout. » (Ps 102/103, 19)... « Le Seigneur, le Très-Haut est terrible ; il est le grand roi sur toute la terre. » (Ps 46/47, 3)... « Le SEIGNEUR est roi, il est vêtu de majesté. » (Ps 92/93, 1)... « Le SEIGNEUR est roi, que la terre exulte, que tous les rivages se réjouissent. » (Ps 96/97, 1).
Dans cette optique, dire « A toi le règne, la puissance et la gloire » revient à dire « c'est toi le plus fort ! » Si les textes du livre de l'Exode nous présentent toujours les rencontres de Moïse avec Dieu dans l'orage, les éclairs, le feu et le tremblement de la montagne, c'est que sans toutes ces preuves de grandeur et de puissance, le peuple n'aurait jamais pu prendre ce Dieu au sérieux !
Même le grand prophète Elie, au début de sa carrière, ne peut pas imaginer Dieu autrement que dans des manifestations grandioses : et c'est le feu du ciel qu'il implore pour impressionner les prophètes des idoles. On se souvient de cette grande démonstration qui devait faire taire à tout jamais les incrédules : « A l'heure de l'offrande, le prophète Elie s'approcha et dit : SEIGNEUR, Dieu d'Abraham et d'Israël, fais que l'on sache aujourd'hui que c'est toi qui es Dieu en Israël... Réponds-moi, réponds-moi : que ce peuple sache que c'est toi, SEIGNEUR, qui es Dieu... Et le feu du SEIGNEUR tomba et dévora l'holocauste, le bois, les pierres, la poussière, et il absorba même l'eau qui était dans le fossé. A cette vue, tout le peuple se jeta face contre terre et dit : C'est le SEIGNEUR qui est Dieu ; c'est le SEIGNEUR qui est Dieu ! » (1 R 18, 36-39).
Ce jour-là, Dieu n'a pas désavoué son prophète, mais, quelque temps après, il lui a révélé que sa puissance n'est pas ce que l'homme croit spontanément. C'est le fameux épisode d'Elie à l'Horeb : « Le SEIGNEUR dit à Elie : Sors et tiens-toi sur la montagne devant le SEIGNEUR ; voici, le SEIGNEUR va passer. Il y eut devant le SEIGNEUR un vent fort et puissant qui érodait les montagnes et fracassait les rochers ; le SEIGNEUR n'était pas dans le vent. Après le vent, il y eut un tremblement de terre ; le SEIGNEUR n'était pas dans le tremblement de terre. Après le tremblement de terre, il y eut un feu ; le SEIGNEUR n'était pas dans le feu. Et après le feu, le bruissement d'un souffle ténu (une brise légère). Alors, en l'entendant, Elie se voila le visage avec son manteau. » (1 R 19, 11-13). Cette fois, Elie avait tout compris : Dieu n'est pas dans les démonstrations de puissance que nous aimons tant, il est dans la brise légère.
Ce paradoxe, si on y réfléchit, parcourt toute la Bible, dès l'Ancien Testament : à commencer par le choix surprenant d'un tout petit peuple pour porter au monde la plus grande des nouvelles. Et que dire du choix d'un homme bègue (Moïse) comme porte-parole et d'un couple stérile (Abraham et Sara) pour por-ter l'espoir d'une descendance nombreuse comme les étoiles. Dieu a choisi un petit berger de Bethléem pour vaincre le géant Goliath ; et des siècles plus tard, c'est aussi de Bethléem, petit village insignifiant que sortira le Fils de Dieu lui-même ; lequel va vivre caché pendant trente ans dans uns bourgade perdue dont on se demandait « Que peut-il sortir de bon de Nazareth ? »
Ce qui sort de Nazareth, justement, c'est le Verbe, comme dit Saint Jean, la Parole : comme une semence, elle est jetée à tous les vents, aux risques de la mauvaise terre et des piétinements ; et Dieu sait si le Verbe a été piétiné ; au risque même de se faire traiter de possédé du démon (Béelzéboul : Mc 3, 22) ; mais il court le risque quand même, simplement parce que c'est la seule chose à faire. A travers même les échecs apparents du Christ, la déchéance et la mort sur la Croix, s'est levé sur le monde le triomphe de l'amour.

Telle est la leçon de ces paraboles, une magnifique leçon de confiance : Dieu agit, le royaume est une semence qui germe irrésistiblement, il est peut-être encore invisible, mais la moisson viendra. Jésus nous dit quelque chose comme : « Vous savez la puissance de vie qui se cache même dans une toute peti-te graine. Contentez-vous de semer : c'est votre travail de jardiniers. Dieu vous fait confiance pour culti-ver son jardin. A votre tour, faites-lui confiance : la semence poussera toute seule, car c'est Dieu qui agit... C'est votre meilleure garantie. »

Jésus l'avait bien dit en parlant de lui-même : « En vérité, en vérité je vous le dis, si le grain de blé qui tombe en terre ne meurt pas, il reste seul ; si, au contraire il meurt, il porte du fruit en abondance. » (Jn 12, 24). C'est là que se manifeste la vraie puissance de Dieu : la parole semée dans la pauvreté et l'humilité devient peu à peu un arbre immense dont les bras sont assez grands pour accueillir l'humanité tout entière. Voilà le dessein bienveillant de Dieu : « Réunir l'univers entier sous un seul chef, le Christ, ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la terre. »
« La graine de moutarde, quand on la sème en terre, elle est la plus petite de toutes les semences du monde. Mais quand on l'a semée, elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères, et elle étend de lon-gues branches, si bien que les oiseaux du ciel peuvent faire leur nid à son ombre. »

 

L'intelligence des écritures

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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 12:53

LETTRE AUX ÉLECTEURS DE LA 8e CIRCONSCRITION DE SEINE-ET-MARNE

 

 

Je tiens à remercier les personnes qui m’ont soutenu à l’occasion de ces élections législatives : les 157 personnes qui ont ajouté leur suffrage au mien, celles qui m’ont encouragé et/ou apporté leur aide d’une façon ou d’une autre. Je leur suis extrêmement reconnaissant pour leur soutien au seul candidat de la 8e circonscription défendant ouvertement les droits de l’homme que sont la vie, la sécurité, la liberté, la propriété, le droit (des enfants) de grandir dans une famille unie, fondée par un homme et une femme.

Mes remerciements vont, notamment,

 

En ce qui concerne le second tour, ma position est la suivante. J’ai demandé aux deux candidats restant en lice, par courriel, de me dire quels engagements, parmi les 15 figurant sur ma profession de foi, ils étaient prêts à reprendre à leur compte. Les réponses de Chantal Brunel[1] me conviennent sur un certain nombre de points importants (elle refuse l’euthanasie, elle combat la polygamie et l’adoption par les couples homosexuels, elle propose une baisse des rémunérations de certains élus - qu’elle a même votée par le passé et s’applique à elle-même -, elle est favorable à l’ouverture à la concurrence des monopoles tels que celui du courrier et des transports publics, mais aussi à une plus grande autonomie des lycées et à un pouvoir accru, ainsi qu’à moins de fiscalité et plus de liberté en matière de logement.

 

En ce qui concerne Eduardo Rihan Cypel, je n’ai reçu aucune réponse de sa part ! Toutefois, les positions du Parti Socialiste sont bien connues (François Hollande ne s’est-il pas, par exemple, engagé à légaliser le mariage homosexuel et l’adoption par des couples homosexuels ?) et je n’ai pas de doute quant à l’incapacité du candidat socialiste à reprendre à son compte le moindre de mes engagements.

 

Dans ces conditions, deux attitudes seulement me paraissent envisageables au second tour :

  1. M’abstenir, pour manifester mon rejet du système politique français, que je crois être un simulacre de démocratie : le peuple n’a en réalité aucun pouvoir, la classe politique refuse à chacun le droit de gouverner librement sa propre vie, elle piétine allègrement les droits naturels de chaque personne humaine (vie, sécurité, liberté, propriété) et tente de lui faire croire que le droit de mettre de temps à autre un bulletin dans une urne compense ce mépris desdits droits. L’inconvénient d’une telle attitude est qu’elle ne permet pas de marquer ma nette préférence pour l’un des deux candidats.
  2. Soutenir résolument Chantal Brunel. L’inconvénient de cette attitude est de laisser penser que je me satisfais d’un système politique et de positions de l’UMP aussi peu respectueux de la loi naturelle, si chère aux libéraux et aux catholiques.

 

C’est la seconde solution que j’ai choisie. Ce qui a emporté ma décision, c’est que je connais Chantal Brunel depuis de nombreuses années et j’apprécie nombre de ses qualités personnelles, parmi lesquelles l’ardeur au travail, le courage de s’opposer, la générosité et l’ouverture d’esprit. Je sais qu’elle est capable d’évoluer. J’ai bon espoir, par exemple, qu’elle rejoigne un jour le camp de ceux qui veulent en finir avec les violences faites aux enfants à naître ou qui luttent en faveur du respect intégral de la liberté et de la propriété.

 

En tout état de cause, le catholique que je suis ne peut envisager d’apporter son soutien au candidat prônant le socialisme[2], doctrine toujours condamnée par l’Église pour des raisons exposées dans les encycliques sociales[3] depuis Rerum Novarum.

 

 

                                                                                       Ozoir-la-Ferrière, le 11 juin 2012,

                                                                                                          Signature-bleue-1.jpg



[1] Voici la déclaration que je suis autorisé à reproduire :

1) Chantal Brunel est décidée à continuer sa lutte contre la polygamie et à se battre à nouveau pour l'adoption des mesures qui avaient été votées sur sa proposition puis retirées. Elle est désireuse que le terme "mariage" s'applique à l'union d'un homme et d'une femme et est hostile à l'adoption par un couple homosexuel (engagement n° 11 de Thierry Jallas).

2) Elle a proposé et voté une baisse de 10% de toutes les indemnités des "grands élus"(parlementaires, présidents de région ou de département, maires des très grandes villes).La gauche n'a pas voté ce texte. Elle se l'applique d'ores et déjà en versant tous les mois 10% à des associations seine-et-marnaises (Lutte contre le cancer, Restos du Cœur, Secours Catholique, Secours Populaire etc.)(14)

3) CB est en faveur de l'ouverture à la concurrence des monopoles tels que : courrier, transports .Cette ouverture est lancée mais elle est trop lente (13).

4) L'inconvénient de la proportionnelle tient au pouvoir des partis politiques et singulièrement des partis politiques établis. L'électeur a une faible capacité de choix : il suffit d'être bien placé par le parti sur la liste pour être élu et rapidement, il n'y a plus aucun lien entre l'élu et l'électeur. Qui connaît les élus à la proportionnelle : élus régionaux ou européens? L'élu est totalement dépendant du parti pour être reconduit. Son vote à l'Assemblée sera dicté par le parti (9).

5) Éducation : CB est en faveur d'une plus grande autonomie des Lycées et un pouvoir accru des chefs d'établissement (4).

6) Logement : moins de fiscalité et plus de liberté (3).

7) Euthanasie : CB pense que la loi Leonetti représente un équilibre satisfaisant et qu'il convient de la laisser s'appliquer, d'en faire ensuite le bilan avant de chercher à la modifier.

 

[2] Larousse 2001 : « Socialisme : dénomination de diverses doctrines économiques, sociales et politiques condamnant toutes la propriété privée des moyens de production et d’échange ».

[3] Voir, par exemple, Centesimus annus, (Jean-Paul II, 1991) articles 12 à 15.

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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 07:20

Les résultats définitifs ont été publiés ici par le ministère de l'intérieur. Je les reproduis ci-dessous.

Je renouvelle mes remerciements à ceux qui ont apporté leur soutien aux propositions que je défendais, par leur vote, leurs encouragements ou leur aide. Je ferai part au plus vite de ma position pour le deuxième tour.

 

   Résultats* 1er tour



  Nombre % Inscrits % Votants
Inscrits 82 686    
Abstentions 38 157 46,15  
Votants 44 529 53,85  
Blancs ou nuls 540 0,65  1,21
Exprimés 43 989 53,20  98,79

"Nul ne peut être candidat au 2e tour s'il ne s'est pas présenté au 1er tour et s'il n'a obtenu un nombre de suffrages au moins égal à 12,5 % du nombre des électeurs inscrits. Si un seul candidat remplit ces conditions, le candidat ayant obtenu après celui-ci le plus grand nombre de suffrages au 1er tour peut se maintenir. Dans le cas où aucun candidat ne remplit ces conditions, les deux candidats ayant obtenu le plus grand nombre de suffrages au 1er tour peuvent se maintenir."



Liste des candidats Voix % Inscrits % Exprimés Elu(e)
M. Jean CALVET (RDG) 804 0,97 1,83  
Mme Chantal BRUNEL (UMP) 13 989 16,91 31,80  
M. Eduardo RIHAN CYPEL (SOC) 16 432 19,87 37,35  
Mme Marie-Luce NEMO (FG) 2 343 2,83 5,33  
M. Eric QUESNE (AUT) 99 0,11 0,23  
Mme Julie NOUVION (VEC) 1 393 1,68 3,17  
M. Roger ROTH (ECO) 338 0,40 0,77  
Mme Chantal DELHAYE (FN) 5 704 6,89 12,97  
M. Thierry JALLAS (DVD) 158 0,19 0,36  
M. Frédéric RENAULT (EXG) 187 0,22 0,43  
M. Michel GERES (CEN) 2 039 2,46 4,64  
Mme Mélissandre COUVRECHEL (DVD) 503 0,60 1,14  

En raison des arrondis à la deuxième décimale, la somme des %exprimés peut ne pas être égale à 100,00% .

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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 08:11

Voici les résultats officieux du 1er tour des élections législatives dans la 8e circonscription de Seine-et-Marne.

 

Je remercie du fond du coeur les électeurs qui ont voté pour moi. Je développerai mes commentaires après réception des résultats officiels et ferai part au plus vite de mon éventuel soutien à l'un des deux candidats restant en lice pour le second tour. Je les ai interrogés par courriel pour savoir lesquels de mes (1 +14) engagements de campagne ils étaient prêts à reprendre à leur compte. J'ai reçu une réponse et attend la seconde.

 

 

 

Nom Prénom Etiquette
1 Calvet Jean PRG 1,8%
2 Brunel Chantal UMP 31,8%
3 Rihan Cypel Eduardo PS 37,4%
4 Nemo Marie-Luce Front de Gauche 5,3%
5 Quesne Eric Solidarité & Progrès 0,2%
6 Nouvion Julie EELV 3,2%
7 Roth Roger La France en Action 0,8%
8 Delhaye Chantal FN 13,0%
9 Jallas Thierry PLD / PCD 0,4%
10 Renault Frédéric LO 0,4%
11 Gérès Michel MoDem ou Le Centre pour la France 4,6%
12 Couvrechel Mélissandre Debout La République 1,1%
100,0%

 

 

 

 

 

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7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 23:00

"Rien par force, tout par amour"

 

J'ai pris la décision de présenter ma candidature aux élections législatives de juin 2012. Cette fois-ci, ce sera dans la 8e circonscription de Seine-et-Marne, celle où j'habite, et non plus la 7e de Seine-et-Marne, où j'avais été candidat en 2007.

Je me présente avec l'investiture du PCD (Parti Chrétien Démocrate, de Christine Boutin) et le soutien du PLD (Parti Libéral Démocrate), de l'Alliance Centriste de Jean Arthuis et de l'association Alternative Libérale (auparavant parti politique).

 

Je vous présenterai sur cette page de mon blog, au fur et à mesure de la campagne, les idées que je compte défendre, fondées sur mes convictions chrétiennes, mes convictions libérales et l'enseignement social chrétien (ou Doctrine Sociale de l'Eglise).

 

Celui-ci s'appuie sur la révélation biblique, d'une part, et sur la raison humaine, d'autre part, qui s'éclairent mutuellement. C'est sur ce roc que nous pouvons bâtir une société durable : sortie de crise, revitalisation de la famille, retour au plein emploi, résorption de l'endettement public, résolution des problèmes du logement, de la santé, des retraites et de l'enseignement, recul de la pauvreté, paix sociale, etc..Toute autre doctrine n'est que du sable où rien de durable ne peut être construit ...

 

Le principe fondamental de la Doctrine Sociale de l'Eglise est le "principe personnaliste" : il invite au respect de la très haute et inviolable dignité de chaque personne humaine (de la conception à la mort naturelle), de sa vie, de sa sécurité, de sa liberté et de sa propriété.

 

L'enseignement social chrétien ne contredit pas, bien au contraire, la philosophie libérale (dont il partage les sources : révélation biblique et raison humaine), selon laquelle tout homme dispose d'un droit naturel à préserver sa vie, sa sécurité, sa propriété et sa liberté.

 

Seule la force, parfois soutenue par le mensonge, menace la vie, la sécurité, la propriété et la liberté. C'est la raison pour laquelle je fais mienne, à l'occasion de cette campagne électorale, une devise de Saint François de Sales :

 

"Rien par force, tout par amour"

 

Ozoir-la-Ferrière, le 10 mai 2012

 

Madame, Mademoiselle, Monsieur,

D’après un sondage publié le 23 mars 2012, les priorités des Français sont la lutte contre le chômage (pour 73% d’entre eux), l’éducation (56%), la santé (55%), le relèvement des salaires et du pouvoir d’achat (54%), la réduction de la dette publique (53%), la lutte contre la précarité (52%), la lutte contre la délinquance (43%). J’ai 3 questions à vous poser :

1)     Êtes-vous à peu près d’accord avec cette liste de priorités ? Pour ma part, oui, mais je trouve qu’il manque des sujets importants : retraites, logement, justice, éclatement des familles, régression des valeurs judéo-chrétiennes,…

2)     Sur tous ces problèmes, êtes-vous convaincu(e) par les solutions proposées alternativement par la droite et la gauche depuis plus de 30 ans ? Leurs résultats sont-ils à la hauteur de vos espérances ?

3)     Savez-vous qu’il existe à ces problèmes une solution simple et efficace, que nos politiciens nous cachent depuis la Libération ? Qu’elle a fait la preuve de son efficacité dans les pays l’ayant adoptée ? Qu’elle est conforme aux valeurs judéo-chrétiennes et à la raison ?

C’est cette solution que je souhaite vous faire connaître et aimer, alors qu’elle est souvent présentée de façon mensongère, qu’elle est discréditée par ceux qui veulent conserver le pouvoir à tout prix, parfois même accusée d’être responsable de tous nos maux alors qu’elle n’est pas appliquée ! Cette solution, c’est une nouvelle Libération, non plus d’une armée étrangère, mais de nos modernes idoles, la première d’entre elles étant l’État. 3 exemples :

·         Alors que celui-ci est censé protéger notre propriété, il nous pressure (prélèvements obligatoires, sous menace de prison : 44% de la richesse annuelle créée par les Français) et nous endette (27 000 euros par Français, bébés compris) !

·         Alors qu’il est censé garantir notre liberté, il ne cesse de nous imposer ceci ou de nous interdire cela, de nous ensevelir sous les lois, les règlements, les directives et autres décrets !

·         Alors qu’il est censé protéger notre vie et notre sécurité, il ne respecte pas le droit à la vie de nombreux enfants à naître (200 000 / an), et envisage de légaliser aussi le meurtre de personnes en fin de vie !

De nombreux économistes, confortés par la Doctrine Sociale de l’Église Catholique, enseignent que seul un marché libre fonctionne harmonieusement et répond efficacement aux besoins des citoyens. Au contraire, toute règlementation étatique d’un marché dérégule (c'est-à-dire dérègle) celui-ci. Exigeons la libération de tous les marchés (emploi, éducation, santé, transports, assurances sociales, etc.) et nos problèmes disparaîtront ! Pour plus d’explications, consultez mon blog : www.thierry-jallas.fr.
Outre celui du Parti Libéral Démocrate, j’ai le soutien du Parti Chrétien Démocrate de Christine Boutin, de l’Alliance Centriste de Jean Arthuis et, enfin, d’Alternative Libérale.

La France retrouvera son rang quand elle redeviendra le pays des droits de l’homme et de la liberté !

                                                                                                                                                Thierry Jallas

MES ENGAGEMENTS

 

 

Mon rôle étant prioritairement de participer à l’élaboration des lois, c’est sur des questions nationales que portent les engagements suivants. Bien sûr, je mènerai aussi des combats locaux, à votre service.

Je défendrai les droits naturels de chaque personne humaine, de sa conception à sa mort naturelle : la vie, la liberté, la propriété et la sécurité, ainsi que les droits spécifiques des enfants.

1)    Afin de revenir au plein emploi, j’entreprendrai toutes actions visant à obtenir que les candidats à l’emploi salarié puissent signer librement avec l’employeur de leur choix un contrat de travail qui convienne aux deux parties et qui exclue, s’ils en sont d’accord, toute disposition légale ou conventionnelle ne leur plaisant pas.

2)    Je ferai campagne pour l’abolition du collectivisme en France, et plus généralement pour que l’État français cesse toute ses interventions délétères dans la vie économique et sociale, notamment par le biais de monopoles comme la Sécurité Sociale, l’Éducation Nationale, la SNCF et la RATP, etc.. Ceci permettra des réductions massives des dépenses de l’État et des prélèvements obligatoires, et fera baisser l’endettement public.

3)    Je m’opposerai à la poursuite des interventions étatistes dans le secteur du logement, afin que celui-ci soit enfin régulé et puisse offrir une habitation décente à chaque famille vivant sur le sol français.

4)    Je militerai pour libérer le secteur de l’éducation, passée sous la coupe des syndicats et de l’État : pourtant, ce ne sont pas eux, mais les parents qui devraient être seuls responsables de l’éducation de leurs enfants.

5)    Je m’emploierai à faire progressivement sortir l’État du secteur de la santé, où son intervention massive (numerus clausus à l’accès aux études et, parfois à l’installation, dans le domaine de la santé, monopole de la branche maladie de la Sécurité Sociale, gestion des hôpitaux et de la formation des professionnels,…) génère pénurie (de médecins, par ex.) ou gaspillages (ex. : épisode des vaccins contre la grippe H1N1).

6)    Je m’attaquerai à toutes les mesures liberticides entraînant pénurie ou autres gênes pour les consommateurs et surcharge de travail dans certaines professions (ex : taxis, examinateurs du permis de conduire, syndicats professionnels, etc.)

7)    J’inviterai les employeurs à mettre en place dans leur entreprise le bulletin de salaire complet, pour mettre en évidence le coût exorbitant des assurances sociales monopolistiques (Sécurité Sociale).

8)    Je ferai casser le monopole de la communiste et ruineuse Sécurité Sociale en matière de retraite de base. Les Français ont le droit de choisir, chacun, le régime d’assurance vieillesse (répartition, capitalisation, par points…) et la compagnie d’assurances qui leur convient le mieux.

9)    Je m’attacherai à faire évoluer la France vers une vraie démocratie, nécessairement libérale pour permettre à chaque citoyen de gouverner sa propre vie, dans le respect de la vie, de la sécurité, de la propriété et de la liberté d’autrui. Celles-ci doivent être protégées par une nouvelle Constitution, réduisant notablement les pouvoirs du Président de la République et du Parlement pour les restituer au peuple. En outre, la proportionnelle doit permettre de représenter tous les citoyens à l’Assemblée Nationale.

10) Je chercherai à obtenir un statut pour l’embryon et le fœtus, puis à faire reconnaître le droit à la vie des enfants à naître ; je m’élèverai contre le franchissement de limites bioéthiques (manipulations génétiques, expérimentations sur cellules souches ou congélation et destruction d’embryons, …).

11) Je m’engagerai pour que soit respecté le droit naturel des enfants à grandir dans une famille unie, fondée par un homme et une femme ; je lutterai donc contre la polygamie.

12) Je me battrai pour que les personnes en fin de vie ne fassent l’objet, ni d’euthanasie, ni d’acharnement thérapeutique.

13) Je tenterai de faire accélérer la lente ouverture du marché des transports publics de voyageurs, de marchandises et de courrier.

14) Je demanderai la baisse de certaines rémunérations d’élus (parlementaires, notamment) et refuserai, à titre personnel, de percevoir celle attribuée aux députés.

 

 

873 photo 2Legislatives-2012 0349 PascaleThierry Jallas, candidat : « Ozophoricien depuis 26 ans, marié, père de 4 enfants, catholique pratiquant, je suis membre de l’Association des Économistes Catholiques, de Contribuables Associés, de Droit de Naître et de Liberté Chérie. J’ai créé une organisation syndicale professionnelle défendant le droit des salariés à contracter librement avec les employeurs. Diplômé de l’ESCP, je suis spécialisé en réduction des coûts. Permettez-moi de m’attaquer à ceux de l’État ! »


Pascale Macé, suppléante : « Mariée, mère de deux enfants, médecin, je m’intéresse aux enfants, à leurs droits à un logement décent, à l'éducation, à la santé et au respect. »

 

Pour participer au financement de ma campagne, merci d'envoyer un chèque à l'ordre d'A.-L. Jallas, mandataire financier, au16, rue Jean-Baptiste-Clément 77330 OZOIR-LA-FERRIERE.

 

8e circonscription

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7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 12:02

Voici quelques publications médiatiques relatives à ma candidature dans la 8e circonscription de Seine-et-Marne.

 

Le magazine de Canal Coquelicot, "Le 77 en campagne" du 23 mai 2012, présente, notamment, les candidats de la 8e circonscription de Seine-et-Marne, en terminant par le plus petit... Heureusement, les derniers seront les premiers !

 

 

 

 

Le magazine d'actualités de Canal Coquelicot, du 29 mai 2012. Un reportage s'intéresse aux "petits candidats" et à leurs motivations.

 

 

 

 

Interview écrite publiée par Liberté Politique le 31 mai 2012.

 

 

Interview réalisée le 16 mai 2012 et publiée le 3 juin 2012 dans "Ricochets". J'apprécie beaucoup ce journal local, bien que ses journalistes et ses lecteurs soient presque tous socialistes. Je suis pourtant souvent en désaccord avec les idées exprimées, mais je trouve qu'il abordede façon assez fouillée des sujets variés et intéressant. En outre, il confirme la supériorité du capitalisme sur le collectivisme : je trouve ce journal, réalisé par une association privée, beaucoup plus intéressant que celui édité par la municipalité d'Ozoir-la-Ferrière !

 

Ricochets 2012 06 03 législatives-copie-1

 

Interview vidéo réalisée le 30 mai 2012 par Antoine Besson, de Liberté Politique, et publiée le 7 juin 2012.
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Interview téléphonique réalisée le 31 mai (?) 2012 par Vallée FM et diffusée ce même jour à 18h par cette radio (de Marne-la-Vallée).
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J'aime le clip officiel du PCD (Parti Chrétien Démocrate) de Christine BOUTIN pour les législatives 2012.
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J'adore la vidéo de campagne de Frédéric  bastiat, trouvée sur Bastiat2012. :
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