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23 novembre 2007 5 23 /11 /novembre /2007 23:46
La prochaine réunion du groupe de travail du secteur paroissial Pontault-Combault/ Roissy-en-Brie/Ozoir-la-Ferrière/Pontcarré (PROP) sur la Doctrine Sociale de l'Eglise catholique aura lieu le

mardi 15 janvier 2008, à 20:30

Salle paroissiale d'Ozoir-la-Ferrière.


au dos de l'église d'Ozoir
avenue du Général de Gaulle
77330 OZOIR-LA-FERRIERE

Ce soir-là, étude du chapitre 9 du
compendium de la DSE, consacré à "la communauté internationale".
Au cours de la réunion, projection de l'enregistrement vidéo (45') de l'intervention de Jacques Garello (Professeur Emérite de l'Université Paul Cézanne-Aix-Marseille III, Association des Economistes Catholiques) sur "Le développement et le commerce international", lors du colloque du 4 février 2006 ("Actualité de la Doctrine sociale de l'Eglise", organisé par la Fondation de Service Politique et l'AEC).


La réunion suivante, qui se tiendra environ un mois plus tard, portera sur le chapitre 10 du compendium : "Sauvegarder l'environnement". Pour nourir la réflexion sur ce sujet, j'invite à visionner deux vidéos intéressantes :
- "The great global warming",
- interview, par Claude Reichman, de Christian Gérondeau, auteur de "Ecologie, la grande arnaque", chez Albin Michel (attention, cette interview ne sera probablement plus en ligne, sur ReichmanTV, au-delà de la première semaine de décembre 2007).

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19 novembre 2007 1 19 /11 /novembre /2007 06:36
J'ai participé hier à la manifestation organisée par Liberté Chérie, avec l'aide de plusieurs autres associations libérales et le soutien d'Alternative Libérale. Nous réclamions la liberté de circuler, d'étudier, de travailler. Ce fut un grand succès, même si le froid (plus sensible à l'extérieur de Paris qu'à l'intérieur) et les difficultés de transport en dissuadèrent plus d'un. J'ai pu parler avec des personnes venues en voiture de Laval, à 4. J'admire ceux qui font de tels efforts pour défendre les libertés individuelles.
PB180244.jpg
Dans ces manifestations, des slogans sont repris par la foule. Ils présentent l'avantage d'être simples et percutants, mais parfois tel ou tel inconvénient : 
- "Fillon, tiens bon !" ou "Oui aux réformes !" peuvent donner le sentiment que nous sommes inféodés au gouvernement, voire à l'UMP, alors que les libéraux sont des adversaires de la gauchet ET de la droite, toutes deux étatistes, dirigistes, liberticides, dispensatrices de privilèges. D'ailleurs, le gouvernement est en train de négocier le remplacement des régimes spéciaux, non pas par le régime général, mais par d'autres régimes spéciaux, presque aussi privilégiés que les précédents. Il fait penser à ce paysan, décrit par Frédéric Bastiat, qui s'adresse ainsi à son chien : "Mon pauvre chien, je dois te couper la queue, mais, pour éviter que tu souffres trop, je ne t'en couperai qu'un petit bout tous les jours" ;
- "Les cheminots, au boulot !" peut passer pour une attaque contre les personnes, l'ensemble des cheminots, alors que les libéraux ne s'attaquent qu'aux privations de liberté, résultant ici du scandaleux monopole de la SNCF et de la RATP en matière de transports publics ;
- "Sud-Rail, au travail !" peut apparaître comme la contestation des syndicats. Mais les libéraux ont été les premiers à réclamer la liberté d'association, sous forme syndicale, notamment. Ce que nous contestons, ce sont les privilèges dont bénéficient les organisations syndicales : monopole de représentation au premier tour des élections du personnel ou pour la signature d'accords sociaux, financement public (donc avec l'argent volé aux contribuables), dispense de publier des comptes, etc  ...

Cette manifestation avait été précédée par la distribution de tracts mis au point par Liberté Chérie. A titre personnel, au nom de AGIR LIBRE, comité Liberté Chérie de la Brie, j'avais distribué :
- 1 050 tracts à la gare de Lognes, mardi 13/11 au matin.
- 500 tracts sur la route, à la sortie est d'Ozoir-la-Ferrière, mercredi matin 14/11, en profitant des embouteillages.
- sur le parking du Carrefour de Pontault-Combault, 2 x 100 tracts (celui intitulé "Non au chantage des syndicats ! Oui aux réformes !" + celui appelant à la manifestation du 18/11) le vendredi 16 au soir et 2 x 200 le samedi après-midi, avant d'être informé par un vigile que "la distribution de publicité sur ce parking privé est interdite". Renseignements pris, la distribution de prospectus associatifs doit être demandée par écrit à la Direction, pour avoir une chance d'être autorisée. Je le saurai pour la prochaine fois.
- avec l'aide de Christine, samedi 17/11 au matin, 2 x 500 tracts sur le marché d'Ozoir-la-Ferrière, particulièrement achalandé puisque les commerçants offraient 1 500 bouteilles de Beaujolais nouveau. Christine, très active, emporta 200 tracts supplémentaires à distribuer dans la résidence où nous habitons, le "Domaine d'Armainvilliers". A chaque distribution, j'ai pu éprouver l'exaspération d'une grande majorité de la population, face à cette situation de blocage, de privation de libertés.
- 550 tracts à la gare de Tournan-en-Brie, le matin du 26/11.

Lors de la manifestation, j'ai pu distribuer 750 tracts à ceux qui ne l'avaient pas téléchargé sur Internet. L'accueil des manifestants fut excellent, plein de félicitations pour l'organisation de cet évènement, plein d'encouragements, de promesses d'aller ouvrir un compte sur le site de Liberté Chérie (c'est gratuit, ça permet d'être informé régulièrement des actions menées par LC et l'on peut se désabonner à tout moment). Lorsque je sortis 5 T-shirts à vendre pour financer notre association, il fallut quelques minutes seulement pour qu'ils soient pris par de généreuses personnes.

J'invite le lecteur à aller voir le compte rendu de cette manifestation sur les sites de Liberté Chérie, Alternative Libérale, Ludovic Lassauce, Le Parisien (avec une vidéo sympa), La Tribune, Libération (avec, au premier plan, la photo de mon ami Emmanuel Prost), Le Figaro.

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5 novembre 2007 1 05 /11 /novembre /2007 07:47

L’avenir de la planète est en danger. La sauver est l’affaire de tous. Diminuer les émissions de gaz carbonique est une priorité absolue. Malheureusement, force est de constater que les propositions du Grenelle de l’environnement, trop frileuses, ne vont pas assez loin. Il existe, en effet, une source importante de ce terrible polluant dont l’aréopage réuni par Monsieur Sarkozy ne semble pas se soucier : la respiration.

Je remarque que celle des humains émet autant de gaz carbonique que toutes les automobiles de la planète réunies. En effet, chacun d’entre nous expire en moyenne 900 grammes de gaz carbonique par 24 heures. Soit pour l’ensemble de la population mondiale qui est de 6,7 milliards d’individus un total de 2,2 109 tonnes par an ! Comme il circule de par le monde quelques 600 millions véhicules équipés de moteurs à combustion interne ceux-ci produisent à peu près la même quantité de gaz carbonique (en admettant qu’ils émettent en moyenne 0,2 kg de gaz carbonique par kilomètre en roulant 20.000 km par an) que l’ensemble de la population humaine. CQFD. Alors pourquoi prendre des mesures pour réduire la production de CO2 des voitures et ne rien faire pour réduire celle des humains. Après tout une molécule de gaz carbonique est une molécule de gaz carbonique quelle que soit son origine !

Que faire ? L’idéal serait évidemment que nous consommions moins d’air en sautant par exemple une inspiration sur cinq. Nous atteindrions ainsi l’objectif du nouveau Grenelle qui impose une diminution de 20% de la production de gaz carbonique à l’horizon 2020. Hélas, les spécialistes me disent que cela est impossible. D’accord. Mais il est tout à fait possible de faire en sorte qu’au moins les émissions excessives soient éliminées. En effet, les 900 grammes de production quotidienne par tête ne représentent qu’une moyenne. Des efforts physiques, par exemple, entraînent une plus forte production d’énergie avec transformation d’oxygène en gaz carbonique. Ce sont donc de tels efforts qu’il faudrait réguler. Pour commencer il conviendrait d’interdire les sports à tous les niveaux (professionnel et amateur). Comme il est à craindre qu’ils soient pratiqués subrepticement nous devrions aller jusqu’à réglementer la vitesse de déplacement des piétons (le jogging pouvant être sanctionné par des peines sévères).

Les émissions de dioxyde de carbone provenant des personnes en surcharge pondérale sont, à l’évidence, également excessives. Comme les français plébiscitent à 61% l’imposition d’écopastilles sur les voitures polluantes pourquoi ne pas les faire porter aussi par les obèses (qui devraient se coudre une pastille jaune sur la poitrine, par exemple). Dans le même esprit citoyen les anorexiques bénéficieraient de primes.

Ce n’est pas tout. Je me dois d’aborder ici un sujet délicat. Celui de nos excréments. Comme ils se décomposent en lâchant du gaz carbonique (représentant environ 5% de celui résultant de notre respiration) il conviendrait de ne plus les évacuer par les égouts. Chaque individu devrait disposer des siens dans des sacs en papier recyclé paraffiné qui seraient scellés et collectés par les mairies afin d’être enfouis au fond de mines désaffectées et recouverts chaque jour d’une couche de ciment. Quoique cela puisse choquer nombre de mes lecteurs, nos cadavres, en se décomposant, dégagent aussi du gaz carbonique et devaient subir le même traitement (mais pourraient être enfouis dans des mines différentes).

Malheureusement l’homme n’est pas le seul animal qui pollue par le simple fait d’exister. Prenons les bovins ; ils sont 1,5 milliards sur notre planète. Une vache produit à peu près autant de gaz carbonique qu’une voiture (plus même en comptant la décomposition de ses déjections mais je ne reviendrai pas sur ce sujet scabreux). Je note donc que les vaches dans leur ensemble produisent plus de gaz carbonique que les hommes et leurs voitures réunis ! Et en plus, en ruminant, elles dégagent du méthane, autre gaz à fort effet de serre. Un contrôle social adéquat devrait donc également s’exercer sur ces bestiaux. Surtout sur les vaches suisses dont le lait va dans le chocolat (qui fait grossir, donc produire du CO2 en excès) et semblent nous narguer du haut de leurs alpages. Une taxe à l’importation des biens helvétiques (et en particulier du chocolat) devrait apprendre à nos voisins à mieux respecter l’environnement. Il en va de même des porcins. La Chine qui en élève un grand nombre devrait être punie fiscalement à l’instar de la Suisse. En revanche, les pays musulmans (et Israël) qui, religion oblige, ne mangent pas ces animaux et donc ne les élèvent pas, pourraient bénéficier d’aides écologiques idoines. Et il n’y a pas de raison que les ovins, les chevaux et tous les autres animaux domestiques ne soient également l’objet de réglementations citoyennes.

Je n’ai fait ici qu’esquisser quelques modestes propositions qui ne couvrent pas, loin s’en faut, tout l’immense problème de la production de gaz carbonique d’origine respiratoire. Les mesures à prendre devraient en fait s’étendre à toute la biosphère. Me sentant dépassé par l’énormité de la tâche je compte sur vous lecteurs. Envoyez-moi vos propositions et sauvons ensemble la planète (du ridicule).

Florin Aftalion
Le 31 octobre 2007

Florin Aftalion est Professeur Emérite de l'ESSEC ; Docteur ès Sciences Physiques, il a enseigné à l'Université de New York.

Cet article a été publié sur le site de l'ALEPS.

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21 octobre 2007 7 21 /10 /octobre /2007 17:40
En tant que Président de AGIR LIBRE, comité Liberté Chérie de la Brie, j'ai participé à des distributions du tract mis au point par la Fédération Liberté Chérie.

Souhaitant distribuer dans plusieurs gares, j'ai commencé la distribution dès le mardi 16 octobre, à la gare (RER E) d'Ozoir-la-Ferrière, à partir le 6:45. La grève n'ayant pas encore démarré, j'ai pu distribuer 650 tracts en 2 heures, ce qui n'est pas si mal : cette gare est moins fréquentée que d'autres avoisinantes, et il y a 4 accès différents !

Le jeudi 18, j'avais donné rendez-vous à Emmanuel et à Frédéric à la gare de Torcy (RER A). C'est probablement la gare la plus fréquentée de notre secteur géographique. Elle dispose d'une entrée principale assez large, où l'on peut distribuer à deux ou trois, chacun pouvant remettre 1 000 à 1 500 tracts en 2 heures 30'. Ayant appris sur Internet, peu avant, qu'aucun train ne circulerait sur la ligne A, j'en ai eu la confirmation sur place : parking vide, quelques personnes devant la gare, pendues à leur mobile. Frédéric ayant eu un empêchement de dernière minute, Frédéric et moi sommes partis à la gare de Chelles-Gournay, seule gare de la région parisienne Est où quelques trains partaient vers Paris. Ici, nous pûmes distribuer 430 tracts à nous deux, alors que seulement 3 trains partirent pendant que nous étions là.
PA180231.JPGPA180234.jpg
Le vendredi 19, j'optai pour la gare de Pontault-Combault (RER E), où l'entrée principale étroite permet de profiter du passage de nombreuses personnes et de distribuer efficacement, seul. La grève ayant été partiellement reconduite, quelques trains passèrent dans les 2 sens (4 vers Paris, me semble-t-il) et je pus distribuer ainsi 620 tracts (habituellement, j'en distribue environ 1 000 au même endroit).

A chaque occasion, j'ai pu recevoir les encouragements et le soutien de quelques personnes, et voir ou entendre des réactions négatives, plus nombreuses, mais pour partie nées d'un malentendu. En effet, lorsque des passants voient une personne revêtue d'un T-shirt et distribuant des tracts, ils s'imaginent volontiers que ce ne peut être qu'un gréviste, peut-être syndicaliste de surcroît, qui cherche à expliquer le mouvement de grève et à le rendre populaire. Ainsi, j'ai en mémoire cette dame passant à mes côtés sans prendre le tract que je lui tendais et me disant "Et la liberté de prendre les transports tous les jours et d'arriver à l'heure à son travail ?". Je lui répond que justement, nous la défendons. Elle me réplique de loin "Pas au point de faire grève pour la défendre !"
Une autre dame semble m'avoir repéré. A quelqu'un qui m'encourage, elle indique sur un ton de reproche qu'elle me connait et que j'ai déjà tracté en faveur du CPE. Comme quoi, les messages ont du mal à passer : avec Liberté Chérie, nous avons manifesté et distribué des tracts lors de la crise du CPE, non pas pour défendre cette mesure, mais le droit pour les étudiants d'étudier dans des facs non bloquées.

Lundi 22/10, j'ai écoulé, en moins de 3 heures, à la gare de Torcy, les 1 300 tracts qui me restaient. J'ai à nouveau constaté la propension des passants à imaginer que j'étais un représentant des grévistes. Alors même qu'un panneau, à mes pieds, annonçait en gros caractères : "Non au chantage des syndicats !" (probablement interprété par certains : "Non au chantage du gouvernement aux syndicats !"). Lorsque je me suis mis à scander à haute voix : "Pour l'abolition des privilèges", tout en tendant mes tracts la proportion des personnes acceptant de le prendre a, j'estime, à peu près doublé ! Peu avant mon départ, un journaliste du Parisien, Gilles Cordillot, est passé, m'a pris en photo, m'a posé une ou deux questions puis est entré dans la gare interroger quelques voyageurs. Il m'a annoncé la parution d'un article dans l'édition locale du lendemain.

Je vous invite à voir ici le bilan de cette action et les suites que Liberté Chérie compte y donner.

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13 octobre 2007 6 13 /10 /octobre /2007 13:57

La prochaine réunion du groupe de travail du secteur paroissial Pontault-Combault/ Roissy-en-Brie/Ozoir-la-Ferrière/Pontcarré (PROP) sur la doctrine sociale de l'Eglise catholique aura lieu le vendredi 19 octobre 2007 à 20:30, à la sallle paroissiale d'Ozoir-la-Ferrière.
Elle portera sur le chapitre 7 du compendium, "La vie économique". Elle sera illustrée par la vidéo de l'intervention de Jean-Yves Naudet "L'économie de marché" (Colloque du 4 février 2006 organisé par la Fondation de Service Politique et l'Association des Economistes Catholiques) et, si nous avons le temps, par l'enregistrement vidéo du témoignage de François Michelin (Colloque du 10 mars 2007 organisé par les 2 associations précitées).

La mise en place de ce groupe de travail répond aux consignes de Benoît XVI dans l’exhortation apostolique Sacramentum Caritatis : « 
Il est nécessaire que, dans les diocèses et dans les communautés chrétiennes, on fasse connaître et on promeuve la Doctrine Sociale de l’Église.
Dans ce patrimoine précieux, provenant de la plus antique tradition ecclésiale, nous trouvons les éléments qui orientent, de manière très sage, le comportement des chrétiens face aux questions sociales brûlantes. Cette doctrine, mûrie tout au long de l’histoire bimillénaire de l’Église, se caractérise par son réalisme et son équilibre, aidant ainsi à éviter les compromis erronés ou les vagues utopies. »

Par ailleurs, j'ai été informé de la sortie récente du livre "Comprendre la doctrine sociale de l'Eglise", de Anne Despaigne, aux éditions Traditions Monastiques.

Enfin, je signale un nouveau portail web consacré à la doctrine sociale de l'Eglise.

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7 octobre 2007 7 07 /10 /octobre /2007 05:51
Je partage la joie des supporters français, après la victoire de l'équipe de France en quart de finale de la coupe du monde de rugby, mais aussi la tristesse des supporters néo-zélandais. Ceci d'autant plus que j'ai du mal à accepter l'injustice, et, à ce titre, je suis mal à l'aise à cause de l'en-avant flagrant ayant entaché le 2e essai français (passe entre Damien Traille et Frédéric Michalak).

J'ai exprimé dans un
article précédent ma colère contre les dirigeants du football qui refusent d'avoir recours à la vidéo, alors même qu'elle permettrait d'éviter bon nombre d'erreurs d'arbitrage, donc d'injustices. En matière de rugby, il faut reconnaître que la situation est bien moins scandaleuse, puisque les arbitres font régulièrement appel à la vidéo pour valider ou non un essai et que des sanctions contre les actes de brutalité peuvent être prises a posteriori contre leurs auteurs, au vu des images vidéo. En rugby, donc, les tricheries sont (presque) systématiquement sanctionnées, pendant le match ou après (dans ce deuxième cas, l'équipe victime de la tricherie n'est pas "dédommagée" pendant le match, cependant, ce qui est regrettable). Mais certaines fautes non intentionnelles, notamment les en-avant, sont souvent oubliées, alors même qu'elles peuvent avoir des conséquences importantes sur le résultat.

Je trouve cela d'autant plus dommage qu'il ne devrait pas être compliqué, pour des spécialistes, de mettre au point un programme qui analyse les images vidéo en direct et signale systématiquement les en-avant. Celui ayant précédé l'essai français hier soir était manifeste, et le 4e arbitre aurait pu le signaler à l'arbitre grâce à son oreillette, mais ce n'est pas toujours le cas. Il me semble urgent de mettre la technologie au service de la justice, à laquelle le chrétien et libéral que je suis est particulièrement attaché.

Avec la vidéo, le premier essai néo-zélandais n'aurait, quant à lui, pas été marqué. Au départ de l'action, en effet, une touche rapide a est jouée par les Néo-zélandais, mais le lancer n'était pas droit et l'équipe de France aurait du bénéficier d'une mêlée sur la ligne des 15 mètres, à la hauteur de l'endroit où le lancer incorrect avait été effectué.

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20 septembre 2007 4 20 /09 /septembre /2007 07:17

Deux motifs de revenir sur un article ancien écrit sur le présent blog viennent de se présenter :
- mardi soir 18 septembre 2007, notre groupe de travail sur la doctrine sociale de l'Eglise catholique abordait le chapitre 6 du compendium, traitant du "Travail humain". Au cours de la réunion, la question du travail du dimanche fut largement débattue.
- le 20 septembre, un
article du blog du père Walter Covens traitait également de ce sujet du dimanche et nous invitait à aller signer une pétition en ligne, proposée par la CFTC, contre le travail du dimanche. Joseph Thouvenel, de la CFTC, était l'un des deux syndicalistes intervenus à la fin du colloque du 10 mars 2007 ayant pour thème "Humaniser le travail dans une société libre".

Il m'est toujours pénible de voir des des chrétiens prétendre interdire à tel ou tel de travailler le dimanche. Cette interdiction me semble en opposition frontale avec la Doctrine sociale de l'Eglise catholique, notamment avec le principe personnaliste : chaque être humain est une personne qui dispose de droits naturels que les autres personnes ont le devoir de respecter. Parmi ces droits : la liberté. Au nom de quoi restreindre la liberté de ceux qui souhaitent travailler le dimanche ? N'est-ce pas remettre en cause le principe même de laïcité ?

La position de Joseph Thouvenel est d'autant plus piquante que, si j'en crois la présentation faite de lui par le "Nouvel, Obs", il "ne va pas à la messe, sauf obligation" ! N'est-ce pas contradictoire de prendre cette liberté vis-à-vis de des règles d'une Eglise à laquelle personne ne l'a forcé à adhérer et, simultanément, de vouloir imposer aux autres son point de vue sur le travail dominical ?
De façon plus générale, je trouve l'attitude de la CFCT en totale opposition avec la doctrine sociale de l'Eglise, à laquelle elle fait (faisait ?) pourtant référence. La lutte pour préserver l'oligopole syndical, pour imposer un droit du travail pléthorique et asservisseur  à tous ceux, patrons ou salariés, qui voudraient pouvoir s'en affranchir, vont à l'encontre de la révélation biblique. Le Christ lui même s'est vu donner des leçons de morale, puis a été conduit au supplice de la croix, par ceux qui ne supportaient pas qu'il guérisse les malades le jour du sabbat, qu'il "se prétende fils de Dieu", ou que ses disciples et lui mangent chez les publicains (collecteurs d'impôts), ne se lavent pas les mains, mangent et boivent, ...  
A ceux-ci, le Christ disait (Lc, 13, 10-17) : "Hypocrites! Le jour du sabbat, chacun de vous ne détache-t-il pas de la mangeoire son boeuf ou son âne pour le mener boire?"

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19 septembre 2007 3 19 /09 /septembre /2007 22:31
Voici le remarquable article de Jean-Yves Naudet, datant de 3 ans, trouvé hier sur un blog fort intéressant sur la Doctrine sociale de l'Eglise.

Le commerce équitable est à la mode, il a même eu au début du mois de mai 2004 sa quinzaine destinée à sensibiliser les consommateurs à sa cause. Même s’il ne représente que 0,1 % du commerce européen avec les pays en voie de développement, il n’est pas sans importance dans un certain nombre de cas et il semble que près de 800 000 producteurs d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine bénéficient du système du commerce équitable. Celui-ci, en particulier, n’est pas négligeable pour le café, le thé, le chocolat, le miel, le riz, l’huile, le sucre, le cacao, les bananes et même certains produits plus manufacturés comme des bonnets ou des salopettes.
Cette idée de commerce équitable est née dans le milieu associatif dans les années 70, par exemple en France dans les boutiques Artisans du monde, mais il ne s’est véritablement développé que depuis une dizaine d’années. En Europe, il passe par des commerces de type associatif, mais il existe actuellement aussi des entreprises privées d’importation et de distribution dans ce domaine comme Alter Eco ou Echange équitable. Des industriels eux-mêmes importent, transforment ou conditionnent une partie de leur production dans le respect des règles du commerce équitable. Celui-ci est même désormais accessible aux consommateurs internautes avec les premières boutiques en ligne.
Enfin, couronnement sans doute, l’offre a gagné la grande distribution et il est possible de trouver des produits labellisés « commerce équitable » par exemple avec le label Max Havelaar dans les principaux hypermarchés ou supermarchés de nombreux pays d’Europe. Les consommateurs eux-mêmes connaissent mieux ces produits et un consommateur sur trois affirme en France connaître aujourd’hui l’existence du commerce équitable alors qu’il n’était qu’un sur dix il y a encore deux ans.
Le commerce équitable, qui concerne comme on l’a vu 800 000 familles, regroupe environ 300 unions de coopératives. La Fédération des Organisations de labellisation du commerce équitable reçoit un grand nombre de nouvelles demandes de labellisations en permanence de la part de coopératives.
Sans être donc devenu un phénomène majeur, le commerce équitable est un phénomène non-négligeable et important en particulier au niveau du combat des idées. Il importe donc de se pencher avec discernement sur ce phénomène. Il doit être d’abord clair que, d’une manière générale, les bonnes intentions ne sont pas en cause. La plupart des acteurs du commerce équitable sur le terrain sont des hommes de bonne volonté, qui ne souscriraient qu’à des objectifs de justice et de développement. Cela explique que les chrétiens soient nombreux à soutenir de telles opérations et s’engagent, parfois au nom de la Doctrine sociale de l’Eglise, dans la bataille du commerce équitable. Comment pourrait-on reprocher à des chrétiens de chercher à soulager la misère du monde ?
Pour autant cela n’empêche pas de se poser un certain nombre d’interrogations concernant ce commerce équitable. Ce qui me semble essentiel, c’est d’abord le fait que le commerce équitable soit un commerce. C’est à dire que l’on a enfin compris que les échanges extérieurs bénéficient à tous et que le commerce est la meilleure forme d’aide. On sait notamment que l’aide publique au tiers-monde est très largement gaspillée et qu’une part disparaît dans des phénomènes de corruption. Cette aide publique n’a jamais véritablement contribué au processus de développement du tiers-monde.
En revanche, on voit très bien comment le commerce international a bénéficié à tous ceux qui pouvaient y entrer. Les exemples des pays d’Asie du sud-est, comme ceux de l’Île Maurice ou de bien d’autres pays sont là pour nous montrer l’importance du commerce dans le développement économique. C’est un point qui est d’une évidence telle que l’on peut s’étonner que certains chrétiens soient hostiles au principe du commerce étendu au niveau mondial qui est d’ailleurs, en outre, non seulement un facteur de développement, mais également un facteur de paix. C’est ce que Montesquieu appelait « le doux commerce ».
Cette évidence est reconnue au plus haut niveau de l’Eglise par Jean-Paul II dans Centesimus annus au paragraphe 33. Je cite : « il n’y a pas très longtemps on soutenait que le développement supposait pour les pays les plus pauvres qu’ils restent isolés du marché mondial et qu’ils ne comptent que sur leurs propres forces. L’expérience de ces dernières années a montré que les pays qui se sont exclus des échanges généraux de l’activité économique sur le plan international ont connu la stagnation et la régression et que ledéveloppement a bénéficié aux pays qui ont réussi à y entrer ».
Et Jean-Paul II d’ajouter que le problème essentiel est d’obtenir un accès à ce commerce international et, là, on pourrait effectivement dire que les négociations qui ont abouti à la libéralisation du commerce international ont favorisé l’accès de tous les pays, y compris ceux du tiers-monde, aux échanges internationaux et donc à un processus de développement, alors qu’au contraire le protectionnisme, qui est encore très présent dans les pays riches, en particulier dans le monde agricole, que ce soit aux États-Unis ou dans l’Union Européenne, représente une forme d’égoïsme et empêche les pays du tiers monde de participer d’une manière équitable à ces échanges internationaux, car eux ne peuvent soutenir comme nous le faisons nos producteurs agricoles par des subventions.
Donc, il doit être clair que ce sont les alter-mondialistes qui sont opposés aux échanges et au commerce et pas l’Église. Ceux qui veulent instaurer un commerce équitable pour reprendre cette expression doivent poser comme postulat qu’il s’agit bien d’un commerce et d’un libre commerce. Lui seul permettra de sortir le tiers-monde  de sa misère.
Mais il y a autre chose dans le commerce équitable, c’est l’idée que le commerce international ne saurait être laissé aux seuls mécanismes du marché, et donc il y a dans le commerce équitable une certaine suspicion vis à vis des mécanismes du marché. Or, on ne voit pas comment le commerce libre peut passer par autre chose qu’un mécanisme du marché à partir du moment où l’on a affaire à un échange volontaire de part et d’autre, c’est cela même le principe de l’échange marchand.
Là encore Jean-Paul II a noté l’importance de ce mécanisme du marché et sa légitimité. Il affirme dans Centesimus annus au parag. 34 : « Il semble qu’à l’intérieur de chaque pays, comme dans les rapports internationaux, que le marché libre soit l’instrument le plus approprié pour répartir les ressources et répondre efficacement aux besoins ». Et encore au parag. 40 : « Les mécanismes du marché présentent des avantages solides, entre autre ils aident à mieux utiliser les ressources, ils favorisent les échanges de produits et surtout ils placent au centre la volonté et les préférences de la personne qui dans un contrat rencontre celle d’une autre personne ».
Ce qui veut dire que la supériorité du marché n’est pas seulement technique, mais également éthique : c’est le fait que ce sont, dans un contrat libre, deux volontés libres qui se rencontrent et c’est ce qui fait la supériorité éthique du marché.
Cela n’empêche pas que le marché puisse avoir des limites, que tous les besoins ne puissent passer par le marché, que le marché ne considère, comme le souligne Jean-Paul II, que les besoins solvables et comme le Pape le dit : « Le marché ne peut fonctionner sans une dimension éthique et, en outre, il y a des biens qui en raison de leur nature ne peuvent, ni ne doivent, être vendus ou achetés ». Tout ne s’achète pas ; tout ne se vend pas.
Mais si l’on remet souvent en cause le marché sur le plan international, c’est parce qu’on se réfère à une forme très particulière de marché qui est celui des matières premières. Il est vrai que les cours des matières premières ont tendance à fluctuer. Il est faux de penser, comme on l’a souvent affirmé, qu’il existe une dégradation des termes de l’échange à sens unique qui ferait que le prix évolue toujours à la baisse. L’exemple de l’énergie, et tout particulièrement du pétrole, est là pour nous montrer que les cours des matières premières ou de l’énergie peuvent également fluctuer avec une tendance à la hausse.
Mais il faut voir que si les cours des matières premières fluctuent, c’est essentiellement en raison de la conjoncture internationale et, par exemple, ces temps-ci la forte croissance en Chine, en Inde, ou aux Etats-Unis, provoque plutôt une tendance à la hausse du prix des matières premières ou de l’énergie. Et donc l’exemple de la fluctuation des cours des matières premières n’est pas convaincant pour condamner le marché. Mais il faut surtout partir d’une idée qui est également soulignée dans Centesimus annus par Jean-Paul II qui est le fait que ce ne sont pas les ressources naturelles qui constituent l’essentiel de la richesse d’un pays et que l’essentiel de la richesse, nous dit le Pape, vient de la propriété de la connaissance, de la technique et du savoir. Jean-Paul II ajoute : « La richesse des pays industrialisés se fonde bien plus sur ce type de propriété que sur celui des ressources naturelles ».
On voit très bien comment certains pays, comme le Japon ou la Suisse, se sont parfaitement développés sans avoir la moindre ressource naturelle. On peut faire la même observation pour le tiers-monde. Les pays du tiers-monde qui s’en sont tenus à leurs ressources naturelles ont effectivement connu des difficultés de développement, et il est vrai que la vente des matières premières ne suffit pas à provoquer un processus de développement.
Au contraire, les pays du tiers-monde qui ont su diversifier leur production et par là leurs exportations ont pu bénéficier d’un véritable processus de développement.
Il faut donc partir d’un principe de base, c’est le fait que dans un échange il y a toujours une dimension volontaire. Nul n’est obligé d’échanger et, s’il le fait, c’est qu’il y a trouvé un intérêt et donc il faut abandonner cette idée suivant laquelle dans un échange il y aurait toujours un gagnant et un perdant ; un exploiteur et un exploité, ce qui est une idée qui nous vient avant tout du marxisme, alors que dans la réalité lorsqu’il y a un échange libre et véritablement volontaire, il y a deux gagnants : l’un comme l’autre bénéficient de l’échange.
C’est là sans doute qu’on se heurte à une difficulté à propos du commerce équitable. Il y a dans le commerce équitable, avant tout, l’idée que le prix du marché n’est pas un juste prix et donc il faut par un mécanisme quelconque négocier l’échange à un prix plus élevé de façon à satisfaire le besoin de justice de la part du vendeur. Or, cette analyse repose sur une idée, qui est le fait qu’il y ait une valeur objective à l’échange, c’est à dire que le juste prix soit un résultat. Le prix est juste quand il atteint par exemple tant d’euros et donc un niveau donné.
Or, c’est un problème qui n’est pas nouveau et sur lequel je voudrais m’attarder un instant parce qu’il a agité tout le Moyen-âge. Il est vrai que certains scolastiques pensaient qu’il pouvait exister un juste prix objectif, suivant en cela une théorie objective de la valeur, mais la seule valeur objective, totalement inacceptable sur le plan moral, c’est la valeur travail qui sera beaucoup plus tard défendue, au 19e siècle, par Marx, et plus tard, par les marxistes. Évidemment, si la valeur travail est exacte, il y a alors bien un juste prix ; un prix objectif, qui est également juste. Mais la réalité est différente. Comme vont le montrer les scolastiques tardifs de l’école de Salamanque qui ont su résoudre ce problème, la valeur est subjective.
Je reprends ce débat en détail. C’est évidemment Saint Thomas d’Aquin qui engage la discussion au 13e siècle et Daniel Villey a bien résumé le débat en indiquant qu’on professait alors une théorie psychologique de la valeur. Les scolastiques dissertent à l’envie sur la virtuositas qui est l’utilité commune, objective ; la placabilitas qui est l’utilité particulière pour un individu et la raritas dont la notion est psychologique et presque Walrasienne.
Seulement, le besoin, en fin de compte, est quelque chose de subjectif et si la valeur devait se mesurer sur le besoin, chaque chose aurait autant de valeurs différentes qu’il y aurait d’individus. Or, il faut à nos théologiens un prix objectif, unique, incontestable, qui va s’imposer moralement aux parties, et c’est ainsi qu’ils vont se trouver conduits à voir dans le coût de production, c’est-à-dire, à l’époque, essentiellement dans le travail, la norme du juste prix.
Évidemment, cela ne fait pas des théologiens du moyen-âge des ancêtres lointains de Marx et de sa théorie de la valeur travail empruntée à Ricardo. Daniel VILLEY note bien que : « Saint Thomas est innocent de l’erreur scientifique de la valeur travail. Le juste prix n’est pas la valeur ». Le point de vue des scolastiques est moral, il s’agit pour eux de donner des directives aux confesseurs embarrassés et Saint Thomas veut surtout éviter la tromperie ou l’abus de situation particulière de la part d’un vendeur, mais il n’en reste pas moins que faute de mieux, comme le souligne Daniel VILLEY : « Le coût de production mesuré en travail leur apparaît comme un substrat de tout cela et donc un indice commode pour déterminer pratiquement le juste prix de façon à peu près satisfaisante ».
Si l’on en restait là, alors, les tenants du commerce équitable auraient raison puisque le juste prix pourrait se mesurer d’une manière objective, il ne serait pas un prix de marché. GILSON reprend cette analyse, toujours à propos des scolastiques : « L’achat et la vente sont des pratiques introduites pour la commodité de l’acheteur aussi bien que du vendeur. Chacun d’eux a besoin de ce que l’autre possède. Ils doivent donc procéder à un échange de biens, mais comme cet échange a pour objet de rendre service à tous deux, il ne doit devenir une charge ni pour l’un, ni pour l’autre. Le contrat qui s’établit entre l’acheteur et le vendeur doit donc se solder par une égalité ».
En d’autres termes, il faut qu’il y ait égalité entre les objets livrés par le vendeur et le prix payé par l’acheteur. Le prix est la mesure de grandeur des choses utiles à la vie. Chaque quantité de ces choses se mesure par un prix donné. La monnaie a été inventée pour représenter ce prix. Si le prix dépassait la valeur de la chose ou inversement si la valeur de la chose dépassait le prix, l’égalité que requiert la justice serait abolie.
Il est donc de soi injuste et illicite de vendre une chose plus chère ou meilleur marché qu’elle ne vaut. Mais combien vaut-elle en pratique ? De nombreux facteurs interviennent. Par exemple, si un vendeur tient beaucoup à sa marchandise, le juste prix peut tenir compte du sacrifice qu’il fait. Toute fraude doit entraîner restitution. Tout défaut manifeste du produit doit se traduire dans le prix. D’autres facteurs plus complexes interviennent. Ainsi vendre un produit dans une région où il manque et le vendre à un bon prix parce qu’on arrive le premier, pour reprendre un exemple cité par Saint Thomas, n’est pas une faute. Saint Thomas estime qu’il ne semble pas que le vendeur lèse la justice en n’annonçant pas l’arrivée de ses concurrents et en vendant son blé au prix qu’on lui en offre, « mais, ajoute-t-il, il y aurait plus de vertu de sa part soit à l’annoncer, soit à rabattre de son prix ».
Comprenons bien la position de Saint Thomas, il n’a pas ici de système, il n’a que des principes. Or, c’est là que les choses vont s’éclaircir avec les derniers des scolastiques, les jésuites espagnol du 16e siècle et notamment l’école de Salamanque. C’est un point qui a été souligné en particulier par HAYEK. HAYEK remarque que dans l’œuvre de l’un d’entre eux, Louis MOLINA, il est par exemple expliqué que le prix naturel est ainsi appelé parce qu’il résulte de la chose même, sans égard aux lois et aux décrets, mais qu’il dépend de maintes circonstances qui le modifient, telles que les sentiments des gens, leur estimation des différents usages, souvent même selon les humeurs et les plaisirs.
Ils allaient jusqu’à souligner que le prix mathématique précis auquel une marchandise pouvait être justement vendue n’était connu que de Dieu seul parce qu’il dépend de plus de circonstances que ne pouvait en connaître un seul homme. Et donc, par conséquent, nous dit Johan de LUGO : « La détermination du juste prix doit être laissée au marché ».
Ainsi, note HAYEK : « Les efforts pour définir un juste prix se sont heurtés à des difficultés jusqu’au moment où les derniers scolastiques – je cite Hayek – se mirent à enseigner à la place que les prix dégagés par la juste conduite des participants au marché, c’est-à-dire des prix concurrentiels exempts de fraude, de monopole ou de violence, étaient tout ce que la justice demandait. HAYEK précise que l’exposé le plus important du concept de juste prix chez les Jésuites espagnols de la fin du 16e siècle se trouve chez Louis MOLINA, notamment dans la question 348-3 où le juste prix est défini comme « celui qui se formera lorsque – je cite MOLINA – : sans fraude, sans exclusivité de marché et sans les autres artifices, une chose quelconque a coutume d’être vendue de façon habituelle à tel prix dans une région ou dans un lieu. C’est cela qu’il faut tenir comme mesure et comme règle pour déterminer le prix juste de cette chose dans cette région ».
Raoul AUDOUIN commente ainsi les propos d’Hayek : « la pierre fondamentale ici c’est la notion de juste prix, entendue comme le prix qui apparaît sur un marché libre, ouvert, informé ». Alors que tout le Moyen-âge avait été consacré à chercher à justifier l’immixtion du pouvoir politique dans la fixation des prix, les casuistes de Salamanque étaient arrivés à la conclusion contraire avec un raisonnement qui estimait en substance que Dieu seul pouvait connaître et juger les innombrables éléments qui concourent à la formation d’un prix. Il était présomptueux de vouloir se substituer à lui et donc le juste prix ne peut être un résultat. Le prix est juste si les conditions sont justes, c’est à dire s’il s’agit d’un véritable prix de marché. C’est un point essentiel, le juste prix n’est pas un résultat, mais un problème de condition. Ce n’est pas une justice de résultat, c’est une justice de procédure.
Le prix est juste quand les conditions de fonctionnement du marché sont justes, c’est à dire, je le répète, quand le marché est libre, ouvert, sans fraude, sans monopole, sans manipulation, bref, quand il s’agit d’un marché de concurrence.
Ce que l’on a mis du temps à comprendre, c’est que la valeur est un phénomène subjectif. Chacun de nous accorde une valeur différente aux biens et si un bien ne correspond pour moi à aucun besoin, à aucune nécessité, sa valeur sera nulle, même s’il a coûté à produire. On ne produit pas pour satisfaire le producteur, on produit pour répondre aux besoins d’une personne et donc personne ne peut dire à l’avance quel est le juste prix et encore moins une instance étatique ou supra-nationale.
Seul le marché permet de découvrir le juste prix. Personne d’autre que le fonctionnement du marché, s’il est vraiment libre, ne peut déterminer le prix et prétendre le contraire, c’est vouloir revenir aux prix administrés, c’est-à-dire à la fixation des prix par une instance politique et que cette instance soit internationale ou supra-étatique, comme certains partisans extrêmes du commerce équitable le soutiennent, en prétendant qu’il faudrait que ce soit une instance internationale qui fixe les prix des marchés internationaux, ne change rien au fait qu’elle établira ce que Jacques RUEFF appelait un « faux prix » et un faux prix conduit forcément à de fausses et de mauvaises décisions.
Un prix arbitraire, plus élevé que le prix de concurrence, stimule l’offre, décourage la demande, et aboutit à des surproductions artificielles. La Politique Agricole Commune en Europe nous en fournit chaque jour des exemples au niveau de notre Union Européenne. Est-ce cette politique, qui a provoqué par exemple tant de surproduction, et, en même temps, le mécontentement de tant d’agriculteurs, que les tenants du commerce équitable veulent étendre au niveau de tout le commerce mondial ? Le prix n’est pas un élément arbitraire, mais traduit les réalités des raretés sur les marchés. C’est un vecteur d’informations et ces informations ne doivent pas être faussées.
En réalité, il me semble qu’il y a dans les thèses du commerce équitable deux courants inconciliables. L’un est composé de ceux qui veulent en conscience agir pour le bien des producteurs du tiers-monde. Ceux-là sont alors prêts sur une base volontaire, j’insiste sur ce caractère volontaire, à payer librement un surcroît de prix pour aider les producteurs et c’est d’autant plus juste qu’on ne doit pas oublier qu’il existe habituellement une contrepartie à ce prix supérieur payé au producteur, car il y a un cahier des charges portant sur la qualité du produit et les délais à respecter.
Il ne s’agit donc pas tout à fait d’un don sans exigence ou contrepartie, même s’il est vrai que l’on pourrait sans doute acheter mieux, ou moins cher ailleurs, dans les circuits de distribution organisés, mais il y a là sans doute une dimension éducative du commerce équitable qui participe à la mise à niveau du marché des producteurs du sud. Donc, si l’on est prêt, sur une base volontaire, à payer librement un surcroît de prix pour aider les producteurs, il n’y a là aucune objection, puisque c’est librement consenti de part et d’autre et rien ne nous interdit de surpayer, si nous le voulons, les produits pour transférer une aide à nos frères du tiers-monde. C’est une forme de solidarité volontaire tout à fait honorable et conforme à l’éthique.
Mais il y a dans ces thèses un autre courant qui, lui, camoufle mal ses arrières pensées. Il est fondamentalement hostile au libre marché, et derrière l’apparence du commerce équitable, il veut remplacer le marché par des mécanismes internationaux de régulation étatiques, ou supra-étatique, c’est à dire par ce qui a échoué partout dans le monde, un organisme politique décidant arbitrairement de fixer le prix ou de fixer les quantités suivant les cas. Et, là, l’opposition au marché ne se fait pas pour de bonnes raisons, mais pour des raisons idéologiques. Ce courant-là, les proches de l’alter-mondialisme, sous des prétextes faussement altruistes, visent à détruire, au nom d’une idéologie, l’économie libre.
Il est vrai qu’en apparence les uns et les autres défendent un commerce équitable, mais les arrières pensées ne sont pas ici sans importance. Or, ceux qui veulent sincèrement le bien des peuples du tiers-monde doivent savoir, et je cite Jean-Paul II dans Centesimus annus au parag. 58 : « qu’il ne s’agit pas non plus de détruire les instruments d’organisation sociale qui ont fait leurs preuves, mais de les orienter en fonction d’une juste conception du bien commun ». Le marché libre, l’expérience des pays de l’Est ne nous le montre a contrario que trop, de même que l’échec à l’Ouest des manipulations du marché, le marché libre fait partie des instruments d’organisation sociale qui ont fait leurs preuves. Le souci légitime des plus démunis, présent dans le commerce équitable, ne doit pas nous faire oublier le nécessaire discernement face aux solutions trop simplistes pour être totalement innocentes ou efficaces. La réalité économique et sociale est toujours plus complexe qu’il n’y paraît et il faut se méfier des solutions trop simples.

Le commerce équitable, le commerce juste, c’est avant tout le commerce libre, librement consenti entre les deux parties à l’échange.

Intervention du Professeur Jean-Yves NAUDET de l'Université d’Aix-Marseille III 
Pampelune- Septembre 2004
jean-yves.naudet@univ-cezanne.fr

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9 septembre 2007 7 09 /09 /septembre /2007 16:42

Hier, 8 septembre 2007, avait lieu la journée des associations à Ozoir.

Cette manifestation, organisée par la municipalité, permet aux associations de se présenter à la population et de recruter de nouveau membres. Le gymnase Belle-Croix, qui l'accueillait, était séparé en 2 parties de taille inégale : d'un (grand) côté, les associations sportives, d'un (petit) autre, les associations "culturelles", dont AGIR LIBRE, association locale dont j'ai participé à la création, en 2001, et dont je suis Président. AGIR LIBRE est également, depuis l'origine, un cercle local de Génération Libérale et, depuis moins longtemps, le
comité Liberté Chérie de la Brie.

C'est la 3e fois que nous avions un stand. Seul de notre association à pouvoir assurer une permanence, cette année, je suis heureux d'être arrivé à entrer en contact avec bien plus de monde que les fois précédentes. Voici comment je m'y suis pris.

Mon stand comportait deux panneaux, sur lesquels j'avais accroché 3 T-shirts de Liberté Chérie (dont "Enjoy Capitalism" et " CGT : 35 heures de grève payées 39") et quelques textes de Frédéric Bastiat. Devant, deux chaises et une table, sur laquelle j'avais disposé une bonne quinzaine de livres libéraux et l'affiche de la "Fête de la Liberté" du 16 juillet 2007. Plusieurs mètres devant la table, pour que les passants ne puissent le manquer, j'avais disposé un tréteau sur les faces duquel figurait une affiche présentant le "
Jour de la libération fiscale" : "Le 16 juillet 2007, vous commencez enfin à travailler pour vous et votre famille". Cette affiche en a intrigué et attiré plus d'un vers notre stand !

J'avais préparé des bordereaux couvrant chacun un tiers de page A4. Leur partie haute comportait le texte suivant :
"Libéral" ou "libéralisme", cela évoque pour moi ...
suivi d'une zone blanche permettant d'écrire 5 ou 6 lignes.
La partie basse permettait à la personne interrogée de me laisser ses coordonnées (adresse mél, en particulier) et de m'indiquer si elle soutenait AGIR LIBRE,
Liberté Chérie et Contribuables Associés et si elle autorisait ces associations à la tenir informée de leurs activités.

Dès qu'un personne jetait un regard vers notre stand, ou s'en approchait, j'engageait la conversation, dans un ordre indifférent,
- en lui proposant un pin's pour célébrer le
jour de libération fiscale ;
- en lui demandant de bien vouloir répondre à la question du bordereau précité.
La plupart des gens s'y prêtait de bonne grâce. Certains ajoutaient leurs coordonnées sans qu'il soit besoin de le leur demander.

Voici quelques-un des commentaires récupérés :
- Lisa : "Le libéralisme s'oppose au protectionnisme en économie. C'est la liberté des marchés, la liberté en général (moeurs, ...)"
- "Libéralisme : tout est permis aux plus aisés. Diminution, disparition de la classe moyenne."
- Léone : "Cela exprime pour moi la liberté. Être libre pour être au service des autres"
- Une dame : "Système économique avec un minimum d'intervention de l'Etat et permettant un développement libre de l'entreprise, sans prise en compte des réalités sociales"
- Michel : "Ces deux termes évoquent pour moi : chacun pour soi, Dieu pour tous. En d'autres mots, ce n'est pas un exemple à suivre."
- Richard : "Une grande liberté de mouvement, permettant beaucoup d'initiatives privées et publiques"
- Stéphanie : "Liberté"
- Catherine : "Liberté individuelle, sans entraver celle des autres. Respecter la pensée d'autrui"
- Serge : "Être libéral, c'est être en accord avec autui sans idée partisanne"
- Un monsieur : "Chacun pour soi. Le jour de la libération fiscale ? On ne travaille pas pour l'Etat, mais pour la collectivité ! L'Etat, c'est moi."
- Ginette : "Quelque chose qui sort des règles établies et, surtout, du carcan de certaines lois. Le libéralisme peut être positif ou négatif : s'il n'est pas encadré, il peut y avoir des abus"
- Bernard : "Le libéralisme est quelque chose de très dangereux, s'il est mal utilisé. C'est la porte ouverte à n'importe quel abus. Le libéralisme doit être contrôlé, mais alors ce n'est plus du libéralisme."
- Frédéric, auditeur de Radio Courtoisie, fan de Patrick Simon, et qui m'achète un exemplaire de "Ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas", de
Frédéric Bastiat : "Liberté d'entreprendre"
- Irène : "Empire de l'argent. Inhumain. Anti ècolo. Anti bien-être de l'homme. Pouvoir suprême de l'argent".
- Un monsieur, membre de la Fédération des Motards en Colère : "La légalité d'agir à sa guise pour tout le monde. Avoir le choix de travailler comme on veut"
- Un monsieur : "A l'heure actuelle (2007), quelque chose d'excessif dans ses manifestations et qui, à mon avis, ne concourt pas au bien-être futur de la totalité de l'humanité"
- Annette, une catholique : "Les Etats-Unis, le régime américain avec surtout le pouvoir de l'argent. Les hommes sont seconds. Je trouve que ce n'est pas dans la ligne du christianisme".
- Marguerite, une Antillaise très ouverte, joyeuse, positive, mère de 4 enfants et ne sortant jamais sans chapeau : "Être libéral, c'est faire des choses selon ses convictions, ses idées. J'en ai une image positive"
- Florence, dont le texte me plait bien : "Le respect des valeurs politiques, religieuses, culturelles. La prise de conscience que chacun est responsable de ses actes, de ses pensées, de l'avenir de notre société, de notre environnement, de nos enfants. Chacun à sa place, sans jamais oublier l'autre, sans oublier les lois ... Chacun à notre niveau, nous pouvons construire un monde libéral"

Chaque année, l'association "Paroles d'Ozoir" fait parler d'elle. Composée majoritairement de personnes "de gauche", s'opposant, notamment via le journal "Ricochets", au maire UMP, Jean-François Oneto, elles sont systématiquement privées de stand par celui-ci. Cette année, ses membres, arborant un T-shirt de leur association, ont largement parcouru les allées du gymnase Belle-Croix et ont tenu un stand à l'exterieur de celui-ci, sur le trottoir faisant face à l'entrée.
Je trouve cette attitude de la mairie à la fois injuste (tous n'ont pas les mêmes droits !) et contre-productive : elle  contribue à rendre le maire antipathique aux yeux de beaucoup et à faire de la publicité à bon compte à Paroles d'Ozoir. Dans une commune libérale, la mairie, conformément au
principe de subsidiarité, n'interviendrait pas dans les affaires des associations en les subventionnant ou en organisant de telles manifestations.

 

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28 août 2007 2 28 /08 /août /2007 06:52
(Voir article plus récent sur le même sujet.)

Hier, deux articles de commentaires sur la crise financière en cours ont été publiés par des libéraux. Guillaume Vuillemey, dans le Figaro, a intitulé le sien "
Crise financière : les coupables sont-ils ceux que l'ont croit ?" et Jacques Garello, dans la Nouvelle Lettre, a choisi "Mondialisation irresponsable et injuste" pour titre de son éditorial. Tous deux vont dans le même sens, bien entendu, et leur clarté les rend compréhensibles par tout le monde. Je les reproduis ci-après. 

"Depuis plusieurs jours, les marchés financiers sont saisis d'une peur que les différentes banques centrales peinent à apaiser. Tous les indices se sont repliés suite à l'annonce de la mise en faillite de nombreuses sociétés de crédit immobilier aux États-Unis, dont l'American Home Mortgage.
 
Les banques centrales européenne et américaine viennent d'ailleurs d'injecter des centaines de milliards d'euros dans les circuits bancaires afin d'éviter que des banques soient en situation de cessation de paiement.
 
Aux États-Unis, les créances immobilières sont des produits cotés sur les marchés financiers et intégrés à certains fonds gérés par des banques. Or, depuis début 2007, il y a une hausse des défaillances des emprunteurs dits subprime, c'est-à-dire la catégorie d'emprunteurs ne satisfaisant pas aux critères classiques d'obtention du crédit. C'est ainsi que certaines banques ont dû geler des fonds dont les valeurs avaient chuté de manière vertigineuse.
 
Ne sommes-nous pas en train de contempler les dégâts d'une nouvelle « défaillance des marchés financiers », lesquels, poussés par l'appât du gain, accordent des prêts fort hasardeux à des taux très élevés ? Cette analyse sera probablement celle de nombreux gouvernements qui trouveront là un bon prétexte pour intervenir en contrôlant de manière toujours plus intrusive l'activité économique.
 
Pourtant, le niveau des prêts accordés par une banque commerciale dépend aujourd'hui essentiellement de deux variables, les taux directeurs et le niveau des réserves obligatoires, tous deux imposés par la banque centrale.
 
Il est donc paradoxal que les déterminants principaux de l'activité d'une entreprise privée - la banque commerciale - dépendent directement du bon vouloir d'un acteur public - la banque centrale.
 
Nous sommes donc en présence d'un système où les banques commerciales cherchent à se faire rémunérer l'argent de leurs déposants en le prêtant, le risque étant pour une large part supporté par les épargnants. Cette déresponsabilisation est accrue par le rôle de prêteur en dernier ressort conféré aux banques centrales, lesquelles préservent les banques commerciales et les fonds d'investissement de la faillite, en créant de la monnaie en période de crise. De cela, il résulte une hausse générale des prix - l'inflation - qui se fait au détriment du pouvoir d'achat des citoyens, mais qui profite aux bénéficiaires du crédit, à savoir essentiellement l'État et les hautes sphères de la finance. L'existence même de la banque centrale est donc une incitation forte pour les institutions financières à prendre d'autant plus de risques qu'elles ont l'assurance de ne pas avoir à assumer les conséquences de ces risques.
  
Est-ce à dire qu'il faudrait supprimer les banques centrales et, de facto, abolir le monopole public d'émission de la monnaie ? Une telle idée n'est pas aussi iconoclaste qu'elle peut le paraître au premier abord. Ainsi, historiquement, la Banque de France (remplacée aujourd'hui par la Banque centrale européenne) s'est vu accorder le monopole d'émission de la monnaie par Napoléon en 1803, dans une volonté de financer les guerres de conquête avec du papier-monnaie et de contrôler l'ensemble des ressorts du pays. Avant cette date, le système bancaire était libre, c'est-à-dire soumis aux lois de la concurrence et basé sur un actif tangible, l'or. Friedrich von Hayek, récompensé par le prix Nobel d'économie en 1974 pour sa contribution sur le lien entre banque centrale et cycles économiques, publia en 1978 un long article intitulé « Denationalisation of Money», dans lequel il montrait que des monnaies libres seraient moins inflationnistes et stimuleraient beaucoup moins les cycles d'expansion et de krachs que des monnaies publiques. Ce débat est d'une actualité brûlante en ces périodes de crises financières globales répétées, comme le souligne Benn Steil dans son article « The End of National Currency », paru dans Foreign Affairs en mai dernier.
 
En quoi de telles monnaies auraient-elles pu nous permettre d'éviter la crise financière que nous traversons actuellement ? Des banques qui émettraient leur propre monnaie auraient un intérêt évident à veiller à la solvabilité de leurs prêts. Une banque qui accumulerait des créances douteuses - ce qui est le cas de nombreuses banques actuelles qui sont fortement exposées au cours du subprime - seraient immédiatement sanctionnées par leurs clients qui feraient le choix d'autres banques et d'autres monnaies. Le libre choix est un puissant système de régulation des marchés financiers.
  
Par la détention d'un monopole sur l'émission de monnaie, les banques centrales imposent à tout citoyen d'un territoire donné l'usage d'une monnaie déterminée, détruisant ainsi tout lien de confiance entre offreur et demandeur de monnaie. Aucune régulation efficiente ne saurait être basée sur d'aussi fragiles principes. Ainsi, puisqu'il semble que le monopole public d'émission de la monnaie soit à l'origine de la crise que nous connaissons aujourd'hui, la question de son abolition mérite d'être posée.

Guillaume Vuillemey, analyste pour l'association libérale Liberté Chérie.

"La crise qui secoue les banques et les bourses du monde entier est la rançon d’une mondialisation irresponsable et injuste.
Bien évidemment, je suis un partisan convaincu de la mondialisation quand elle signifie l’élargissement de l’espace marchand au monde entier, la suppression de toutes les frontières économiques et le jeu bienfaisant de la concurrence.
Hélas, les vertus de la mondialisation sont altérées par la rémanence de politiques, de mœurs et d’institutions héritées de l’économie dirigée et protectionniste qui a dominé le XXème siècle.
 
La monnaie gérée par les banques centrales est un exemple de ces scories du passé. Cette Lettre vous donne une lecture simple de l’affaire des « subprime ». En quête de taux d’intérêt usuraires certaines banques et opérateurs financiers se sont lancés dans des crédits très risqués : on a prêté à des gens a priori insolvables pour qu’ils apposent leur signature au bas d’un contrat de vente d’un appartement ou d’une maison. Tout le monde y trouve son compte : des impécunieux peuvent accéder à la propriété (ce qui semble très « social »), les promoteurs et agents immobiliers vendent des mètres carrés, et les banques s’engraissent rapidement.
Mais la fatalité veut que tôt ou tard la « chaîne » se casse. Les emprunteurs ne remboursant pas, les banques ne peuvent reconstituer leurs liquidités. Fort heureusement, les banques centrales leur tendent une main secourable. « Nous couvrirons tous les crédits à 100% », dit la Banque Centrale Européenne. De son côté, sans s’en vanter, la FED américaine abaisse son taux d’intérêt pour permettre aux banques de se ravitailler en billets verts auprès d’elle, et à moindres frais.
Pensons à une chose : si les banques avaient dû payer sur-le-champ leurs erreurs de gestion, elles ne se seraient pas comportées de la même manière. Mais elles savent disposer du parachute des banques centrales, et elles sont quasi-certaines d’une impunité. En clair, le système monétaire est aujourd’hui une prime à l’irresponsabilité des banques.
 
Ce laxisme des banques centrales faisait la crainte de RUEFF, FRIEDMAN et HAYEK. Ils savaient que la manipulation de la monnaie par les banques centrales ne pouvait amener que désajustements dans l’économie, distribution de « faux droits » (Jacques Rueff). Car l’économie de marché étant une économie de responsabilité, le crédit ne peut s’obtenir que si on y a un droit économique, c'est-à-dire une possibilité de rembourser sur une valeur future. Quand YUNUS prête à de micro-entreprises en Inde ou en Afrique, l’argent va à des individus ou des familles qui développeront une activité, qui travailleront de façon intense et intelligente. Ce sont de « vrais droits ». Quand on accorde un crédit à la consommation ou au logement à des assistés sociaux (même s’ils n’y sont pour rien), on distribue de faux droits. Les keynésiens, évidemment, n’y voient qu’avantages : pour prospérer l’essentiel n’est-il pas de dépenser ?
La « justice sociale » si souvent évoquée en l’affaire n’y trouve pas son compte. Car des milliers de gens vont finalement payer l’addition bien malgré eux. D’abord les actionnaires et le personnel des banques et institutions financières perdantes : leur patrimoine ou leur salaire sera amputé. Ensuite, les victimes prochaines de l’inflation qui suit immanquablement l’émission inconsidérée de  monnaie par les banques centrales : ce sont les plus dépourvus qui sont les premiers frappés. Encore les contribuables, quand l’Etat se mettra en peine d’apporter sa garantie et fera gonfler encore la dette publique. Enfin, tous ceux qui vont finalement pâtir des dérèglements introduits dans le marché, parce que les prix et les revenus auront été faussés par la dégradation de la monnaie et la politique de « monnaie facile ».
L’irresponsabilité et la facilité ne peuvent s’instaurer dans une économie de marché. Tant que les échanges ont été nationaux, un pays déraisonnable supportait seul les conséquences de ses erreurs. La mondialisation permet à tous les pays de progresser, mais mondialise aussi les comportements aberrants. Nous en sommes là.
Deux voies se présentent devant nous : ou bien revenir à l’économie nationale fermée – c’est le scénario catastrophe impensable aujourd’hui – ou bien accompagner la mondialisation des nécessaires disciplines qu’elle requiert. Il faut réviser les institutions monétaires, mais aussi les institutions politiques, fiscales, juridiques, sociales, qui ne s’accordent pas avec cette loi fondamentale de l’humanité : pas de liberté ni de progrès sans responsabilité.
Ce sont les institutions d’une mondialisation responsable et juste qui vont se mettre en place, pourvu que les Etats cessent de manipuler les échanges et leurs règles du jeu.
Nous sommes réunis à Aix en Provence en cette XXX° Université de la Nouvelle Economie pour en parler. Mais aussi pour rappeler à tous les décideurs politiques que le temps est venu non seulement des réformes institutionnelles propices à la concurrence et à la compétitivité, mais aussi d’un recul de leurs interventions et d’un retrait de leurs ambitions. Certains pays pourraient souffrir lourdement de ne pas entendre l’avertissement, et la France plus que tout autre puisqu’elle a les institutions les plus décalées par rapport aux exigences de la mondialisation."

Jacques Garello

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