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28 janvier 2009 3 28 /01 /janvier /2009 07:30

Encore un article fort intéressant de Jean-Yves Naudet, Président de l'AEC (Association des Economistes Catholiques), sur le site de l'ALEPS !

Les taux d’intérêt font la une de l’actualité. D’une part le taux du livret A en France a été ramené de 4 à 2,5%, d’autre part, et les principaux taux des banques centrales, aux Etats-Unis, en Angleterre et encore le 15 janvier en Europe avec la BCE ont été également révisés à la baisse. Dans le premier cas, il s’agit d’un taux d’intérêt créditeur, pour les épargnants, dans l’autre d’un taux débiteur, appliqué aux banques « de second rang » qui veulent emprunter des liquidités aux banques centrales. Mais les deux ne sont pas sans lien : dans les deux cas, le taux est « fixé ». Mais qui fixe le taux, comment et pourquoi ?

 

Apprenez à calculer le taux du livret A

 

Ceux qui pensent que c’est le gouvernement qui fixe le taux du livret A se trompent. Il est vrai que jusqu’en 2008 il en était ainsi, et pour cause : le livret était géré par des institutions publiques et alimentait avant tout le financement public. Nous étions dans un contexte d’épargne « administrée ». Elle avait lieu à travers des circuits étatiques ou paraétatiques, des banques publiques (qui n’ont été peu à peu privatisées qu’il y a vingt ans) ou des organismes publics comme La Poste, les Caisses d’Epargne, etc. Cet argent n’allait d’ailleurs pas ensuite sur les marchés pour financer l’économie, mais dans des réseaux privilégiés comme la Caisse des Dépôts et Consignations, pour financer le logement social ou les prêts aux collectivités locales. Dans ces conditions, rien d’étonnant à ce que le taux soit maintenu à un niveau artificiellement bas, pour permettre un financement à bas prix du logement social, des infrastructures et des équipements des collectivités locales. La faiblesse du taux était compensée par la déductibilité fiscale des intérêts perçus par l’épargnant.

Ces « privilèges » n’avaient pas trouvé grâce aux yeux des autorités de Bruxelles, hostiles à une épargne« administrée », faussant la concurrence avec les circuits financiers privés.

Aussi, l’arrêté du 29 janvier 2008 a-t-il rompu avec cette tradition : désormais, l’Etat ne peut plus fixer à sa guise le taux du livret A. Ce taux est calculé suivant une formule simple, bien  adaptée  à une épargne qui se veut « populaire » :« les taux du livret A et du LDD sont  égaux,  après  arrondi

 


 

au quart de point le plus proche, au chiffre le plus élevé entre a)La moyenne arithmétique entre d’une part, la moitié de la somme de la moyenne mensuelle de l’Euribor 3 mois et de la moyenne mensuelle de l’Eonia, et, d’autre part, l’inflation en France mesurée par la variation sur les 12 derniers mois connus de l’indice INSEE des prix à la consommation ; b) L’inflation majorée d‘un quart de point ». Simplicité de cette formule abracadabrantesque !

 

Ce taux n’est pas un prix

 

Ce taux « mathématique » n’est pas le résultat de la confrontation d’une offre et d’une demande : c’est un « faux prix », comme disait Jacques Rueff. La logique aurait pourtant voulu qu’on se réfère plus simplement au marché, du moment où la concurrence était introduite par l’extension des privilèges fiscaux du livret A à toutes les banques.

Mais l’arrêté de 2008 n’est pas un retour au marché, bien qu’il veuille passer pour un retour à la concurrence. Les taux sont toujours fixes, et leur révision a lieu deux fois par an. L’an dernier, comme l’inflation était forte, le taux aurait dû monter plus, mais le gouvernement a arbitrairement limité la hausse à 4%. Cette année, l’inflation n’est plus que de 1%. Le calcul du taux donne donc, avec la formule, 2%. Cette fois, c’est trop peu selon la Banque de France, qui a recommandé au gouvernement de déroger à la formule pour appliquer 2,5%. Le gouvernement, après cafouillage, a accepté ce coup de pouce. Voilà donc une formule arbitraire, que l’on n’applique même pas, chaque fois que ses résultats ne plaisent pas. De plus, F. Fillon vient de déclarer qu’à l’avenir le taux sera réexaminé en fonction de l‘inflation « chaque fois que ce sera nécessaire », formule encore plus arbitraire.

 

La gestion des banques centrales : contrôler les quantités ou les prix des liquidités ?

 

Quant aux taux débiteurs fixés par les banques centrales, ils sont aussi les « faux prix » imposés aux banques « de second rang » qui ont besoin de liquidités (un besoin pressant par les temps qui courent). Les banques centrales, ayant le monopole de l’émission de la « monnaie de base » (en clair les billets), peuvent en proposer la quantité qu’elles veulent. Milton Friedman, père du monétarisme, incitait les banques centrales à respecter une règle d’émission stricte, tenant compte du besoin « normal » de liquidités dans une économie. D’après la théorie monétariste, la demande de liquidités étant dans une proportion à peu près constante du taux de croissance de l’économie, le taux d’intérêt, ne devrait pas connaître de grandes fluctuations si l’offre de liquidités était elle-même stable.

Depuis des années, les banques centrales font l’inverse et fixent arbitrairement les taux, la quantité s’adaptant à ceux-ci. Parfois, elles pratiquent des politiques restrictives (taux élevés), d’où une réduction arbitraire de la quantité de monnaie. Plus souvent, comme depuis des années avec la Fed, elles baissent le taux d’intérêt, dans la logique d’une relance keynésienne : on espère que les entreprises emprunteront et investiront plus. Cela ne marche pas, car les entreprises ont d’autres critères d’investissement que le seul taux, mais cela se traduit par une inondation monétaire, qui est à long terme inflationniste.

Cette politique de faux taux d’intérêt artificiellement bas a causé la crise des subprimes, et répondre à ce laxisme monétaire par un laxisme encore plus grand est stupéfiant : la Fed en deux ans a baissé ses taux de plus de 5% à 0 ou 0,25% et la BCE vient de suivre depuis peu, passant de 4,25% en octobre à 2% au 15 janvier. Un jour ou l’autre on paiera la facture de cette manipulation des taux, qui risque de conduire à des « plans d’irrigation pendant le déluge » (Rueff), ce qui se manifestera lorsque la défiance aura disparu et que le crédit reprendra. C’est de l’inflation garantie pour après-demain. La seule solution est de laisser le marché monétaire fixer les taux à court terme et de centrer la politique de la banque centrale sur la quantité de monnaie. A vrai dire, une véritable concurrence monétaire, comme la préconisait Hayek, serait préférable,  mais comme les hommes politiques ne comprennent même pas l’avantage de taux libres, ils peuvent encore moins souhaiter des monnaies libres. Ils préfèrent jouer à manipuler les taux. On en mesure le succès !

 

Jean Yves Naudet

Le 27 janvier 2009

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27 janvier 2009 2 27 /01 /janvier /2009 07:29
Voici un article très récent de Jean-Yves Naudet sur le site de l'ALEPS, www.libes.org.

L’histoire mérite d’être contée, car elle est passée assez inaperçue. Depuis Napoléon, l’université publique française a le « monopole de la collation des grades ». Montalembert et Monseigneur Freppel, au XIX° siècle, avaient contesté ce monopole, mais il est toujours en vigueur, et bien défendu. Seule une Université d’Etat peut aujourd’hui délivrer des diplômes de licence, master et doctorat. Une université, une faculté, un institut privé ne le peut pas, même si ses enseignants ont tous les titres nécessaires, respectent les règles nationales et même si la maquette des enseignements a été acceptée par les commissions compétentes.

Un établissement privé voulant délivrer un tel diplôme n’avait jusqu’à maintenant que deux solutions : soit il demandait un « jury rectoral », désigné donc par le recteur d’académie, soit il passait une convention avec une université d’Etat. Dans le premier cas, le recteur peut parfaitement refuser, de lui-même ou sur ordre d’un gouvernement mal intentionné vis-à-vis du privé, et il est libre de choisir lui-même les membres et de ne pas suivre les propositions de l’établissement privé.  Il y a donc un risque et le gouvernement semble freiner ces jurys rectoraux. Il pousse à aller vers le second choix, qui est la convention avec l’université publique. Mais là encore, il y a bien des obstacles : il faut trouver une telle université, car elles refusent souvent ; il faut négocier la convention et l’université d’Etat peut faire payer fort cher la double inscription des étudiants et surtout imposer ses vues sur le programme ou le jury.

Les établissements peu soucieux d’autonomie (comme les 5 instituts catholiques « officiels » créés en 1875) préféraient la convention, les établissements vraiment libres (Ices, Ircom, Ipc, Faco, etc.) préférant le jury rectoral. Mais, sous la pression du gouvernement, de plus en plus d’établissements  passent des conventions, afin de sauver les intérêts de leurs étudiants.

Or voici qu’une nouvelle possibilité apparaît avec l’espace universitaire européen : les masters délivrés dans une université étrangère (privée ou publique) sont reconnus en France dans le cadre des accords européens (processus de Bologne). Les étudiants ont alors une double inscription et se voient délivrer, outre le diplôme français de l’établissement, le master de l’université étrangère, automatiquement reconnu en France.

Encore faut-il que la France signe une convention avec les partenaires européens en question. Lors de ses rencontres avec le pape, Nicolas Sarkozy avait promis de signer avec le Vatican.. Cela s’est fait en décembre dernier, au Quai d’Orsay.  Désormais, la France reconnaîtrait les diplômes des établissements catholiques lorsque le saint Siège habiliterait lui-même ces établissements et ces diplômes. Il a été écrit clairement que cet accord concernait les diplômes canoniques et théologiques, mais aussi les diplômes des matières « profanes ». Et bien entendu (il n’y a pas d’université à l’intérieur du Vatican), l’accord concernait tous les établissements catholiques en Europe, donc les établissements français que le Vatican reconnaitrait.

Cette convention a  paru intolérable aux étatistes et laïques purs et durs. L’UNEF a été la première à monter au créneau : ce texte « foule aux pieds les principes laïcs de la République et ouvre une brèche dans le monopole public de délivrance des diplômes nationaux ». Elle a protesté contre la sélection à l’entrée et la non « indépendance des savoirs » (chacun sait que dans les universités d’Etat, on est indépendant de toute idéologie). Les présidents d’universités (publiques) ont emboité le pas, réclamant la suppression de la clause incluant les diplômes profanes de l’accord, jugée « provocatrice » et « profane ».

Huit jours après la signature de la convention, le gouvernement français précisait (contre le texte même de la convention) que d’une part les universités françaises seraient libres ou non de reconnaître ce niveau de diplôme (ce qui enlève tout intérêt à la reconnaissance), et d’autre part que l’accord se limitait aux diplômes canoniques et ecclésiastiques. Exit le droit, l'économie, les lettres ou les sciences. Exit la crédibilité de la signature de l’Etat français !

Ces combats d’arrière garde seront bientôt perdus par l’Etat français, sous la pression européenne. En attendant, de plus en plus de jeunes Français vont étudier à l’étranger et reviennent avec un master reconnu au niveau européen…

 

Jean Yves Naudet
Le 23 janvier 2009

 

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22 décembre 2008 1 22 /12 /décembre /2008 12:59

Un escroquerie bien plus énorme que celle de Madoff, Ponzi ou Milési : ce sont les Etats, français notamment, qui la commettent sous nos yeux !

 

Voici ce qu’écrit Vincent Bénard, sur son excellent blog, Objectif Liberté :

 

« L'affaire Bernard Madoff a remis sur l'avant scène le nom de Charles Ponzi, qui a bien injustement donné son nom aux escroqueries de type cavalerie financière dans les années 20, car les premières escroqueries de ce type connues remontent bien plus loin (on trouve des traces de fonds pyramidaux à Venise à la renaissance)…. » Lire la suite.

 

Il est brillamment  illustré par un remarquable dessin de Martin Vidberg, que vous trouverez sur le blog de ce dessinateur.

 

Je dois dire que Vincent Bénard n’est pas le premier à établir un parallèle entre ce type d’escroqueries et ce que pratiquent divers Etats, dont la France, sous nos yeux le plus souvent … admiratifs ! Gérard Maudrux l’avait déjà fait dans son remarquable livre : « Retraites. Le mensonge permanent » (Belles Lettres, 02/2001). C’est ce que rappelle Claude Reichman dans l’article suivant.

 

Le président d’une caisse de retraite réclame d’être jeté en prison !

L’arrestation du financier américain Bernard Madoff, ancien directeur du Nasdaq, le second marché d’actions des Etats-Unis, a de nouveau attiré l’attention sur le fameux « système Ponzi », du nom d’un escroc du début du XXe siècle en Californie.

Comme Ponzi et beaucoup d’autres, Madoff avait profité de la confiance qu’il inspirait…Lire la suite.

Il faut noter que l’escroquerie de l’Etat français porte, d’une part, sur le régime de retraite de base, dans le cadre de la « Sécurité sociale que le monde entier nous envie », et, d’autre part, sur la dette publique, dont l’Etat paie les intérêts grâce aux nouveaux emprunts qu’il lance chaque année.

 

Enfin, je signale un article fort instructif de François de Lacoste Lareymondie « Les Etats et la crise devant le mur de la dette », publié par Liberté Politique.

Les États et la crise devant le mur de la dette

On dit que le plus dur de la crise financière est derrière nous ; que l’on entre maintenant en crise économique ; et qu’il faut désormais tout ordonner à la relance. Eh bien non ! la crise financière n’est pas finie, loin s’en faut. Tout au plus vient-on d’en clore le second chapitre. Après celui, introductif, des subprimes et celui, indigeste, de la liquidité bancaire, un troisième chapitre est en train de s’ouvrir,…Lire la suite.


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30 novembre 2008 7 30 /11 /novembre /2008 14:20
C'est le titre d'une page du site Internet de Contribuables Associés. J'invite mes lecteurs à s'y rendre dare-dare, car je la trouve très bien faite. On peut également y visionner un clip vidéo court et drôle. Enfin, une pétition peut y être signée.

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20 novembre 2008 4 20 /11 /novembre /2008 07:08
Voici le témoignage que j'ai reçu hier de mon ami Michel, enseignant à Lagny-sur-Marne. Je suis amusé en prenant connaissance du foutoir qu'il décrit. Non pas que je me réjouisse que les élèves et leurs parents, une nouvelle fois, trinquent. Mais je pense aux innombrables citoyens qui restent persuadés que "l'Etat doit organiser et réguler la société, sinon ça serait l'anarchie".  Une telle pagaille, que l'on retrouve dans les transports publics, les hôpitaux, serait-elle possible dans des secteurs entièrement libres, non soumis à l'intervention étatique ?

Comme demain, il y a grève des enseignants, je trouve intéressant de vous faire part de mon côté de la lorgnette...

 

Je suis enseignant dans une école primaire du nord de la Seine-et- Marne, et comme à chaque enseignant, on a demandé si je faisais grève ce jeudi.

Si oui, je devais donner à mon directeur la feuille idoine, qu'il devait renvoyer à l'inspecteur de l'éducation nationale de la circonscription.

 

Muni de ces intentions, l'inspecteur (ou sa secrétaire), calculait sans doute le pourcentage de grévistes, le communiquait à la mairie, chargée par la nouvelle loi de l'accueil des élèves des classes grévistes...

 

Plusieurs remarques :

  • je pouvais, vis à vis de l'inspecteur, me déclarer gréviste, et ne pas l'être le jour dit (les parents étant bien sûr prévenus.)
  • si je n'envoie pas la feuille, je n'ai pas le droit de faire grève....MAIS on va, plus tard, comme à chaque enseignant me demander par un autre formulaire si j'ai fait ou non grève...logique....
  • si les 350 enseignants de la circonscription se donnent le mot, ils peuvent faire parvenir par fax à l'inspecteur leur volonté de faire grève, lancer ainsi le processus d'accueil par les mairies concernées...et ne pas faire grève....(ça pose autant le problème purement matériel de recevoir 350 fax....que de semer un trouble important dans les mairies...)

 

Demain, je vais donc faire classe...mais le maire de la commune concernée n'a pas organisé d'accueil...malgré 80% de grévistes...

 

Donc, il est hors-la-loi.....mais moi, je suis sur le terrain...avec des questions sans réponses...

 

Que faire si des élèves d'enseignants grévistes arrivent à l'école ?

Au niveau de la loi, qui est responsable ? Les enseignants présents ? Le maire ? L'inspecteur ? Je ne sais pas....

 

Accueillir quelques élèves supplémentaires, pourquoi pas ? (mais cela rentre-t-il dans le cadre de la loi ?)...jusqu'à quelle limite ? (je suis là pour faire classe, pas pour faire de la garderie...)

Refuser des élèves est impensable...

Refouler un élève arrivant seul pose le problème de la responsabilité, même pour ceux déposés par leurs parents....

Que dit la loi ???

 

Demain, on va ouvrir l'école, accueillir, travailler....et on verra si c'est possible...

Je pensais que la loi éviterait ce genre d'incertitude.....mais, dans la commune, c'est raté....

(dans l'école voisine, cela a été l'argument pour contraindre une enseignante qui ne désirait pas faire grève à la faire...."tu vas devoir t'occuper de tous les élèves et tu en seras responsable...")

 

Je précise que, dans mon école, être gréviste ou non, de gauche ou de droite, jeune ou vieux, pro-mairie ou non, ne pose aucun problème : chacun travaille réellement en bonne intelligence....les élèves avant tout...

 

Si vous avez d'autres témoignages...ou des remarques....je prends...

 

Michel

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9 novembre 2008 7 09 /11 /novembre /2008 06:44

Un de mes amis Ozoiriens, Alain (déjà cité sur ce blog), lance régulièrement des discussions, par courriel, sur tel ou tel sujet politique. Parmi les destinataires de ses messages figure notre députée, Chantal Brunel. Chantal est une amie, que j’apprécie beaucoup, même si je suis assez souvent en désaccord avec ses choix politiques. Parmi ses nombreuses qualités, je prise particulièrement sa générosité, son dynamisme et son ouverture d’esprit.

A la suite d’un des derniers messages envoyés par Alain, auquel j’ai répondu, j’ai reçu la lettre suivante de Chantal Brunel. Dès que j’aurai pu les préparer, je publierai mes réponses.

Cher Thierry,

Tu mets en évidence un  certain nombre d'erreurs. Je vais répondre.

1) Tordons tout de suite le cou à un canard : retraites dorées, parachute des députés, etc..

Je suis très à l'aise pour en parler car non concernée et surprise de ta position.

- il a été décidé qu'un député battu toucherait son traitement (naturellement tant qu'il ne retrouve pas de travail et s'il n'a pas d'autres traitements) avec dégressif tous les six mois pour aboutir au SMIC au bout des 5 ans. Scandaleux?:

- tout salarié licencié a droit à une indemnité de licenciement et aux ASSEDIC tant qu'il  ne retrouve pas de travail. Le député serait le seul à ne rien avoir en cas d'échec électoral ? Je rappelle aussi que dans ce domaine, il n' y a aucun préavis. Vous êtes battu le dimanche soir, le lundi votre traitement est stoppé, ni indemnité, ni préavis, ni allocation chômage.

D'ou le système mis en place.

Veux tu le supprimer? Je rappelle que déjà, l'immense majorité de l'Assemblée est composée de personnes issues de la fonction publique et des professions libérales. Ce n'est pas un hasard, ces catégories retrouvent automatiquement leur emploi ou presque.

Le supprimer est la garantie d'avoir progressivement une Assemblée sans aucun ex-salarié du secteur privé. Je ne pense pas que cela ferait avancer les idées que tu défends.

En un mot, l'antiparlementarisme est facile mais franchement, vu le temps qu'il faut  consacrer à son mandat, (les nuits, les WE, les vacances) pour bien faire son travail, je suis prête à démontrer que le salaire horaire (y compris les avantages) ne dépasse pas celui d'un cadre moyen d'entreprise.

J'en parle à l'aise car j'avais une vie avant la politique qui pouvait continuer et qui me satisfaisait pleinement. Je me suis engagée parce que j'y crois.

2) sur la crise:

Qui propose que l'Etat ne fasse rien et assiste à la déroute en, chaîne des banques puis des entreprises? Notre forme de capitalisme a failli par insuffisance de garde-fous dans certains domaines. Je rappelle au passage que l'un des éléments-clés a été le fait que les US laissent une grande banque (Lehman Brothers) en faillite. Ceci a fait rebondir très violemment  la crise. Nous sommes devant un tsunami économico financier et ce n'est pas fini....

Donc on agit.

3) Déficit du budget, endettement excessif : oui

Il faut lutter. Je m'y emploie mais naturellement rien n'est possible avant la sortie de crise : quand ?

4) un pêle-mêle : Outreau, sang contaminé, financement des partis, etc..

On peut ainsi remonter loin : crise de 29, défaite de 40, affaire des piastres etc..

Plus sérieusement, efforçons nous de trouver des solutions :

- Outreau : responsabilité des juges(Nicolas Sarkozy martèle ce thème, il passe par la réforme en cours du Conseil supérieur de la magistrature)

- retraites : qui a avancé? Nous, alors qu'on nous prédisait la révolution.
Etc..

Cordialement,

Chantal Brunel
Députée de Seine-et-Marne

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5 novembre 2008 3 05 /11 /novembre /2008 22:31
Je viens de prendre connaissance, sur le site du Réseau Liberté, d'un article, fort intéressant, de Jacques de Guenin, Président du Cercle Frédéric Bastiat. Alors que vont se dérouler de nouvelles grèves à la SNCF, je recommande la lecture de cet article, reproduit ci-après.
Depuis plusieurs années la SNCF annonce un profit, avec pour résultat immédiat que les syndicats revendiquent leur part…et l'obtiennent. Or le Chemin de fer en France coûte plus de douze milliards par an au contribuable, soit autant chaque année que la faillite du Crédit Lyonnais et les plus grands responsables de ces pertes abyssales sont précisément les syndicats, qui s'opposent à tout progrès de productivité au moyen de grèves, accroissant ainsi encore plus les pertes de la nation. Mais le plus grave, c'est que l'État trompe délibérément le public en transformant en profit cette perte abyssale par des artifices comptables qui enverraient en prison les dirigeants d'entreprise privée. Le plus stupéfiant, c'est que pas un journaliste ne relève cette escroquerie au moment où la SNCF publie ses comptes.

Les quelques lignes qui suivent vous permettront de comprendre les comptes réels du chemin de fer. Ce sont ces quelques lignes que la SNCF devrait faire parvenir chaque année à la presse si elle était honnête, ou à défaut que des journalistes dignes de ce nom devraient utiliser pour décoder les annonces de la SNCF.

En 2006, le Chemin de fer français a dépensé 21,4 milliards d'euros et ses recettes réelles (essentiellement les sommes en provenance des voyageurs et du fret) ont totalisé 9,2 milliards. La différence, soit 12,2 milliards, provient donc des contribuables et cette somme ne fait qu'augmenter chaque année.

Mais la SNCF n'est plus stricto sensu le Chemin de Fer français. En 1997, le chemin de fer a été divisé en deux sociétés distinctes : la SNCF, et le Réseau Ferré de France (RFF). La propriété et la gestion des voies a été transférée à RFF afin de permettre l'utilisation du réseau par d'autres sociétés. Pour faire avaler la pilule aux syndicats, l'État a transféré 20,5 milliards de dettes de la SNCF à RFF. Mais la pilule restant encore trop amère pour les syndicats, notre courageux pouvoir politique a maintenu à la SNCF tout le personnel de gestion et d'entretien des voies! Ainsi RFF rémunère la SNCF pour la gestion et l'entretien des voies et lui facture l'utilisation des mêmes voies, rendant ainsi à peu près impossible tout progrès de productivité. Jamais un groupe privé n'aurait mis en œuvre une solution pareille, superbe exemple de ce qui advient lorsque les politiques veulent intervenir dans l'économie.

L'État a procédé à un autre allégement des pertes de la SNCF en prenant en charge une partie supplémentaire de sa dette par la création d'un "Service annexe d'amortissement de la dette de la SNCF" (SAAD), qui a repris 5,8 milliards d'euros en 1991, 4,3 milliards en 1997 et 0,6 milliards en 1999!

Qu'est-ce qu'il résulte de ces allègements pour les comptes de la nouvelle société SNCF? Les recettes proprement dites (hors redevance de RFF) sont toujours de 9,2 milliards, mais les dépenses d'exploitation (hors frais financiers et redevance à RFF) sont encore de 14 milliards! Alors comment la SNCF peut-elle afficher des profits? En intégrant dans le chiffre d'affaire les subventions que lui versent l'État et les Régions afin de couvrir son déficit! C'est très simple mais scandaleux du point de vue comptable.

L'auteur de cet article aime beaucoup les trains et les gares. Il rend volontiers hommage à l'amélioration constante de leurs performances et de leur confort. Chaque fois qu'il a le choix entre le train et la voiture, il prend le train…tout au moins lorsqu'il n'en est pas empêché par une grève nationale ou locale, ce qui lui arrive plusieurs fois par an. Mais cela lui donne l'occasion d'observer la faible productivité de l'organisation à de nombreux niveaux. Il n'est donc pas étonné que le chemin de fer coûte aussi cher au contribuable. Il s'étonne seulement que les pouvoirs publics et la direction préfèrent dissimuler ces coûts au public plutôt que de puiser auprès de lui le courage d'affronter les syndicats pour imposer des améliorations.
Jacques de Guenin
Président du Cercle Frédéric Bastiat

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5 novembre 2008 3 05 /11 /novembre /2008 12:09

Il n’est pas toujours facile d’expliquer clairement pourquoi la réglementation du travail engendre du chômage. Voici quelques éléments de démonstration qui, je l’espère, convaincront mes lecteurs. 

Supposons que, sur un marché local, la règle suivante soit un jour promulguée, pour « protéger » les marchands, leur assurer un revenu minimum : « Il est interdit aux commerçants de vendre le kilogramme de marchandise moins de trois euros ». Il est aisé de comprendre que la plupart des marchands ne seront pas gênés, mais que quelques-uns verront leur activité chuter. Je pense, par exemple, au marchand de pommes de terre, qui sera abandonné par la plupart de ses clients.

Et bien le SMIC a le même type de conséquence : il dissuade un certain nombre d’employeurs de recourir aux services de personnes auxquelles il aurait pourtant un travail à proposer, mais à un tarif moindre. Cette intervention de l’Etat dans le marché du travail cause à celui-ci des dégâts considérables. 

Voici maintenant un courbe représentant le niveau de « performance » d’une personne au travail en fonction de son âge. Bien sûr, ce niveau est tout à fait subjectif. En outre, il dépend de facteurs tout autres que l’âge. La courbe ci-dessous a pour principal but de représenter l’idée suivante, que peu contesteront, je crois : durant notre vie professionnelle, notre performance (efficacité, productivité) commence par croître, puis atteint un optimum avant de décroître.


 
Le niveau de performance individuel est représenté en pointillés verts, le prix de vente, aux clients de l’employeur, de l’activité de l’individu concerné est présenté sous forme de ligne continue bleu ciel, l’écart vertical entre ces deux courbes représentant la marge de l’employeur. L’âge auquel l’optimum est atteint dépend de l’emploi concerné (dans des emplois très physiques –sportif professionnel, par exemple- l’âge optimal sera moins élevé que dans des métiers plus intellectuels). Sur la courbe ci-dessus, l’optimum est situé autour de 42 ans. 
 

On peut contester l’amplitude des écarts de performance sur cette courbe, mais pas le fait qu’avec le temps, notre mémoire se détériore, ainsi que notre vivacité d’esprit[i], notre force et notre résistance physique, notre aptitude au changement, etc.. Tout ceci, à partir d’un certain âge, fait plus que compenser les facteurs positifs comme l’accroissement de notre niveau de compétence technique (par la formation et par l’expérience).

Examinons maintenant la situation d’un salarié arrivé à son âge de performance optimale. Son employeur a en tête, plus ou moins consciemment, l’idée que la performance du salarié va diminuer dans les années à venir, alors que, compte tenu de la législation du travail, sa rémunération ne pourra pas diminuer et qu’elle devra même, dans de nombreux cas, augmenter ! La perte financière attendue est représentée par l’aire comprise entre le segment de droite en tirets rouges et la courbe continue bleue. Cet employeur est donc bien évidemment enclin à licencier ce salarié, ce qui lui coûtera plus ou moins d’argent[ii], mais, souvent, nettement moins que la perte attendue s’il avait conservé le salarié jusqu’au départ à la retraite de celui-ci.

Si la même personne se retrouve sur le marché du travail à son âge de performance optimale ou après, il est facile à comprendre devant quelles difficultés elle se trouvera et le peu d’espoirs qu’elle peut nourrir.

Quant on y réfléchit bien, la réglementation du travail qui empêche l’ajustement du salaire au niveau de performance (même subjectif) du salarié est aussi stupide qu’une réglementation qui interdirait à un consommateur d’acheter son kilogramme de fraises, en plein été, moins cher qu’il ne le payait au creux de l’hiver, et qui lui interdirait simultanément, du changer de fournisseur de fruits sans "cause réelle et sérieuse" et sans l'indemniser ! 

La libre négociation permanente du contrat de travail (pouvant aller jusqu’au licenciement sans indemnités ni justification, si cela est prévu au contrat) est donc une condition nécessaire et –je l’affirme- suffisante au retour au plein emploi. 

Ce sera l’un des chevaux de bataille de l’organisation syndicale professionnelle que des amis et moi sommes en train de monter. 

Je souhaite évoquer, pour terminer, l’évolution en cours de la législation relative à l’âge maximum du départ à la retraite. Les députés viennent de faire passer cet âge de 65 à 70 ans. Cette évolution va dans le bon sens, mais elle est caractéristique de l’esprit « constructiviste » de nos élites politiques : pourquoi fixer un âge limite et ne pas laisser chaque individu entièrement libre ? En outre, un effet négatif induit par cette mesure est qu’elle va augmenter la perte attendue par un employeur, s’il conserve un salarié au-delà de l’âge de performance optimale de celui-ci. Elle incitera donc encore davantage cet employeur à licencier ! Si elle est définitivement adoptée, elle augmentera l’urgence de légiférer dans le sens que propose le présent article : celui de la liberté. 



[i] J’ai pu en faire l’expérience dans les circonstances suivantes. Durant un voyage en voiture, lors de l’été 2006 (peut-être même 2005, mais…je perds la mémoire !), pour occuper mes garçons âgés, à l’époque, de 15 ans et demi et 12 ans (quant à moi, j’avais récemment passé la cinquantaine), j’avais emporté des grilles de Sudoku que j’avais photocopiées en plusieurs exemplaires. J’ai donc organisé un petit concours de Sudoku entre nous trois : nous devions résoudre, chacun séparément, la même grille, en un minimum de temps. En moyenne, mon fils aîné mettait 50% de temps de moins que moi et le second 25% à 30% de moins. Je précise que mes points forts, pendant mes études, étaient le calcul mental et la logique.

[ii] Il est de plus en plus fréquent d’assister à des licenciements pour faute grave ou lourde, décidés en toute mauvaise foi, mais qui permettent aux employeurs de réduire les coûts de licenciement. Si les dirigeants, comme ceux d’un de mes anciens employeurs l'ont fait, peuvent obtenir un faux témoignage d’un représentant syndical affilié à une organisation « représentative » pour appuyer leur dossier de licenciement, le coût de celui-ci sera pratiquement nul.

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15 octobre 2008 3 15 /10 /octobre /2008 23:08
Dans des articles précédents, j'avais mis des liens vers des pages libérales expliquant les origines de la crise immobilière et pourquoi ce n'est pas l'absence de régulation, mais au contraire l'intervention de l'état (états-unien, notamment) qui en est la cause.

Certains libéraux expliquent que la principale cause de la crise financière actuelle est la gestion de la monnaie par les états (qui, là aussi, se sont arrogé un monopole, alors que cette activité devrait relever du privé).

Un article récent de Bogdan Calinescu, sur le site de l'ALEPS, aborde cette question à l'occasion d'un commentaire sur la publication récente de "La monnaie et le gouvernement" aux éditions Charles Coquelin. Je le reproduis ci-dessous.

Les plus curieux trouveront - en anglais seulement, hélas - des explications complémentaires sur le site de l'Institut Mises.


CRISE : LES AVERTISSEMENTS DES LIBERAUX

 

Pour comprendre la crise financière actuelle, il suffit de lire ou de relire l’ouvrage de Murray N. Rothbard, La monnaie et le gouvernement, publié par le prestigieux Institut Charles Coquelin sous la direction de l’infatigable et tellement utile, Philippe Nataf.

Hayek l’avait prévue, Milton Friedman ne cessait de mettre en garde tout le monde et Rothbard l’a parfaitement décrite. Il s’agit, vous l’avez compris, de la crise financière actuelle. Car, en dépit des accusations incessantes proférées du matin au soir et dans tous les médias par nos « spécialistes » et autres « économistes », la crise est d’origine interventionniste. Ce n’est pas la faute du capitalisme mais de l’intervention de l’Etat dans la politique monétaire. Voici donc ce qu’écrivait Rothbard au milieu des années 1960 dans cet ouvrage limpide consacré pourtant à un sujet ardu.

 

Sur la création de la monnaie. « Le développement cumulatif d’un intermédiaire dans l’échange sur le libre marché, est la seule façon dont la monnaie peut s’établir. La monnaie ne peut émerger d’aucune autre façon, ni par l’intermédiaire de quelqu’un qui déciderait soudainement de créer la monnaie à partir d’une matière inutile, ni par un gouvernement appelant des morceaux de papier de la « monnaie ». Le gouvernement est impuissant à créer de la monnaie pour l’économie ; elle peut simplement être créée par le processus du marché libre. La monnaie est une marchandise. La monnaie n’est pas une unité de compte abstraite séparable d’un bien concret, ce n’est pas un jeton inutile mais un bien pour l’échange ; ce n’est pas une créance pour la société ; ce n’est pas une garantie d’un niveau fixe des prix. C’est simplement une marchandise. Comme tous les autres marchandises, son « prix » est déterminé par l’interaction de son offre totale, ou stock, et la demande totale des gens pour l’acheter et la détenir (Les gens « achètent » de la monnaie en vendant leurs biens et services, tout comme ils « vendent » la monnaie quand ils achètent des biens et services).

 

Sur le rôle de la monnaie. « La monnaie n’est qu’un intermédiaire dans l’échange. Il est important de réaliser que la monnaie ne peut pas être une unité de compte abstraite ou une revendication, sauf dans la mesure où elle sert d’intermédiaire dans les échanges ».

 

Sur le prix de la monnaie. « Qu’est-ce qui détermine le prix de la monnaie ? Les mêmes forces qui déterminent tous les prix sur le marché – cette loi vénérable mais éternellement vraie « de l’offre et la demande ». Une augmentation dans l’offre de la monnaie tendra à faire baisser son « prix » ; une diminution tendra à l’élever. La détermination de l’offre de monnaie, comme de tous les autres biens, est meilleure quand elle est laissée au marché libre. A côté des avantages moraux et éthiques généraux de la liberté sur la coercition, aucune quantité dictée de monnaie ne fera un meilleur travail, et le marché libre établira la production d’or en accord avec sa relative capacité à satisfaire les besoins des consommateurs, en comparaison avec tous les autres biens de production ».

 

Sur les banques centrales. « Une banque centrale atteint sa position dominante par son monopole d’émission des billets accordé par le gouvernement. Le fait d’établir une banque centrale multiplie énormément le potentiel inflationniste du pays. Les gens croient que la monnaie doit être sous le contrôle strict du gouvernement. Mais la monnaie est l’âme de l’économie ; elle est l’intermédiaire de toutes les transactions. Pendant des siècles, l’Etat a progressivement envahi le marché et saisi le contrôle complet du système monétaire. Nous avons vu que chaque nouveau contrôle, parfois apparemment inoffensif, a engendré de nouveaux contrôles supplémentaires. Nous avons vu que les gouvernements sont fondamentalement inflationnistes, puisque l’inflation est un moyen tentant d’acquérir un revenu pour l’Etat et ses groupes de privilégiés. La lente mais certaine prise en main des rênes monétaires a été alors utilisée pour créer de l’inflation dans l’économie et opérer une direction socialiste de l’ensemble de l’économie.

En outre, le gouvernement intervenant dans la monnaie a non seulement amené une tyrannie immense dans le monde ; il a aussi apporté le chaos et non pas l’ordre. »

 

Sur la frappe privée de la monnaie. « Comment la frappe privée de monnaie fonctionnerait-elle ? De la même façon, comme nous l’avons dit, que n’importe quel autre commerce. Chaque émetteur de monnaie produirait toute taille ou forme de pièce qui est la plus commode pour ses clients. Le prix serait établi par une libre concurrence sur le marché. Malgré le harcèlement sans fin par les gouvernements, les monnaies privées ont prospéré plusieurs fois dans l’histoire. Ce qui est conforme à la règle que toutes les innovations viennent des hommes libres et pas de l’Etat ; les premières pièces furent frappées par les individus et des orfèvres privés. La liberté peut faire fonctionner un système monétaire aussi superbement qu’elle fait fonctionner le reste de l’économie. Contrairement à ce qu’affirment beaucoup d’auteurs, il n’y a rien de spécial à propos de la monnaie qui requière une gestion gouvernementale extensive. Ici aussi, les hommes libres satisferont au mieux et le plus tranquillement tous leurs besoins économiques. Pour la monnaie comme pour toutes les autres activités de l’homme, « la liberté est la mère, et pas la fille, de l’ordre ».  Elémentaire….

 

Bogdan Calinescu
Le 2 Octobre 2008

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2 octobre 2008 4 02 /10 /octobre /2008 08:32

Je reviens sur ce sujet auquel j'avais consacré un article sur ce même blog, l'an passé.

Au cours des dernières semaines, plusieurs amis ont évoqué devant moi l'idée que la crise apportait la preuve que le libre marché (et/ou le capitalisme) était en crise, ne fonctionnait pas et que l'Etat devait intervenir, "réguler" le marché. Bref, mes convictions profondes seraient battues en brèche.

Alain (ozoirien), par exemple, m'a envoyé le courriel suivant :
"Mon cher Thierry,
Alors? .... Le libéralisme absolu a du plomb dans l'aile non? .......
Je sais tu vas encore trouver de quoi justifier la cata qui vient d'arriver."

L'avant-veille, à l'issue de l'assemblée générale du Tennis Club d'Armainvilliers, j'avais poursuivi avec Jean-Luc une discussion sur le thème lancé par lui de la façon suivante (de mémoire) :
"La crise actuelle apporte la preuve que le libre marché a ses limites, que l'Etat doit le réguler"

Le 15 septembre, c'est un autre Alain (de Gradignan) qui m'adressait le courriel (narquois ?) suivant :
"
Fatalité ou intuition, tu m'appelais peut-être au sujet de la crise du crédit immobilier américain ?
Que me conseilles-tu pour placer mes maigres économies, Thierry ?

 Alain"

Suivait un article intitulé "Lehman ruiné, Merrill avalé: la crise de Wall Street ébranle la planète"

Dans ma réponse à Alain, je lui conseillais le bas de laine, ce qui provoqua la réaction suivante :
"Pour le moment, je te conseille le bas de laine
C'est la version stérile et frileuse du capitalisme / libéralisme ?
Thierry, l'état pourrait aussi se définir comme l'outil du capitalisme destiné à gérer les nombreuses carences du système ..., non je suis sûr que tu vas me reprendre, mais tu es comme les chats, tu sais, ils retombent toujours sur leurs pattes..."
Je mentionne ce détail car il rejoint le commentaire, précité, de l'autre Alain. Oui, les libéraux retombent toujours sur leurs pattes, parce que leurs convictions sont basées sur la raison, elles sont le fruit d'une
logique implacable !

Avant-hier, lors du repas précédant une partie de bridge chez des amis, anciens de l'ESCP, notre hôte, Laurent à évoqué la Nouvelle Lettre, bulletin hebdomadaire remarquable publié par l'ALEPS :
"Je la lis régulièrement. Je ne suis pas d'accord sur tout, mais je trouve intéressantes leurs idées, qui sortent des sentiers battus. Sur la crise financière actuelle, par exemple, ils vont à contre courant de l'opinion générale en affirmant que c'est l'intervention de l'Etat qui est responsable de la crise".
J'ai aussitôt entendu Philippe, le banquier, et Phi-phi, l'assureur, marmonner, en soulevant leurs sourcils en signe d'étonnement, quelque chose du genre "Celui qui me fera croire à de telles fadaises n'est pas encore né"

Je renvoie les amis précités et les lecteurs de mon blog à des textes qui expliquent, bien mieux que je ne saurais le faire, pourquoi l'étatisme est la cause des problèmes que nous vivons, et certainement pas leur solution.

Le professeur Pascal Salin a écrit un
article remarquable dans Les Echos du 1er octobre 2008.

Si vous souhaitez des explications plus détaillées, je vous renvoie à l'excellent (je pèse mes mots)
blog de Vincent Bénard. L'article de ce jour, intitulé "Annonces de Nicolas Sarkozy "en faveur" du logement : stupeur et consternation" explique, par exemple, pourquoi de nouvelles catastrophes se préparent.

Je terminerai par le dernier éditorial de Jacques Garello, Président de l'ALEPS, dans la Nouvelle Lettre. Il est intitulé "Un peu d'histoire...". Je le reproduis ci-dessous, car je n'arrive pas à établir de lien html  vers cet article.

UN PEU D’HISTOIRE…


Je reviens avec insistance sur l’autodestruction du capitalisme. Supposons le capitalisme détruit, quelles seraient les solutions alternatives ? Si l’on exclut le collectivisme socialiste (qui retrouve des partisans), on peut s’orienter vers un capitalisme « dirigé » ou « régulé ». Ceux qui en parlent ignorent en général que nous sommes déjà soumis à un tel régime, et que la situation actuelle est précisément due aux erreurs du dirigisme et de la réglementation. Mais ils gardent aussi une certaine nostalgie du passé, et on entend évoquer ici un « New Deal européen », là un « nouveau Bretton Woods ». Mise en place d’un gouvernement économique européen ou mondial : le remède miracle serait donc un pas de plus dans cette « troisième voie » qui est en réalité une impasse. Les idolâtres des Etats devraient se remettre en mémoire l’histoire du New Deal et celle de Bretton Woods.

 

Le New Deal, dit-on, aurait sauvé le capitalisme de la crise qu’il aurait connue en 1929.

Rappel historique # 1 : la crise de 1929 a été préparée par les erreurs de politique monétaire de la Federal Reserve, dans le soutien irréfléchi des spéculateurs de Wall Street mis en difficulté par la faillite des chemins de fer et de la sidérurgie, issue que voulaient retarder les banques engagées dans ce secteur (Pierpont Morgan par exemple). Il y avait aussi des créances douteuses, comme les sommes qui devaient être versées par les Allemands au titre des « réparations » (« L’Allemagne paiera », ce qui était doublement stupide).

 

Rappel historique # 2 : le Président HOOVER a cru enrayer la crise en faisant couper les crédits à l’économie américaine, y compris aux entreprises les plus saines. La masse monétaire a été amputée d’un tiers. La politique « déflationniste » a achevé le blessé.

 

Rappel historique # 3 : Quand ROOSEVELT est élu, en 1932, le taux de chômage commence à se stabiliser (12 millions de chômeurs). Le New Deal ne le réduira pas, en dépit d’un gonflement considérable de la dette publique. En 1939, il sera encore de 17%, touchant 10 millions d’Américains. Le New Deal n’a pas été le sauvetage que l’on croit, il a plongé les Etats-Unis dans le socialisme.

 

Rappel historique # 4 : C’est l’administration ROOSEVELT qui crée Fanny Mae, un fonds public destiné à financer l’accès à la propriété des Américains désargentés. Le crédit immobilier irresponsable date de cette époque, il n’a cessé pendant soixante ans de perturber la finance des Etats-Unis, Fannie (et son petit frère Freddie) détiennent actuellement un quart des créances immobilières non recouvrées. C’est le contribuable américain qui paiera.

La conférence de Bretton Woods, dit-on, aurait institué un système monétaire mondial solide, sous la garde du Fonds Monétaire International.

 

Rappel historique # 5 : Le système mis en place est celui du Gold Exchange Standard, qui remet le sort des monnaies du monde entier entre les mains de la politique monétaire américaine. En effet toutes les monnaies ont une parité fixe en dollar, lui-même convertible en or à prix fixe (« la devise-or vaut l’or »). La solidité du système repose sur la solidité du dollar et sur le respect par les Etats de la parité fixe sur laquelle ils se sont engagés.

 

Rappel historique # 6 : La FED américaine ne fabriquera jamais la quantité de dollars nécessaire aux échanges internationaux. Après avoir restreint l’émission et causé un manque général de liquidités, la FED fera tourner à toute vitesse la planche à billets verts, surtout pour soutenir l’effort financier de la guerre au Viet Nam. Le dollar inonde l’Europe (« eurodollars ») et crée une inflation à deux chiffres et la convertibilité du dollar en or est de plus en plus virtuelle ; elle sera supprimée le 15 août 1971.

 

Rappel historique # 7 : Les soi-disant parités fixes ne seront jamais respectées. En dépit de leur interdiction dans les statuts du FMI, dévaluations (et parfois réévaluations) se succèdent. On passera des parités fixes à des parités fluctuantes à l’intérieur d’un « tunnel » mais les monnaies sortent du tunnel !

 

Rappel historique # 8 : Les membres de l’Union Monétaire Européenne essaient de stabiliser leurs monnaies nationales, d’abord avec un « serpent » (variété de tunnel), puis autour d’une unité de compte virtuelle, l’écu. Ils n’y parviendront pas davantage. En 1981-1983 le gouvernement Mauroy-Delors dévaluera trois fois le franc français.

 

Cela me permet de conclure sur deux théorèmes historiques plus larges :

Rappel historique # 9 : Promptes à créer des déséquilibres, les interventions publiques sont incapables de les résorber, et les aggravent.

Rappel historique # 10 : Les Etats ne respectent jamais les engagements qu’ils prennent.

 

Après le choc pétrolier de 1974, qui a trouvé toutes les économies occidentales en pleine déconfiture, avec des taux d’inflation et de chômage à deux chiffres, les leçons de l’histoire semblaient avoir été comprises. Milton FRIEDMAN avait mis en évidence les méfaits des politiques monétaires laissées à la discrétion des banques centrales, Jacques RUEFF avait expliqué l’insanité du système de Bretton Woods, Friedrich HAYEK avait démontré comment les manipulations de taux d’intérêt conduisent au « mal-investissement » et au chômage. Le monétarisme triomphant, les banques  centrales s’étaient décidées à limiter la croissance de la masse monétaire, et la concurrence entre monnaies nationales a joué, grâce aux taux de change variables sur le libre marché des devises – la bonne monnaie se chargeant de chasser la mauvaise.

 

Mais le mal était n’était pas éradiqué, et progressivement monnaie et finance sont repassées sous le contrôle des Etats, par le biais des pressions politiques. On a délaissé la rigueur sous des prétextes divers.

Dernière leçon de l’histoire: les illusions ont toujours une fin, et la vérité vaincra.

Citation historique : « Pour détruire l’Occident il suffira de pervertir sa monnaie » (Lénine).

 

 

 

Jacques Garello
Le 29 septembre 2008

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