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12 mai 2007 6 12 /05 /mai /2007 22:47

J’ai publié hier, sur mon blog, un long article consacré à « La famille » (dans la doctrine sociale de l’Eglise catholique). J’ai conscience qu’il ne sera lu de bout en bout par (pratiquement) personne : son seul objet est d’offrir à quelques curieux une sorte de résumé du chapitre du compendium de la doctrine sociale de l’Eglise consacré à la famille.

Je souhaite montrer ici que, sur ce sujet  de « la famille », la doctrine sociale de l’Eglise est très libérale.

J'invite les libéraux à lire les articles 214, 240 et 241 du compendium. Ils y verront une grande convergence avec leurs idées : "La priorité de la famille par rapport à la société et à l'État doit être affirmée", "Les parents sont les premiers éducateurs de leurs enfants, mais pas les seuls. (…) Les parents ont le droit de choisir les instruments de formation correspondant à leurs convictions et de chercher les moyens qui peuvent les aider dans leur tâche d'éducateurs (...) Les autorités publiques ont le devoir de garantir ce droit et d'assurer les conditions concrètes qui en permettent l'exercice. Les parents ont le droit de fonder et de soutenir des institutions éducatives. Les autorités publiques doivent faire en sorte que « les subsides publics soient répartis de façon telle que les parents soient véritablement libres d'exercer ce droit sans devoir supporter des charges injustes. Les parents ne doivent pas, directement ou indirectement, subir de charges supplémentaires qui empêchent ou limitent indûment l'exercice de cette liberté ». Il faut considérer comme une injustice le refus de soutien économique public aux écoles privées qui en ont besoin et qui rendent service à la société civile: « Quand l'État revendique le monopole scolaire, il outrepasse ses droits et offense la justice. (...) L'État ne peut sans injustice se contenter de tolérer les écoles dites privées. Celles-ci rendent un service public et ont en conséquence le droit à être économiquement aidées ».

 Je souhaite attirer leur attention, également, sur l'importance qu'accorde la doctrine sociale de l'Eglise aux droits de l'homme et, parmi eux, aux droits de l'enfant : « Le droit à la vie dont fait partie intégrante le droit de grandir dans le sein de sa mère après la conception; puis le droit de vivre dans une famille unie et dans un climat moral favorable au développement de sa personnalité » D'autres précisions sont données aux articles 235 ("...tandis que les droits de l'enfant à naître sont évidents, enfant auquel doivent être garanties des conditions optimales d'existence, grâce à la stabilité de la famille fondée sur le mariage et la complémentarité des deux figures, paternelle et maternelle") et 244 ("Les droits des enfants doivent être protégés par des normes juridiques. (…) Le premier droit de l'enfant est celui de « naître dans une véritable famille »") du compendium.

 Je souhaite enfin m'adresser tout particulièrement aux dirigeants, adhérents et sympathisants d'Alternative Libérale. Le programme de ce parti politique, de mon parti politique, contient ou a contenu des dispositions, relatives à la famille, qui me désolent, et qui, je crois, trahissent la pensée libérale. Je pense au droit à l'avortement, à l'euthanasie, au mariage homosexuel, à l'adoption par les couples homosexuels. Je m'explique sur le premier de ces sujets, le droit à l'avortement (qui semble - je m'en réjouis - avoir disparu du programme).

Une des critiques les plus souvent adressées au libéralisme, c'est de permettre que "le fort écrase le faible" : le libéralisme, ce serait "le renard libre dans le poulailler libre". Les libéraux prétendent que, au contraire, le libéralisme, c'est la protection des plus faibles.
Dans un avortement, il y a au moins 4 protagonistes : la maman, le papa, le médecin avorteur et l'enfant à naître. Qui est le plus faible, le plus petit des quatre, le "sans-voix", sinon l'enfant à naître ? L'Eglise catholique ne conteste pas le droit de la femme à disposer librement de son corps, mais elle défend en priorité le droit à la vie de l'enfant à naître. Défendre le droit à l'avortement, au nom du libéralisme, c'est donner raison à ceux qui travestissent et attaquent le libéralisme. Je me réjouis, à cet égard, qu'un des principaux penseurs libéraux actuels, le Pr Bertrand Lemennicier, (agnostique, donc non suspect, contrairement à moi, d'être "aveuglé" par des principes religieux) arrive à la même conclusion (dans un excellent
chapitre de son non moins excellent livre, "La morale face à l'économie") : l'avortement est le meurtre d'un être humain vivant et n'est donc pas conforme à la morale libérale. Pour terminer sur ce point, j'invite ceux qui en auront le courage à jeter un coup d'oeil aux 5 courtes video ("The silent scream" = "Le cri silencieux", hélas en anglais. Merci de me signaler une éventuelle version en français) du site de l'association "Droit de naître"

 

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commentaires

Jean Delvigne 23/01/2014 05:16

Je pense que le libéralisme est profondément hostile à la famille puiqu'il prône l'individualisme. D'ailleurs les penseurs libéraux ont beaucoup critiqué la famille, surtout la famille traditionnelle comprenant trois générations sous un même toit. Or la famille dite "nucléaire" dont le libéralisme s'accomode n'est qu'un moignon de famille, premier pas vers une atomisation de la société, vers cet individu-roi que veut introniser le libéralisme.
Enfin, il faut se souvenir que la liberté chrétienne est une adhésion à la Vérité incarnée par le Christ. Elle n'a strictement rien à voir avec la liberté de choix qui repose sur l'intérêt dont parlent les libéraux. La liberté chrétienne ne repose pas sur un choix, car là où il y a une alternative, il y a le Malin. L'homme spirituel agit continuellement dans la Vérité, sa liberté est cette faculté d'adhérer constamment à la Voie unique qui est le Christ. Donc, le libéralisme et sa liberté d'indifférence sont fondamentalement hors du Royaume. C'est la voix du serpent qui suggère d'être libre de transgresser et d'agir selon ses appétits (le fruit de la connaissance était désirable, dit la Bible).
Il faut enfin se souvenir que les seuls êtres humains auxquels Jésus s'en soit pris physiquement avec violence étaient des banquiers. Pas de compatibilité entre l'Argent et Dieu. Exit le libéralisme, donc.
Dire "je suis catholique" et "je suis libéral", c'est une monstruosité.