Jeudi 19 juin 2008
Mes lecteurs réguliers connaissent un de mes dadas : mettre en évidence la compatibilité entre la foi chrétienne et la pensée libérale. Je découvre régulièrement des textes bibliques qui apportent de l'eau à mon moulin. Ce fut le cas dimanche dernier. Voici le texte de la première lecture, suivi du commentaire qu'en fait Marie-Noëlle Thabut.

PREMIERE LECTURE - Exode 19, 2 - 6a

Dans le troisième mois qui suivit la sortie d'Egypte,
2 les fils d'Israël, partis de Rephidim, arrivèrent dans le désert du Sinaï
et ils y établirent leur camp
juste en face de la montagne.
3 Moïse monta vers Dieu.
Le Seigneur l'appela du haut de la montagne :
« Tu diras à la maison de Jacob,
tu annonceras aux fils d'Israël :
4 Vous avez vu ce que j'ai fait à l'Egypte,
comment je vous ai portés sur les ailes d'un aigle
pour vous amener jusqu'à moi.
5 Et maintenant, si vous entendez ma voix et gardez mon alliance,
vous serez mon domaine particulier
parmi tous les peuples,
- car toute la terre m'appartient -
6 et vous serez pour moi un royaume de prêtres, une nation sainte. »

 
COMMENTAIRE

Ceci se passe au Sinaï, au moment où Dieu va conclure l'Alliance avec son peuple : l'Alliance qui engagera à tout jamais le Seigneur de l'univers et le tout petit peuple d'Israël. On peut dire qu'il s'agit du traité de paix le plus grave de toute l'histoire de l'humanité ! Et ce que nous lisons ce dimanche, c'est le prologue de l'Alliance, le discours d'ouverture prononcé par Dieu ; il commence par ces paroles : « Vous avez vu ce que j'ai fait à l'Egypte, comment je vous ai portés comme sur les ailes d'un aigle pour vous amener jusqu'à moi ».
Le livre de l'Exode n'en dit pas plus ; mais l'image était certainement parlante pour ceux qui traversaient le désert. Car il paraît que les observateurs des oiseaux dans le Sinaï ont relevé que les aigles ont une manière toute particulière d'apprendre à leurs petits à voler. Lorsque les petits sont prêts à se lancer pour la première fois, les parents aigles sortent en portant les aiglons posés sur leurs ailes. Lorsque les petits se lancent, les parents continuent à planer en dessinant de larges cercles ; lorsque les aiglons sont fatigués, ils peuvent se re-poser (et se reposer) sur les ailes des parents ; ils recommenceront la tentative autant de fois qu'il faudra, jusqu'à ce qu'ils soient capables de « voler de leurs propres ailes », comme on dit. Le génie d'un auteur biblique a été d'appliquer cette image à Dieu : manière de dire que si Dieu porte son peuple, ce n'est pas pour en faire son esclave, c'est pour lui apprendre à voler de ses propres ailes... Dieu est vraiment le Dieu qui libère et qui éduque à la liberté.
Voici ce que rapporte le livre du Deutéronome : « Le SEIGNEUR rencontre son peuple au pays du désert, dans les solitudes remplies de hurlements sauvages ; il l'entoure, il l'instruit, il veille sur lui comme sur la prunelle de son oeil. Il est comme l'aigle qui encourage sa nichée ; il plane au-dessus de ses petits, il déploie toute son envergure, il les prend et les porte sur ses ailes. » (Dt 32, 10-11). Au passage, vous aurez noté l'expression : « Le SEIGNEUR veille sur son peuple comme sur la prunelle de son oeil. » !
C'est à partir de cette expérience de la sollicitude d'un Dieu qui veut l'homme libre que le peuple a pu s'engager dans l'Alliance et promettre fidélité aux commandements. Une relation d'Alliance ne peut se bâtir que sur la confiance et la confiance naît de l'expérience : Dieu « a fait ses preuves », en quelque sorte. Dans toute l'histoire d'Israël, le rappel de l'oeuvre libératrice de Dieu précède toujours les commandements ; nous sommes ici dans le livre de l'Exode au chapitre 19, juste avant le don des commandements puisque le Décalogue est dicté au chapitre 20.




par Thierry Jallas publié dans : Revue de presse communauté : Les libéraux français
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Mercredi 18 juin 2008



L'excellente association Liberté Chérie, dont je m'honore d'être membre (et Président du comité local de la Brie) vous propose désormais de découvrir votre salaire complet. Il vous suffit de fournir quelques informations, extraites de votre bulletin de paie, à la machine sophistiquée qui apparaîtra.

Faites ensuite connaître autour de vous cette très salubre initiative !

Si vous n'êtes pas encore abonné à la liste de diffusion de Liberté Chérie, je vous invite à remédier d'urgence à cette grave lacune. Je vous indique la procédure à suivre :
- aller sur le site de Liberté Chérie (www.liberte-cherie.com),
- cliquer sur "Comités locaux" (bandeau bas),
- cliquer sur "Mon compte" (bandeau haut),
- saisir les informations requises et cliquer sur "Créer mon compte sur Liberté Chérie".

Une fois conquis, n'hésitez pas à adhérer à cette association très active, animée par des jeunes remarquables !

 

par Thierry Jallas publié dans : Revue de presse
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Lundi 12 mai 2008
Ayant été passer quelques jours dans le Poitou, j'ai assisté à la messe du dimanche de Pentecôte dans l'église Notre-Dame de Richelieu.
J'ai été frappé par le très jeune âge apparent du prêtre, qui tranchait avec l'âge moyen de notre clergé.
Deux chants rappelaient la vocation de l'homme à la liberté.
Comme il m'est arrivé par le passé, je vous livre ci-après quelques extraits du commentaire, fait par Marie-Noëlle Thabut, des lectures du jour, notamment ceux qui rejoignent particulièrement la pensée libérale. Parmi ceux-ci, figurent ceux qui font l'éloge de la diversité. En effet, pour les libéraux (voir par exemple Philippe Nemo, dans l'introduction de "Histoire des idées politiques aux temps modernes et contemporains"), l'ordre social le plus efficace, le plus satisfaisant, est un ordre "polycentrique", pluraliste, qui suppose la protection acharnée de la liberté individuelle.

Désormais la loi de Dieu (qui est le seul moyen de vivre vraiment libres et heureux, il ne faut pas l’oublier) désormais cette loi de Dieu est écrite non plus sur des tables de pierre mais sur des tables de chair, sur le coeur de l’homme, pour reprendre une image d’Ezéchiel.
(...)
Troisièmement, l’épisode de Babel : vous vous souvenez de l’histoire de Babel : en la simplifiant beaucoup, on peut la raconter comme une pièce en deux actes : Acte 1, tous les hommes parlaient la même langue : ils avaient le même langage et les mêmes mots. Ils décident d’entreprendre une grande oeuvre qui mobilisera toutes leurs énergies : la construction d’une tour immense... Acte 2, Dieu intervient pour mettre le holà : il les disperse à la surface de la terre et brouille leurs langues. Désormais les hommes ne se comprendront plus... Nous nous demandons souvent ce qu’il faut en conclure ?... Si on veut bien ne pas faire de procès d’intention à Dieu, impossible d’imaginer qu’il ait agi pour autre chose que pour notre bonheur... Donc,
si Dieu intervient, c’est pour épargner à l’humanité une fausse piste : la piste de la pensée unique, du projet unique ; quelque chose comme « mes petits enfants, vous recherchez l’unité, c’est bien ; mais ne vous trompez pas de chemin : l’unité n’est pas dans l’uniformité ! La véritable unité de l’amour ne peut se trouver que dans la diversité ».
(...)
Et le premier message de Paul, aujourd’hui, c’est que l’Eglise du Christ a précisément pour vocation d’être ce lieu où l’on apprend à ne plus penser en termes de supériorité, de hiérarchie, d’avancement, d’honneur... Le lieu où une nomination n’est pas un avancement ou une rétrogradation... Le lieu où une ordination ne confère pas une supériorité... Car les vues de Dieu sont tout autres : « Vous le savez, disait Jésus à ses apôtres, les chefs des nations les tiennent sous leur pouvoir et les grands sous leur domination. Il ne doit pas en être ainsi parmi vous » (Mt 20, 25-26).
(...)
Nous ne sommes pas tous pareils pour autant : l’âge et le curriculum vitae ont quand même leur importance... mais pas celle qu’on croit. Et voilà le deuxième message de Paul : nos diversités sont des cadeaux ; ce n’est pas un hasard si il emploie plusieurs fois le mot « don » ; « Les dons de la grâce sont variés »... « Chacun reçoit le don de manifester l’Esprit en vue du bien de tous ». Cela aussi, c’est un peu le monde à l’envers, parce que, bien souvent, ce sont nos diversités qui nous font souffrir ; on en sait quelque chose en liturgie ; Paul, au contraire, nous invite à nous en réjouir : nos diversités sont des richesses ! Et, paradoxalement, ce sont elles qui bâtiront notre unité. C’est l’un des grands messages de la Pentecôte, nous l’avons vu, en particulier, avec le récit des Actes des Apôtres où toutes les langues diverses s’unissent pour chanter le même chant, les merveilles de Dieu. L’Eglise est aussi ce lieu où l’on peut surmonter les différences de sensibilité et apprendre à vivre la réconciliation. Car l’Esprit qui nous est donné à la Pentecôte est l’Esprit d’amour, donc de pardon et de réconciliation. C’est même justement notre capacité de réconciliation et de respect mutuel qui est la marque de l’Esprit. Voilà le témoignage que le monde attend de nous. « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que l’on vous reconnaîtra pour mes disciples » disait Jésus le dernier soir (Jn 13, 35).

Décidément, si nous avions à imaginer un dessin représentant l’Eglise, on pourrait dessiner une mosaïque : plus les pièces (ce qu’on appelle les tesselles) sont petites, variées, colorées, plus la mosaïque sera belle et nuancée !

L’unité dans la diversité, c’est un beau pari : mais nous ne pouvons le gagner que parce que l’Esprit nous est donné : l’Esprit d’Amour, l’Amour qui unit le Père et le Fils.
C’était déjà la leçon de Babel : l'unité n'est pas dans l'uniformité ! La véritable unité de l'amour ne peut se trouver que dans la diversité.

par Thierry Jallas publié dans : Mon agenda communauté : Les libéraux français
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Samedi 5 avril 2008
Je reviens sur l'affaire Chantal Sébire à l'occasion d'un nouvel article de Pierre-Olivier Arduin (publié par Liberté Politique.com, le site de la Fondation de service politique), qui met en lumière certains mensonges proférés par la malade et une partie de son entourage. Cet article se termine par un plaidoyer pour le développement des soins palliatifs. J'y suis personnellement favorable mais je regrette que l'auteur en appelle à l'Etat pour assurer ce développement. C'est au nom du respect de la dignité de la personne humaine que ce catholique convaincu défend la vie des êtres humains dès la conception et jusqu'à la mort naturelle, c'est au nom du respect de cette même dignité (et du principe de subsidiarité, qui en découle) qu'il devrait, à mon avis, souhaiter que l'Etat se retire du champ de la santé pour laisser les particuliers, seuls ou en coopération avec d'autres (familles, asoociations, mutuelles, sociétés d'assurance, institutions privées,...) assumer les fonctions qu'ils sont en mesure de remplir eux-mêmes.

Voici cet article.

Après les mensonges de l’affaire Sébire, sortir la France du marasme palliatif
Pierre-Olivier Arduin*

La vérité sur l’affaire Sébire, qui a tenu en haleine la France entière jusqu’à l’épilogue dramatique du suicide aux barbituriques, émerge progressivement. Chaque jour, de nouvelles informations percent sur la maladie de Chantal Sébire, et la prise en charge thérapeutique dont elle aurait dû bénéficier. Après le battage hors normes entretenu subtilement par l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) et soutenu avantageusement par les médias audiovisuels, c’est une tout autre histoire qui se dessine aujourd’hui.

Le docteur Emmanuel Debost, médecin traitant de la défunte, n’avait-il pas déclaré dans les colonnes de La Croix que « tout ce que la médecine pouvait faire au niveau curatif a été fait » et que « toutes les solutions ont été étudiées » pour calmer sa douleur ? Sans accuser directement le généraliste, certainement dépassé par l’ampleur de l’affaire, et dont lui-même a pu être abusé par sa patiente ou les responsables de l’ADMD aux aguets, force est de constater que le mensonge, sur un plan strictement médical, est double.

Stupéfaction des spécialistes

La tumeur dont souffrait Chantal Sébire n’aurait pas dû entraîner la déformation majeure du visage dont l’image, à l’instar de Méduse, a pétrifié la pensée. Le chroniqueur médial du Monde, Jean-Yves Nau, était le premier à relater, dès le 19 mars, jour du décès de Chantal Sébire, la stupéfaction des spécialistes devant « l’absence, durant six ans, de prise en charge médicale adaptée de la malade [indiquant] que la maladie de Mme Sébire ne peut être qualifiée d’incurable, notamment si elle est traitée de façon précoce ». Le journaliste citait également les réponses déconcertantes de la malade suite au diagnostic de la tumeur des sinus posé en 2002 par un chirurgien ORL lyonnais : « Il m’a expliqué l’intervention prévue, mais n’a pas réuni l’équipe adéquate », Chantal Sébire ajoutant : « Je n’ai pas accepté les interventions qu’on me proposait car le risque vital était engagé ».

Jean-Yves Nau ne s’est pas arrêté en si bon chemin et s’est rendu sur le site Orphanet spécialisé dans les affections orphelines :
« L’esthésioneuroblastome ou neuroblastome olfactif est une tumeur très rare qui se développe aux dépens du nerf olfactif dans la cavité nasale. Moins de 1000 cas ont été publiés dans les vingt dernières années. Cette tumeur se développe lentement et surtout localement même si elle peut métastaser. L’intervalle entre le premier signe et le diagnostic est en général de 6 mois […]. Le traitement repose sur une chirurgie maximale suivie d’une radiothérapie […]. La plupart des séries récentes rapportent des survies à 5 ans de l’ordre de 60 à 70 %. Les récidives locales peuvent être rattrapées par un traitement de deuxième ligne. Dès la phase de diagnostic et de la chirurgie initiale, le traitement doit être confié à des équipes pluridisciplinaires » (Orphanet, Docteur J. Grill, février 2005.
Concernant l’analgésie dont on a déjà eu l’occasion de rappeler qu’elle ne s’improvise pas et requiert des compétences sanctionnées par des diplômes universitaires spécifiques, la tromperie passe toute mesure alors même qu’on nous parlait de souffrances insupportables, réfractaires ou encore d’allergie à la morphine. Le docteur Jean-Louis Béal, chef de l’unité des soins palliatifs du CHU de Dijon, livre un témoignage accablant dans Le Parisien dont le travail d’investigation mérite d’être salué : « Révélation surprenante, le médecin affirme que l’ex-enseignante “ne voulait à la fin qu’être soignée par homéopathie”. »
« Elle nous disait vouloir contrôler sa vie et n’accepter que les médecines douces. Je lui ai suggéré de rentrer dans mon unité de soins palliatifs, mais elle ne l’a pas souhaité. C’est son droit, mais que l’on ne vienne pas nous dire aujourd’hui que l’on n’a rien proposé ! […] On n’a jamais douté de l’intensité de sa douleur, mais elle a opposé un non catégorique à nos protocoles. Je lui ai proposé différents antidouleurs, y compris la morphine. Mais cela ne lui convenait pas, car elle l’assimilait à de la chimie, donc du poison » (Le Parisien, 26 mars).
Il évoque également la mise à l’écart de l’équipe laissant le champ libre selon lui à « l’Association pour le droit de mourir dans la dignité de s’emparer de ce cas emblématique pour faire avancer sa cause ». Quant au docteur Bernard Devalois, ancien président de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs et actuel directeur de l’unité de soins palliatifs à l’hôpital de Puteaux, fort de son expérience, il déclare sans ambages que « dans le cas du cancer, il n’y a pas de situations pour lesquelles nous ne puissions pas apporter de réponses. L’allergie à la morphine, cela n’existe pas. Il y a des effets secondaires, mais on peut les soigner. Et nous avons à notre disposition quatre ou cinq autres molécules efficaces » (La Vie, 22 mars).

La demande à corps perdu de suicide médicalement assisté de la part de Chantal Sébire, relayée habilement par l’ADMD et ses épigones, n’apparaît-elle pas aujourd’hui comme la requête désespérée d’une euthanasie de rattrapage, les ressources de la médecine ayant été obstinément repoussées ? Sachant cela, les médias, et en premier lieu la télévision, auraient-ils participé aussi complaisamment au montage de cette affaire pour relancer le débat sur l’euthanasie ? Le premier ministre se serait-il cru obligé de confier à Jean Léonetti une mission d’évaluation sur la loi qui porte son nom ?

Le rapport Hennezel

Il est encore possible de se ressaisir, au moins en partie, et de tourner à l’avantage du mouvement des soins palliatifs la précipitation de la décision de Matignon. Voilà en effet qu’on apprend l’existence d’un rapport remis par Marie de Hennezel, spécialiste reconnue de l’accompagnement des personnes en fin de vie, à Roselyne Bachelot fin 2007 concluant au manque criant de lits de soins palliatifs et à l’absence de formation sérieuse aux enjeux de la loi Léonetti. Intitulé La France palliative, il était ignoré de tous ou presque jusqu’à ce qu’il fût exhumé des tiroirs du ministère de la Santé par la polémique. Jean-Yves Nau, encore lui, nous apprend, après enquête minutieuse, qu’aucune suite ne lui fut donnée, pas même un accusé de réception, alors qu’il devait être un « message fort » en direction du chef de l’État, selon l’auteur du document (Le Monde, 25 mars). Comment expliquer la chape de plomb qui l’a recouvert quand on sait que font défaut en France au minimum 2400 lits de soins palliatifs et que le gouvernement s’était fixé le chiffre de 3000 avant le début de l’année 2008 ?

L’omission politique frôle la faute si l’on ajoute que la loi relative à la fin de vie elle-même avait présenté le renforcement de la médecine palliative comme une véritable alternative à l’euthanasie. La loi du 22 avril 2005 affirme en effet que « les professionnels de santé mettent en œuvre tous les moyens à leur disposition pour assurer à chacun une vie digne jusqu’à la mort » (article L. 1110-5 al. 5 CSP). Respect de la dignité qui passe par les soins palliatifs selon leur définition même inscrite dans le marbre de la loi : « Ce sont des soins actifs et continus pratiqués par une équipe pluridisciplinaire en institution ou à domicile. Ils visent à soulager la douleur, à apaiser la souffrance psychologique, à sauvegarder la dignité de la personne malade et à soutenir son entourage » (article L. 1110-10 du Code de la santé publique). Le législateur en a fait ni plus ni moins qu’un droit : « Toute personne malade dont l’état le requiert a le droit d’accéder à des soins palliatifs et à un accompagnement » (article L. 1110-9 CSP).

En corollaire de ce droit, qui sait que la loi Léonetti a fait de la mise en place d’une médecine palliative de qualité une obligation pour les établissements de santé ? Ceux-ci, dans le cadre des contrats pluriannuels conclus avec les agences régionales de l’hospitalisation (ARH), devaient identifier les services dispensant des soins palliatifs et faire connaître pour chacun d’eux le nombre de soignants référents qu’il convenait de former (article L. 6114-2 CSP). La loi Léonetti demandait dans le nouvel article L. 6143-2-2 du CSP que le projet médical d’établissement comprenne un volet « activité palliative des services ».

Diffuser une culture palliative

Autre aspect très novateur de la loi du 22 avril 2005 : sortir les soins palliatifs de structures spécialisées tout en renforçant ces dernières. L’idée promue par la législation votée à l’unanimité par le Parlement était que tout patient, quelque soit son lieu d’hospitalisation, devait bénéficier d’un accès à ces soins. Il y a la volonté de les organiser en dehors des modes classiques d’hospitalisation si bien que la loi du 22 avril 2005 stipule, en modifiant le Code de l’action sociale et des familles, que les services sociaux ou médico-sociaux doivent prévoir cette activité (articles L. 313-12). C’est en fait à un effort sans précédent en faveur de la diffusion d’une culture palliative sur tout le territoire et au sein de tous les établissements de santé que consentait la loi relative à la fin de vie, en prévoyant un redéploiement ambitieux de l’organisation de cette spécialité. Il n’a manqué en définitive qu’une chose : l’impulsion politique pourtant promise lors de la campagne présidentielle.

Le député Jean Léonetti doit « faire des propositions pour remédier à la méconnaissance ou à la mauvaise application des textes et éventuellement à l’insuffisance de la législation », selon l’ordre de mission de François Fillon. Oublions la dernière expression qui n’a aucun sens : un corpus législatif inconnu des Français et particulièrement des soignants auquel il s’adresse en priorité ne peut être qualifié d’insuffisant. Une loi qui n’est que peu ou pas appliquée ne peut être jugée comme défaillante.

Pour autant, la nouvelle mission sur l’accompagnement de la fin de vie dont est chargé le député-maire d’Antibes doit tirer d’un mal plusieurs biens.
  • En premier lieu formuler des propositions concrètes pour sortir la France du marasme palliatif. L’intelligence pratique ne manque pas dans ce domaine, il faut la mettre à l’honneur et écouter enfin ceux qui ont donné leur vie professionnelle à cet idéal. Le rapport Hennezel doit faire l’objet d’une lecture minutieuse et attentive.

  • Ensuite rappeler sans cesse l’impératif de formation des professionnels de la santé aux contenus éthiques, déontologiques et juridiques de la loi. Pour avoir personnellement dispensé cet enseignement à des cadres de santé au sein d’un module de deux journées de sept heures, la satisfaction des soignants qui ne demandent qu’à approfondir leur réflexion sur les problématiques de fin de vie est inestimable. Ils deviennent rapidement des personnes ressources dans leurs services en entraînant leurs collègues à suivre leur démarche. La diffusion résolue et capillaire de cours spécifiques pendant les cursus universitaires et lors de sessions de formation continue, toutes catégories soignantes confondues, alliant l’aspect magistral à des staffs d’éthique, ne pourra que favoriser une culture médicale faisant échec aux revendications d’un autre âge du lobby pro-euthanasie. C’est ce que les Français attendent. Ils comptent sur le gouvernement pour que les moyens suivent. Jean Léonetti, unanimement apprécié par ses pairs pour ses qualités morales et humaines, se doit de le lui rappeler.
*Pierre-Olivier Arduin est responsable de la commission bioéthique du diocèse de Fréjus-Toulon.


par Thierry Jallas publié dans : Revue de presse
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Dimanche 30 mars 2008
Dans un article précédent, je vous faisais part de mon projet de créer un syndicat professionnnel faisant la promotion des idées libérales. Ce projet avance. Grâce à Liberté Chérie, j'ai pu diffuser un message qui m'a apporté environ 70 contacts. Plus de 40 d'entre eux ont déjà constitué un groupe de projet pour concevoir et lancer l'organisation syndicale appelée de nos voeux. Il n'est pas trop tard pour nous rejoindre.

Parmi les personnes ayant répondu avec enthousiasme à mon appel, figure Pascale. Cette jeune habitante de Metz s'occupe du remarquable blog d'Alternative Libérale / Moselle. Dans différents méls, elle m'a fait part de son expérience personnelle, qui illustre de façon remarquable les bienfaits que les Français peuvent attendre d'une libération du marché du travail :

"Je me suis renseignée à tout hasard pour savoir si un des syndicats luxembourgeois était assez proche du libéralisme, mais il n'y en a pas. Cependant, il n'y a pas de comparaison entre les relations sociales au Luxembourg et en France. A Luxembourg, quel que soit le domaine dans lequel vous travaillez, si votre chef ou votre patron vous énerve ou si vous jugez qu'il ne vous paye pas assez, vous pouvez trouver un nouvel emploi très rapidement.
 
J'ai même entendu parler d'entreprises (au sens large du terme, c'est-à-dire y compris des banques) dont la direction était particulièrement dure, et qui ont été obligées de mettre de l'eau dans leur vin tellement elles avaient de démissions ! Non seulement elles perdaient des employés formés et compétents, mais elles avaient du mal à en recruter d'autres valables, car Luxembourg est tout petit et le bouche à oreille marche très bien !
 
Certains de mes oncles dans les années 60 quittaient leur patron du jour au lendemain pour un simple mot de travers ! Nos compatriotes ont malheureusement oublié cette époque, mais les meilleurs défenseurs des salariés, ce sont la prospérité et le plein-emploi !

Ceux par exemple qui ont peur de toucher aux 35 heures ne se sont pas posé la question de savoir pourquoi près de 70.000 frontaliers français affrontent embouteillages et trains bondés pour aller travailler encore... 40 heures par semaine, mais pour un salaire autrement plus important !"


par Thierry Jallas publié dans : Mon agenda communauté : Les libéraux français
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