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12 mai 2007 6 12 /05 /mai /2007 22:47

J’ai publié hier, sur mon blog, un long article consacré à « La famille » (dans la doctrine sociale de l’Eglise catholique). J’ai conscience qu’il ne sera lu de bout en bout par (pratiquement) personne : son seul objet est d’offrir à quelques curieux une sorte de résumé du chapitre du compendium de la doctrine sociale de l’Eglise consacré à la famille.

Je souhaite montrer ici que, sur ce sujet  de « la famille », la doctrine sociale de l’Eglise est très libérale.

J'invite les libéraux à lire les articles 214, 240 et 241 du compendium. Ils y verront une grande convergence avec leurs idées : "La priorité de la famille par rapport à la société et à l'État doit être affirmée", "Les parents sont les premiers éducateurs de leurs enfants, mais pas les seuls. (…) Les parents ont le droit de choisir les instruments de formation correspondant à leurs convictions et de chercher les moyens qui peuvent les aider dans leur tâche d'éducateurs (...) Les autorités publiques ont le devoir de garantir ce droit et d'assurer les conditions concrètes qui en permettent l'exercice. Les parents ont le droit de fonder et de soutenir des institutions éducatives. Les autorités publiques doivent faire en sorte que « les subsides publics soient répartis de façon telle que les parents soient véritablement libres d'exercer ce droit sans devoir supporter des charges injustes. Les parents ne doivent pas, directement ou indirectement, subir de charges supplémentaires qui empêchent ou limitent indûment l'exercice de cette liberté ». Il faut considérer comme une injustice le refus de soutien économique public aux écoles privées qui en ont besoin et qui rendent service à la société civile: « Quand l'État revendique le monopole scolaire, il outrepasse ses droits et offense la justice. (...) L'État ne peut sans injustice se contenter de tolérer les écoles dites privées. Celles-ci rendent un service public et ont en conséquence le droit à être économiquement aidées ».

 Je souhaite attirer leur attention, également, sur l'importance qu'accorde la doctrine sociale de l'Eglise aux droits de l'homme et, parmi eux, aux droits de l'enfant : « Le droit à la vie dont fait partie intégrante le droit de grandir dans le sein de sa mère après la conception; puis le droit de vivre dans une famille unie et dans un climat moral favorable au développement de sa personnalité » D'autres précisions sont données aux articles 235 ("...tandis que les droits de l'enfant à naître sont évidents, enfant auquel doivent être garanties des conditions optimales d'existence, grâce à la stabilité de la famille fondée sur le mariage et la complémentarité des deux figures, paternelle et maternelle") et 244 ("Les droits des enfants doivent être protégés par des normes juridiques. (…) Le premier droit de l'enfant est celui de « naître dans une véritable famille »") du compendium.

 Je souhaite enfin m'adresser tout particulièrement aux dirigeants, adhérents et sympathisants d'Alternative Libérale. Le programme de ce parti politique, de mon parti politique, contient ou a contenu des dispositions, relatives à la famille, qui me désolent, et qui, je crois, trahissent la pensée libérale. Je pense au droit à l'avortement, à l'euthanasie, au mariage homosexuel, à l'adoption par les couples homosexuels. Je m'explique sur le premier de ces sujets, le droit à l'avortement (qui semble - je m'en réjouis - avoir disparu du programme).

Une des critiques les plus souvent adressées au libéralisme, c'est de permettre que "le fort écrase le faible" : le libéralisme, ce serait "le renard libre dans le poulailler libre". Les libéraux prétendent que, au contraire, le libéralisme, c'est la protection des plus faibles.
Dans un avortement, il y a au moins 4 protagonistes : la maman, le papa, le médecin avorteur et l'enfant à naître. Qui est le plus faible, le plus petit des quatre, le "sans-voix", sinon l'enfant à naître ? L'Eglise catholique ne conteste pas le droit de la femme à disposer librement de son corps, mais elle défend en priorité le droit à la vie de l'enfant à naître. Défendre le droit à l'avortement, au nom du libéralisme, c'est donner raison à ceux qui travestissent et attaquent le libéralisme. Je me réjouis, à cet égard, qu'un des principaux penseurs libéraux actuels, le Pr Bertrand Lemennicier, (agnostique, donc non suspect, contrairement à moi, d'être "aveuglé" par des principes religieux) arrive à la même conclusion (dans un excellent
chapitre de son non moins excellent livre, "La morale face à l'économie") : l'avortement est le meurtre d'un être humain vivant et n'est donc pas conforme à la morale libérale. Pour terminer sur ce point, j'invite ceux qui en auront le courage à jeter un coup d'oeil aux 5 courtes video ("The silent scream" = "Le cri silencieux", hélas en anglais. Merci de me signaler une éventuelle version en français) du site de l'association "Droit de naître"

 

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11 mai 2007 5 11 /05 /mai /2007 22:26

Le présent article est exceptionnellement long. Il fait partie d'une série exposant les grandes lignes de la doctrine sociale de l'Eglise catholique et montrant, notamment, la promotion que fait celle-ci de la liberté de chaque personne humaine. Cette série s'appuie sur le compendium de la doctrine sociale de l'Eglise, dont il cite différents passages.
Le lien entre la position de l'Eglise catholique sur la famille, d'une part, et le libéralisme, d'autre part, fera l'objet d'un prochain article.

Article 211 : "Éclairée par la lumière du message biblique, l'Église considère la famille comme la première société naturelle, titulaire de droits propres et originels, et la met au centre de la vie sociale: reléguer la famille « à un rôle subalterne et secondaire, en l'écartant de la place qui lui revient dans la société, signifie causer un grave dommage à la croissance authentique du corps social tout entier ». En effet, la famille, qui naît de l'intime communion de vie et d'amour conjugal fondée sur le mariage entre un homme et une femme, possède une dimension sociale spécifique et originelle en tant que lieu premier de relations interpersonnelles, première cellule vitale de la société: elle est une institution divine qui constitue le fondement de la vie des personnes, comme prototype de tout ordre social."
Article 212 Pour la personne, la famille est importante et centrale. Dans ce berceau de la vie et de l'amour, l'homme naît et grandit:  (...) Dans le climat d'affection naturelle qui lie les membres d'une communauté familiale, les personnes sont, dans leur intégralité, reconnues et responsabilisées : « La première structure fondamentale pour une “écologie humaine” est la famille, au sein de laquelle l'homme reçoit des premières notions déterminantes concernant la vérité et le bien, dans laquelle il apprend ce que signifie aimer et être aimé et, par conséquent, ce que veut dire concrètement être une personne ».
 
Article 213 La famille, communauté naturelle au sein de laquelle s'expérimente la socialité humaine, contribue d'une manière unique et irremplaçable au bien de la société. (…) Une société à la mesure de la famille est la meilleure garantie contre toute dérive de type individualiste ou collectiviste, car en elle la personne est toujours au centre de l'attention en tant que fin et jamais comme moyen.
Article 214 La priorité de la famille par rapport à la société et à l'État doit être affirmée. En effet, la famille, ne serait-ce que dans sa fonction procréatrice, est la condition même de leur existence. Dans les autres fonctions au bénéfice de chacun de ses membres, elle précède, en importance et en valeur, les fonctions que la société et l'État doivent remplir. La famille, sujet titulaire de droits inviolables, trouve sa légitimation dans la nature humaine et non pas dans sa reconnaissance par l'État. Elle n'existe donc pas pour la société et l'État, mais ce sont la société et l'État qui existent pour la famille.
Tout modèle de société qui entend servir le bien de l'homme ne peut pas faire abstraction du caractère central et de la responsabilité sociale de la famille. La société et l'État, dans leurs relations avec la famille, ont en revanche l'obligation de s'en tenir au principe de subsidiarité.
En vertu de ce principe, les autorités publiques ne doivent pas soustraire à la famille les tâches qu'elle peut bien remplir toute seule ou librement associée à d'autres familles.
215 Le fondement de la famille réside dans la libre volonté des époux de s'unir en mariage, dans le respect des significations et des valeurs propres à cette institution, qui ne dépend pas de l'homme, mais de Dieu lui-même: « En vue du bien des époux, des enfants et aussi de la société, ce lien sacré échappe à la fantaisie de l'homme. Car Dieu lui-même est l'auteur du mariage qui possède en propre des valeurs et des fins diverses ». L'institution du mariage — « communauté profonde de vie et d'amour (...) fondée et dotée de ses lois propres par le Créateur »474 — n'est donc pas une création due à des conventions humaines et à des contraintes législatives, mais doit sa stabilité à l'ordonnancement divin.475 C'est une institution qui naît, notamment pour la société, « de l'acte humain par lequel les époux se donnent et se reçoivent mutuellement » et qui se fonde sur la nature même de l'amour conjugal qui, en tant que don total et exclusif, de personne à personne, comporte un engagement définitif exprimé par le consentement réciproque, irrévocable et public.
216 Aucun pouvoir ne peut abolir le droit naturel au mariage ni modifier ses caractères et ses finalités. En effet, le mariage est doté de caractéristiques propres, originelles et permanentes. (…) La société ne peut pas disposer du lien matrimonial, par lequel les deux époux se promettent fidélité, assistance et accueil des enfants, mais elle est habilitée à en discipliner les effets civils.
217 Le mariage a les traits caractéristiques suivants: la totalité, par laquelle les époux se donnent mutuellement dans toutes les composantes de la personne, physiques et spirituelles; l'unité qui fait d'eux « une seule chair » (Gn 2, 24); l'indissolubilité et la fidélité que comporte le don réciproque et définitif; la fécondité à laquelle il s'ouvre naturellement. (…) La polygamie est une négation radicale du dessein originel de Dieu, parce qu'« elle est contraire à l'égale dignité personnelle de la femme et de l'homme, lesquels dans le mariage se donnent dans un amour total qui, de ce fait même, est unique et exclusif ».
218 Le mariage, dans sa vérité « objective », est ordonné à la procréation et à l'éducation des enfants. L'union matrimoniale, en effet, fait vivre en plénitude ce don sincère de soi, dont les enfants sont le fruit, et qui sont à leur tour don pour leurs parents, pour la famille entière et pour l'ensemble de la société. Cependant, le mariage n'a pas été uniquement institué en vue de la procréation
221 La famille se propose comme espace de la communion, si nécessaire dans une société toujours plus individualiste, dans lequel il faut faire grandir une authentique communauté de personnes 490 grâce à l'incessant dynamisme de l'amour, qui est la dimension fondamentale de l'expérience humaine et qui trouve précisément dans la famille un lieu privilégié pour se manifester: « L'amour amène l'homme à se réaliser par le don désintéressé de lui-même. Aimer signifie donner et recevoir ce qu'on ne peut ni acquérir ni vendre, mais seulement accorder librement et mutuellement ».
Grâce à l'amour, réalité essentielle pour définir le mariage et la famille, chaque personne, homme et femme, est reconnue, accueillie et respectée dans sa dignité.
222 L'amour s'exprime aussi à travers une attention prévenante envers les personnes âgées qui vivent dans la famille: leur présence peut revêtir une grande valeur.
223 L'être humain est fait pour aimer et sans amour il ne peut pas vivre.
224 Face aux théories qui ne considèrent l'identité de genre que comme un produit culturel et social dérivant de l'interaction entre la communauté et l'individu, faisant abstraction de l'identité sexuelle personnelle et sans aucune référence à la véritable signification de la sexualité, l'Église ne se lassera pas de réaffirmer son enseignement: « Il revient à chacun, homme et femme, de reconnaître et d'accepter son identité sexuelle. La différence et la complémentarité physiques, morales et spirituelles sont orientées vers les biens du mariage et l'épanouissement de la vie familiale. L'harmonie du couple et de la société dépend en partie de la manière dont sont vécus entre les sexes la complémentarité, le besoin et l'appui mutuels ». Cette perspective fait considérer comme un devoir la conformation du droit positif à la loi naturelle, selon laquelle l'identité sexuelle est indisponible, car elle constitue la condition objective pour former un couple dans le mariage.
225 La nature de l'amour conjugal exige la stabilité du rapport matrimonial et son indissolubilité. (…)L'introduction du divorce dans les législations civiles a alimenté une vision relativiste du lien conjugal et s'est largement manifestée comme une « véritable plaie sociale ».
227 Les unions de fait, dont le nombre a progressivement augmenté, se basent sur une fausse conception de la liberté de choix des individus et sur une vision tout à fait privée du mariage et de la famille. Le mariage n'est pas un simple pacte de vie en commun, mais bien une relation ayant une dimension sociale unique par rapport à toutes les autres, dans la mesure où la famille, pourvoyant au soin et à l'éducation des enfants, se présente comme l'instrument primordial de la croissance intégrale de toute personne et de son insertion positive dans la vie sociale.
La mise éventuelle sur un pied d'égalité de la famille et des « unions de fait » au plan juridique se traduirait par un discrédit du modèle de famille, qui ne peut se réaliser dans une relation précaire entre les personnes, mais seulement dans une union permanente engendrée par le mariage, c'est-à-dire par le pacte entre un homme et une femme, fondé sur un choix réciproque accompli librement, qui implique la pleine communion conjugale orientée vers la procréation.
228 Un problème particulier lié aux unions de fait a trait à la demande de reconnaissance juridique des unions homosexuelles, qui fait toujours plus l'objet d'un débat public. Seule une anthropologie répondant à la pleine vérité de l'homme peut donner une réponse appropriée à ce problème (…) C'est à la lumière de cette anthropologie « qu'apparaît (...) incongrue la volonté d'attribuer une réalité “conjugale” à l'union entre des personnes du même sexe. En premier lieu s'y oppose l'impossibilité objective de faire fructifier le mariage à travers la transmission de la vie, selon le projet de Dieu inscrit dans la structure même de l'être humain. En outre, l'absence des présupposés pour cette complémentarité interpersonnelle que le Créateur a voulue, tant sur le plan physique et biologique que sur celui éminemment psychologique, entre l'homme et la femme, constitue un obstacle. Ce n'est que dans l'union entre deux personnes sexuellement différentes que peut s'accomplir le perfectionnement de l'individu, dans une synthèse d'unité et de complémentarité psycho-physique mutuelle ».
La personne homosexuelle doit être pleinement respectée dans sa dignité et encouragée à suivre le plan de Dieu avec un engagement particulier dans l'exercice de la chasteté. Un tel respect ne signifie pas la légitimation de comportements non conformes à la loi morale, ni encore moins la reconnaissance d'un droit au mariage entre personnes du même sexe, entraînant l'assimilation de leur union à la famille. « Si, du point de vue juridique, le mariage entre deux personnes de sexe différent était considéré seulement comme une des formes de mariage possible, l'idée de mariage subirait un changement radical, et ce, au détriment grave du bien commun. En mettant sur un plan analogue l'union homosexuelle, le mariage ou la famille, l'État agit arbitrairement et entre en contradiction avec ses propres devoirs ».
229 La solidité du noyau familial est une ressource déterminante pour la qualité de la vie sociale en commun; par conséquent, la communauté civile ne peut pas rester indifférente face aux tendances de désagrégation qui minent à la base ses colonnes portantes. Si une législation peut parfois tolérer des comportements moralement inacceptables, elle ne doit jamais affaiblir la reconnaissance du mariage monogamique indissoluble comme unique forme authentique de la famille. Il est donc nécessaire que les autorités publiques, « résistant à ces tendances qui désagrègent la société elle-même et sont dommageables pour la dignité, la sécurité et le bien-être des divers citoyens, s'emploient à éviter que l'opinion publique ne soit entraînée à sous-estimer l'importance institutionnelle du mariage et de la famille ».
La communauté chrétienne et tous ceux qui ont à cœur le bien de la société ont le devoir de réaffirmer que « la famille, bien plus qu'une simple unité juridique, sociologique ou économique, constitue une communauté d'amour et de solidarité, apte de façon unique à enseigner et à transmettre des valeurs culturelles, éthiques, sociales, spirituelles et religieuses essentielles au développement et au bien-être de ses propres membres et de la société ».
231 La famille fondée sur le mariage est véritablement le sanctuaire de la vie, « le lieu où la vie, don de Dieu, peut être convenablement accueillie et protégée contre les nombreuses attaques auxquelles elle est exposée, le lieu où elle peut se développer suivant les exigences d'une croissance humaine authentique ».
232 La famille contribue de façon éminente au bien social par le biais de la paternité et de la maternité responsables, formes particulières de la participation spéciale des époux à l'œuvre créatrice de Dieu.
233 Quant aux « moyens » de réaliser la procréation responsable, la stérilisation et l'avortement, avant tout, doivent être refusés comme étant moralement illicites.
235 Le désir de maternité et de paternité ne justifie aucun « droit à l'enfant », tandis que les droits de l'enfant à naître sont évidents, enfant auquel doivent être garanties des conditions optimales d'existence, grâce à la stabilité de la famille fondée sur le mariage et la complémentarité des deux figures, paternelle et maternelle.
(…)Éviter de recourir aux diverses formes de ce qu'on appelle la procréation assistée, substitutive de l'acte conjugal, signifie respecter — aussi bien chez les parents que chez les enfants qu'ils entendent engendrer — la dignité intégrale de la personne humaine.
238 À travers l'œuvre d'éducation, la famille forme l'homme à la plénitude de sa dignité sous toutes ses dimensions, y compris la dimension sociale.
239 La famille joue un rôle tout à fait original et irremplaçable dans l'éducation des enfants. L'amour des parents, en se mettant au service des enfants pour les aider à tirer d'eux (« e-ducere ») le meilleur d'eux-mêmes, trouve sa pleine réalisation précisément dans la tâche de l'éducation: « De source qu'il était, l'amour des parents devient ainsi l'âme et donc la norme qui inspirent et guident toute l'action éducative concrète, en l'enrichissant des valeurs de douceur, de constance, de bonté, de service, de désintéressement, d'esprit de sacrifice, qui sont les fruits les plus précieux de l'amour ».
240 Les parents sont les premiers éducateurs de leurs enfants, mais pas les seuls. Il leur revient donc d'exercer avec responsabilité l'œuvre éducative, en collaboration étroite et vigilante avec les organismes civils et ecclésiaux (…) Les parents ont le droit de choisir les instruments de formation correspondant à leurs convictions et de chercher les moyens qui peuvent les aider dans leur tâche d'éducateurs, notamment dans le domaine spirituel et religieux. Les autorités publiques ont le devoir de garantir ce droit et d'assurer les conditions concrètes qui en permettent l'exercice.
241 Les parents ont le droit de fonder et de soutenir des institutions éducatives. Les autorités publiques doivent faire en sorte que « les subsides publics soient répartis de façon telle que les parents soient véritablement libres d'exercer ce droit sans devoir supporter des charges injustes. Les parents ne doivent pas, directement ou indirectement, subir de charges supplémentaires qui empêchent ou limitent indûment l'exercice de cette liberté ». Il faut considérer comme une injustice le refus de soutien économique public aux écoles privées qui en ont besoin et qui rendent service à la société civile: « Quand l'État revendique le monopole scolaire, il outrepasse ses droits et offense la justice. (...) L'État ne peut sans injustice se contenter de tolérer les écoles dites privées. Celles-ci rendent un service public et ont en conséquence le droit à être économiquement aidées ».
242 La famille a la responsabilité d'offrir une éducation intégrale. (…) L'intégralité est assurée quand les enfants — par le témoignage de vie et par la parole — sont éduqués au dialogue, à la rencontre, à la socialité, à la légalité, à la solidarité et à la paix, en cultivant en eux les vertus fondamentales de la justice et de la charité.
244 La doctrine sociale de l'Église indique constamment l'exigence de respecter la dignité des enfants (…) Les droits des enfants doivent être protégés par des normes juridiques. (…) Le premier droit de l'enfant est celui de « naître dans une véritable famille »

245 La situation d'une grande partie des enfants dans le monde est loin d'être satisfaisante, car les conditions qui favorisent leur développement intégral font défaut, (…). Il s'agit de conditions liées au manque de services de santé, d'une alimentation appropriée, de possibilités de recevoir un minimum de formation scolaire et d'un logement. En outre, de très graves problèmes demeurent irrésolus: le trafic et le travail des enfants, le phénomène des « enfants des rues », l'emploi d'enfants dans des conflits armés, le mariage des petites filles, l'utilisation des enfants pour le commerce de matériel pornographique, à travers aussi les instruments de communication sociale les plus modernes et les plus sophistiqués. Il est indispensable de combattre, au niveau national et international, les violations de la dignité des enfants, garçons et filles, causées par l'exploitation sexuelle de la part des personnes qui s'adonnent à la pédophilie et par les violences de tout genre que subissent ces créatures humaines sans défense.

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10 mai 2007 4 10 /05 /mai /2007 20:08

Ce n'est pas pour me vanter, mais j'avais prédit le résultat de cette élection dès le 2 avril 2007 ! Je reconnais que je n'avais pas pris de risque énorme et que j'avais un peu surestimé le score de Sarkozy au second tour.

C'est la première fois, à ma connaissance, qu'on constate ce phénomène étrange qu'un candidat (Bayrou), éliminé au premier tour, était le mieux placé, d'après les sondeurs, pour l'emporter au second, dans tous les cas de figure. Le mode de scrutin a son importance, ainsi que l'accord tacite entre l'UMP et le PS pour constituer un duopole absolu.

J'ai trouvé que Sarkozy avait fait une campagne remarquable, ne tombant dans aucun des pièges qui lui étaient tendus par ses adversaires de tous bords, y compris de son propre camp. Il a su également, me semble-t-il, ne se montrer méprisant avec personne, ce que les électeurs apprécient.

J'ai été surpris par l'adhésion qu'il suscitait, alors qu'au cours des dernières années, le rejet de la classe politique allait croissant. A tel point qu'il se trouve quelques libéraux notoires qui manifestent de l'enthousiasme pour Sarkozy ! Rien, ou presque, ne me semble justifier cet enthousiasme. Je n'ai pratiquement pas suivi la campagne, mais il m'a semblé percevoir (ex : Fillon le soir du second tour) que, lorsqu'ils étaient accusés d'être ultra-libéraux, les représentants de l'UMP ne répondaient pas, entretenant à dessein une confusion, dans l'opinion publique, sur le contenu de la philosophie libérale et le degré de libéralisme de Sarkozy.

En ce qui me concerne, je n'ai participé au vote à aucun des deux tours. Voter est pourtant considéré comme un devoir, mais je n'ai pu m'y résoudre. Aucun des candidats sollicitant mon suffrage n'avait de programme et d'idées susceptibles de me séduire, voire même de me convenir. Prenant de l'âge, je me refuse maintenant à voter pour un candidat aux idées duquel je n'adhère pas (ou peu). Je ne me sentirais pas "unifié" (c'est à dire mettant en cohérence mes pensées, mes paroles et mes actes) si je le faisais. Et voter blanc ne me convenait pas non plus. En partie, peut-être, parce que cette élection a été une nouvelle défaite  de la démocratie, dans la mesure où certains courants de pensée n'y ont pas été représentés. Je pense, en particulier, au courant libéral. La Constitution prévoit, à ma connaissance, que le Président de la République est élu au suffrage universel à deux tours et à bulletin secret. En réalité, il y eu 3 tours, dont un premier pas du tout universel, puisque limité à 40 000 élus (élus il y a ...5 ans !) et à bulletin pas du tout secret, puisque faisant l'objet d'une publication tout-à-fait obligatoire.
Dernière remarque à ce sujet : il est piquant d'entendre les hommes politiques stigmatiser l'abstention : combien se sont abstenus lors du premier tour, ouvert à 40 000 d'entre eux seulement ?

Et maintenant ? Je crains que ce ne soit la razzia de l'UMPS sur les postes de député. "A nous la bonne soupe !", doivent se dire les candidats de ce parti, rejoints à grandes enjambées par 22 députés de feu l'UDF. Je crains que les électeurs oublient rapidement que ces mêmes candidats, déjà députés pour beaucoup d'entre eux, ont fait tapisserie à l'Assemblée pendant les 5 dernières années, aux ordres d'un parti qui ne tolère guère la résistance.
Je trouve stupéfiantes les déclarations de l'état-major de l'UMP, selon lequel le gouvernement sera constitué de façon très large, "en prenant les meilleurs, dans chaque camp". Comme si la solution aux problèmes français consistait à sélectionner les meilleurs hommes politiques ! Mais la seule solution viable, c'est justement d'écarter les hommes politiques du pouvoir et de rendre celui-ci à chacun des citoyens, de respecter sa liberté, sa propriété, sa responsabilité, ainsi que le principe de subsidiarité. Je pense notamment à la liberté des consommateurs de choisir leurs founisseurs (cela s'appelle le libre marché), à la liberté des salariés, des entreprises, de proposer des services de plus en plus satisfaisants pour des prix de moins en moins élevés (on appelle ça la libre concurrence). Je pense aussi à la propriété des contribuables, soumise à un injuste racket, les prélèvements obligatoires (proches de 50% de la richesse produite par les Français).

Alors seulement seront résolus les problèmes qui préoccupent le plus nos concitoyens : le chômage, la stagnation du pouvoir d'achat, l'insécurité, la piètre qualité de l'enseignement, la dégradation de la protection sociale, l'environnement, le logement, etc...

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27 avril 2007 5 27 /04 /avril /2007 11:33

Au début de cet article, je souhaite rendre hommage à Mstislav Rostropovitch, combattant de la liberté et de la démocratie, décédé aujourd'hui à Moscou.

Ma première remarque, c'est que mon pronostic du 2 avril peut encore se réaliser !

La deuxième est que je suis toujours étonné par le comportement des Français : d'après des sondages de mars 2007, 61% d'entre eux ne font confiance ni à la droite, ni à la gauche pour règler leurs problèmes. Or 85% des inscrits se sont précipités pour voter pour la droite ou la gauche (ou le centre, qui prétend qu'il n'y a guère de différences entre elles, ce que je crois vrai) ! Il est vrai qu'il n'avaient le choix qu'entre ... la droite et la gauche, puisque les libéraux n'étaient pas représentés. Mais, de là à se précipiter à 85% ! C'est donc ça, la surprise, pour moi, et cela constitue un paradoxe apparent.

La troisième donne l'explication, la clef de ce paradoxe. Habitué à entendre que "Au premier tour, on choisit, au second, on élimine", j'ai l'impression que, cette année, on a éliminé dès le 1er tour ! Autrement dit, la majorité des électeurs qui se sont déplacés l'ont fait, non pour soutenir un candidat, mais pour éviter qu'un autre se retrouve au second tour. Ainsi, parmi ceux qui ont voté Bayrou ou Le Pen, beaucoup l'ont fait pour essayer d'éviter, pour une fois, que l'Etat français soit dirigé par un représentant de l'UMPS : c'est raté ! Beaucoup de ceux qui ont voté Royal ou Sarkozy l'ont fait pour éviter un nouveau 21 avril, c'est à dire que Le Pen soit qualifié pour la finale. Ou pour soutenir leur candidat/parti favori, non pas par adhésion entousiaste, mais parce qu'ils considèrent que c'est le moins mauvais. Ainsi, même s'ils jugent que ce favori n'est pas à même de règler leurs problèmes, ils croient qu'avec les autres, ce serait pire. C'est le "vote utile", à juste titre évoqué par les commentateurs, qui a permis, non pas de sélectionner les candidats les plus appréciés, mais d'éliminer les candidats les plus détestés. Il me semble que ceci résoud le paradoxe exposé plus haut.

La quatrième porte sur le vote utile. Il faudrait dresser une statue à la gloire de l'inventeur génial de ce concept bidon, concept qui permet de bouleverser les résultats de maintes élections. Il laisse croire à chacune de ses victimes que son vote va avoir une grande importance, qu'il va faire basculer le résultat de l'élection. Or je n'ai jamais entendu parler d'élection nationale qui se soit jouée à une voix près. En tout cas, la probabilité d'un tel évènement est insignifiante. L'illusion consiste à croire que notre vote va influer sur le vote d'autres personnes, par dizaines, centaines ou milliers, ce qui est évidemment faux. Personne ne peut regarder le bulletin quand nous le glissons dans l'enveloppe, et donc être influencé par notre vote. Tout au plus pouvons-nous influencer quelques personnes de notre entourage, à l'occasion de discussions précédant l'élection. Lorsqu'il m'arrive d'expliquer ceci, l'argument qui m'est immanquablement opposé est que "Si tout le monde raisonne comme ça ....".  Mais justement, tout le monde ne raisonne pas comme ça, sinon il n'y aurait pas 85% de taux de participation. Et si tout le monde raisonnait comme cela, personne n'irait voter, et le raisonnement ...ne tiendrait plus, puisque le vote serait alors très utile. La réalité est donc qu'il n'y a pas de vote utile. Il y a en revanche une propagande très utile, car elle déplace les voix par milliers, voire millions. Par exemple, celle qui a consisté à diaboliser Le Pen depuis plusieurs décennies, notamment entre les 2 tours de la présidentielle de 2002. Ou la propagande en faveur du "vote utile". L'intérêt d'une élection est en effet de recueillir l'avis des citoyens sur les candidatures soumises à leurs suffrages. L'illusion du vote utile conduit des centaines de milliers de personnes à voter, non pas pour leur candidat préféré, mais pour le candidat qui leur semble avoir des chances de remporter l'élection. Par ce mécanisme, l'élection ne désigne pas toujours le candidat préféré des électeurs.

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22 avril 2007 7 22 /04 /avril /2007 18:00

Je faisais partie de la grosse proportion de Français ne sachant pas trop pour qui voter.  J'ai enfin pris ma décision, ce matin.

Je souhaite protester contre la pratique du parti unique, qui sévit en France. Faut-il l'appeler UMPSEC (Union pour un Mouvement Populaire Socialiste, Etatiste, Constructiviste) ? Ou plus simplement, le Parti Anti-libéral ? Toujours est-il que lui seul est autorisé à présenter des candidats à l'élection de ce jour. Précisemment : 12 candidats, ce qui permet de donner l'illusion que nous vivons dans un régime démocratique. 12 candidats qui défendent des positions absolument opposées aux principes fondamentaux de la doctrine sociale de l'Eglise (dignité de la personne humaine, bien commun, principe de subsidiarité, entre autres,...) et de la République (liberté, égalité en droit, notamment).

En conscience, je n'ai pu me résoudre à voter pour quelque candidat que ce soit de ce parti unique. Je ne suis pas allé à la pêche, toutefois. J'ai profité des 30' économisées pour alimenter mon blog. En n'utilisant pas mon véhicule, j'ai eu un comportement "écolo", et j'ai fait des économies de carburant et surtout de TIPP.

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22 avril 2007 7 22 /04 /avril /2007 06:07

Le présent article fait partie d'une série exposant les grandes lignes de la doctrine sociale de l'Eglise catholique et montrant, notamment, la promotion que fait celle-ci de la liberté de chaque personne humaine. Cette série s'appuie sur le compendium de la doctrine sociale de l'Eglise, dont il cite différents passages.

Le mot "amour" est cité 207 fois dans le compendium de la doctrine sociale de l'Eglise, plus 42 fois sous sa forme verbale (aimer). Le mot "charité", qui est équivalent (Voir commentaires sur le mot grec "Agapè" ici ou ) y apparaît 79 fois. Il faut ajouter à cela les 14 occurrences du mot "miséricorde" (ou "miséricordieux"), qui a un sens très proche.

Pour les chrétiens, le mot "amour" désigne moins un sentiment, une compassion, que l'engagement actif, inconditionnel et irrévocable, à se comporter vis-à-vis de l'autre (le conjoint, tout particulièrement) comme on souhaiterait qu'il le fasse si l'on était à sa place et lui à la nôtre. L'Eglise, à la suite du Christ, invite tous les hommes à aimer son prochain comme soi-même, y compris ses ennemis.

A l'article 208 du compendium figure un passage qui me semble capital : "L'oeuvre de miséricorde grâce à laquelle on répond ici et maintenant à un besoin réel et urgent du prochain est indéniablement un acte de charité, mais l'engagement tendant à organiser et à structurer la société de façon à ce que le prochain n'ait pas à se trouver dans la misère est un acte de charité tout aussi indispensable,..." Autrement dit, la charité est d'autant plus charitable qu'elle est efficace et un engagement politique débouchant sur un recul de la misère est préférable à n'importe quelle autre forme d'engagement permettant d'atténuer les effets de cette misère.

Dans Caritas in veritate, Benoit XVI a des paroles remarquables sur l’amour :

« Dépourvu de vérité, l’amour bascule dans le sentimentalisme. (…) Il est la proie des émotions et de l’opinion contingente des êtres humains ; il devient un terme galvaudé et déformé, jusqu’à signifier son contraire. La vérité libère l’amour des étroitesses de l’émotivité (…) » (article 3)

« Je ne peux pas donner à l’autre du mien, sans lui avoir donné tout d’abord ce qui lui revient selon la justice. Qui aime les autres avec charité est d’abord juste envers eux (…) la charité exige la justice : la reconnaissance et le respect des droits légitimes des individus et des peuples » (article 6)

« …celui qui est animé d’une vrai charité est ingénieux à découvrir les causes de la misère, à trouver les moyens de la combattre, à la vaincre résolument. » (article 30, repris de l’encyclique Populorum Progressio, de Paul VI).

Voici plusieurs autres extraits significatifs du compendium qui abordent le thème de l'amour. Pour ceux qui n'auront pas le courage de les lire, l'enseignement que j'en tire est que "Tout acte d'amour contribue à la libération de celui qui le pose et de ceux qui en bénéficient"

Article 4 : "En se découvrant aimé de Dieu, l'homme comprend sa dignité transcendante, il apprend à ne pas se contenter de soi et à rencontrer l'autre dans un tissu de relations toujours plus authentiquement humaines."
Article 40 : "
Au scribe qui lui demande: « Quel est le premier de tous les commandements? » (Mc 12, 28), Jésus répond: « Le premier, c'est: Écoute, Israël, le Seigneur notre Dieu est l'unique Seigneur, et tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. Voici le second: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n'y a pas de commandement plus grand que ceux-là » (Mc 12, 29-31)"
Article 54 : "Jésus-Christ nous révèle que « Dieu est amour » (1 Jn 4, 8) et nous enseigne que « la loi fondamentale de la perfection humaine, et donc de la transformation du monde, est le commandement nouveau de l'amour."
Article 60 : "L'Église, qui participe aux joies et aux espoirs, aux angoisses et aux tristesses des hommes, est solidaire de tout homme et de toute femme, en tout lieu et en tout temps, et leur apporte la joyeuse nouvelle du Royaume de Dieu qui, par Jésus-Christ, est venu et vient au milieu d'eux. Elle est, dans l'humanité et dans le monde, le sacrement de l'amour de Dieu et, par conséquent, de l'espérance la plus grande, qui active et soutient tout authentique projet et engagement de libération et de promotion humaine."
Article 112 : "Le sommet du respect dû à l'inviolabilité et à l'intégrité de la vie physique réside dans le commandement positif: « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Lv 19, 18), par lequel Jésus oblige à prendre en charge son prochain (cf. Mt 22, 37-40; Mc 12, 29-31; Lc 10, 27-28)."

Article 221 : « L'amour amène l'homme à se réaliser par le don désintéressé de lui-même. Aimer signifie donner et recevoir ce qu'on ne peut ni acquérir ni vendre, mais seulement accorder librement et mutuellement ».
Article 222 : "
L'amour s'exprime aussi à travers une attention prévenante envers les personnes âgées qui vivent dans la famille: leur présence peut revêtir une grande valeur."
Article 223 : "L'être humain est fait pour aimer et sans amour il ne peut pas vivre"
Article 391 : "
La vie en société devient d'autant plus humaine qu'elle est caractérisée par l'effort pour parvenir à une conscience plus mûre de l'idéal vers lequel elle doit tendre, qui est la « civilisation de l'amour"
Article 494 : "La paix est aussi le fruit de l'amour: « La paix véritable et authentique est plus de l'ordre de la charité que de la justice, cette dernière ayant mission d'écarter les obstacles à la paix tels que les torts, les dommages, tandis que la paix est proprement et tout spécialement un acte de charité ».
Article 499 : « Il est permis d'espérer que les peuples, intensifiant entre eux les relations et les échanges, découvriront mieux les liens d'unité qui découlent de leur nature commune; ils comprendront plus parfaitement que l'un des devoirs primordiaux issus de leur communauté de nature, c'est de fonder les relations des hommes et des peuples sur l'amour et non sur la crainte. C'est en effet le propre de l'amour d'amener les hommes à une loyale collaboration, susceptible de formes multiples et porteuse d'innombrables bienfaits ».
Article 524 : « la véritable libération, c'est s'ouvrir à l'amour du Christ ».

d) Construire la « civilisation de l'amour »

580 La finalité immédiate de la doctrine sociale est de proposer les principes et les valeurs qui peuvent soutenir une société digne de l'homme. Parmi ces principes, celui de la solidarité comprend en une certaine mesure tous les autres: il constitue « l'un des principes fondamentaux de la conception chrétienne de l'organisation politique et sociale ».

Ce principe est illuminé par la primauté de la charité « qui est le signe distinctif des disciples du Christ (cf. Jn 13, 35) ». Jésus « nous enseigne en même temps que la loi fondamentale de la perfection humaine, et donc de la transformation du monde, est le commandement nouveau de l'amour »  (cf. Mt 22, 40; Jn 15, 12; Col 3, 14; Jc 2, 8). Le comportement de la personne est pleinement humain quand il naît de l'amour, manifeste l'amour, et est ordonné à l'amour. Cette vérité est également valable dans le domaine social: il faut que les chrétiens en soient des témoins profondément convaincus et sachent montrer, par leur vie, que l'amour est la seule force (cf. 1 Co 12, 31-14, 1) qui peut conduire à la perfection personnelle et sociale et orienter l'histoire vers le bien.

581 L'amour doit être présent dans tous les rapports sociaux et les imprégner. En particulier, ceux qui ont le devoir de pourvoir au bien des peuples doivent s'appliquer « à nourrir en eux-mêmes et à faire naître dans les autres, depuis les plus élevés jusqu'aux plus humbles, la charité, reine et maîtresse de toutes les vertus. C'est, en effet, d'une abondante effusion de charité qu'il faut principalement attendre le salut. Nous parlons de la charité chrétienne, qui résume tout l'Évangile et qui, toujours prête à se dévouer au soulagement du prochain, est un remède très assuré contre l'arrogance du siècle et l'amour immodéré de soi-même ». Cet amour peut être appelé « charité sociale »  ou « charité politique »  et doit être étendu au genre humain tout entier. L'« amour social »  se trouve aux antipodes de l'égoïsme et de l'individualisme.

Article 582 : "Pour rendre la société plus humaine, plus digne de la personne, il faut revaloriser l'amour dans la vie sociale — au niveau politique, économique, culturel —, en en faisant la norme constante et suprême de l'action. Si la justice « est de soi propre à “arbitrer” entre les hommes pour répartir entre eux de manière juste les biens matériels, l'amour au contraire, et seulement lui (et donc aussi cet amour bienveillant que nous appelons “miséricorde”), est capable de rendre l'homme à lui-même ». On ne peut pas régler les rapports humains par la seule mesure de la justice: « Le chrétien le sait: l'amour est la raison qui fait que Dieu entre en relation avec l'homme. Et c'est encore l'amour qu'Il attend comme réponse de l'homme. L'amour est de ce fait la forme la plus haute et la plus noble de relation des êtres humains entre eux aussi. L'amour devra donc animer tous les secteurs de la vie humaine et s'étendre également à l'ordre international. Seule une humanité dans laquelle règne la "civilisation de l'amour" pourra jouir d'une paix authentique et durable ». Dans cette perspective, le Magistère recommande vivement la solidarité, car elle est en mesure de garantir le bien commun, en aidant au développement intégral des personnes: la charité « fait voir dans le prochain un autre soi-même »"

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15 avril 2007 7 15 /04 /avril /2007 18:27

Il n'est pas rare de lire ou d'entendre des chrétiens déclarer que l'Eglise a toujours condamné le libéralisme. Voyons ce qu'il en est réellement.

Ma référence préférée, vous le savez, c'est le récent compendium de la doctrine sociale de l'Eglise. Qu'y trouve-t-on à propose de libéralisme ? Ce terme y est cité 2 fois.
- A l'article 91, à propos de l'encyclique "Quadragesimo anno" (1931), qui énonce pour la première fois le principe de subsidiarité, le compendium dit : "L'Encyclique réfute le libéralisme compris comme concurrence illimitée des forces économiques, mais confirme de nouveau la valeur de la propriété privée, rappelant sa fonction sociale." Ceci amène deux observations de ma part. La première est que l'acception, présentée ici, du libéralisme, ne correspond pas à la réalité de la philosophie libérale. Celle-ci soutient, comme l'Eglise, que chaque être humain a un droit naturel à la liberté. La philosophie libérale affirme, tout comme l'Eglise, que la libre concurrence est un droit et un bienfait pour l'homme, mais ne se prononce pas sur le degré de concurrence qu'il faudrait imposer, puisqu'elle postule que chaque homme est libre ! Ma seconde remarque est que cette conception de la concurrence, de la part de Pie XI, est assez curieuse : il me semble qu'il la considère comme une agression, par un fournisseur, contre ses concurrents. La concurrence serait alors une guerre menée par un fournisseur contre d'autres fournisseurs, pour les faire disparaître. Dans la réalité, la concurrence consiste essentiellement à améliorer la qualité du service que l'on rend à ses clients et à diminuer le prix de ce service. Qui s'en plaindrait ? Faudrait-il reprocher au bon serviteur, dans la parabole des talents, de faire une concurrence illimitée à l'encontre du mauvais serviteur, celui qui enterre le talent que son maître lui a confié ? Faut-il condamner le bénévolat, qui est le degré supérieur de la concurrence ?
- A l'article 103, à propos de l'encyclique "Centesimus annus" (1991) de Jean-Paul II : "L'analyse articulée et approfondie des « res novae » et, en particulier, du grand tournant de 1989 avec l'effondrement du système soviétique, contient une appréciation de la démocratie et de l'économie libérale, dans le cadre d'une solidarité indispensable". Vous avez dit "condamnation" ?

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14 avril 2007 6 14 /04 /avril /2007 07:26

Voici quelques articles que j'ai trouvés sur Internet et qui m'ont bien plu.

Le "Manifeste pour le renouveau du libéralisme français", de Jean-Louis Caccomo, est paru sur le site "Le Québécois Libre".

De Mgr Jean-Pierre Cattenoz, Archevêque d'Avignon, une "Lettre ouverte aux candidats" publiée par Liberté Politique. Elle s'adresse également à Edouard Fillias, Président-fondateur de Alternative Libérale et candidat malheureux (il n'a pu réunir les 500 parrainages nécessaires) à l'élection présidentielle. J'invite Edouard à faire revoir les positions et le programme de Alternative Libérale, qui, sur quelques points fondamentaux évoqués par Mgr Cattenoz (avortement, mariage et adoption, euthanasie, recherche sur les embryons), ne font pas du tout consensus parmi les libéraux, notamment les chrétiens.

Un article de Matthieu Laine, "Réponses au sondage Sofres des 7 et 8 mars 2007 commandé par JC Lattès pour le lancement de la collection Idées fausses Vraies réponses", publié sur le site de l'Institut économique Molinari.

Enfin, l'article "UN EXEMPLE À MÉDITER: ANTOINE PINAY, LIBÉRAL OUBLIÉ", de Philippe Jaunet, publié sur Le Québécois Libre.

Bonne lecture !


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10 avril 2007 2 10 /04 /avril /2007 21:59

Ce mardi 10 avril 2007, à 18 heures, avait lieu l'A.G. de l'ALEPS (Association pour la Liberté Economique et le Progrès Social) à Neuilly-sur-Seine. Je m'y suis rendu avec plaisir, comme chaque année : c'est une occasion rêvée de rencontrer les plus grands noms du libéralisme français. 

Après le rapport financier de Georges Lane, le Président, Jacques Garello fit un rapport moral au cours duquel il évoqua, notamment, les élections présidentielles. Pour lui, l'absence de candidat libéral (compte tenu de la non-obtention des 500 parrainages par Edouard Fillias, de Alternative Libérale) impliquait que les libéraux devraient continuer à se retrousser les manches après l'élection. Il raconta que l'ALEPS avait attribué des notes, allant de 0 à 5, à chacun des principaux candidats officiels, en fonction de leurs programmes écrits, sur 36 propositions extraites du guide du candidat. Les notes étaient attribuées plutôt généreusement : la note zéro n'était attribuée qu'aux candidats n'ayant même pas évoqué la proposition dans leur programme et il suffisait donc à un candidat d'en parler pour avoir au moins 1. Les notes s'échelonnent de 58 (Sarkozy) à 4 (Ségolène Royal), sur un total maximum de 180 ! Le Pen a obtenu 53, Villiers, 45, et Bayrou, 23. Les résultats détaillés sont publiés dans la Nouvelle Lettre n° 914 du 14 avril 2007 (voir site de l'ALEPS).

Vint ensuite la présentation de leurs ouvrages, en 5' chacun, par 5 des 7 candidats au prix du livre libéral 2006 :

Pierre BONCENNE Pour Jean François Revel (Plon)
Jacques de GUENIN Logique du Libéralisme (Charles Coquelin)
Mathieu LAINE La Grande Nurserie (J.C. Lattès)
Alain LAURENT Le libéralisme : histoire d'un détournement (Les Belles Lettres)
Yves MONTENAY : Retraites, Famille et immigration (L'Harmattan)

Florin AFTALION Alerte Rouge sur l'Amérique (J.C. Lattès), pourtant présent, et Nicolas BAVEREZ Nouveau Monde, Vieille France (Perrin), absent quant à lui, ne présentèrent pas leur ouvrage. Ceci laissa un peu de temps à Maître Patrick Simon ("Le droit naturel - Ses amis et ses ennemis") et Guy Millière ("Pourquoi la France ne fait plus rêver") de présenter les leurs.

Le Professeur Pascal Salin remit le prix au lauréat, Alain Laurent. La soirée se termina autour d'un verre où il était possible d'échanger quelques mots avec Nicolas Lecaussin (vanqueur l'an passé avec "Cet Etat qui tue la France"), Jacques Bourdu, Axel Arnoux, et autres ardents défenseurs de la pensée libérale.

 

Jacques Garello reviendra sur cette A.G. dans son "Libre journal des économistes", sur Radio Courtoisie (accessible via son blog), ce mercredi de 12 heures à 13 heures 30' (rediffusé à 16 heures, puis minuit).

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8 avril 2007 7 08 /04 /avril /2007 21:59

Pâques, est une fête religieuse chrétienne commémorant la résurrection de Jésus-Christ, le troisième jour après sa crucifixion le vendredi saint.
Pâque, du grec "pasquo" qui signifie souffrir, en souvenir du chemin de croix, ou de l'hébreu Pessah « passage », est le nom de la fête juive qui commémore la sortie d'Égypte.

Cette fête célèbre une délivrance, une libération : la libération d'Egypte, puis celle de la mort et du péché. Il faut préciser que, lorsque l'on dit "Dieu sauve, guérit, libère, délivre, etc...", cela n'empêche pas, bien au contraire, que l'homme participe, collabore à cette guérison, à cette libération. D'une part, en ayant une démarche de foi (les miracles de l'Evangile sont toujours précédés par la manifestation, par les intéressés ou leur entourage, de leur foi, plus ou moins solide, en Jésus. Ex : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais je sais que même maintenant Dieu te donnera tout ce que tu lui demanderas. »). D'autre part, en agissant (Ex : "Va te laver à la piscine de Siloe", "Lève-toi, prends ton brancard...")

Pâques est l'occasion, pour Dieu et son fils Jésus, de nous donner la clef qui va nous permettre de transformer le monde, de le guérir, de le libérer : "l'Agapè" (amour, charité). C'est par amour que Dieu nous a envoyé son fils, c'est par amour que celui-ci a accepté la mort infamante, afin de rendre témoignage à l'amour infini du Père pour chacun des hommes, amour que nous sommes invités à manifester à nos frères humains et qui peut aller jusqu'à donner sa vie pour eux. Dans le compendium de la doctrine sociale de l'Eglise, à l'article 208, se trouve ce lumineux passage : "L'œuvre de miséricorde grâce à laquelle on répond ici et maintenant à un besoin réel et urgent du prochain est indéniablement un acte de charité, mais l'engagement tendant à organiser et à structurer la société de façon à ce que le prochain n'ait pas à se trouver dans la misère est un acte de charité tout aussi indispensable". Ainsi donc, lorsque nous, quelle que soit notre religion, nous nous battons pour faire disparaître la misère en défendant la liberté de chaque personne humaine, nous pratiquons la charité !

A tous, je souhaite joyeuses Pâques, joyeuse libération.

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